GR 58 : un tour du Queyras en 5 jours (13 au 17 août 2009)

par Fab le 20 août 2009. Classé dans: Non classé.

Après un petit test de deux jours autour de la tête de Gaulent, le 1 et 2 août, avec Isabelle, nous partons à l’aventure pour ce tour du Queyras prévu en 6 jours maximum en autonomie. Ce tour se fera au rythme d’Isa qui n’a pratiquement aucun entraînement.
La veille, les sacs sont faits minutieusement. Après une seconde commande chez Arklight Design, Isa complète doucement son équipement MUL. Son sac de base pèse 4 kg 370. Avec un vrai duvet et quelques autres optimisations elle descendra bientôt vers 3 kg 700.
Nous sommes en autonomie sur 6 jours en alcool à brûler, en pâtes, en lait en poudre, en fruits secs, sucres et café. Nous sommes en autonomie sur 3 jours avec les soupes, le fromage, la viande, le pain de mie et les céréales. Nous comptons en effet nous ravitailler un peu au passage à Abriès.
Avec 2400 g de nourriture et l’eau le sac d’Isa fait environ 8 kg 200.
Mon sac de base pèse 4 kg 500 (je prends la tente et la pharmacie). Je porte un peu de sa nourriture (total de 2800 g). Mon sac pèse au départ environ 8 kg 750 avec nourriture et 1,5 l d’eau. Oui, je sais, peu de galanterie. Je pourrais délester plus le sac d’Isa mais on devient MUL qu’en ayant été d’abord MULE et puis Isa veut faire son expérience de vrai MUL donc porter un sac lui permettant d’être en autonomie…D’autre part le volume de mon sac (33 l) ne me permet pas de mettre plus.
Dans la journée on ne porte jamais le plein d’eau et le poids de la nourriture diminuant chaque jour, on peut estimer le poids moyen du sac que l’on porte pendant tout le raid : 6 kg 800 pour Isa et 7 kg 300 pour moi.

On peut consulter les listes dans la rubrique matériel.

L’itinéraire que j’ai prévu s’appuie largement sur le GR 58 classique. Il existe des variantes permettant plus court ou plus long en passant en Italie.

Jour 1 : 13 août 2009  Ceillac – Chapelle de Clausis
Col des Estronques (2651)

D+ : 985+380=1365 m
D- : 800 m
Temps : 6 h 30

Départ à 8 h 10 de Ceillac où nous garons la voiture (1666 m) pour le col des Estronques (2651) qui présente une assez longue approche peu ascendante jusque vers 1950 m. Grand beau, personne. Mise en jambes pour Isa qui monte très bien en 2 h 40 pour ce premier col et qui ne trouve pas le sac lourd. Le soleil tape bien mais heureusement, nous trouvons un fond d’air de plus en plus frais en montant.
La descente sur St Véran est agréable mais pas mal de personnes qui montent de ce côté. Ce village, en face est bien envahi. La fréquentation touristique est au maximum en cette période.
A partir du pont du Moulin (1849), nous ne remontons pas à St Véran, 200 m plus haut, mais poursuivons la rive gauche de l’Aigue Blanche pour rejoindre le GR en amont et remonter très tranquillement le fond du vallon vers la Chapelle Clausis où nous commençons à chercher où bivouaquer.
Une fusée arrive derrière nous : une jeune fille, mignonne, solitaire, qui ne s’arrête pas de marcher avant 19 h, qui semble connaître le principe MUL mais qui porte ses 13 kg. Elle est partie de Bramousse, a traversé sur le col du Fromage et part bivouaquer en Italie, loin, loin. Je sais qu’elle nous redoublera dans la seconde étape.
Il n’est que 14 h 35 et nous aurions pu monter bien plus haut dans les alpages mais même si Isa ne se sentait pas fatiguée, par expérience, je sais qu’il faut se ménager pour la première étape. Nous trouvons un unique replat au pied d’un gros mélèze et au bord du torrent à 2230 m. A ce niveau la fréquentation du vallon est forte. Nous passons agréablement une fin d’après midi.

