Un tour en provence haut alpine (28-29 octobre 2009)

par Fab le 2 Novembre 2009

Désormais, chaque année, en octobre, j’aime aller me faire un petit tour dépaysant dans la garrigue colorée de la provence haut alpine. Toujours désert, je trouve  un réel charme à parcourir ces reliefs calcaires, ces petits sommets et ravines. J’envisageais le tour des Baronnies du Buech mais je n’avais pas assez de jours disponibles.
Ce sera donc une petite balade dans le massif de Céuse, juste à l’ouest de Gap et au sud du Dévoluy. L’altitude n’est pas importante mais sur les sommets, désaxés au milieu de plaines, la vue est grandiose et embrasse tout le massif des Ecrins, du Queyras et du Dévoluy. Un regard vers le sud et c’est la pure provence qui se déroule avec les derniers reliefs préalpins.

Jour 1 : La petite Céuse (1681)

D+ : 670 m
D- : 20 m
Temps : 1 h 20

Le mois d’octobre a connu une période de froid avec des températures négatives, de la neige en montagne mais en cette fin d’octobre ensoleillée, c’est un redoux agréable qui me permet dans ce secteur de démarrer en short et t-shirt dans l’après midi.

Je pars depuis le vallon de Baudon (1036 m), non loin de Sigoyer et entame la montée devant la célèbre et imposante falaise en demi-cercle de Céuse. Je traverse le torrent au niveau de Surville, prends une piste et un morceau de sentier conduisant au col des Guérins avant de monter directement en hors sentier le versant S-E du sommet. La carte IGN, complètement obsolète montre une pente nue alors que tout le versant est une forêt de mélèzes replantés.
En espérant ne pas me faire tirer par un braco, je nage à travers la végétation joliment colorée avant de sortir enfin à vue libre vers 1500 m. Dans un terrain raide j’atteins un collet à droite du sommet. Je cherche déjà des emplacements potentiels de bivouac, c’est que la nuit tombe vite et je suis parti assez tard. Là je vois un replat herbeux, je monte au sommet par un dernier raidillon rocheux et, juste devant le cairn, je découvre un plat d’une surface de tente. Le sol est caillouteux mais cette fois j’ai pris la Shangri- La 2 (pas de tapis de sol intégré). Cela sera parfait pour tester mon nouveau tapis de sol MUL, le polycree. Rapidement, grâce à 6 piquets en titane ultra fins, je fixe la toile au sommet. Un bout de Arkline relié au piquet du cairn vient consolider tout ça en cas de vent fort. Mais j’ai de la chance, sur ce sommet exposé au premier vent venu, l’air est calme. Seul un vent moyen viendra par moment secouer la toile pendant la nuit.

Le jour décline déjà après 17 h 00. Je regarde longuement le spectacle splendide du coucher de soleil sur la montagne d’Aujour. L’horizon tourmenté par les dernières crêtes s’enflamme. Sous la lune presque pleine qui prend le relais, j’allume le P3RS. Dans la plaine, Gap et les petites maisons éparpillées sur des dizaines de km s’illuminent.
La température est douce et ne chute pas : 8-9°C. Je vais passer une nuit un peu longue mais elle sera très agréable.

Dans cette tente 2 places, seul, c’est un vrai palace avec possibilité de cuisiner assis. Pourtant son poids total avec sol et  piquets est quasiment celui de ma Tarptent 1 place soit 740 g. C’est donc la solution pour l’hiver quand il faut tout faire dedans à l’abri du vent glacial.

Le thermomètre ne descendra pas en-dessous de 5-6 °C, je dors donc comme un bébé dans le top bag Walden de A.D (sans capuche) habillé juste d’un haut et d’une cagoule.

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Montée devant la célèbre falaise de Céuse

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Dans la grande plaine, GAP

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Bivouac au sommet

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Coucher de soleil sur la montagne d’Aujour

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Jour 2 : Col de Bois Rien (1455) – Col de la Baume (1339) – Crête et Rocher de St Pierre (1454)

D+ : 962 m
D- : 1600 m
Temps : 7 h 50

Je me réveille vers 6 h 45, les couleurs flamboyantes réapparaissent de l’autre côté et j’assiste peu après au lever du soleil.
Il est clair que si en général on recherche un emplacement de bivouac plus protégé avec eau à proximité si possible, le bivouac au sommet est absolument incomparable : vue, spectacle, soleil immédiat le matin…donc c’est à privilégier quand c’est possible et quand les conditions sont clémentes.

Après quelques photos, je descends du sommet par le N-O, désescalade de la barre mais facile. Je rejoins le col de Bois Rien dans la pinède puis le sentier est très beau à flanc jusqu’au col de la Baume avec un passage dans une hêtraie; frais et humide.
Du col de la Baume, j’attaque la garrigue par les rochers puis je suis le fil de la crête de St Pierre. Je prends le temps de ramasser quelques brins de thym, plus il pousse sur le rocher aride plus il est bon, pareillement avec un peu de sariette. Par un peu d’escalade, j’atteins le Rocher par l’arête Est.

La suite consiste à descendre plein sud sur Esparron. Inutile d’essayer de trouver la sente indiquée sur la carte. Il commence à faire chaud dans cette garrigue aux genets qui me flagellent les jambes. Faudrait me payer pour être là en plein été.

J’arrive à rejoindre les ruines de Vière, un groupe de maisons ou vivaient encore 3 familles avant la dernière guerre. La végétation reprend le dessus. Je cherche la source fontaine àflanc dans le ravin pendant 30 minutes, dur, je monte, je descends, j’essais de déchiffrer la zone, la sente qui se perd…. Ce n’est pas tant pour l’eau que pour le plaisir de la trouver. Je trouve finalement un écoulement très faible mais je n’ai jamais trouvé cette source. J’en prélève 1 litre dans lequel je jette une pastille. J’étais parti avec 3 litres, le soir j’en ai utilisé 1 pour me laver la tête, manger et me laver les dents. Avec les 2 l, dans cette région où l’eau est rare surtout en plein automne, ça pouvait passer pour la journée.

Après un peu d’errance, je retrouve la sente plus bas qui passe par une croupe tourmentée entre 2 ravins et qui rejoint le fond de la vallée et son ruisseau. Il faut ensuite rejoindre le GR 94 pour remonter au col de la Baume. J’aurais du passer par le village d’Esparron mais j’ai voulu éviter ce détour pour empreinter une sente à flanc en rive gauche. Bien mal m’en a pris, je me suis enfoncé dans une jungle indéscriptiblement inextricable. Un piège d’épineux de toutes sortes : églantiers, pruneliers, arbres…35 minutes de combat sans coupe coupe, plus je m’enfonçai plus je me piégeai pour progresser de 2 ou 3 m par minute. Mes bras, mes jambes devenaient charpies mais j’essayais de ménager le reste du matos, le sac à dos Golite s’en est sorti sans mal, les vêtements un tout petit peu moins.

J’ai dû abandonner l’idée de monter pour rejoindre d’urgence le lit du torrent. Une partie plus clairsemée me donne alors l’issue. Ah, la sauvage végétation de l’étage colinnéen, ça ne rigole pas mais ça m’a rappelé mes premières escapades de gamin en culotte courtes à la campagne.
Quelque peu ensanglanté, les jambes et les bras piquants, je remonte le sentier plein sud, dans une jolie pinède mais je me pose 150 m sous le col pour manger, il fait bien chaud. Je jumelle alors le ballet de deux grands aigles au-dessus de la crête.

