Crête des Vosges, de Metzeral à Thann en 2 jours

par Fab le 5 août 2010

En "passant", me voici sur un bout de GR 5 sur la crête des Hautes Vosges où je n'avais jamais mis les pieds.

Je suis parti de Metzeral pour rejoindre Thann en 2 jours, du 31 juillet au 1er août.
J'ai parcouru environ 55 kilomètres pour environ 2500 m de dénivelé. J'ai démarré avec un sac d'environ 7 kg avec nourriture et à bloc en eau (2 litres).

Dans le secteur, impossible de trouver le moindre topo mais j'ai quelques feuilles IGN 1/25000 même si elles ne comportent aucun itinéraire particulier et surligné.
 

Jour 1 : Pont (497 m, Steinabruck) – Le Honneck (1363) – Kastelberg (1350) – Rainkopf (1305) – Rothenbachkopf (1316) – Batteriekopf (1311) – Le Schweisel (1271) – Col d'Hahnenbrunnen (1186) – Markstein (plateau d'avant, 1160 m).

D+ : 1500 m
D- : 800 m
Dist : 23 km

Je me rappelle qu'on est entre l'Alsace et la Lorraine et tout de suite je pense aux amis de Lyme rencontrés début juillet dans la Drôme. Je m'arrête à la pharmacie de Metzeral où les tires-tiques et autres répulsifs sont directement devant la caisse…ça en dit long sur le problème. La pharmacienne : "Oh, il y en a énormément, ils attaquent aussi par le haut depuis les arbres". Ma toute nouvelle psychose se métamorphose en névrose (même si le coup des arbres est faux).

Il fait grand beau et il n'y a pas la chaleur que je craignais. A 9 h 30, la montée commence par une longue piste à l'ombre d'une belle forêt. Je suis déjà dépaysé.
Je commence par louper le premier lac (Fishboedle) en passant juste dessous et en allant un peu trop loin (aucun signalement). Le sentier poursuit en montant enfin un peu. La roche est granitique, la forêt est bien verte avec de jolis petits coins humides et moussus.
J'arrive au second lac (Schiessrothried), lui aussi entouré de forêt puis le terrain est enfin à découvert mais la température reste idéale. J'atteins la crête et le Honneck avec pas mal de monde.
Je poursuis vers le Kastelberg en quittant le GR pour prendre le sentier des névés. Je m'arrête pour manger. Mon pain de mie Harrys est délicieux même si quelques tranches ont été grignotées par une souris à travers le ziploc (chez moi).
 

Le départ dans la vallée de Munster
 

Le lac Fischboedle
 

Les arbres sont friands de panneaux
 

Lac de Schiessrothried
 


Sur la crête
 

Au-dessus du second lac
 

Ravin de Wormspel, après le Honneck, un soupçon d'Alpes
 

La belle digitale pourpre
 

Que de forêt !

Au refuge Rainkopf, il y a une fontaine bienvenue car après l'eau se fera bien rare. Dans une série de petites montées et de descentes sur les chaumes comme on dit, j'enfile quatre petits sommets au nom imprononçable. Par moment, quelques panneaux viennent indiquer des horaires incohérents.
 


Machin…kopf
 

Truc…kopf, encore une belle chaume
 

La vallée de Munster
 


Après les trois têtes (kopf)
 

Une étonnante reprise

Au col d'Hahnenbrunnen, il y a une autre fontaine, fort bienvenue pour le bivouac. Je vais sur le Markstein et en traversant un vaste plateau herbeux, je quitte le sentier et commence à chercher un endroit de bivouac en me dirigeant au bord d'un thalweg plongeant pour y trouver, d'après la carte, le début d'un cours d'eau.
En descendant, je le trouve mais je n'insiste pas : les herbes sont hautes et il semble malaisé de se laver sans s'exposer aux tiques. J'ai assez d'eau pour cuisiner et me laver. Je remonte et trouve, près d'un hêtre isolé, un splendide coin de champ tranquille avec vue portant au loin.
Le soleil est encore un peu haut, il fait chaud. J'en profite pour pendre mon "cameldouche" et je me prends une bonne douche savonneuse avec 40 cl d'eau.
L'arbre me fournit les branchettes bien sèches pour le réchaud à bois. La soirée est très belle et la nuit sera excellente.

 

Coucher de soleil sur mon ombre
 

Jour 2 : Markstein (plateau d'avant, 1160 m) – Markstein (1200) – Marksteinkopf (1241) – Hundskopf (1237) – Storkenkopf (1366) – Col de Haag (1233) – Le Grand Ballon (1424) – Col Amic (828) – Col de Silberloch (906) – Molkenrain (1125) – Camp de Turenne (822) – Camp des pyramides – Thann par le vallon de Grumbach (337)

D+ :  950 m+
D- : 1730 m
Dist : 32 km

Quelques nuages au petit matin mais la journée sera belle. Je pars vers 8 h, je passe devant  la ferme Stainlebach et je cherche en vain une source indiquée sur la carte au nord et au pied du Trehkopf avant d'arriver rapidement au Markstein où je me ravitaille en eau avant de poursuivre sur la crête.
 

Au petit matin

A partir de là, si on suit bêtement le GR, on traverse à flanc en loupant les bosses et au-dessus de la route bruyante et omniprésente, hélas.

Plus loin, sous le Storkenkopf, embarqué sur une piste joliment boisée mais qui passe dessous pour rejoindre directement le col de Haag, je décide, pour ne pas louper le sommet, de remonter sur la crête en coupant dans la belle forêt de feuillus. Sans repères, sous les arbres, j'arrive à "me perdre" quelques instants, l'occasion de calibrer la boussole de ma montre et de l'utiliser pour la première fois afin de me retrouver.
Je passe donc par le sommet Storkenkopf (1366), le dernier avant le Grand Ballon, ce qui permet d'en apprécier la vue avant d'y accéder.
 

Depuis la descente du Storkenkopf sur le col de Haag, le Grand Ballon (1424 m)

Le Grand Ballon, premier nom enfin prononçable, est le point culminant des Vosges mais il porte bien son nom avec son gros ballon blanc d'observatoire perché au sommet.
Du monde, naturellement : route, restaurant juste dessous, etc…. Il est midi pile, je mange au sommet.

Thann est encore loin (environ 20 km) et à partir de là, on est en proie à un réseau dense et labyrinthesque de sentiers et de pistes. Le fond de carte n'est d'ailleurs qu'un vaste réseau sanguin de traits noirs.
Sur le terrain, la signalétique est hallucinante d'incohérence et si trompeuse qu'on se perdrait moins si elle n'existait pas. ça commence par des noms de destination qu'on ne lira plus jamais par la suite, remplacés par d'autres, des Thann par ici, des Thann par là-bas… Si on rajoute le fait que la carte n'est pas à jour à certains endroits, je me retrouve à la sortir un millier de fois, à chaque nouvelle intersection, c'est à dire toutes les 5 minutes.
Las d'essayer de me repérer, c'est un peu au petit bonheur la chance que je m'en remets aux indications qui, certes me ramèneront à Thann, mais au prix de petits détours involontaires de plusieurs km. Bref quand on ne connaît pas et qu'on n'est pas habitué à un tel réseau de sentes et à toutes ces forêts sans repère…
Du Col Amic jusqu'à Thann, c'est donc un long parcours pommatoire qui rend la fin assez laborieuse. Je suis passé par le col de Silberloch alors qu'il eut été possible de couper plus court de 2,5 km. Mais le sentier, bien que non loin en dessous de la route (qu'on ne voit pas mais qu'on entend) fait une magnifique traversée dans les bois. Il remonte ensuite une dernière fois sur la crête du Molkenrain où, à proximité d'un refuge, coule très peu une fontaine.
 

A un croisement, pas moins de 7 à 8 multi-directions !
 

Sous le Molkenrain
 

La fin des crêtes (des Vosges) mais Thann n'est pas encore tout près
 

C'est après une belle marche, en fin d'après midi, que j'arrive à Thann par le vallon de Grumbach (oui, je sais, là encore il y avait plus direct). Le lendemain, il plut toute la journée.

Un peu de tourisme à Thann avec la Collégiale de Saint Thiébaut …
 

 

Une vie biblique racontée par 150 scènes et 500 sculptures
 

 

Conclusion

Deux journées merveilleuses pour un beau dépaysement dans ces Vosges sacrément vertes et boisées.
Comme son nom l'indique la route des crêtes passe sous les crêtes ce qui est fort dommageable pour le plus gros relief des Vosges. Le GR la rejoint plusieurs fois mais autrement les sentiers sont toujours très beaux, très souvent à l'ombre de jolis bois paisibles.
L'accès possible en voiture permet à la foule d'accéder aux divers sommets en quelques minutes mais sur les sentiers du parcours, je n'ai rencontré quasiment personne.
Le dénivelé est bien sûr très modeste mais les distances ne sont pas négligeables.
Quant à la signalétique et les topos, il y a du boulot…Le cheminement du GR5 dont la signalisation est variable et aléatoire n'a  aucune élégance par endroit et il convient souvent d'emprunter des variantes si on veut parcourir au mieux et totalement les crêtes.
C'est une première balade dans ce secteur et il était logique de parcourir cet itinéraire classique mais, en connaissant mieux, je ne doute pas que l'on puisse trouver bien d'autres itinéraires magnifiques pour parcourir le plus sauvagement possible ce massif.
 