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C’est parti pour le premier col


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La girafe rose laisse Ceillac derrière


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Sous le col des Estronques (2651 m), cherchez Isa


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Le massif de la Font-Sancte


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Saint Véran (2050 m), plus haute commune d’Europe


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Une trouvaille d’Isa : pantoufles de bivouac, 32 g


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Autoportrait d’un couple de MUL


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deux popotes amoureuses

Jour 2 : 14 août 2009  Chapelle de Clausis – Abriès
Col de Chamoussière (2884) – Col Agnel (2744) – Pain de Sucre (3208) – Col Vieux (2806)

D+ : 655+520=1175 m
D- : 200+1700 m=1900 m
Temps : 10 h 15

Réveil 6 h. Départ 7 h 10. Grand beau. Une bise permanente rend plus fraiche la température de 6°C indiquée par le thermomètre de ma montre. C’est notre seconde nuit dans cette super tente et ma première nuit dans le fameux Walden 250 de Arklight Design, un top bag ultra léger mais sans capuche et sans duvet dessous. Pas de condensation, les courants d’air circulent bien dans la tente.
En montant on arrive très rapidement dans les alpages magnifiques au-dessus de la Chapelle. Sur la frontière, le pilier de la tête des Toillies, très jolie escalade sur du bon gabbro, domine. Le sentier menant au col de ce côté est presque plat. Le coin est désert. La traversée du col est splendide avec en toile de fond le Viso, plein de 3000 dont le Pain de Sucre en face qui est l’objectif suivant. Je viens souvent dans ce secteur l’hiver et au niveau de la fréquentation le contraste est énorme.
Nous ne descendons pas jusqu’à l’inutile refuge, gros pavé forcément bondé, posé là, à quelques mètre d’une route neuve qui ferait pâlir certains endroits des nationales du département. Nous coupons sur le col Agnel pour aller vers le pied du versant Ouest du sommet que nous voulons faire en passant, en traversée.
Le versant est impressionnant de loin, il est raide sur 300 m et plutôt exposé vers l’arête S-O sur le côté Italien. Ce sommet est la victime de la route qui le ramène à moins de 600 m de dénivelé depuis le col. Il est archi fréquenté, de nombreuses traces diverses et désordonnées dans les schistes font louvoyer du monde qui se perd en tout sens. Beaucoup, même avec de minuscules sacs sont incapables de trouver un rythme, s’arrêtant 2 minutes tous les 5 pas.
Isa accuse soudain une grosse fatigue que je mets sur le compte de l’altitude dont elle n’est pas habituée. De plus cette étape révèlera des crises de douleur très fortes dans l’articulation de son épaule mais qui ne sont pas dues au port du sac. Ces douleurs, bien qu’intermittentes, ne la quitterons pas du raid. L’ambiance du hors sentier se rajoutant à tout cela, l’ascension fut dure pendant une heure : découragée à 200 m du haut, la lenteur est extrême. Au bord de l’abandon, je lui dis qu’elle regrettera de manquer ce sommet à une poignée de mètres, le magnifique point culminant du tour. Pour l’aider à retrouver rythme et souffle, je lui prends son sac, (vive les sacs MULS). Quelques dernières dalles et c’est le sommet à 3208 m. A cheval entre deux pays, devant le Viso si proche, la vue est évidemment époustouflante mais ça se bouscule plutôt.
Il est 11 h 50 quand nous abordons la descente par l’arête N-O. Plus bas, en dehors de la voie normale, encore du piment quand il faut faire un peu de désescalade le long d’une fissure assez raide. J’entends avec frissons le Golite d’Isa frotter sur les rochers, test réussi. On rejoint ensuite très rapidement le col Vieux (2806) et on bascule sur le superbe lac de Foréant (2600) pour manger.