Une fois le col de la Baume franchi, je reprends la partie boisée à flanc pour retourner au premier col. Je flâne, ramasse quelques champignons (petits gris et violets qui feront le repas du soir) et de ce col, je prends un sentier qui va descendre d’abord pour longer le versant S-O de la Petite Céuse à flanc et rejoindre une autre zone de ruines abandonnées : le village de Ceas qui était habité à l’année et où vivaient encore 5 familles au début du siècle. Une dernière montée à un collet puis je redescends à l’ombre de feuillus, par un sentier, des champs, une piste, des maisons isolées et leurs sales cabots agressifs et dangereux, la route et la voiture. Finalement, l’eau prélevée m’aura servie.

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Lever de soleil

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Première lumière sur la grande soeur

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Au fond, tout le Dévoluy

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La petite Céuse

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Joli passage en hêtraie

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Sur la crête de St Pierre

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Ruine de la Vière

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Descente en marnes calcaires sur Esparron

Bilan :

Une belle petite escapade, sans personne. Un sac de base qui ne dépasse plus désormais les 4 kg mais si je déduis ce que je n’ai pas utilisé (imper-respirant, housse de sac) et ce dont j’aurai pu me passer (gants, toilette), j’aurai tout aussi bien pu partir avec un sac de 3,4 kg.

Ayant toujours utilisé une couverture de survie épaisse retaillée comme tapis de sol (143 g), j’ai testé le polycree que j’ai trouvé horriblement fin à réception. Mais ce premier essai, sur un sol jonjé de petit cailloux, m’a convaincu. Encore plus facile à plier pour un poids trois fois moindre : 46 g !

Le Grand Pinier : boucle dans les Ecrins (5 et 6 septembre 2009)

par Fab le 8 Septembre 2009

 

Après en avoir fait le tour la semaine dernière, je repars dans ce magnifique secteur des Ecrins proche de chez moi pour le simple plaisir d’aller bivouaquer au bord du lac Palluel (2473 m). Le sommet visé est  le Grand Pinier (3117 m).
Mon sac de base passe à 3,9 kg. J’en profite donc également pour tester une fois de plus le matos.

Jour 1 : 5 septembre 2009 - Parking de Dormillouse (1440 m) – Lac Palluel (2473 m)

D+ : 1035 m
Temps : 2 h

Ce jour là, je me décide comme au dernier moment. Machinalement, le sac est fait en 30 min et je démarre en milieu d’après-midi à 15 h 15. Je monte tranquillement, il n’y a pas grand monde. Les couleurs ne sont pas encore là mais il y a déjà comme une ambiance d’automne : la paix, la lumière. Arrivé au lac, je suis seul au monde. L’eau s’est faite plus rare pour une fois , je vais faire le plein au bout du lac, par une grosse source qui l’alimente. Les emplacements plats, herbeux et sans cailloux sont rares autour de ce lac, deux tout au plus.
Je m’installe dans une paix indéscriptible, au pied du Grand Pinier. Je jumelle l’itinéraire hors sentier du lendemain. J’entends les petits ploufs des vairons du lac. Avec ma popote pleine de nouilles chinoises brûlantes, je flâne, observe un dizaine de chamois broutant sur une crête non loin. Ils m’ont vu bien sûr, je me sens intégré, accepté dans le milieu. Je me sens bien, c’est comme chez moi. Je regarde le coucher du soleil sur les nombreux 3000 alentours, avec le lac au premier plan.
Quand le soleil a disparu, il a vite fait frais avec du 3-4 °C dès 20 h et 1°C vers 21 h. Comme les nombreuses marmottes qui courent partout s’engraisser pour le dodo d’octobre, je me prépare à de trop longues nuits. En effet, s’allonger vers 20-21 h même pour un lever vers 7 h, ça fait long. Et ça ne va pas s’arranger en allant sur l’hiver. Le vent est nul, la grosse lune perdue dans un ciel pur et étoilé qui présage d’une nuit froide, est très belle. 

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La montée, pile dans l’axe de la vallée de Freissinières

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Symétrie : à l’endroit ou à l’envers ?

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Devant le Grand Pinier, cherchez ma Tarptent

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Les 3000 se reflètent et se flâtent

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Dernière photo prise de mon duvet

Jour 2 : 6 septembre 2009 – Lac de Palluel (2473) – Grand Pinier (3117)

D+: 650 m
D-: 1680 m
Temps: 4 h 50

La nuit, la température est descendue à -2°C minimum. Parfait pour tester le Walden. Je n’ai pas eu chaud, je me suis habillé quelque peu. J’ai atteint, je pense, la température limite de confort : excellent pour un duvet d’à peine 500 g.
Pour une fois, grâce matinée jusqu’à 7 h 30 quand le soleil me réchauffe soudain dès 7 h 20; chose rare car c’est un paramètre que je ne prends pas en compte quand je m’installe. Je déjeune dans le duvet. Que c’est agréable ! Je plie néanmoins ma toile légèrement givrée.
Pas le temps de s’échauffer, la montée est soutenue dès le départ. On pourrait penser à un tas de cailloux d’assez loin mais la montée est efficace, aisée et bien cairnée avec une partie de blocs moyens mais pas d’éboulis pénibles. Je suis au sommet 1 h 15 plus tard, il est 9 h 20.
Je suis seul, le ciel ne peut être plus pur. Par rapport à la semaine dernière, je prends un peu ma revanche sur la vue qui n’est pas racontable sur les tous les grands sommets des Ecrins que j’ai presque tous gravis à une époque; s’étalent à l’Ouest, le Champsaur tout entier où j’ai vécu plusieurs années en y travaillant comme AMM, le Dévoluy écumé en ski de rando…séquence souvenirs et émotion.
Non loin, à l’ouest, la brèche à l’issue d’un couloir cône, est l’itinéraire à ski que j’ai fait par deux fois depuis Prapic. Je repère la face Nord du pic pour le ski.
Bref, je me régale pendant 20 min avant de redescendre sur 200 m par où je suis monté. Puis, soudain je décide de rejoindre le lac de Faravel plus directement sans repasser par le lac de Palluel. Vers 2980 m, c’est plus fort que moi, je m’engage dans un dégueuloir à pavasses peu engageant. Infâme ? je ne sais que dire, c’est trop sauvage. Je dérape un peu et j’en envoie de la caillasse en bas !
Je me fais un genou, un trou dans le calbut, je perds sans doute la main, disons le pied, en viellissant. Et dire qu’avec un mètre de poudre, ce ravin serait un pur délice !
Après une zone plus stable et ludique de gros blocs où je joue à saute moutons, je passe par de petits lacs même pas figurés sur IGN, je croise plusieurs groupes de chamois s’y désaltérant.
Je comptais enchaîner avec le Petit Pinier (3100) mais à la vue de la face Nord, asséchée de son glacier (il ne reste que deux pauvres névés), je préfère y retourner cet hiver à skis.
Atteindre directement le lac Faravel n’est pas chose si aisée. Une immense barre ceinture le cirque. Je trouve cependant un point de faiblesse un peu au nord me permettant de le rejoindre presque directement en retombant sur le sentier juste avant. Après cette improvisation, je prends un bout de sentier et rejoins directement le lac Fangeas, puis le sentier ramenant en bas. Une boucle assurément magnifique avec une belle partie de hors sentier.