Un « grand » Tour du Viso (24 au 26 juillet)

par Fab le 29 juillet 2010

L'objectif était d'aller rechercher la fraîcheur des altitudes du Queyras autour du Viso mais pas question du tour classique : beaucoup trop court pour une rando MUL, surfréquenté et pas assez de recul sur le sommet.

Je me suis grandement inspiré du topo Vallot plein d'humour qui le décrit en 7 jours de refuge en refuge avec des étapes très courtes mais en prenant le temps de faire quelques sommets au passage. Mon but n'étant pas la tournée des refuges mais le tour du Viso, j'ai réalisé deux petites variantes pour ce tour que j'ai prévu en 4 jours avec sommets.

Il me faudra en fait à peine 3 jours pour faire ce superbe tour d'environ 60 km pour 5000 m de dénivelé.

Je suis arrivé à me procurer une carte au 1/25000 du secteur (partenariat franco-italien), hélas, à part les sentiers autoroutes, rien d'autre n'y figure et de plus il y a des erreurs quant à leur tracé. Il faut donc avoir quelques infos préalables et s'apercevoir que sur le terrain, même hors sentier, le balisage est bien présent, ouvrant une infinité de possibilité pour tourner à son rythme autour du géant.

Je pars donc avec un sac de base de 3,750 kg auquel je rajoute 4 jours de nourriture et l'eau pour un total de 7,5 kg.

 

jour 1 : La Roche Ecroulée (1787) – Col de Seilliere (2834) – Col de Manzol (2701) – Col de Proussera (2200) – Col de Gianna (2525) – Lac de Fiorenza (2130)

D+ : 2300 m
D- : 1950 m
Dist : 23-24 km

C'est le grand beau, quand je pars du parking de la Roche Ecroulée à 8 h. Quelle fraîcheur, il fait presque froid ! Je prends le sentier. Rapidement, le géant apparaît au fond, si proche et loin à la fois. On rejoint vite la piste longuette de 4,5 km menant au Belvédère du Viso (2133) (1 h d'approche).
 

Le Viso (3841 m)  apparaît rapidement.
 

La pointe Joanne (3054 m), à droite, par où je reviendrai.
 

Je passe le col de Seilliere (2834) pour basculer en Italie, sur le refuge Granero et son lac, remonte ensuite le col de Manzol ou plutôt directement au-dessus, au passage qui permet de basculer à 2700 m. De là on peut faire le Manzol en AR.

La descente est tortueuse et exposée sur des barres mais rapidement le sentier se calme et on descend le vraiment magnifique vallon del Pis sur le Refuge Barbara (1757). De l'eau, des fleurs, de la verdure et des dalles rocheuses colorées.

Il y a une route et un parking, donc je retrouve les tonitruants italiens en passant devant le refuge. Le coin est vert et plein d'eau et sur le grand replat, quelques tentes sont plantées. Le vrai camping semble autorisé mais visiblement les italiens n'en abusent pas et le coin est propre. Quand je prends le fond du vallon pour trouver la sente (non figurée sur les cartes), je vois même une grosse tente auvent de caravane. Comme elle n'est plus à la portée d'une voix d'Italien qui cause normalement (environ 200 m), ses occupants jouent de la trompette ! Ah ces bruyants italiens, c'est par le bruit qu'ils communiquent.

 

Premier col : Selliere (2834)
 

L'italie !
 

Le lac Lungo
 

Le lac Nero au pied du Manzol
 

Le Mont Granero (3171), la prochaine fois
 

Superbe vallon del Pis
 

C'est donc sous le son de l'instrument que je remonte dans un mélézin sauvage vers le col de Proussera (2200). Il est environ 13 h 30.
Le paysage ne m'est pas du tout familier, quel dépaysement si près des Hautes Alpes !
Par une traversée plus aride, je rejoins le vallon de Gianna qu'il eut été possible de remonter par le sentier principal plus long depuis Barbara par les granges de Gianna. C'est le désert. Le petit vent frais fait supporter le coupe-vent par moments malgré le gros soleil.
 

Arrivée sur haut du vallon de Gianna
 


Superbes hauts alpages

Au col de Gianna, la face nord du Viso apparaît brutalement, grandiose. 

Dans la descente, les possibilités de bivouac sont nombreuses mais je ne trouve pas l'eau escomptée sur le replat vert sous le col. Je poursuis jusqu'au Pain del Ré ou subitement je passe du désert Africain à la ville de Tokyo. Le sentier rejoint l'autoroute menant au col de la Traversette. Il y a une route qui s'achève sur le parking du Pian (2013 m) et il y a un lac à 20 min. Le coin est donc fréquenté et de plus c'est en plein week-end mais c'est bientôt la fin de journée.

Je remonte rapidement, dans une ambiance refuge du Glacier Blanc, les 150 m du lac de Fiorenza (2110 m). En face, j'avais jumeler pour choisir mon bivouac, ça sera, isolé, 20 m au-dessus du lac sur une bute prés d'une petite mare.
Il est 17 h 30, à l'Est, rien ne vient boucher la vue sur l'immense plaine du Pô, j'aurais le soleil dès le petit matin. Je vois des italiens, tente et gros sacs plastiques à la main venir s'installer au niveau du déversoir. En passant, j'ai bien vu un panneau bardé de nombreuses interdictions sauf le camping. Cette tolérance me séduit quand en France le camping est si mal vu.

C'est donc avec le Viso en pleine face, lac au premier plan que je me baigne dans l'eau presque chaude de la mare. Le coin devient vite désert et je me couche, en pleine forme, comme une poule, vers 20 h après cette très belle journée.

 

Du col de Gianna, la face nord du Viso
 

 

Le Pian del Ré, retour sur l'autoroute
 

Bivouac parfait, demain, le col et le Viso Mozzo à gauche.

 

jour 2 : Lac de Fiorenza (2130) - Col des Visos (2655)Viso Mozzo (3019) – Passo San Gallarino (2728) – Passo San Chiaffredo (2762) – Punta Malta (2997) – Gr. Gheit (1910) dans la vallée Vallanta

D+ : 1530 m
D- : 1730 m
Dist : ~19 km

Après une nuit excellente, les rayons du soleil illuminent ma tente quand je déjeune. Mais il ne suffira pas à sécher l'énorme condensation. C'est que la température est descendue proche de zéro puisque par endroits, la rosée a givré.

Je démarre à 7 h 20 et rejoins rapidement le lac Chiaretto (2277) en approchant de très près au passage une femelle bouquetin et ses deux petits. Au lieu de le contourner par la droite, je suis bêtement un nouveau balisage à gauche pour rejoindre la moraine. Du coup, je loupe l'alimentation du lac sur laquelle je comptais pour me ravitailler.
 

Ouf, au matin, le Viso est toujours là.
 

Poursuite au-dessus du lac Fiorenza
 

Petits bouquetins
 

La mère
 

Lac Chiaretto (2277)
 

Lac Chiaretto (2277)

Au-dessus, entre les deux Visos, on rentre dans le royaume de la pierre et il ne semble plus y avoir d'eau. Tant pis, il fait frais, je tiendrai bien jusqu'au sommet. Je suis sur l'itinéraire principal du tour classique, donc peu à peu quelques randonneurs apparaissent plus présents mais pas beaucoup à cette heure. Je passe le névé qui donne accès au sommet de la moraine et le sentier se couche longuement dans la pierraille jusqu'au col des Visos (2 h).

Le fameux refuge de Q. Sella est à quelques pas, près du grand lac du Viso, au pied de la face Ouest. C'est celui d'où l'on part pour la voie normale (face Sud). Au col, je trouve une source inespérée mais ce n'était pas si utile.
Je grimpe le Viso Mozzo d'où la vue est intéressante, face au Viso bien sûr mais d'où l'on voit également le Grand Paradis, le Mont Blanc et le Cervin.
 

Parcours vers le col des Visos après la moraine
 

Sommet du Viso Mozzo (3019)
 

Face Est du Viso
 

Grand Paradis à droite, Cervin au centre
 

Le Grand lac du Viso à son pied.

En redescendant, je passe devant le gros refuge. Plus loin, les possibilités de bivouacs sont nombreuses, au départ du sentier qui mène au Pas des Sagnettes pour la voie normale. D'ailleurs une tente est plantée, même pas démontée, pour la course visiblement. A midi pile, je mange au Passo San Gallarino. Je jumelle la voie normale du Viso où je vois quelques randonneurs à la descente. Il y a encore du névé.
 