J’avais prévu un bivouac de rêve au second lac de ce vallon de Bouchouse, au lac Egorgéou à 2400 m mais c’était dans l’éventualité de faire le lendemain l’étape passant par la collette de Gilly sur le versant d’en face, perpendiculaire à l’axe du vallon. Après réflexion, je trouve ce parcours peu logique. En effet quand on arrive dans cette vallée du haut Guil, on passe par Ristolas mais Abriès est seulement 3 km plus loin. On peut penser que ces deux villages tout proches voulaient voir leur gîte fréquenté et le GR remonte alors peu naturellement tourner autour d’une fin de crête, passant de plus dans une zone de téléskis, pour revenir dans la même vallée. Connaissant le secteur, j’annule sans hésitation ce cheminement.
A la limite, – sortez vos cartes – la variante GR58 D partant de la Monta, avant Ristolas, est plus intéressante car par un parcours de crête devant le Pelvas, il fait découvrir de l’autre côté le vallon d’Urine. Mais ensuite il est commun avec le GR 58. C’est cette variante que j’avais éventuellement prévue. Une autre possibilité consiste, à partir du GR 58 D, au niveau de la bergerie de Pelvas, à rejoindre le collet du Pelvas et traverser le col d’urine en Italie mais il n’y a pas de sentier. J’avais fait ce tour du Pelvas à ski en hiver et le côté Italien était déjà très chaotique (plein d’énormes blocs) avec 2 m de neige.
Mais la meilleure façon est de passer par la variante GR 58 B qui repart de là où l’on débouche dans la vallée, à l’Echalp, qui évite de faire le moindre plat dans la vallée, qui passe en Italie par le col Lacroix, et qui traverse le col d’Urine (Italie-France) pour faire découvrir entièrement le vallon d’Urine en tournant autour du Pelvas avant de rejoindre Abriès. Avec cette étape, je doutais de pouvoir finir en 6 jours et cela ferait peut-être trop long pour Isa. Des orages étaient annoncés pour le surlendemain, je voulais aussi assurer la belle étape Abriès – Fonds de Cervières dans le beau temps.
Il est seulement 14 h 00 quand nous sommes au lac Egorgéou. Je prends le temps de faire découvrir une station de Chamorchis alpina, une rare et minuscule orchidée d’altitude difficile à distinguer dans la végétation puis nous descendons assez longuement jusque dans la vallée. La descente du vallon est vraiment très belle mais ensuite pour rejoindre Abriès, c’est 7 km en rive gauche du Guil et quand on a déjà plus de 7 h de marche effective…Nous faisons une pause à la fontaine de Ristolas, beau village dortoir mort et nous enquillons les 3 derniers kilomètres jusqu’au camping d’Abriès, en observant sur le chemin, 2 pieds en fruits d’une rare et protégée fabacée (tiens !) : l’astragale queue de renard. Il est 17 h 30, ce qui fait 10 h 15 depuis le bivouac. Isa est claquée mais plus c’est long plus c’est bon, non ?
Avec ma brune, je vais me taper une (ou deux) blondes. Plus on a marché plus elles sont bonnes. A l’épicerie, nous achetons 1 saucisson, un fromage, du pain de mie et des céréales, soit 685 g de nourriture par personne. Le soir nous dînons « en ville » et nous découvrons un bar-restaurant que je conseille vivement tant la sympathie du patron est marquante :
Malgré la douche chaude (si vous ne vous y prenez pas trop tard), là encore comme d’habitude, ce n’est pas le confort d’un vrai bivouac : bruit, pas de paysage et payant. Et puis, on finit par adorer l’eau vivifiante des torrents pour se laver. Le camping est assez logique de temps en temps, quand on passe en fond de vallée, se ravitailler, prendre du bon temps mais je ne sais pas si je ne vais pas l’éradiquer dans mes futurs raids tout comme je l’ai fait pour les refuges (il y a très très longtemps) ou les gîtes où je n’ai jamais dormi de ma vie.