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En montant au Grand Pinier au matin

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Au premier plan les 3000 dominent le Chichin, derrière les Ecrins encore plus haut
 

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Aupillous, Ailefroide, Barre des Ecrins, Pelvoux…

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Les géants des Ecrins, où est la Barre 4102 m ? 

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 En face Nord, les glaciers disparaissent mais des lacs apparaissent : IGN faut se mettre à jour !

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Face Nord du Petit Pinier (3100) : on repassera en plein hiver, ça vaut mieux !

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Crêtes, crêtes jusqu’au Viso

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Lac Faravel (2386 m)

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Ecrins : un tour des Piniers (29 et 30 août 2009)

par Fab le 1 Septembre 2009

 

Dans les Ecrins, un tour très sauvage, la façon la plus courte de faire le tour des Piniers, depuis le parking de Dormillouse en 1 jour et demi :

Col des Terres Blanches (2721) – Le Tuba (3008) – Lac des Pisses (2515) – Grand Lac des Estaris (2570) – Col de Freissinières (2782) – Roc Diolon (3071).

Un sac de base de 4 kg 100 et 1 kg de nourriture.

Jour 1 : Parking de Dormillouse (1420) – Grand Lac des Estaris
Col des Terres Blanches (2721) – Le Tuba (3008)

D+ : 1950
D- : 850
8 h

Départ 8 h 30. Grand beau, seul un nuage bouche le Grand Pinier au matin.
Montée agréable jusqu’au lac du Fangeas (1990), 1 h. Puis c’est une montée sauvage, dans vallon magnifique aux grands espaces en passant au Quartier d’Août via 2 grands zig-zags pour passer deux grandes barres. Après une longueur de plat, la suite est minérale. Le Tuba (3008) s’atteint en 1 h depuis le col des Terres Blanches pour un total d’à peine 4 h par une crête peu ascendante, à cheval avec le Champsaur, face au Petit Pinier (3100). Cette crête domine le vaste vallon du Fond de la Cabane qui ne présente aucune trace de sentier et qui possède deux petits lacs non nommés. Bref un bout du monde perdu comme on en voudrait plus…
L’idée était de traverser le Tuba en descendant le versant N-O sur le vallon de Chabrières. Pour en avoir descendu la face Nord à skis avec du 45°, je savais que la raideur serait au rendez-vous mais vu la qualité du terrain qui ne demande qu’à être recouvert de neige pour être humain , je m’attendais bien à une descente délicate. Je confirme que la face Nord n’est praticable qu’en ski de pente raide et le versant Ouest direct du col du Fond de la Cabane semble impraticable à pied, en tout cas trop dangereux à mon avis. 
Je descends 50 m sur le col pour tenter d’apercevoir un passage raisonnablement possible. Je descends lentement dans une pente très raide d’éboulis schisteux instables, sur fond terreux glissant et mouillé. Pendant 150 m, du haut je me demande si ça passe, il y a plein de petites barres qui semblent plonger sur les pentes d’éboulis inférieures. Je me serais senti plus à l’aise avec mes vraies chaussures d’alpi dans ce terrain dangereux et exposé dans lequel je n’amènerai jamais personne.
La glissade n’étant guère recommandée, c’est donc avec une grande prudence et en assurant chacun de mes pas que je louvoie un peu avant d’effectuer une traversée pour finalement trouver la sortie. Les 400 m qui suivent ne sont qu’une pente d’éboulis fatigante qui demandent vigilance et équilibre. Je ne déteste pas vraiment ce genre de terrain qui fait aussi la montagne, ludique, formateur mais grossièrement appelé terrain pourri; par ici je ne vois aucune trace de passages ni cairns comme cela est souvent le cas de temps en temps presque partout même dans les endroits sauvages. Je suis dans le Champsaur, du flysh posé sur grès. 
Plus bas, il reste à trouver deux passages clés pour franchir plus facilement 2 barres mais le secteur parcouru à ski ne m’est pas inconnu (Petit Pinier versant Ouest, Entre pinier et Grand Pinier S-O). Cependant, du haut ce n’est pas si évident. Je compte rejoindre le sentier menant de Prapic au lac des Pisses mais en descendant le moins possible.
Deux barres bien nettes sur la carte IGN parcourent le cirque à 2450-2500 et 2350 m. Je pouvais rester sur la plus haute et traverser mais cela me semblait plus fatigant d’autant que je tombe pile sur le passage qui passe la barre inférieure. Je longe alors le pied de cette dernière jusqu’à retrouver le sentier au niveau d’une cabane. Le hors sentier est fini, c’est dans une chaleur qui en dit long sur la canicule en plaine, vers 2300 m que je remonte au lac des Pisses (2515).
Je m’octroie une pause, la suite n’est que du repos : 1 h 30 de sentier presque horizontal qui mène en flânant aux lacs des Jumeaux puis 70 m plus haut au lac d’Estaris. 
La traversée est belle, Prapic est blotti tout au fond. Mais rapidement, en traversant vers le N-O, on aperçoit des pylônes. Le sommet de la station de Merlette n’est pas loin, la tumeur cancéreuse que j’ai vu s’étendre toujours plus ces dernières années atteint sans doute sa phase terminale. Quand on pense que le secteur est plein de lacs, que le grand lac lui-même est au centre d’une réserve naturelle, on a du mal à comprendre un aménagement intensif et croissant aux alentours
C’est à 2570 m, sur un plat herbeux à faire rêver les tapis de sol et les piquets de tente, au bord du lac, que je plante. J’ai quelques heures de sérénité en pleine solitude pour profiter du dernier soleil, me laver dans le lac et admirer le couchant.
 

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Dormillouse 

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Lac Fangeas

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Lac Fangeas 

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Le Mourre froid, un autre 3000 classique du Champsaur

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Le Rochelaire (3108), skiable de l’autre côté

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Les terres blanches du col de Terre Blanche

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Petit Pinier (3100) sur fond de Sirac (3440)

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Brebis perdues vers 2900 m

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Sur la crête du Tuba (3008)

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Le vallon du Fond de la Cabane et ses petits lacs anonymes

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Le petit Pinier au cours de la descente délicate

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Délicat

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Prapic au fond

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Toute la partie hors sentier depuis le Tuba au milieu

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Lac des Pisses (2515)

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L’itinéraire en gros

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Lac des Jumeaux

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Plage et 3000 (face N du Mourre Froid)

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Seul sur la plage

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Les Lacs inférieurs vers 20 h

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Cherchez ma Tarptent !

 

Jour 2 : Col de Freissinières – Roc Diolon (3071) – Dormillouse.
 
D+ : 500
D- : 1650
4 h 30

Je passe une nuit médiocre pour une fois, à cause du vent bruyant qui a soufflé la moitié de la nuit.
Réveil à 7 h 00 pour un départ à 7 h 45. Du col, je fais en passant le Roc Diolon (1 h depuis le lac), un sommet facile que je ne connaissais pas mais que j’ai trouvé bien beau avec une ambiance de brumes épaisses venant du Champsaur. J’ai pu réapercevoir plus bas le lac des Pisses de la veille. 
La suite est une longue et paisible descente dans un vallon d’une très grande beauté malgré la période, en particulier vers 2330 où plusieurs eaux se rejoignent pour former le torrent principal. Peu après, le lac du Lauzeron est presqu’à sec, dommage. Ce n’est pas le printemps mais pour un été qui n’a connu que quelques orages, ça coule encore bien dans le vallon. Vers 2000 m, j’entre dans la fraîcheur du mélézin puis traverse Dormillouse, toujours trop fréquenté, fort contraste avec la solitude de ma balade.
Vers midi je suis en bas et 20 minutes plus tard ma petite famille me rejoint pour manger et passer un moment près du torrent, c’est pas sympa ?
  