 

Pian Gallarino, cime de Lobbie (3016)
 

Le Passo San Chiaffredo est à 10 min et c'est là que je quitte l'autoroute pour monter raidement à la Sella Calata. Il est un peu plus de 13 h, j'ai le temps de me faire le sommet de la Punta Malta. Ensuite, c'est la descente dans le vallon des Ducs, sauvage hors sentier désert mais peinturluré. Ambiance Western dans la caillasse mais en-dessous de 2700 m, la verdure et l'eau réapparaissent.
D'un coup, il y a un magnifique coin de bivouac, plat vert et eau à 2600 m puis la descente se poursuit longuement et magnifiquement jusqu'aux premiers arbres vers 2300 m (mélèzes et arolles).
En-dessous, il y a des coins de rêve pour bivouaquer (source, mare), j'hésite mais il est encore trop tôt (15 h 45), je poursuis donc la descnte et dépasse même l'objectif de la journée, au niveau du refuge Bagnour et son lac. Un endroit sublime mais trop de monde, l'accès depuis Castello étant trop proche.
 

Le Passo San Chiaffredo (2762)
 

Je quitte le sentier classique emprunté depuis Pian del Ré.
 

Le vallon des Ducs depuis la Punta Malta (2997)
 

Face Sud du Viso, voie normale
 

 

Oui, ça descend là dedans !
 

Après la caillasse, un îlot de verdure vers 2600 m
 

Magnifique long vallon
 

Lac et refuge de Bagnour (2019)
 

La vallée de Vallanta

Je poursuis, dans le bois d'Alvé, j'aperçois Castello non loin, au fond de la vallée de Chianale et rejoins en traversée la vallée de Vallanta. Je me trompe à une bifurquation portant à confusion et commence à descendre vers le fond avant que mon altimètre ne m'avertisse de l'erreur. Je remonte 100 m pour retrouver l'itinéraire prévu. La sente remonte bien de 50 m alors qu'elle suit un courbe de niveau sur la carte.
Finalement, c'est à 17 h passées que j'arrive au niveau d'une ruine, Gr. Gheit, en dominant un peu le torrent de Vallanta à 1910 m. Un endroit merveilleux pour planter. Pas mal  de distance mais peu de dénivelé ce jour, avec presque 10 h depuis mon dernier bivouac.
 

J'entr'aperçois Castello
 

Gr. Gheit, calme et désert, on va stopper là, c'est joli.

Je ne m'occupe plus guère de ce que dit la météo mais après cette seconde journée splendide, j'espère le maintien du beau pour le retour en France. Le ciel est à cette heure menaçant sur le Viso. Le risque est grand de subir la nebbia dans ce secteur, ce brouillard classique et fréquent à couper au couteau qui explique en partie, le surpeinturlurage italien des itinéraires.
Après la toilette bienfaisante, je mange longuement en constatant que j'ai beaucoup trop de nourriture pour finir le tour.

Je ne ressens aucune fatigue mais de 20 h à 6 h 30, la nuit est réparatrice.

 

jour 3 Gr. Gheit (1910) dans la vallée Vallanta – Col de la Losetta (2872) – Pointe Joanne (3054) – La Roche Ecroulée (1787).

D+ : 1150 m
D- : 1270 m
Dist : ~16 km

Ouf ! encore le grand beau. Le plus pénible au bivouac, c'est de plier la toile gorgée d'eau ou de givre au petit matin. Avec quelques degrés au matin, on se gèle les paluches instantanément. De plus, pour un MUL, c'est terrible de penser qu'on embarque facilement 150 g d'humidité de plus dans le sac. Je démarre un peu tôt, vers 7 h 20 mais je remonte l'autoroute dans la tranquillité jusqu'à proximité du refuge qui "vomit" ses premiers marcheurs. J'ai loisir à les devancer pour atteindre seul le col de Losetta mais la plupart vont emprunter le classique col de Vallanta pour revenir en France.
 

Toits de Lauze même pour les ruines, ça change des tôles (rouillées) haut alpines.
 

Au fond la Pointe Joanne ou Losetta (3054)
 

Magnifiques dalles colonisées par les pins Cembros
 

Le refuge Vallanta, je n' y passe pas mais bifurque avant.
 

Sous le col, j'ai la chance de mitrailler 2 bouquetins mâles.
J'en termine au sommet de Joanne (ou Losetta) en 2 h 35.
De là, soit on peut revenir au col et traverser par un sentier sur le col de Vallanta, soit traverser directement en se jetant dans les raides pentes d'éboulis givrés N-E du sommet. C'est ce que je fais non sans jeter un dernier regard sur la dernière face du Viso : Ouest mais aussi sur le beau vallon de Soustra qui replonge en Italie.
 


Rencontre.
 

Coucou
 

Frontière
 

Lac Lestio (2510), côté Français, sous le col de Vallanta
 

Toute la vallée de Vallanta depuis le haut
 

Petit panorama sur la face ouest du Viso depuis la pointe Joanne, col Vallanta au centre.

Je descends lentement jusqu'à retrouver l'itinéraire de descente sur le Belvédère. L'endroit est sauvage et désert.
Plus bas, je mange au bord de l'eau tout en méditant sur les dernières  vues du fond de vallée et sur ce splendide tour.
Pour finir, je croise un peu trop de monde à mon goût et je reste intégralement sur la piste que j'avale en grande forme en 40 min.
 

C'est par là que ça descend sur la France.
 

Sauvage
 

Premiers arbres de la vallée du Guil
 

La descente de la pointe Joanne

Conclusion :

Incontournable, cette manière de faire le tour garantit peu de monde au final en permettant d'élargir la vue sur le Viso tout en découvrant des lieux magnifiques moins caillouteux et déserts.
Mais il existe bien d'autres possibilités ne serait-ce que pour rallonger un peu le raid qui m'a parut encore un peu court.

Ce secteur est frais (plus que les Ecrins) ce qui permet de marcher toute la journée sans jamais sentir la chaleur ni transpirer même sous le grand beau. Ne pas négliger les gros écarts de température.
Il faut dire que l'hiver commence très tôt ici avec du ski de rando dès octobre en général et une neige qui persiste bien jusqu'au début de l'été.

J'ai eu la chance de ne pas subir la nebbia, ce brouillard de beau temps à couper au couteau qui vient tout gâcher, surtout que je ne démarrais pas très tôt et marchais l'après midi.

De toute évidence, un secteur de toute beauté à parcourir chaque année en pèlerinage en variant les cheminements et en découvrant d'autres sommets. 

Tour des Baronnies du Buech (3 au 7 juillet)

par Fab le 27 juillet 2010

Des mots qui sentent bon le dépaysement, encore dans les Hautes Alpes mais un passage dans la Drôme. C'était un projet de printemps avorté pour cause de météo puis de blessure. C'est donc en ce début juillet, que nous réalisons ce tour.

Ce n'est sans doute pas la meilleure période comme on le verra mais cela permet à ma compagne de m'accompagner.

Ce tour, valorisé par la FFR dans son récent topoguide (2009), "les pays du Buech à pied", est classiquement décrit en 7 jours de gîte en gîte. Nous voulons le faire en totale autonomie en 5 jours.

Avec environ 110 km et un peu moins de 6000 m de dénivelé, il parcourt l'étage des collines avec un point culminant à 1544 m.

Nos sacs, qui, de base, pèsent environ 4 kg, donnent 8,5 kg maximum environ au départ avec nourriture pour 4-5 jours et à bloc en eau.

 

jour 1 :  Serres (660) – Col de Saumane (1039) – Col d'Arron (1445) – Col des Praux (1252) – Montmorin (755) – Ravin des Essendous (950)

D+ : 1200 m
D- : 900 m
Dist : 23,5 km

Sous un ciel bleu, nous démarrons de Serres (660) à 7 h 45. Après avoir traversé les vieilles rues, il grimpe en 1 h au col de Saumane par une jolie petite crête de Fontarache boisée de chênes et de buis.

 

Une rue du vieux Serres
 

ça monte rapidement au-dessus de Serres; à droite la longue crête par laquelle nous bouclerons
 

De très belles campanules
 

Du col, il est intéressant de poursuivre sur la longue crête de Serre de la Bouisse jusqu'au sommet du Bonnet Rouge (au-dessus de l'Epine, cf Entre Buech et Drôme).

Nous poursuivons l'itinéraire sur La Montagne à travers des marnes et des pelouses à orchidées. L'eau est assez présente. Ensuite un morceau de route va coïncider avec une chaleur qui forcit. Une pause agréable au pied d'un immense saule et nous poursuivons par une piste puis par un sentier bien boisé et agréable avec torrents pour rejoindre le plateau d'Arron (compter 3 h).
 

Magnifiques sous bois de feuillus
 

Les orobanches (fleurs parasites non chlorophylliennes) sont assez abondantes
 

Nous mangeons au pied du Duffre avant de rejoindre la longue traversée calcaire qui mène au col des Praux (1252). Nous voyons une grande station de la fameuse Pivoine voyageuse (en fruits).
 

Après le col des Praux, une descente sur piste que l'on peut couper, mène à Montmorin (755). Il fait bien chaud maintenant, nous nous jetons dans une fontaine. Nous continuons l'itinéraire sur le col des Pins (1325) en cherchant un endroit idéal pour bivouaquer. Sur la carte, j'ai ma petite idée. Cette fin d'étape, en montée découverte, à l'heure la plus chaude autour des 15 h, est un peu éprouvante.
 

Montmorin
 

Après plus de 20 km, un plaisir simple
 

En nous désaxant un peu de l'itinéraire, après 7 à 8 h de marche effective, nous débouchons avec bonheur, dans une clairière isolée, en pleine verdure avec eau à volonté.
 