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La tête des Toillies (3175 m) dominant les beaux alpages


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Souvenir d’une belle escalade sur son pilier

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La belle traversée du col de Chamoussière (2884 m) et le Viso (3841 m)

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A gauche, le Pain de Sucre (3208 m), point culminant du tour

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Du sommet, la Taillante (3197 m) et le lac Foréant (2600 m)

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Au sommet, le Viso semble proche

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Descente dans les dalles somnitales

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Plus raide qu’il n’y paraît, du piment…

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La lac Foréant (2600 m)

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Descente du vallon de Bouchouse

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Le second lac plus bas : lac d’Egorgéou (2400 m)

Jour 3 : 15 août 2009  Abriès – Les Fonds de Cervières
Col Ouest du pic de Malrif (2830)

D+ : 1290 m
D- : 770 m
Temps : 6 h 50

Pas mal de condensation avec un ciel étoilé sans vent. Malgré l’altitude modeste de 1540 m, un 6°C au matin. Départ 7 h 30.
Une étape « repos » avec plus d’une heure de pause au lac du Grand Laus et au col.
On commence par un sentier jalonné de sortes de petits oratoires pénitents jusqu’à une chapelle. Puis une traversée peu ascendante jusqu’au Malrif, ruines en cours de réhabilitation. Je cueille quelques brins d’hysope pour une tisane du soir.
Et qui nous arrive par derrière ? La fusée, que nous avions aperçue en fait à Abriès au soir. Elle perd encore un quart d’heure à discuter avec nous (soit sans doute quelques centaines de mètres de dénivelé pour elle). La veille, elle a torché je ne sais quoi en Italie, dormi vers le col Vieux , enchaîné en passant sur la variante GR 58 D, je crois, pour arriver au camping le soir.
Elle compte être sur Brunissard en début d’après-midi et finir je ne sais où, soit 3 jours pour le grand tour du Queyras, voire plus ! Trop rare et remarquable pour ne pas en parler, n’est-ce pas ? Je n’ose pas imaginer ce que cela donnerait en MUL…
La montée au lac du Grand Laus (2579) est vraiment splendide, paradisiaque au niveau des Bertins, qu’est-ce que ça doit être en juin ou juillet ! Je cueille 3 petites pincées de feuilles de génépi des glaciers (artémisia glacialis) encore pour une tisane du soir.
Nous sommes montés lentement, du monde commence à affluer derrière. Le lac est immensément beau. 250 m au-dessus, le col d’où les vues sur le lac et de l’autre côté, qui est très différent, sont magnifiques. Avec celle de la veille, c’est une étape majeure du GR58. Il est midi, nous y restons longtemps.
Descente tranquille sur le minuscule hameau et son gîte. Pas trop de monde. Un panneau « camping interdit » nous accueille. Très bien, nous, nous bivouaquons. Nous aurions pu monter un peu dans le vallon du col de Péas mais il était raisonnable de reposer un peu les courbatures et l’épaule douloureuse d’Isa. C’est donc une arrivée tôt, vers 14 h 30. Le replat herbeux près du torrent et un peu isolé est unique ! Dur à planter à cause des caillasses, merci les piquets fins en titane (de chez Arklight Design). Mais j’ai réussi à en tordre un !
Rituel du lavage dans le torrent, sous un ciel nuageux l’après midi avec les classiques passages du chaud au froid. Je lave même mon slip mais c’est vrai qu’on s’en fout un peu…

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Chemin de croix au départ de l’étape

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Au milieu de la montée, un replat paradisiaque

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Silène acaule

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Le vallon de Pierre Rouge sur les Fonds de Cervières

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Le lac du Grand Laus (2579 m), immense, sous le col

Jour 4 : 16 août 2009   Les Fonds de Cervières – Furfande
Col de Péas (2629) – Col de Furfande (2500)