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Le lac d’Estaris depuis le col de Freissinières (2782)

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Lac des Pisses depuis le Roc Diolon (3071)

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Brumes sur la montagne du Chapan 

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De la neige éternelle ? 

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Crête du Martinet

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Haut du vallon de Chichin

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 Bilan :

Les vallons de Terres Blanches et de Chichin sont d’immenses vallons magnifiques dont la beauté est parfois insoutenable (âme non sensible s’abstenir), leur parcours est agrémenté par deux 3000 mais je ne peux pas vraiment conseiller la traversée du Tuba, trop délicate si on n’est pas aguerri et habitué au terrain de montagne délicat.
Il faut alors traverser le col des Terres Blanches et passer à Prapic pour une étape très longue ou supplémentaire mais non moins belle. 

Je continue à tester le Walden 250 mais toujopurs pas moyen de se les cailler avec encore du 3 °C minimum. 
Encore une fois la lampe frontale ne m’a pas servie, désormais ce sera une loupiote de 10 g pour l’été, hop 66 g de gagné.
La cagoule est très efficace avec le Walden : cou bien protégé et bien adapté pour les courants d’air. Je gagne encore 30 g sur un bonnet.
La progression MUL se poursuit tranquillement : bientôt sous les 4 kg…

 

GR 58 : un tour du Queyras en 5 jours (13 au 17 août 2009)

par Fab le 20 Aout 2009

 

Après un petit test de deux jours autour de la tête de Gaulent, le 1 et 2 août, avec Isabelle, nous partons à l’aventure pour ce tour du Queyras prévu en 6 jours maximum en autonomie. Ce tour se fera au rythme d’Isa qui n’a pratiquement aucun entraînement.
La veille, les sacs sont faits minutieusement. Après une seconde commande chez Arklight Design, Isa complète doucement son équipement MUL. Son sac de base pèse 4 kg 370. Avec un vrai duvet et quelques autres optimisations elle descendra bientôt vers 3 kg 700.
Nous sommes en autonomie sur 6 jours en alcool à brûler, en pâtes, en lait en poudre, en fruits secs, sucres et café. Nous sommes en autonomie sur 3 jours avec les soupes, le fromage, la viande, le pain de mie et les céréales. Nous comptons en effet nous ravitailler un peu au passage à Abriès.
Avec 2400 g de nourriture et l’eau le sac d’Isa fait environ 8 kg 200.
Mon sac de base pèse 4 kg 500 (je prends la tente et la pharmacie). Je porte un peu de sa nourriture (total de 2800 g). Mon sac pèse au départ environ 8 kg 750 avec nourriture et 1,5 l d’eau. Oui, je sais, peu de galanterie. Je pourrais délester plus le sac d’Isa mais on devient MUL qu’en ayant été d’abord MULE et puis Isa veut faire son expérience de vrai MUL donc porter un sac lui permettant d’être en autonomie…D’autre part le volume de mon sac (33 l) ne me permet pas de mettre plus.
Dans la journée on ne porte jamais le plein d’eau et le poids de la nourriture diminuant chaque jour, on peut estimer le poids moyen du sac que l’on porte pendant tout le raid : 6 kg 800 pour Isa et 7 kg 300 pour moi.

On peut consulter les listes dans la rubrique matériel.

L’itinéraire que j’ai prévu s’appuie largement sur le GR 58 classique. Il existe des variantes permettant plus court ou plus long en passant en Italie.

Jour 1 : 13 août 2009  Ceillac – Chapelle de Clausis
Col des Estronques (2651)

D+ : 985+380=1365 m
D- : 800 m
Temps : 6 h 30

Départ à 8 h 10 de Ceillac où nous garons la voiture (1666 m) pour le col des Estronques (2651) qui présente une assez longue approche peu ascendante jusque vers 1950 m. Grand beau, personne. Mise en jambes pour Isa qui monte très bien en 2 h 40 pour ce premier col et qui ne trouve pas le sac lourd. Le soleil tape bien mais heureusement, nous trouvons un fond d’air de plus en plus frais en montant.
La descente sur St Véran est agréable mais pas mal de personnes qui montent de ce côté. Ce village, en face est bien envahi. La fréquentation touristique est au maximum en cette période.
A partir du pont du Moulin (1849), nous ne remontons pas à St Véran, 200 m plus haut, mais poursuivons la rive gauche de l’Aigue Blanche pour rejoindre le GR en amont et remonter très tranquillement le fond du vallon vers la Chapelle Clausis où nous commençons à chercher où bivouaquer.
Une fusée arrive derrière nous : une jeune fille, mignonne, solitaire, qui ne s’arrête pas de marcher avant 19 h, qui semble connaître le principe MUL mais qui porte ses 13 kg. Elle est partie de Bramousse, a traversé sur le col du Fromage et part bivouaquer en Italie, loin, loin. Je sais qu’elle nous redoublera dans la seconde étape.
Il n’est que 14 h 35 et nous aurions pu monter bien plus haut dans les alpages mais même si Isa ne se sentait pas fatiguée, par expérience, je sais qu’il faut se ménager pour la première étape. Nous trouvons un unique replat au pied d’un gros mélèze et au bord du torrent à 2230 m. A ce niveau la fréquentation du vallon est forte. Nous passons agréablement une fin d’après midi.

  

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C’est parti pour le premier col


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La girafe rose laisse Ceillac derrière


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Sous le col des Estronques (2651 m), cherchez Isa


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Le massif de la Font-Sancte


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Saint Véran (2050 m), plus haute commune d’Europe


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Une trouvaille d’Isa : pantoufles de bivouac, 32 g


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Autoportrait d’un couple de MUL


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deux popotes amoureuses

 

Jour 2 : 14 août 2009  Chapelle de Clausis – Abriès
Col de Chamoussière (2884) – Col Agnel (2744) – Pain de Sucre (3208) – Col Vieux (2806)