Notre petit coin sauvage isolé dans la verdure
 

Nous passerons une soirée excellente après une douche totale au camelback. Les cris des brocards retentissent dans les bois.
Au loin, à l'est, un orage gronde un petit moment mais le ciel, au-dessus, reste limpide.
 

jour 2:  Ravin des Essendous (950) – Col des Pins (1325) – Rosans (710 ) – La Fare (sous les Viarrands, 700)

D+ : 660 m
D- : 880 m
Dist : 20,5 km

Après une bonne nuit, vers 7 h 00, nous reprenons l'itinéraire qui offre un beau final jusqu'au col (380 m, 45 min). La vue s'étend sur la suite de l'itinéraire, le Ventoux ne semble pas loin. En cette période de grosse chaleur, l'atmosphère pisseuse et la lumière ne seront pas propices à de belles photos de paysage.
Mais l'ambiance est bien là, des bois à perte de vue donne vraiment un caractère sauvage, isolé et désert.
 

 

 


 

 

Nous descendons par un raidillon pour rejoindre une piste et passer devant une belle bergerie.

 

Bergerie de l'Essaillon
 

Le vent se lève et nous rafraîchit. Par une traversée légèrement ascendante, on atteint le col d'Archimbaou (1085). Plus bas, nous coupons dans la pinède puis s'offre à nous une haie d'honneur quand nous coupons dans les genêts fleuris et très odorants.
 

Passage de rêve dans les genêts
 

La cloche de Rosans sonne magnifiquement et longtemps comme pour nous accueillir à 10 h 45. Le village est plus vivant, c'est le marché. Nous faisons une grosse pause à la terrasse d'un café, près de la fontaine et achetons un gros melon et quelques pêches.
 

Rosans
 

La chaleur bat son plein quand nous poursuivons mais le relief est plat. C'est une partie sur pistes et petites routes désertes pour traverser assez longuement la plaine en passant par le point le plus bas du tour à 556 m. Nous entrons alors dans la Drôme. Le gros melon ballotte, pas très MUL tout ça. Une remontée va nous amener au village improbable de Montferrand-la-Fare après lequel nous mangeons.

Le GR ne suit pas la route mais va longer un torrent dans une pinède coupée à blanc. Il fait très chaud, nous nous rafraîchissons dans l'eau. La fin de l'étape n'est plus très loin car je ne compte pas monter jusqu'aux Viarrands ni au-dessus car je n'y vois pas de lieux de bivouac avec eau.
C'est donc à 700 m près du torrent que nous allons nous installer, en bordure de champ dans l'angle isolé d'un bocage.

Nous faisons une bonne sieste à l'ombre. Quelle paix en pleine nature !
Hélas, c'est au soir qu'un tracteur débarque non loin, sur le champ suivant, pour aérer le foin coupé. Nous ne savons pas si nous sommes au bord de son champ mais l'homme ne semble pas nous apercevoir ou nous ignore. Quand il part, c'est l'heure du repas et nous montons la tente.
Mais voilà, que jusqu'à la tombée de la nuit, un autre tracteur débarque pour faire les rouleaux ! Il nous a vu sans aucun doute mais nous a ignoré. On va dire qu'il s'agit d'une forme d'hospitalité. Il est moins évident en effet, en plaine et en milieu rural, de trouver un  coin de bivouac sans être sur une propriété.

 

Le réchaud à bois Fire Profi 105, idéal pour 2, fonctionne à plein tube

 

jour 3:   La Fare (sous les Viarrands, 700) – Chauvac (830) – Col de la Berche (1206) – Laborel (827 m)

D+ : 1270 m
D- : 1100 m
Dist : environ 22 km

Un peu avant 7 h 00 nous démarrons. Il fait toujours grand beau et la nuit a été particulièrement chaude. Il eut été possible de dormir à la belle étoile torse nu. Le soleil arrive déjà quand nous arrivons au gîte des Viarrands (30 min).
 

 

Un joli petit coin discret niché dans la Drôme
 

Mais la suite va se dérouler à l'ombre dans l'Ubac boisé de la montagne de Chavelière. Sous les Turcs, la végétation est intense et luxuriante, les sentiers disparaissent sous des rideaux de verdure, on est loin du gros GR fréquenté.
 

Immersion dans une mer de verdure
 

Les Turcs, une fois dépassés : ruines témoins d'une activité ancienne
 

Isa  au lieu-dit "Le Pas d'Isa" sur sentier précaire

Il ne faut pas se perdre, dans les différentes intersections de pistes et de sente. Un AR à la croix de Roussieux (1268) pour atteindre la crête est possible.
Ensuite, on traverse une magnifique hêtraie pleine de charme avant d'enfin redescendre sur Chauvac où nous trouvons de l'eau.
Après plus de 4 h, nous nous octroyons une grosse pause.
 

De longues parties boisées désertes et pleines de charme
 

Paysage agricole Drômois

La suite sera plus pénible car, vers 11 h 30, le soleil tape, il n'y a pas de vent et une piste raide, caillouteuse et plutôt sadique va nous mener en bateau longuement. Elle franchit plusieurs collets, en montagnes russes et nous croyons plusieurs fois être arrivés au col.
 

A la sortie de Chauvac

Nous finissons par l'atteindre et nous mangeons avant de poursuivre en traversée sur une piste jusqu'à proximité du col de Perty.

 

Montée rude : longueur, chaleur, quelques raideurs…
 

De là, nous plongeons dans une pinède chaude, sur une croupe, qui rejoint la route plus bas, quelques instants, avant de replonger par une crête directement sur Laborel, devant la Mairie et sa fontaine dont l'eau, hélas, ne semble pas potable.
Il va falloir trouver un coin, nous poursuivons après le village car les coins prometteurs sur la carte au niveau du village sont trop humanisés et pas isolés.
C'est le pays de la lavande mais toujours pas de lavande fleuries dans les champs. Mais il y a de magnifiques vergers de cerisiers. Le paysage s'est ouvert un peu en descendant : c'est la Drôme, toute verte de champs et de collines boisées.
 

 

Des petites routes désertes menant dans divers hameaux ou fermes isolées insoupçonnées.

Nous trouvons un bord de torrent 20 minutes après le village. Il est encore tôt (16 h 00) quand nous stoppons mais voilà près de 9 heures écoulées depuis notre bivouac.
 

Coin paisible mais attention aux vampires !
 

C'est dans ce lieu, que je fais connaissance pour la première fois avec la tique. Insouciant, je me promène nu dans les hautes herbes, me douchant sous un arbre auquel j'ai accroché mon "cameldouche". J'en vois une minuscule portant grand intérêt à mon anatomie intime puis le soir sur mon flanc. Prises très tôt, j'eus la chance de les décoller très facilement. Isa, semble quant à elle, immunisée.
A mon retour, j'appris avec horreur les dégâts qu'elles peuvent causer si elles transmettent la maladie de Lyme, d'autant que des premiers cas dans la Drôme ont été détectés. Le pire, c'est que 3 jours après notre retour, j'en redécolle un derrière le genou !

Le soleil tarde à se coucher et c'est le caniar jusqu'au soir. Avec du gros bois, le réchaud à bois tourne à plein régime pour faire bouillir 2 l d'eau en alternative des pastilles.

 

jour 4:    Laborel (827 m) – Col St Jean (1159) – Sainte Colombe (960) – Col de Beynaves (1120) – Orpierre (690)

D+ : 720 m
D- : 860 m
Dist : 19,5 km

Toujours le grand beau. A 6 h 30, la montée se poursuit agréablement mais le sentier est étroitement végétatif, je rafle toutes les toiles d'araignées sur le visage, ce qui en dit long sur sa fréquentation. Puis par une piste et un bout de route goudronnée, toute aussi déserte, on atteint le col St Jean.
 

Au fond à gauche, la petite pointe (antenne) du Rocher Beaumont c'est pour demain.
 

 

Paysage de collines.
 

A l'ubac d'une crête boisée, le sentier est magnifique et très agréable. Il offre, en un point rocheux, un beau panorama sur la plaine et rejoint en descente le petit hameau blotti contre une colline de Sainte Colombe en passant devant le rocher percé de la Dragonnière (ancienne mine de carbure).
 

Le Rocher Percé
 

Sainte Colombe

En fait, on ne descend pas exactement jusqu'au village mais on remonte par une piste au col de Beynaves qui devient subitement plus fréquenté (balades autour d'Orpierre, VTT, petite piste goudronnée pour handicapés…). Nous y mangeons avant de descendre sur le fameux village d'Orpierre. Avant la descente finale, le sentier surplombe horizontalement les gorges de Bagnols.

Nous arrivons vers 13 h mais la halte à ce village était prévue et il n'est pas judicieux de poursuivre la montée plein sud à cette heure. Nous nous posons dans le camping (secteur des grimpeurs, des "pauvres", deux fois moins cher mais 13 euros quand même).

Si nous avons traversé un peu vite les petits villages jusqu'ici, nous allons explorer en détail celui-ci. Il a un riche passé historique et ses vieilles rues intéressantes nous ramènent au moyen âge.