D+ : 570+55+960=1585 m
D- :829+310+200=1340 m
Temps : 8 h 45

Les nuages noirâtres du soir ne se sont pas développés. Petit vent régulier la nuit. Ciel étoilé et croissant de lune. Encore 6-7 °C au matin. Départ à 7 h 15 pour remonter le beau vallon d’alpage d’herbe rase et bien vert. Vers 2200 m, à l’intersection d’un sentier qui mène au lac des Cordes, où je comptais bivouaquer la veille, il y a des vaches (vive les pastilles) et pas si plat que ça quoique la vue est plus belle. Un jeune couple en a été chassé la veille et a planté plus haut sur un replat moyen dans le raidillon. 100 m plus plats mène au col en moins de 1 h 30. Nous sommes là, à proximité du point culminant du Queyras français à 3320 m, le Grand Rochebrune.
La descente est douce, en traversée, longue jusqu’à Souliers (1840). Il est environ 11 h et il fait très chaud à cette altitude. Le GR 58 poursuit au Nord au col Tronchet pour faire une boucle via la route de l’Izoard sur Brunissard. Là encore, ce détour (5-6 km de plus) dans le haut de la vallée semble justifié par le passage au gîte du village. Je sais que la portion de sentier menant de la route au lac de Souliers est très fréquentée (350 m de dénivelé pour faire un lac). L’alternative intéressante qui était prévue pour traverser la vallée est de passer à la Chalp (1685) et de rejoindre le GR 58 qui mène, en traversant de la crête de l’Echette, au vallon du Plan du Vallon. Mais nous décidons de passer le col de Furfande dans la journée et pour épargner fatigue et douleur (de l’épaule) à Isa, je trouve raisonnable de couper plus court encore en passant par Arvieux (1543) : même dénivelé mais 2,5 km plus court en distance. Cela nous fait passer par une piste au lac de Roure.
Nous sommes dimanche et contrairement à un certain village du GR 5 – GR 52, pour ceux qui suivent mes articles, nous passons devant l’épicerie d’Arvieux qui est ouverte mais nous n’avons besoin de rien.
Une partie ingrate sur une piste plus ou moins cimentée pour commencer le vallon en plein caniar et nous mangeons à l’ombre dans le mélézin vers 1730 m, il est 13 h et il nous reste près de 800 m de dénivelé pour le second col. Les nuages semblent menaçants et c’est la journée d’orage prévu. Isa craque un peu mais j’opte pour la fermeté et un peu de pression. Je crois que des fois c’est nécessaire. Il faudra voir sa propre version.
Nous rejoignons rapidement l’intersection du GR 58 (arrivant de la Chalp) à 1840 m puis nous poursuivons ce très beau vallon, classique en ski de rando mais hélas massacré par une piste, tenez-vous bien, menant jusqu’au col ! Heureusement, le sentier coupe dans le beau mélézin. La partie intermédiaire est la plus belle puis le milieu s’ouvre.
Alors que du lac de Roure nous voyions le versant Est de la Dent du Ratier, nous passons à présent au pied de son versant Ouest. Isa marche très bien et c’est à 15 h 30 qu’elle passe le col. Les nuages se sont finalement dissipés. Je sais alors qu’il nous reste plus qu’une seule étape. Nous avons le choix de continuer à descendre jusqu’au Châtelard pour planter (lieu repéré lors de ma première étape du GR5 GR 52 le 7 juillet à 1670 m) ou de ne redescendre que de 200 m pour dormir dans l’alpage de Furfande à 2300 m avec une super vue. Le choix est vite fait pour la seconde solution tant le lieu est attrayant mais il n’y pas d’eau. Je jumelle pour voir une fontaine près du refuge mais je ne vois pas d’eau couler, avant de descendre nous nous arrêtons juste sous le col ou une source suinte. Avec la bouteille de 50 cl, je trouve la seule possibilité de la remplir : une herbe envoie une « fontaine » à l’échelle 1/1000 ; 35 min pour remplir 4,5 l d’eau.
Nous passons au refuge où, à proximité sont plantées quelques tentes. Nous nous isolons un peu plus loin au pied de la crête de Croseras. Ce soir c’est la toilette au camelback : nous réussissons à nous savonner avec 50 cl maxi chacun, si chaque habitant faisait de même…
Le ciel devint menaçant, je prépare l’emplacement et la tente en conséquence avec 2 haubans Arklight Design, encore eux ! Mais hélas, rien ne se passa, pas moyen de tester le matos.
Un bel endroit, comme aux Fonds de Cervières avec des marmottes qui courent partout, de belles lumières finales mais une herbe trop haute, trop de mouches et de moustiques, vive les vaches…
Une étape assez longue mais Isa a trouvé celle du Pain de Sucre plus dure. Avant les dents et dodo, nous flânons aux alentours à la tombée de la nuit.

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Après le col de Péas (2629 m)


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Vieux chalets en bardeaux de mélèzes à Souliers

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Villargaudin (1604 m)

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Crête de Clapouset, dans le haut du vallon du Plan du Vallon

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Du col de Furfande (2500 m), on va planter plus bas

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Bivouac sous la crête de Croseras à 2300 m

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Coucher de soleil au-dessus

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Au soir

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Jour 5 : 17 août 2009   Furfande – Ceillac
Col de la Lauze (2200) – Col de Bramousse (2250)