D+ : 655+520=1175 m
D- : 200+1700 m=1900 m
Temps : 10 h 15

Réveil 6 h. Départ 7 h 10. Grand beau. Une bise permanente rend plus fraiche la température de 6°C indiquée par le thermomètre de ma montre. C’est notre seconde nuit dans cette super tente et ma première nuit dans le fameux Walden 250 de Arklight Design, un top bag ultra léger mais sans capuche et sans duvet dessous. Pas de condensation, les courants d’air circulent bien dans la tente.
En montant on arrive très rapidement dans les alpages magnifiques au-dessus de la Chapelle. Sur la frontière, le pilier de la tête des Toillies, très jolie escalade sur du bon gabbro, domine. Le sentier menant au col de ce côté est presque plat. Le coin est désert. La traversée du col est splendide avec en toile de fond le Viso, plein de 3000 dont le Pain de Sucre en face qui est l’objectif suivant. Je viens souvent dans ce secteur l’hiver et au niveau de la fréquentation le contraste est énorme.
Nous ne descendons pas jusqu’à l’inutile refuge, gros pavé forcément bondé, posé là, à quelques mètre d’une route neuve qui ferait pâlir certains endroits des nationales du département. Nous coupons sur le col Agnel pour aller vers le pied du versant Ouest du sommet que nous voulons faire en passant, en traversée.
Le versant est impressionnant de loin, il est raide sur 300 m et plutôt exposé vers l’arête S-O sur le côté Italien. Ce sommet est la victime de la route qui le ramène à moins de 600 m de dénivelé depuis le col. Il est archi fréquenté, de nombreuses traces diverses et désordonnées dans les schistes font louvoyer du monde qui se perd en tout sens. Beaucoup, même avec de minuscules sacs sont incapables de trouver un rythme, s’arrêtant 2 minutes tous les 5 pas.
Isa accuse soudain une grosse fatigue que je mets sur le compte de l’altitude dont elle n’est pas habituée. De plus cette étape révèlera des crises de douleur très fortes dans l’articulation de son épaule mais qui ne sont pas dues au port du sac. Ces douleurs, bien qu’intermittentes, ne la quitterons pas du raid. L’ambiance du hors sentier se rajoutant à tout cela, l’ascension fut dure pendant une heure : découragée à 200 m du haut, la lenteur est extrême. Au bord de l’abandon, je lui dis qu’elle regrettera de manquer ce sommet à une poignée de mètres, le magnifique point culminant du tour. Pour l’aider à retrouver rythme et souffle, je lui prends son sac, (vive les sacs MULS). Quelques dernières dalles et c’est le sommet à 3208 m. A cheval entre deux pays, devant le Viso si proche, la vue est évidemment époustouflante mais ça se bouscule plutôt.
Il est 11 h 50 quand nous abordons la descente par l’arête N-O. Plus bas, en dehors de la voie normale, encore du piment quand il faut faire un peu de désescalade le long d’une fissure assez raide. J’entends avec frissons le Golite d’Isa frotter sur les rochers, test réussi. On rejoint ensuite très rapidement le col Vieux (2806) et on bascule sur le superbe lac de Foréant (2600) pour manger.
J’avais prévu un bivouac de rêve au second lac de ce vallon de Bouchouse, au lac Egorgéou à 2400 m mais c’était dans l’éventualité de faire le lendemain l’étape passant par la collette de Gilly sur le versant d’en face, perpendiculaire à l’axe du vallon. Après réflexion, je trouve ce parcours peu logique. En effet quand on arrive dans cette vallée du haut Guil, on passe par Ristolas mais Abriès est seulement 3 km plus loin. On peut penser que ces deux villages tout proches voulaient voir leur gîte fréquenté et le GR remonte alors peu naturellement tourner autour d’une fin de crête, passant de plus dans une zone de téléskis, pour revenir dans la même vallée. Connaissant le secteur, j’annule sans hésitation ce cheminement.
A la limite, – sortez vos cartes – la variante GR58 D partant de la Monta, avant Ristolas, est plus intéressante car par un parcours de crête devant le Pelvas, il fait découvrir de l’autre côté le vallon d’Urine. Mais ensuite il est commun avec le GR 58. C’est cette variante que j’avais éventuellement prévue. Une autre possibilité consiste, à partir du GR 58 D, au niveau de la bergerie de Pelvas, à rejoindre le collet du Pelvas et traverser le col d’urine en Italie mais il n’y a pas de sentier. J’avais fait ce tour du Pelvas à ski en hiver et le côté Italien était déjà très chaotique (plein d’énormes blocs) avec 2 m de neige.
Mais la meilleure façon est de passer par la variante GR 58 B qui repart de là où l’on débouche dans la vallée, à l’Echalp, qui évite de faire le moindre plat dans la vallée, qui passe en Italie par le col Lacroix, et qui traverse le col d’Urine (Italie-France) pour faire découvrir entièrement le vallon d’Urine en tournant autour du Pelvas avant de rejoindre Abriès. Avec cette étape, je doutais de pouvoir finir en 6 jours et cela ferait peut-être trop long pour Isa. Des orages étaient annoncés pour le surlendemain, je voulais aussi assurer la belle étape Abriès – Fonds de Cervières dans le beau temps.
Il est seulement 14 h 00 quand nous sommes au lac Egorgéou. Je prends le temps de faire découvrir une station de Chamorchis alpina, une rare et minuscule orchidée d’altitude difficile à distinguer dans la végétation puis nous descendons assez longuement jusque dans la vallée. La descente du vallon est vraiment très belle mais ensuite pour rejoindre Abriès, c’est 7 km en rive gauche du Guil et quand on a déjà plus de 7 h de marche effective…Nous faisons une pause à la fontaine de Ristolas, beau village dortoir mort et nous enquillons les 3 derniers kilomètres jusqu’au camping d’Abriès, en observant sur le chemin, 2 pieds en fruits d’une rare et protégée fabacée (tiens !) : l’astragale queue de renard. Il est 17 h 30, ce qui fait 10 h 15 depuis le bivouac. Isa est claquée mais plus c’est long plus c’est bon, non ?
Avec ma brune, je vais me taper une (ou deux) blondes. Plus on a marché plus elles sont bonnes. A l’épicerie, nous achetons 1 saucisson, un fromage, du pain de mie et des céréales, soit 685 g de nourriture par personne. Le soir nous dînons « en ville » et nous découvrons un bar-restaurant que je conseille vivement tant la sympathie du patron est marquante :
Malgré la douche chaude (si vous ne vous y prenez pas trop tard), là encore comme d’habitude, ce n’est pas le confort d’un vrai bivouac : bruit, pas de paysage et payant. Et puis, on finit par adorer l’eau vivifiante des torrents pour se laver. Le camping est assez logique de temps en temps, quand on passe en fond de vallée, se ravitailler, prendre du bon temps mais je ne sais pas si je ne vais pas l’éradiquer dans mes futurs raids tout comme je l’ai fait pour les refuges (il y a très très longtemps) ou les gîtes où je n’ai jamais dormi de ma vie.

  

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La tête des Toillies (3175 m) dominant les beaux alpages


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Souvenir d’une belle escalade sur son pilier
 

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La belle traversée du col de Chamoussière (2884 m) et le Viso (3841 m)
 

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A gauche, le Pain de Sucre (3208 m), point culminant du tour
 

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Du sommet, la Taillante (3197 m) et le lac Foréant (2600 m)
 

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Au sommet, le Viso semble proche

 

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Descente dans les dalles somnitales
 

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Plus raide qu’il n’y paraît, du piment…

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La lac Foréant (2600 m)
 

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Descente du vallon de Bouchouse
 

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Le second lac plus bas : lac d’Egorgéou (2400 m)

 

Jour 3 : 15 août 2009  Abriès – Les Fonds de Cervières
Col Ouest du pic de Malrif (2830)