A part quelques pêches et un repas sur la place le soir, nous n'avons pas besoin de nous ravitailler. Demain, l'étape sera plus rude et plus alpine si nous rejoignons directement Serres.
 

Arrivée sur Orpierre
 

Visite du vieux village
 

 

 

Un riche passé historique (zoomer).
 

Haut lieu d'escalade

 

jour 5 :    Orpierre (690) – Crête du Suillet (1324) – Col de Garde (991) – Trescléoux (660) – Rocher de Beaumont (1510) – Serres (660)

D+ : 1660 m
D- : 1660
Dist : 23 km

Encore le grand beau. Nous partons à la fraîche par d'anciennes ruelles pour un sentier raide. Cela nous élève très rapidement au-dessus du village où la vue est superbe. Dans la fraîcheur, la montée jusqu'à la crête Suillet est rapide et agréable, Isa monte très bien cette première côte de 650 m.
 

Au-dessus d'Orpierre
 

De la crête, vue sur la grande plaine du Buech
 

Le sentier suit alors assez longuement la crête boisée jusqu'au col de Garde. En face, le Rocher de Beaumont coiffé d'une antenne nous attend. Du col nous quittons le GR pour un sentier à gauche, plus direct mais plus délicat conduisant au bord de la Blaisance sous Trescléoux.
Il fait chaud quand nous traversons ce village, beaucoup moins touristique, à la recherche d'eau, en vain. Une très gentille postière nous ravitaillera.
 

Trescléoux, dans le fond, le Rocher Beaumont en haut à droite.
 

Au centre, dans le fond : Serres !

 

Jolie petite crête déserte

 

Trescléoux ! Pour la suite, il faut monter en face, à droite, et rejoindre la crête sous la falaise à l'aplomb du village.
 

Il est 10  h15 quand nous entamons le "gros morceau" : la montée plein sud de près de 900 m. En plein soleil, sans un brin de vent, le sentier grimpe dans les marnes puis serpente à découvert sous la falaise jusqu'à une brêche (1100 m). C'est un début de canicule en France à ce moment là et sur ces 450 premiers mètres, je vis l'un de mes plus grands coups de chaleur de randonneur. Je m'écroule sous la première ombre que je trouve enfin. Isa arrive tranquillement peu après, semblant moins souffrir.
 

Début de la montée
 

L'ombre salvatrice.
 

Les moutons, même à l'ombre, sont aplatis par la chaleur.
 

La suite est moins chaude et dès que l'on atteint la crête vers 1400 m, suite à un gros raidillon, on retrouve les bienfaits de l'altitude. Le sommet n'est pas encore tout près, il faut d'abord redescendre dans un bosquet avant de remonter. Isa,derrière, loupe les cairns et je la vois en face, toute petite, s'agitant au-dessus du vide. On en sera quitte pour une bonne inquiétude et quelques cris résonnant dans la montagne pour qu'elle retrouve la trace.
 

ça va mieux sur la crête

 

Le sommet est défiguré mais la vue sur la plaine est sympa
 

Nous sommes au sommet, dans une relative fraîcheur vers 13 h pour manger. Au loin, le village de Serres terme de notre tour.

La suite est un long et esthétique cheminement sur la crête de l'Eyglière mais la chaleur croît au fur et à mesure que le fatidique midi solaire (14 h) approche. Je ramasse un peu de thym frais, toujours d'autant plus odorant qu'il fait chaud.
C'est au bout de la crête que nous tombons en panne d'eau tous les deux. A ce moment là, le sentier plonge raidement et souvent à l'ombre. Mais ça ne suffit pas, l'absence totale du moindre brin d'air m'oblige à m'arrêter quelques fois pour refroidir la machine. C'est ce que j'appelle l'effet "pop corn" ou le syndrome de la tête dans le four.
Arrivés au bord de la Blême, on se jette presque dans l'eau. Une dernière partie sur route nous ramène au centre de Serres, autour de quelques bières après presque 10 h depuis Orpierre.
Une fin vraiment chaude et Isa arrive visiblement un peu plus fraîche que moi !
 

La belle et longue crête de l'Eyglière
 

 

Séquence Isa sur la fin du tour…
 

 

 

 

Conclusions :

C'est une incontournable et magnifique balade de pays à l'étage collinéen, ce qui change un peu de la montagne. Sur les 5 jours, nous n'avons rencontré personne sur les sentiers !

Au cours de l'agréable passage dans la Drôme, les petites routes réputées pour le vélo sont quasiment désertes.
En ce début juillet, la verdure est omniprésente et les nombreux passages dans les bois de feuillus variés nous ont vraiment charmés. On passe d'endroits très sauvages et isolés à des petits villages pittoresques ou à quelques maisons à l'existence insoupçonnée.

Hélas, la chaleur a été particulièrement forte avec 5 jours de ciel bleu sans vent. Ce tour est a envisager plus tôt en saison mais doit être absolument charmant à parcourir à l'automne dans les couleurs, les lumières rasantes et la clarté de l'air rendant les photos bien meilleures.

En nous promenant, flânant et en ne lésinant pas sur les pauses, repas compris, la durée moyenne des journées a été de 8 h 30 pour 1100 m de dénivelé et  22 km par jour. En période plus fraîche, l'eau est moins difficile à gérer et le tour serait évidemment plus rapide avec une marche plus aisée et plus longue l'après midi.

L'eau est assez présente mais à bien gérer en période de chaleur. Elle est suffisamment douteuse à ces altitudes pour rendre indispensable les pastilles.

 


 


 


 



 


 


 


 


 


 


L’Ascension

par Fab le 16 juin 2010

C'est le parcours en boucle du vallon du même nom jusqu'à atteindre le lac du même nom.

Voilà une rando (1360 m de dénivelé) qui peut se faire à la journée mais qui gagne infiniment à se faire à cheval sur une nuit; avec un sac des plus légers, c'est ce que permet la MUL sans aucune contrainte; vivre la soirée et le petit matin en hauteur entre deux demi-journées de marche modérée.

En cette période de mi-juin, l'eau suinte un peu partout, inutile de se charger en eau.

Jour 1 : (12 juin 2010)  La Roche de Rame (970) – Verrou de l'Ausselard (2150)

C'est  une montée paisible depuis le Géro, en milieu d'après midi, qui conduit d'abord aux ruines du Puy (1632) par un sentier efficace (660 m pour 1 h).
Ensuite, on suit une portion assez longue en faux plat jusqu'au magnifique replat herbeux, semi boisé de Pra La Chapelle où l'eau jaillit de toute part. J'observe le flanc sud d'en face sans y apercevoir l'hypothétique intégralité d'une sente.
Parmi les pins à crochets, l'ascension reprend pour atteindre et franchir le verrou. Une falaise rocheuse qui présente en son sommet un vaste replat verdoyant parsemé de quelques derniers pins et qui domine directement l'axe du vallon .
C'est le lieu prévu pour dormir, si il n'y pas de moutons.


Les eaux, fortes en cette période, chutent bruyamment du verrou

 

Les lacs au bord desquels  j'avais déjà dormi ne sont plus très loin mais je trouverai ici un lieu magnifique, avec vue dégagée dominante et du bois pour le réchaud. Il me faut traverser le torrent et là, pas d'autre solution que pieds nus. L'eau est agréablement glaciale mais dans les pierres je me réveille la douleur dans un pied détruit il y a peu.

 


N'est-ce pas ?

 

Domination sur le vallon perpendiculaire au val Durance

 

 

Je flâne en explorant le secteur. Un charme inhabituel se dégage du lieu avec ces beaux arbres qui s'accrochent. A leur pieds, leurs ancêtres reposent. Pas de doute ici, ces pins vivent leur vie entière et ils sont d'autant plus beaux. Loin d'être si commun.

Je trouve de l'eau à proximité et sur le sol nitraté par les moutons, je ramasse au passage l'épinard sauvage (Chénopode Bon Henri) et des jeunes pousses d'ortie. Deux plantes très riches qui se mangent en salade mais que je vais manger cuites.

 


Chénopode Bon Henri et jeunes pousses d'orties au menu

 

Le réchaud à bois Fire Profi, envisagé surtout pour deux, fonctionne à merveille. Je teste même des crottes séchées de mouton, de lièvre et de chamois comme combustible. Ma foi, ça brûle !

 


Le soir sur le Haut Mouriare (2808 m)

 

 

Au cours de ce très beau bivouac, je passerai un des moments les plus sereins dans la solitude et dans la grande beauté d'une nature de montagne printanière.

 

Jour 2 : (13 juin 2010) Lac de l'ascension et retour par la cabane des Aiguilles

Après une nuit excellente, à l'aube, le chant métallique  du Venturon montagnard me réveille. Je prends tout mon temps pour décamper. Je sèche la condensation de ma toile sur les plaques de verdure touchées par les premiers rayons du soleil. Quelques brumes envahissent le plateau, les cris des marmottes retentissent.