D+ : 1065 m
D- :1115+584=1700 m
Temps : 7 h 20

Aucune condensation, toile fermée sur l’herbe assez haute, petit vent permanent.
Minimum 3°C. Encore le grand beau. Départ 7 h 35 pour une fois en descente (1115 m) et à la fraîche.
En 1 h 40 nous sommes à la fontaine du village et il nous reste les fameuses 25 épingles de la route à descendre : « déroutant » mais insolite. Au bord du Guil, le plus dangereux de la rando : ne pas se faire écraser comme un crapaud pour traverser la route, nerf du Queyras sur fréquenté à cette époque.
Il nous reste presque 1100 m à gravir dans le vallon de Bramousse. Le sentier jusqu’au village est plutôt raide mais agréable. Après c’est plutôt chaud et moyen sur la piste malgré l’orientation Nord. Nous nous posons pendant près de 40 minutes pour manger vers midi aux chalets de Bramousse. Pour les 400 derniers mètres, je lâche quelques watts de plus et je distance un peu plus la girafe rose pour en terminer avec le col, il fait trop chaud. Je m’endors 20 minutes sous un mélèze quand je l’entends arriver.
Bramousse vient de brame, le cri du cerf qu’on entend souvent dans le secteur à l’automne. Ce vallon est beau mais surtout au printemps. Quand j’y suis passé le 7 juillet lors de mon raid sur Menton, les vaches commençaient le massacre, c’était bien vert et beau sur le haut. Aujourd’hui, le 17 août, elles l’ont achevé, montant jusqu’au col. Tout n’est qu’herbe hachée, piétinée, jaunie aussi, à un mois de l’automne, tout n’est que bouses et mouches. Un vrai dommage que je n’eusse pas montré ce vallon sous meilleure figure à ma compagne.
C’est inéluctable, c’est déjà la fin du raid. Nous restons au col encore 20 minutes avant de descendre en une heure à Ceillac rejoindre la voiture à 15 h pile. Sous la grosse chaleur, s’achève ce tour. Je me retape une blonde (deux) à Ceillac.

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Une chapelle au Châtelard

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Isa teste mon sac, il lui sied bien

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Dernière descente, sniff

Bilan :

Le parcours :

5 jours de tempête de soleil et de ciel bleu, vive l’air frais d’altitude. 2 moments de trop forte chaleur : de Souliers jusqu’au-dessus d’Arvieux dans le vallon du Plan du Vallon vers 1800 m et la fin du col de Bramousse.

Les 2 plus belles étapes sont la traversée Chamoussière – Pain de sucre – Lacs du vallon de Bouchouse (incontournable) et Abriès – Fonds de Cervières.
De ce fait, le meilleur tour, réalisable sans trop forcer en 6 jours, serait celui-ci en rajoutant l’étape Echalp – Abriès (variante GR 58 B) et en passant par Brunissard ou en coupant par la Chalp.
Je ne conseillerais pas de faire ce tour en plein mois d’août. Le mieux est fin juin-juillet ou dans une toute autre ambiance, à l’automne, quand les mèlèzes sont en or.

Des chiffres:

Temps moyen par jour (incluant les arrêts et les casse-croûtes d’environ 35 min) : 8 h

Dénivelé positif journalier moyen : 1300 m                                                               Dénivelé positif max : 1585 m
Dénivelé négatif journalier moyen : 1300 m                                                              Dénivelé négatif max : 1900 m

Pour ce tour, la distance doit être d’environ 85 km de sentier, si je ne me trompe pas, pour un dénivelé de 6500 m.
Il y a 9 cols et un sommet à 3208 m.

En moyenne nous décollions vers 7 h 20.

Difficulté physique :

Sans entrainement, à son rythme, Isa a parfaitement géré l’effort. C’était dur par moments mais elle n’a jamais été épuisée. Elle n’avait jamais fait de randonnées sur plusieurs jours, ni marché plus de quelques heures et ne fait pas de montagne régulièrement, j’en suis donc vraiment épaté. Elle n’a jamais ressenti de gêne au niveau du poids du sac que je considère comme déjà bien léger pour 5 jours. La démarche MUL a donc été une des clés de la réussite de notre projet.

Ce que je regrette vraiment c’est la douleur innatendue qu’Isa a subit à l’épaule. J’ai certainement dû sousestime cette douleur, été trop dur  (que voulez-vous quand on n’est pas dedans). C’était une première pour elle et elle n’avait pas besoin de gérer ça en plus. Sur le moment ça lui a relativement gâché son raid mais je sais qu’avec le temps on ne retient que le meilleur. Ce qui ne tue pas rend plus fort dit-on. Il faut comprendre que la puissance des sentiments que l’on ressent dans l’effort pratiqué dans la beauté de la nature dépasse tout.