D+ : 1290 m
D- : 770 m
Temps : 6 h 50

Pas mal de condensation avec un ciel étoilé sans vent. Malgré l’altitude modeste de 1540 m, un 6°C au matin. Départ 7 h 30.
Une étape « repos » avec plus d’une heure de pause au lac du Grand Laus et au col.
On commence par un sentier jalonné de sortes de petits oratoires pénitents jusqu’à une chapelle. Puis une traversée peu ascendante jusqu’au Malrif, ruines en cours de réhabilitation. Je cueille quelques brins d’hysope pour une tisane du soir.
Et qui nous arrive par derrière ? La fusée, que nous avions aperçue en fait à Abriès au soir. Elle perd encore un quart d’heure à discuter avec nous (soit sans doute quelques centaines de mètres de dénivelé pour elle). La veille, elle a torché je ne sais quoi en Italie, dormi vers le col Vieux , enchaîné en passant sur la variante GR 58 D, je crois, pour arriver au camping le soir.
Elle compte être sur Brunissard en début d’après-midi et finir je ne sais où, soit 3 jours pour le grand tour du Queyras, voire plus ! Trop rare et remarquable pour ne pas en parler, n’est-ce pas ? Je n’ose pas imaginer ce que cela donnerait en MUL…
La montée au lac du Grand Laus (2579) est vraiment splendide, paradisiaque au niveau des Bertins, qu’est-ce que ça doit être en juin ou juillet ! Je cueille 3 petites pincées de feuilles de génépi des glaciers (artémisia glacialis) encore pour une tisane du soir.
Nous sommes montés lentement, du monde commence à affluer derrière. Le lac est immensément beau. 250 m au-dessus, le col d’où les vues sur le lac et de l’autre côté, qui est très différent, sont magnifiques. Avec celle de la veille, c’est une étape majeure du GR58. Il est midi, nous y restons longtemps.
Descente tranquille sur le minuscule hameau et son gîte. Pas trop de monde. Un panneau « camping interdit » nous accueille. Très bien, nous, nous bivouaquons. Nous aurions pu monter un peu dans le vallon du col de Péas mais il était raisonnable de reposer un peu les courbatures et l’épaule douloureuse d’Isa. C’est donc une arrivée tôt, vers 14 h 30. Le replat herbeux près du torrent et un peu isolé est unique ! Dur à planter à cause des caillasses, merci les piquets fins en titane (de chez Arklight Design). Mais j’ai réussi à en tordre un !
Rituel du lavage dans le torrent, sous un ciel nuageux l’après midi avec les classiques passages du chaud au froid. Je lave même mon slip mais c’est vrai qu’on s’en fout un peu…

 

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Chemin de croix au départ de l’étape
 

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Au milieu de la montée, un replat paradisiaque
 

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Silène acaule
 

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Le vallon de Pierre Rouge sur les Fonds de Cervières

 

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Le lac du Grand Laus (2579 m), immense, sous le col

 

Jour 4 : 16 août 2009   Les Fonds de Cervières – Furfande
Col de Péas (2629) – Col de Furfande (2500)

D+ : 570+55+960=1585 m
D- :829+310+200=1340 m
Temps : 8 h 45

Les nuages noirâtres du soir ne se sont pas développés. Petit vent régulier la nuit. Ciel étoilé et croissant de lune. Encore 6-7 °C au matin. Départ à 7 h 15 pour remonter le beau vallon d’alpage d’herbe rase et bien vert. Vers 2200 m, à l’intersection d’un sentier qui mène au lac des Cordes, où je comptais bivouaquer la veille, il y a des vaches (vive les pastilles) et pas si plat que ça quoique la vue est plus belle. Un jeune couple en a été chassé la veille et a planté plus haut sur un replat moyen dans le raidillon. 100 m plus plats mène au col en moins de 1 h 30. Nous sommes là, à proximité du point culminant du Queyras français à 3320 m, le Grand Rochebrune.
La descente est douce, en traversée, longue jusqu’à Souliers (1840). Il est environ 11 h et il fait très chaud à cette altitude. Le GR 58 poursuit au Nord au col Tronchet pour faire une boucle via la route de l’Izoard sur Brunissard. Là encore, ce détour (5-6 km de plus) dans le haut de la vallée semble justifié par le passage au gîte du village. Je sais que la portion de sentier menant de la route au lac de Souliers est très fréquentée (350 m de dénivelé pour faire un lac). L’alternative intéressante qui était prévue pour traverser la vallée est de passer à la Chalp (1685) et de rejoindre le GR 58 qui mène, en traversant de la crête de l’Echette, au vallon du Plan du Vallon. Mais nous décidons de passer le col de Furfande dans la journée et pour épargner fatigue et douleur (de l’épaule) à Isa, je trouve raisonnable de couper plus court encore en passant par Arvieux (1543) : même dénivelé mais 2,5 km plus court en distance. Cela nous fait passer par une piste au lac de Roure.
Nous sommes dimanche et contrairement à un certain village du GR 5 – GR 52, pour ceux qui suivent mes articles, nous passons devant l’épicerie d’Arvieux qui est ouverte mais nous n’avons besoin de rien.
Une partie ingrate sur une piste plus ou moins cimentée pour commencer le vallon en plein caniar et nous mangeons à l’ombre dans le mélézin vers 1730 m, il est 13 h et il nous reste près de 800 m de dénivelé pour le second col. Les nuages semblent menaçants et c’est la journée d’orage prévu. Isa craque un peu mais j’opte pour la fermeté et un peu de pression. Je crois que des fois c’est nécessaire. Il faudra voir sa propre version.
Nous rejoignons rapidement l’intersection du GR 58 (arrivant de la Chalp) à 1840 m puis nous poursuivons ce très beau vallon, classique en ski de rando mais hélas massacré par une piste, tenez-vous bien, menant jusqu’au col ! Heureusement, le sentier coupe dans le beau mélézin. La partie intermédiaire est la plus belle puis le milieu s’ouvre.
Alors que du lac de Roure nous voyions le versant Est de la Dent du Ratier, nous passons à présent au pied de son versant Ouest. Isa marche très bien et c’est à 15 h 30 qu’elle passe le col. Les nuages se sont finalement dissipés. Je sais alors qu’il nous reste plus qu’une seule étape. Nous avons le choix de continuer à descendre jusqu’au Châtelard pour planter (lieu repéré lors de ma première étape du GR5 GR 52 le 7 juillet à 1670 m) ou de ne redescendre que de 200 m pour dormir dans l’alpage de Furfande à 2300 m avec une super vue. Le choix est vite fait pour la seconde solution tant le lieu est attrayant mais il n’y pas d’eau. Je jumelle pour voir une fontaine près du refuge mais je ne vois pas d’eau couler, avant de descendre nous nous arrêtons juste sous le col ou une source suinte. Avec la bouteille de 50 cl, je trouve la seule possibilité de la remplir : une herbe envoie une « fontaine » à l’échelle 1/1000 ; 35 min pour remplir 4,5 l d’eau.
Nous passons au refuge où, à proximité sont plantées quelques tentes. Nous nous isolons un peu plus loin au pied de la crête de Croseras. Ce soir c’est la toilette au camelback : nous réussissons à nous savonner avec 50 cl maxi chacun, si chaque habitant faisait de même…
Le ciel devint menaçant, je prépare l’emplacement et la tente en conséquence avec 2 haubans Arklight Design, encore eux ! Mais hélas, rien ne se passa, pas moyen de tester le matos.
Un bel endroit, comme aux Fonds de Cervières avec des marmottes qui courent partout, de belles lumières finales mais une herbe trop haute, trop de mouches et de moustiques, vive les vaches…
Une étape assez longue mais Isa a trouvé celle du Pain de Sucre plus dure. Avant les dents et dodo, nous flânons aux alentours à la tombée de la nuit.