 


Au matin

Je dois retraverser le torrent, ça réveille les pieds au petit matin. Je déguste lentement la fin de l'ascension. L'eau est omniprésente. Aux lacs, je vois qu'il reste pas mal de névés aux alentours. Le retour dans la vallée peut se faire par diverses variantes mais certains cols sont encore enneigés. Cette fois, je décide d'explorer la descente par le  Gros Puy, sous la crête des Queyrelets. Une sente improbable apparaît intermittente sur la carte datant déjà d'au moins deux décennies. Je n'ai pas plus d'info que cela mais je pourrais sans doute redescendre par un ou deux ravins dans la première partie de la traversée au cas où.

 


Lac de l'Ascension

Au début,  pas de souci, je suis une sente bien marquée qui mène aussi à un col sur la crête des Queyrelets. C'est plutôt une traversée à flanc parsemée de bons névés et dans les cris assourdissants des marmottes.

 


Des passages de col encore un peu enneigés

 

 

En le dominant d'en face, je finis par arriver au-dessus du plateau où j'ai bivouaqué.


Le plateau

C'est en débouchant dans le ravin du coumbal de la Bouchière que je perds toute trace d'une sente quelconque. La carte et l'altimètre me sont très utiles pour ne pas descendre trop bas dans le ravin raide et caillouteux.  Je descends un peu, traverse et finis par suivre une sente à chamois vers 2180 m. Un passage clé rocheux, dans du pur terrain à chamois, m 'emmène sur la traversée qui domine ravins et barres. Le sol en calcaire délité est médiocre. J'arrive à un ravin qui ne va pas être facile à traverser en tatanes de sentier. Puis j'aperçois plus bas un câble. Je retrouve ainsi la sente.

On va dire que la câble est assez utile. Quand, dans le petit passage rocheux, une prise part sous mon pied et qu'une autre me reste dans la main, j'y pose un moment la main. Ensuite, il y en a un peu trop à mon goût, certains pratiquement posés sur la sente. Un dernier est bien utile en revanche, quand on est en tatanes de sentier pour quelques pas en traversée de terre battue dure et assez raide sur laquelle des graviers coulants jouent le rôle de roulement à billes. Rien de tel, dans ce cas, que des chaussures rigides avec "carres".

 


Quelques passages câblés, encore un avantage au sac MUL

 


Un pin mort domine le Val Durance

 


Rien de plus beau que ces gros arbres qu'on laisse vieillir

 

Ce sentier n'a finalement pas été oublié bien que resté plutôt confidentiel. Il descend ensuite fermement dans une pinède de pins sylvestres sur l'accueillante cabane des Aiguilles et sa source : un autre magnifique lieu de paix perché à 1800 m. Je m'y attarde un long moment avant de replonger dans la vallée.


Une orchidée non chlorophyllienne : la Néottie nid d'oiseau

Balade de pays sur GR50

par Fab le 1 juin 2010

C'est une rando en balcon de 2 jours (29 et 30 mai) sur la Durance entre Embrun et Réotier. Après m'être éclaté les doigts de pieds à la maison (ce n'est pas racontable), c'était une sorte de test et de rééducation. Isa qui avait bien besoin d'un décrassage fut de la partie.

Le GR50, c'est le tour du Dauphiné. Ce petit extrait, facile et peu exigeant, est fort sympathique, désert, et en cette période, magnifiquement verdoyant.

 

Jour 1 : Embrun – Les Pinées

D+ : 400 m D- : 300 m distance : 7,5 km

Nous partons tranquillement dans l'après-midi, sur les hauteurs d'Embrun par des pistes et sentes pour rejoindre le GR50. C'est la campagne paisible, la verdure. Le temps est ensoleillé, la température idéale. C'est aux alentours des Pinées que le secteur se prête bien au bivouac mais exigeants que nous sommes, nous merdoyons un moment dans les clairières et sous-bois, au demeurant magnifiques, pour trouver notre endroit plat, avec eau, vue dégagée… Finalement nous rejoignons Sainte Croix et sa source. Mais le magnifique replat prometteur sur la carte est marécageux. Impossible de trouver un endroit non spongieux. Nous remontons trouver un pré (1250 m) avec vue grandiose sur l'adret du vallon de Rabioux et ses cascades.

 

P1050545

La campagne paisible

 

P1050549

 

P1050550

Non loin des Pinées, en direction du vallon de Rabioux

 

Nous nous posons vers 18 h 15. Il fait doux et il n'y a aucun vent. La tente est plantée sous un petit chêne qui va nous fournir des brindilles sèches idéales pour le réchaud à bois fait maison (voir rubrique matériel). Cette fois, celui-ci, avec ces conditions, fonctionne à merveille mais il est plutôt adapté à une personne. Nous nous débrouillons, chacun avec notre petite popote, pour cuisiner assez rapidement nos pâtes, soupe… La soirée est paisible. Nous nous endormons comme deux gros bébés sans fermer la tente.

 

P1050562

Camping 5 *

P1050563

 

P1050566

MUL sous perfusion

 

Jour 2 : Les Pinées – Fontaine pétrifiante de Réotier

D+ : 905 m D- : 1200 m distance : 21 km

A l'aube, c'est dans un concert de nombreuses espèces d'oiseaux, que dans un demi sommeil, mon cerveau comateux essaie  d'identifier les chants. Nous avons passé une nuit excellente. Aucune condensation, sauf comme d 'habitude un peu du côté d'Isa. Pendant que je déjeune froid comme à mon habitude, Isa, en toute autonomie, sort sont P3RS d'appoint pour faire son thé. Le ciel était étoilé mais rapidement, le soleil se voile et se couvre. C'est sous les fines gouttes que nous plions pour démarrer à avant 8 heures. Le temps est pluvieux mais la température idéale.

 

 

P1050570

 

 

P1050575

 

Le GR passe par Châteauroux, St Marcellin. C'est l'occasion de faire de la balade de pays en visitant les hameaux. Ensuite, plus de civilisation hormis d'anciennes ruines reprises par les sous-bois. L'itinéraire boisé traverse mélézins et pinèdes. Le secteur de la traversée du Couleau ainsi que la partie menant à Mikéou, point culminant (1600 m) sont très beaux.

 

Un bout de passerelle emporté

 

P1050588

C'est la grosse fonte

 

P1050592

Le fameux pli de Saint Clément

P1050594

Le fort de Montdauphin et Guillestre

Depuis notre départ, entre autre,  nous comptons les espèces d'orchidées : Orchis militaire, Orchis pourpre, Orchis moustique, Dactylorhyza de Mai, Grande listère, Orchis sureau, Céphlanthère blanche et la belle Limodore à feuilles avortées…

 

P1050602

Orchis sureau

 

P1050605

Céphalanthère blanche

 

P1050609

Limodore à feuilles avortées

 

Nous quittons le GR50 au niveau de Mikéou pour couper et rejoindre un beau sentier passant par Réotier et qui, pas une descente sinueuse plus raide dans les pins noirs finit de nous descendre à la fontaine pétrifiante, une curiosité géologique locale.

 

P1050524

La fameuse fontaine pétrifiante

Entre Buech et Drôme

par Fab le 18 mai 2010

Après les pluies de ce printemps perpétuellement perturbé, un petit créneau s’annoncerait-il enfin en ce week-end d’Ascension ? Je pars dans l’espoir d’un ciel un peu dégagé dans la région de Serres (Hautes Alpes) entre le Buech et la Drôme à défaut d’un tour des Baronnies du Buech de 4-5 jours.

Jour 1 : Col des Trousses (1262) – Col des Prés (1500) – Bonnet Rouge (1645)

Belles éclaircies mais du gros vent dès le départ. Une petite montée de 800 m en début d’après midi depuis le petit village de l’Epine (845) en direction du col des Trousses. La campagne, bien verte, des vergers, des champs puis un sentier plutôt confidentiel mais revalorisé (balisage jaune semblant récent). Grimpette dans les genets puis sous bois de pins qui offre une certaine protection au vent. Passé le col c’est une soufflerie, ce soir il va falloir ruser pour la tente.
Une piste dans l’Ubac joliment boisé de hêtres m’amène au col des Prés (1500 m).

P1050388

Départ dans la verte campagne

J’enchaîne logiquement le petit sommet calcaire par la crête Est. Mais à son approche, c’est l’effet Venturi, difficile de rester debout. Je tente bien d’éviter la crête et de monter à flanc directement en m’accrochant mais je n’insiste pas, ce satané vent du nord aura eu raison ce jour, à 50 m du sommet que je viendrais faire en repassant demain.

Je redescends au col des Prés où je trouve un terrain bien gras et bien vert parmi les pins dans une zone apparemment « morte » pour le vent qui vient simplement tournoyer plus faiblement et par intermittence. Allez, pourquoi pas ici ?
Le vent siffle bruyamment dans les arbres.

P1050390

Bivouac au col des Prés

Ce soir, le défi est d’allumer le réchaud à bois (fait maison) avec du bois omniprésent mais détrempé en profondeur par les nombreuses semaines d’averses consécutives. J’ai pris un bon couteau Mora pour bâtonner au besoin et je m’étais interdit de prendre le réchaud alcool P3RS avec lequel j’aurai pu manger chaud sous la tente en quelques instants à l’abri du vent.