Les sentiers sont très bons, souvent en pente douce, jamais très raides (hormis le Pain de Sucre mais il ne fait pas partie du GR 58). Une seule longue montée de 1300 m depuis Abriès, par forte chaleur, il faut partir tôt.
Les étapes de gîte en gîte sont vraiment bien courtes, il ne faut que quelques heures. De cette façon, le raid est à mon avis qu’une longue attente à moins de faire le touriste curieux et désireux de découvrir intimement chaque village ce qui est une autre façon de faire que je ne dénigre pas.

Nous avons constaté que le concept MUL était encore très loin d’être adopté. Tous ceux qui réalisaient le tour ou moins étaient reconnaissables immédiatement : des sacs qui semblaient bien lourds, du dessus de la tête jusque sous les fesses avec la tente pendant sous le sac et l’éternel Carrymat, le confort ne compensant visiblement même pas le poids. Dans ces conditions, le Pain de Sucre était souvent zappé.

L’hydratation :

Là encore, même en août et dans cette période assez caniculaire, l’eau est omniprésente mais quelques pastilles sont nécessaires grâce aux vaches. Je crois qu’il n’est pas nécessaire de démarrer avec 1,5 l d’eau, 1 l devrait suffire ce qui allègerait d’autant les sacs.

Le matériel:

Premier test (jusqu’à 3°C seulement) du duvet Walden 250 très concluant en température positive et donc complémentaire à celui que j’utilise habituellement, le Valandré Lafayette, 2 fois plus lourd. L’absence de duvet dessous n’est absolument pas un problème puisque écrasé, il ne sert à rien, c’est le matelas qui isole. Par contre, il demande une gestion du haut. J’en ferai un rapport plus détaillé dans la rubrique matériel.

Poursuite du test de la Shangri-La 2 qui pèse 365 g par personne. Elle est très spacieuse et j’envisage même de l’utiliser en solo pour les saisons froides : moins de 900 g en comptant le tapis de sol (couverture de survie). Semble fiable et robuste.

Le Thermarest Prolite 3 S 2009 pesé à 295 g est bien différent de la version 2008 : on gagne 105 g mais le tissu est plus fin, les étoiles évidées dans la mousse sont plus grandes et la mousse elle-même semble moins dense. Quand on ouvre la valve, l’autogonflage n’est pas convainquant. Je doute qu’on ait gardé la même fiabilité et la même isolation (le prix par contre si).
Je ferai bientôt un comparatif Prolite 3 2008/Prolite 3 2009/Torsolite Bozeman.

Le sac Golite Jam 2 est bien confortable et à volume variable mais le dos n’est pas réglable. Je l’ai essayé lors de la dernière étape. Le dos est plus chaud que la mousse de l’Osprey Talon 33. Un poil moins confortable au niveau des bretelles. Un peu moins pratique également sans la poche du dessus. Mais Pour 130 g de moins, il est plus grand de 18 l. Vraiment un sac excellent.

La tasse popote 1 personne Ti-time 550 ml en titane de chez Arklight Design est assez grande pour les pâtes chinoises (60 g avec 30 cl d’eau) mais demande de la surveillance à l’ébullition (débordement). Il faudra tester avec la cuisson de pâtes 3 min, ainsi la quantité maximum sera déterminée.
Elle semble être plus efficace que ma Snow Peak Trek 700 car l’eau semble y bouillir plus vite (à confirmer). Isa a consommé moins d’alcool que moi.

Nourriture :

Isa s’est basée sur mes proportions pour la nourriture. Il se trouve que nous avons consommé la même chose en termes de poids soit 2 kg 650 pour 4 petits déjeuners, 5 midis et 3 soirs (un repas dans le village).
A l’arrivée, il nous en restait environ 600 g chacun, dont près de 200 g de fruits secs (consommation réelle 60 g par jour au lieu des 100 g que je consomme normalement).

Isa a seulement brûlé 130 ml d’alcool et j’en ai brûlé 175 ml.

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