  

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Après le col de Péas (2629 m)


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Vieux chalets en bardeaux de mélèzes à Souliers
 

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Villargaudin (1604 m)
 

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Crête de Clapouset, dans le haut du vallon du Plan du Vallon
 

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Du col de Furfande (2500 m), on va planter plus bas
 

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Bivouac sous la crête de Croseras à 2300 m
 

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Coucher de soleil au-dessus
 

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Au soir

 

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Jour 5 : 17 août 2009   Furfande – Ceillac
Col de la Lauze (2200) – Col de Bramousse (2250)

D+ : 1065 m
D- :1115+584=1700 m
Temps : 7 h 20

Aucune condensation, toile fermée sur l’herbe assez haute, petit vent permanent.
Minimum 3°C. Encore le grand beau. Départ 7 h 35 pour une fois en descente (1115 m) et à la fraîche.
En 1 h 40 nous sommes à la fontaine du village et il nous reste les fameuses 25 épingles de la route à descendre : « déroutant » mais insolite. Au bord du Guil, le plus dangereux de la rando : ne pas se faire écraser comme un crapaud pour traverser la route, nerf du Queyras sur fréquenté à cette époque.
Il nous reste presque 1100 m à gravir dans le vallon de Bramousse. Le sentier jusqu’au village est plutôt raide mais agréable. Après c’est plutôt chaud et moyen sur la piste malgré l’orientation Nord. Nous nous posons pendant près de 40 minutes pour manger vers midi aux chalets de Bramousse. Pour les 400 derniers mètres, je lâche quelques watts de plus et je distance un peu plus la girafe rose pour en terminer avec le col, il fait trop chaud. Je m’endors 20 minutes sous un mélèze quand je l’entends arriver.
Bramousse vient de brame, le cri du cerf qu’on entend souvent dans le secteur à l’automne. Ce vallon est beau mais surtout au printemps. Quand j’y suis passé le 7 juillet lors de mon raid sur Menton, les vaches commençaient le massacre, c’était bien vert et beau sur le haut. Aujourd’hui, le 17 août, elles l’ont achevé, montant jusqu’au col. Tout n’est qu’herbe hachée, piétinée, jaunie aussi, à un mois de l’automne, tout n’est que bouses et mouches. Un vrai dommage que je n’eusse pas montré ce vallon sous meilleure figure à ma compagne.
C’est inéluctable, c’est déjà la fin du raid. Nous restons au col encore 20 minutes avant de descendre en une heure à Ceillac rejoindre la voiture à 15 h pile. Sous la grosse chaleur, s’achève ce tour. Je me retape une blonde (deux) à Ceillac.

 

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Une chapelle au Châtelard

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Isa teste mon sac, il lui sied bien

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Dernière descente, sniff 

 

 Bilan :

Le parcours :
 
5 jours de tempête de soleil et de ciel bleu, vive l’air frais d’altitude. 2 moments de trop forte chaleur : de Souliers jusqu’au-dessus d’Arvieux dans le vallon du Plan du Vallon vers 1800 m et la fin du col de Bramousse.

Les 2 plus belles étapes sont la traversée Chamoussière – Pain de sucre – Lacs du vallon de Bouchouse (incontournable) et Abriès – Fonds de Cervières.
De ce fait, le meilleur tour, réalisable sans trop forcer en 6 jours, serait celui-ci en rajoutant l’étape Echalp – Abriès (variante GR 58 B) et en passant par Brunissard ou en coupant par la Chalp.
Je ne conseillerais pas de faire ce tour en plein mois d’août. Le mieux est fin juin-juillet ou dans une toute autre ambiance, à l’automne, quand les mèlèzes sont en or.  

Des chiffres:

Temps moyen par jour (incluant les arrêts et les casse-croûtes d’environ 35 min) : 8 h

Dénivelé positif journalier moyen : 1300 m                                                               Dénivelé positif max : 1585 m  
Dénivelé négatif journalier moyen : 1300 m                                                              Dénivelé négatif max : 1900 m

Pour ce tour, la distance doit être d’environ 85 km de sentier, si je ne me trompe pas, pour un dénivelé de 6500 m.
Il y a 9 cols et un sommet à 3208 m.

En moyenne nous décollions vers 7 h 20.

Difficulté physique :

Sans entrainement, à son rythme, Isa a parfaitement géré l’effort. C’était dur par moments mais elle n’a jamais été épuisée. Elle n’avait jamais fait de randonnées sur plusieurs jours, ni marché plus de quelques heures et ne fait pas de montagne régulièrement, j’en suis donc vraiment épaté. Elle n’a jamais ressenti de gêne au niveau du poids du sac que je considère comme déjà bien léger pour 5 jours. La démarche MUL a donc été une des clés de la réussite de notre projet.

 

Ce que je regrette vraiment c’est la douleur innatendue qu’Isa a subit à l’épaule. J’ai certainement dû sousestime cette douleur, été trop dur  (que voulez-vous quand on n’est pas dedans). C’était une première pour elle et elle n’avait pas besoin de gérer ça en plus. Sur le moment ça lui a relativement gâché son raid mais je sais qu’avec le temps on ne retient que le meilleur. Ce qui ne tue pas rend plus fort dit-on. Il faut comprendre que la puissance des sentiments que l’on ressent dans l’effort pratiqué dans la beauté de la nature dépasse tout. 

Les sentiers sont très bons, souvent en pente douce, jamais très raides (hormis le Pain de Sucre mais il ne fait pas partie du GR 58). Une seule longue montée de 1300 m depuis Abriès, par forte chaleur, il faut partir tôt.
Les étapes de gîte en gîte sont vraiment bien courtes, il ne faut que quelques heures. De cette façon, le raid est à mon avis qu’une longue attente à moins de faire le touriste curieux et désireux de découvrir intimement chaque village ce qui est une autre façon de faire que je ne dénigre pas.

Nous avons constaté que le concept MUL était encore très loin d’être adopté. Tous ceux qui réalisaient le tour ou moins étaient reconnaissables immédiatement : des sacs qui semblaient bien lourds, du dessus de la tête jusque sous les fesses avec la tente pendant sous le sac et l’éternel Carrymat, le confort ne compensant visiblement même pas le poids. Dans ces conditions, le Pain de Sucre était souvent zappé.

L’hydratation :

Là encore, même en août et dans cette période assez caniculaire, l’eau est omniprésente mais quelques pastilles sont nécessaires grâce aux vaches. Je crois qu’il n’est pas nécessaire de démarrer avec 1,5 l d’eau, 1 l devrait suffire ce qui allègerait d’autant les sacs.

Le matériel:

Premier test (jusqu’à 3°C seulement) du duvet Walden 250 très concluant en température positive et donc complémentaire à celui que j’utilise habituellement, le Valandré Lafayette, 2 fois plus lourd. L’absence de duvet dessous n’est absolument pas un problème puisque écrasé, il ne sert à rien, c’est le matelas qui isole. Par contre, il demande une gestion du haut. J’en ferai un rapport plus détaillé dans la rubrique matériel.

Poursuite du test de la Shangri-La 2 qui pèse 525 g par personne. Elle est très spacieuse et j’envisage même de l’utiliser en solo pour les saisons froides : moins de 900 g en comptant le tapis de sol (couverture de survie). Semble fiable et robuste.

Le Thermarest Prolite 3 S 2009 pesé à 295 g est bien différent de la version 2008 : on gagne 105 g mais le tissu est plus fin, les étoiles évidées dans la mousse sont plus grandes et la mousse elle-même semble moins dense. Quand on ouvre la valve, l’autogonflage n’est pas convainquant. Je doute qu’on ait gardé la même fiabilité et la même isolation (le prix par contre si).
Je ferai bientôt un comparatif Prolite 3 2008/Prolite 3 2009/Torsolite Bozeman.