Le vent forcit encore et se rajoutent brumes et giboulées. J’avais emporté un petit cube allume-feu mais malgré tout il me fallut au moins une demi-heure, en m’affairant sans répit, pour arriver à faire fumer l’eau dans laquelle les pâtes étaient cuites depuis un certain temps déjà. Je m’acharnais en vain à atteindre la grosse ébullition qui n’est pas nécessaire. Le bois brûlait mais il devait sécher d’abord. Avec le vent, l’équilibre n’était pas dépassé.
Avec  les mains un peu gelées, je savourai enfin un plat chaud à l’abri mais j’abandonnai l’idée de recommencer pour une soupe ou même pour le café du soir.

J’ai abaissé la toile de la Shangri-la 1 au maximum avec 8 piquets + un hauban sur bois ( 2 piquets de plus c’était mieux) en prévision de la nuit ventée en perspective.

Difficile de s’endormir, le vent s’est renforcé dans la zone et la tempête fait rage aux alentours. La toile reçoit régulièrement de monstrueux et d’inquiétants coups de boutoir sur les côtés ce qui me réveille en sursaut. Mais elle tient bon, un joli test.

En fait, le vent ne semble pas avoir une direction fixe ici et je me serais vraiment senti assez mal avec un tarp. Je me suis dit que ce zeff allait se calmer pour laisser place à du grand beau froid au matin. Que nenni, cela sera pour le surlendemain. Le vent n’a en effet pas discontinué jusqu’au matin et même toute la journée.

Jour 2 : Col d’Arron – Crête du Duffre (1757) – La pyramide (1734) – le Pas de la Lauze (1553) – Col d’Arron – Bonnet Rouge (1645)

Je traîne au lit jusque vers 8 h avant de m’extirper dans le vent. Inutile de dire que de plier correctement un drapeau flottant au vent ne fut pas mince affaire mais au moins tout était sec.

Le ciel est quand même assez bien dégagé et je poursuis ma rando en direction du Duffre. Le col d’Arron est un grand plateau vert piqué de pins à travers lesquels pâturent tranquillement quelques vaches (bergerie). Le vent est à peu près nul ici et il aurait été plus judicieux d’y dormir (ce que j’avais prévu de faire à l’origine).

P1050394

Paysage au relief modeste mais très boisé et bien désert

Le sympathique sentier à flanc du Duffre fait partie de l’itinéraire du tour des Baronnies du Buech. On peut aussi, du col d’Arron, rejoindre directement le sommet par l’alpage ce qui annule le parcours de crête mais c’est plus judicieux sous le mistral.

Le vent est fort et je ne quitterai pas de la journée mon coupe vent respirant, ultra léger et très efficace (Ion Marmot de chez A.D). Entre le Duffre et la pyramide, il me suffisait de lever les bras pour prendre mon envol. Je croise alors un pin complètement givré côté au vent avec des fibres de glaces figées à l’horizontal de 20 à 30 cm de longueur. Cette fée, toute de blanc drapée, ne m’a pas pipé mot, la pauvre, momifiée sur pied.  Battu par les vents, je réussis tout de même à faire une photo nette.

P1050398

Une belle rencontre

P1050400

Résultat d’une nuit tempétueuse

P1050401

Sur le pas des Lauzes

La descente du pas des Lauzes est infiniment plus calme et je rejoins le col d’Arron puis le col des Prés pour manger un morceau.

P1050402

Face au Duffre

Je monte ensuite au bonnet Rouge mais par l’ouest cette fois, pensant être plus protégé du vent. Bof, je finis l’ascension en m’agrippant aux quelques rochers somnitaux. Je trouve une petite zone où est fleurie la splendide fritillaire du Dauphiné; certaines ont été décapitées par le vent.

Au sommet, ça va mieux, à l’abri de la pente sud. Pour éviter de reprendre la soufflerie, je décide de descendre tout droit par l’alpage puis dans la pure garrigue inextricable à genets pour rejoindre vers 1400 m un autre sentier de descente sur l’Epine.
C’est 100 m de gros sanglier limite pénible. Penser que couper à l’étage collinéen n’est pas couper en moyenne montagne, surtout avec des cartes IGN périmées d’une vingtaine d’années.

P1050407

Pour être visible de la vallée, la croix n’est pas vraiment au sommet

P1050408

Derrière cette crête, la soufflerie

P1050409

Le Duffre et la Pyramide

P1050410

P1050412

La longue crête de Serre de la Bouisse

Après 2 jours de vent, l’abri de la voiture, d’un coup trop chaud, est reposant.

C’est une petite virée sans rencontrer une âme.

Débutant en réchaud à bois, je suis content d’avoir constaté ses difficultés et ses limites dans ces conditions difficiles mais persuadé qu’il demande un certain savoir faire que je n’ai pas encore totalement.

La tente Shangri-La 1 de Golite de 500 g est vraiment un abri efficace, on peut s’y fier par fort vent ou dans la tempête. Elle demande juste un peu d’entraînement pour être montée correctement (réglages des hauteurs des bâtons).

Mon sac de base pesait environ 3,5 kg. Des gants plus chauds que les gants de soie m’ont manqué. Finalement je ne suis pas du tout convaincu de l’efficacité de ces derniers, même en sous-gants. Il est même plus facile de se réchauffer les mains nues.

Un bout de balcon sur la Durance

par Fab le 8 avril 2010

Cela  faisait un bout de temps que j'avais abandonné ce blog. Ce fut un hiver un peu spécial pour moi, une sorte de pause avec beaucoup moins de randos à skis. Je n'ai pas pu réaliser non plus un projet de bivouac hivernal. Les conditions météo ont été spécialement médiocres et cela semble continuer en ce début de printemps.

Bref, il était temps de reprendre la "main" avec une balade à pieds secs, espérais-je, pour changer de la neige.

Initialement était prévu un tour sur  crêtes et sommets du Buech, mais devant une météo que je ne sens pas au matin, je reste dans le coin pour une basse traversée improvisée en balcon sur la Durance, une courte balade sympa pour sortir un peu sans les skis.

 

Jour 1 : Montée de Réotier, les Guieux et bosse belvédère

Une montée agréable en milieu d'après midi en partant du fond de vallée (950) en face d'Eygliers, à l'intersection avec la route d'accès au Queyras. Le temps est voilé, les températures douces. J'ai pris le réchaud à bois (ma dernière fabrication) que je suis bien décidé à tester à fond. Sac de base d'environ 4 kg.

Toute la montée est sèche mais on sent que la neige a disparu depuis peu. Hormis quelques premières renoncules (hépatica triloba), la végétation n'a pas encore démarré même sur ces coteaux bien exposés. Presque sans transition, une fois les premiers plateaux atteints au-dessus de 1400 m, la neige est là, entourant quelques zones de terrain détrempé.

P1050164

Aux Guieux, quelques maisons d'estive encore inhabitées
 

P1050163

 

Je poursuis mon chemin à travers champs et je commence à chercher un emplacement. Désormais je marche dans la neige pourrie et je mets des guêtres (surtout pour ma chaussure fenêtrée au couteau en juillet…). Je rejoins  une bosse dominante vers 1500 m où s'étend une vue complète sur les massifs et la vallée. Cela  me semble un bon endroit pour dormir. Il y a quelques arbres, de la neige, je monte la tente sur un plat à moitié déneigé près d'un arbre.

Vers 19 h 00 le vent thermique de vallée se lève, c'est une soufflerie pénible et discontinue et l'endroit y est exposé. J'avais privilégié la vue panoramique à l'homme caché dans les bois mais je n'en ai pas profité beaucoup…

Je prépare les brindilles. Le bois est humide, inutile de bâtonner du gros. Je cueille du sec sous les branches basses d'un pin. J'ai beaucoup de mal à allumer le réchaud à cause du vent et même à allumer le briquet tout court, il faudra trouver une meilleure solution. Enfin, une fois parti, c'est assez long mais j'arrive à cuire des pâtes.

Le vent n'est pas ce qu'il y a de plus glacial mais le soleil ayant disparu, j'en fait bientôt autant sous la toile après l'avoir consolidée au vent par deux corps morts en bois (croix en bois et écorce épaisse et plate) reliés à mes lacets et enfouis dans la neige. Il faut dire aussi que le terrain était rocheusement ingrat et mes 6 piquets fins en titane m'ont sauvé bien qu'à peine efficacement plantés, plutôt glissés entre les pierres sous-jacentes.

Sous la toile, c'est un terrain boueux avec neige. J'étends le polycree puis l'arckmat mousse de chez A.D et l'auto-gonflant court par dessus. L'isolation du sol détrempé et froid fut parfaite. Puis allongé, fixant les bâtons s'évertuant frénétiquement à une sorte de danse Africaine, c'est l'attente d'un hypothétique sommeil. La toile pliait  comme le roseau mais je ne craignais nullement qu'elle cédât, c'est une Shangri La. Non, c'était le bruit qui était pénible. Pour éviter les courants d'air sur le visage, j'eus l'idée de me cacher sous ma veste imper-respirante et je me demande si ça ne serait pas aussi une solution pour stopper la condensation dans la tente, due en grande partie à la respiration, si c'est la veste qui la récupère…

Puis le vent s'est tut d'un coup après 21 h, mais relayé par le bruit long et incessant de chaque avion se succédant l'un après l'autre : juste au-dessus, une ligne aérienne. C'est triste mais je crois que vais ajouter deux boule quiès à ma liste. Bon, j'ai tout de même eu le plaisir d'entendre la hulotte la nuit.