Le sac Golite Jam 2 est bien confortable et à volume variable mais le dos n’est pas réglable. Je l’ai essayé lors de la dernière étape. Le dos est plus chaud que la mousse de l’Osprey Talon 33. Un poil moins confortable au niveau des bretelles. Un peu moins pratique également sans la poche du dessus. Mais Pour 130 g de moins, il est plus grand de 18 l. Vraiment un sac excellent.

La tasse popote 1 personne Ti-time 550 ml en titane de chez Arklight Design est assez grande pour les pâtes chinoises (60 g avec 30 cl d’eau) mais demande de la surveillance à l’ébullition (débordement). Il faudra tester avec la cuisson de pâtes 3 min, ainsi la quantité maximum sera déterminée.
Elle semble être plus efficace que ma Snow Peak Trek 700 car l’eau semble y bouillir plus vite (à confirmer). Isa a consommé moins d’alcool que moi.

Nourriture :

Isa s’est basée sur mes proportions pour la nourriture. Il se trouve que nous avons consommé la même chose en termes de poids soit 2 kg 650 pour 4 petits déjeuners, 5 midis et 3 soirs (un repas dans le village).
A l’arrivée, il nous en restait environ 600 g chacun, dont près de 200 g de fruits secs (consommation réelle 60 g par jour au lieu des 100 g que je consomme normalement).

Isa a seulement brûlé 130 ml d’alcool et j’en ai brûlé 175 ml.

 

 

La virée des cabanes ou le parcours initiatique d’une tête de MULE

par Isa le 11 Aout 2009

 

C’est ce week-end du 1er et 2 août 2009 que je me suis décidée à accompagner Fab, mon compagnon dans une première randonnée MUL.

Cela fait maintenant un an et demi, que j’entends parler de matériel ultra léger, de P3RS, de grammes et de rations alimentaires. Il était donc temps pour moi d’aller vérifier ce concept.
Mon compagnon a choisi avec minutie un parcours de 2 jours tenant compte de l’intérêt du site, du dénivelé mais surtout de ma condition physique et de ma motivation ! Amusée et attentive, j’ai préparé mon matériel, en suivant à la lettre les conseils de mon compagnon. Nous étions prêts ! Toutefois la réussite de notre première restait conditionnée à l’arrivée du colis de Artligt Design contenant la tente 2 places et mon sac à dos Golite Jam2. A 13 heures ce samedi, la factrice nous délivrait de notre impatience. En 30 minutes, les sacs étaient remplis et pesés (avec 1,5 l d’eau et nourriture) : 5,5 kg pour moi et autour de 7 kg pour lui. En route pour l’aventure ! Continuer à lire »

Le GR5-GR52 : de La ROCHE de RAME à MENTON (6 au 16 juillet 2009) – Seconde partie

par Fab le 7 Aout 2009

 

Jour 7 : 12 juillet 2009 – Torrent du Démant – St Dalmas de Valdeblore
Les Portes de Longon (1952) – Rimplas (1016)


D+ : 1210 m
D- : 1740 m
Temps : 9 h 

Un bivouac doux avec peu de condensation. Les brumes sont restées en altitude la nuit mais encore du grand beau ! Une traversée et une remontée de 200 m m’amènent dans le curieux vallon de Longon. Plat et long espace vert, domaine des vacheries. Le sentier descend ensuite rapidement le verrou mais entre Rougios et Roure, une longue piste horizontale vient rendre la « tant redoutée »descente, de près de 1500 m, sur St Sauveur de Tinée, encore plus longue. 
Le passage à Roure est remarquable, même si ce petit village typique ne vaut pas celui de Roubion que j’avais visité, tout proche. Je vois dans la descente sur St Sauveur, enfin une nette différence de végétation. La chaleur est bien présente mais à 11 h à St Sauveur, je n’ai pas eu le temps d’en souffrir. Le GR passant devant une épicerie, j’y rentre 5 minutes pour croquer 3 pêches et prendre par instinct un peu de nourriture. On verra plus tard que c’est heureux…  
C’est donc à partir de la mi-journée que je me retrouve à remonter à Rimplas par une piste ensoleillée et interminable puis à en redescendre pour monter à St Dalmas de Valdeblore. Heureusement, toujours de l’eau sur le parcours ainsi qu’ une belle petite partie à l’ombre dans les châtaigniers pour la montée à Bolline mais la fin fut pénible dans la chaleur et dénuée d’intérêt : on coupe sur des bout de pistes à moitié goudronnés parmi des chalets, on entend la circulation sur la belle route non loin. Encore un de ces villages stations et ses très nombreuses constructions étalées. 
Juste après le panneau de St Dalmas, je tombe sur un camping à la ferme. Une dame très sympa, un aménagement familial, du calme, peu de monde et un coin cartes et topos pour les randonneurs. Moins cher qu’un camping en plus ! Là encore, on me prévient qu’un passage clé du GR 52 ne passe pas. Je commence à douter et étudie un autre itinéraire au cas où. Cela me ferait perdre 1 jour au moins et il se trouve que j’arrive un dimanche dans ce village et tout est fermé ! 
Permettez-moi de mettre un carton rouge à ce village vivant grassement de l’or blanc mais qui ne semble pas se soucier du fait qu’un GR renommé passe par là, carrefour GR5 – GR 52 qui plus est.
Même dans le trou du c…du 05, un dimanche d’été on trouve à manger…
C’est vrai qu’un randonneur n’apporte pas grand chose surtout un MUL. J’avais donc bien fait de compléter mon ravitaillement à St Sauveur.
Des dénivelés peu impressionnants pour cette journée mais une longue étape. Continuer à lire »

Le GR5-GR52 : de La ROCHE de RAME à MENTON (6 au 16 juillet 2009) – Première partie

par Fab le 5 Aout 2009

 

Un matin de fin juin, j’eus l’idée de partir de chez moi à pied, dans la vallée de la Durance, pour rejoindre la méditerannée. Dans ce petit projet, je n’avais aucun défi sportif ni de vitesse, je ne suis pas à 1 ou 2 jours près. A vue de nez, je prévoyais 10 jours, à voir avec la météo. Je n’avais nullement consulté cette dernière pour fixer mon départ. J’étais préparé à subir toutes les conditions et m’adapter.

Je me refusais tout gîte ou refuge, je voulais être totalement libre et bivouaquer n’importe où, c’est ma conception habituelle. Je partis avec 5 jours d’autonomie et je prévoyais de me ravitailler au moins une fois quand le GR passera dans un village. Par contre j’étais en totale autonomie pour le carburant avec 5 pom’pote d’alcool (466 g) en tablant sur 50 ml par jour et avec une marge. Dur de confier sa survie à un bout d’alu de 8 g, j’emportai donc un P3RS de rechange, c’est si vite écrasé…

Mon sac de base faisait 5200 g mais je pouvais faire face à toutes les conditions de froid et de neige en altitude. Je fit le choix d’emporter le topoguide de 135 g; j’aurais divisé le poids par 2 avec des feuilles A4 au 1/25000 mais il m’en fallait 20 pages. Se rajoutait 3950 g de nourriture avec les emballages et 1500 g d’eau. Le sac de départ pesait donc à peu près 10 700 g. En moyenne chaque jour, il ne devrait pas dépasser 8500 g environ. Je terminerai avec un sac de 6 kg avec 1 jour de nourriture d’avance et 100 g d’alcool. Continuer à lire »