 

Jour 2 : Traversée Sud-Nord à flanc jusqu'à la Rame

Ce n'est pas avec mes grasses matinées des derniers jours ni l'effort de la journée qui promettaient un sommeil profond et j'ai eu l'impression d' avoir peu dormi. Pourtant, le jour est déjà là et ça fait 10 h que je suis allongé.

Le vent se relève mais dans l'autre sens évidemment. Il n'y eut strictement aucune condensation nulle part. Les températures n'étant pas descendues en-dessous de 0,5 °C, je n'ai pas eu froid habillé dans le Walden 250.

Le temps est couvert et bien plus mauvais que ce que la météo annonçait (comme d'habitude). Vers 8 h je décolle pour la suite de l'itinéraire qui ne s'annonce pas facile, non par son dénivelé  ni par sa distance d'environ 13 km mais bien par le niveau d'enneigement auquel je ne m'attendais pas à cette altitude. Et comme il n'a pas gelé, il ne fallait pas compter sur une neige portante. Les raquettes étaient bel et bien nécessaires.

Je commence donc à faire mes trous dans la forêt sauvage et je perds la sente un bout de temps et dès le départ. Quand la traversée passe les ravins, le cheminement s'oriente naturellement au nord où la neige est encore bien plus présente. J'ai pris mon temps mais heureusement je ne m'enfonçais pas jusqu'aux cuisses à chaque pas. Après un moment à faire le sanglier dans la neige pourrie en plein bois pentu, je traverse le premier torrent et je retrouve plus loin le GR 50 (tour du Dauphiné) qui sera totalement enneigé jusqu'au Ponteil, bien que ne dépassant jamais les 1500 m.

P1050167

Dans les bois enneigés, où est la sente ?
 

P1050171

J'ai bivouaqué au sommet de cette bosse au premier plan
 

P1050173

GR 50 encore bien en neige
 

Du village où il y avait encore près d'un mètre  de neige par endroit, j'avais prévu de descendre par le sentier sur le Gouas avant de rejoindre Champcella mais l'enneigement descendait bien encore jusque vers 1100 m dans cette orientation. Las de chercher le chemin en m'enfonçant, je continuai sur le GR 50 désormais sec.

Je traverse le petit hameau sympa de Champcella puis je rejoins le plateau sous le  Chambon, au bord du gouffre de 200 m de Gourfouran. Sous quelques gouttes, je trouve la "voie Romaine" (en fait il ne s'agit pas d'une voie Romaine, elle est plus récente) qui, dans d'impressionnants lacets bordés de murets qui s'écroulent, serpente dans les points faibles de la barre de 200 m pour rejoindre le fond de la plaine.

P1050174

Au bord du gouffre
 

P1050175

Descente dans la plaine par …
 

P1050177

La "Voie Romaine"
 

site1

Vestiges découverts en 2003

 

Un peu d'histoire :

Ce secteur est un lieu majeur d'archéologie de la Haute Durance.  En 2003, la sécheresse a empêché la luzerne de pousser là où les racines butaient sur des constructions enfouies ce qui a fait apparaître le vestige ci-dessus à comparer avec ma photo précédente.

Des fouilles ont eu lieu par la suite, il ne s'agit pas d'une villa Romaine mais bien que le bâtiment garde son mystère, il s'agirait d'un reste de mutatio (qui veut dire changement, créé par Auguste en -27) en bordure de voie Romaine. Il y aurait donc eu un village et pas un seul bâtiment, qui servait de relais du service des postes de l'empire Romain. Mais dans ces lieux, se superposent d'autres vestiges qui remontent à l'âge de Bronze…

Un tour en provence haut alpine (28-29 octobre 2009)

par Fab le 2 novembre 2009

Désormais, chaque année, en octobre, j’aime aller me faire un petit tour dépaysant dans la garrigue colorée de la provence haut alpine. Toujours désert, je trouve  un réel charme à parcourir ces reliefs calcaires, ces petits sommets et ravines. J’envisageais le tour des Baronnies du Buech mais je n’avais pas assez de jours disponibles.
Ce sera donc une petite balade dans le massif de Céuse, juste à l’ouest de Gap et au sud du Dévoluy. L’altitude n’est pas importante mais sur les sommets, désaxés au milieu de plaines, la vue est grandiose et embrasse tout le massif des Ecrins, du Queyras et du Dévoluy. Un regard vers le sud et c’est la pure provence qui se déroule avec les derniers reliefs préalpins.

Jour 1 : La petite Céuse (1681)

D+ : 670 m
D- : 20 m
Temps : 1 h 20

Le mois d’octobre a connu une période de froid avec des températures négatives, de la neige en montagne mais en cette fin d’octobre ensoleillée, c’est un redoux agréable qui me permet dans ce secteur de démarrer en short et t-shirt dans l’après midi.

Je pars depuis le vallon de Baudon (1036 m), non loin de Sigoyer et entame la montée devant la célèbre et imposante falaise en demi-cercle de Céuse. Je traverse le torrent au niveau de Surville, prends une piste et un morceau de sentier conduisant au col des Guérins avant de monter directement en hors sentier le versant S-E du sommet. La carte IGN, complètement obsolète montre une pente nue alors que tout le versant est une forêt de mélèzes replantés.
En espérant ne pas me faire tirer par un braco, je nage à travers la végétation joliment colorée avant de sortir enfin à vue libre vers 1500 m. Dans un terrain raide j’atteins un collet à droite du sommet. Je cherche déjà des emplacements potentiels de bivouac, c’est que la nuit tombe vite et je suis parti assez tard. Là je vois un replat herbeux, je monte au sommet par un dernier raidillon rocheux et, juste devant le cairn, je découvre un plat d’une surface de tente. Le sol est caillouteux mais cette fois j’ai pris la Shangri- La 2 (pas de tapis de sol intégré). Cela sera parfait pour tester mon nouveau tapis de sol MUL, le polycree. Rapidement, grâce à 6 piquets en titane ultra fins, je fixe la toile au sommet. Un bout de Arkline relié au piquet du cairn vient consolider tout ça en cas de vent fort. Mais j’ai de la chance, sur ce sommet exposé au premier vent venu, l’air est calme. Seul un vent moyen viendra par moment secouer la toile pendant la nuit.

Le jour décline déjà après 17 h 00. Je regarde longuement le spectacle splendide du coucher de soleil sur la montagne d’Aujour. L’horizon tourmenté par les dernières crêtes s’enflamme. Sous la lune presque pleine qui prend le relais, j’allume le P3RS. Dans la plaine, Gap et les petites maisons éparpillées sur des dizaines de km s’illuminent.
La température est douce et ne chute pas : 8-9°C. Je vais passer une nuit un peu longue mais elle sera très agréable.

Dans cette tente 2 places, seul, c’est un vrai palace avec possibilité de cuisiner assis. Pourtant son poids total avec sol et  piquets est quasiment celui de ma Tarptent 1 place soit 740 g. C’est donc la solution pour l’hiver quand il faut tout faire dedans à l’abri du vent glacial.

Le thermomètre ne descendra pas en-dessous de 5-6 °C, je dors donc comme un bébé dans le top bag Walden de A.D (sans capuche) habillé juste d’un haut et d’une cagoule.

P1040813
Montée devant la célèbre falaise de Céuse

P1040814
Dans la grande plaine, GAP

P1040817
Bivouac au sommet

P1040830
Coucher de soleil sur la montagne d’Aujour

P1040831

Jour 2 : Col de Bois Rien (1455) – Col de la Baume (1339) – Crête et Rocher de St Pierre (1454)

D+ : 962 m
D- : 1600 m
Temps : 7 h 50

Je me réveille vers 6 h 45, les couleurs flamboyantes réapparaissent de l’autre côté et j’assiste peu après au lever du soleil.
Il est clair que si en général on recherche un emplacement de bivouac plus protégé avec eau à proximité si possible, le bivouac au sommet est absolument incomparable : vue, spectacle, soleil immédiat le matin…donc c’est à privilégier quand c’est possible et quand les conditions sont clémentes.

Après quelques photos, je descends du sommet par le N-O, désescalade de la barre mais facile. Je rejoins le col de Bois Rien dans la pinède puis le sentier est très beau à flanc jusqu’au col de la Baume avec un passage dans une hêtraie; frais et humide.
Du col de la Baume, j’attaque la garrigue par les rochers puis je suis le fil de la crête de St Pierre. Je prends le temps de ramasser quelques brins de thym, plus il pousse sur le rocher aride plus il est bon, pareillement avec un peu de sariette. Par un peu d’escalade, j’atteins le Rocher par l’arête Est.

La suite consiste à descendre plein sud sur Esparron. Inutile d’essayer de trouver la sente indiquée sur la carte. Il commence à faire chaud dans cette garrigue aux genets qui me flagellent les jambes. Faudrait me payer pour être là en plein été.

J’arrive à rejoindre les ruines de Vière, un groupe de maisons ou vivaient encore 3 familles avant la dernière guerre. La végétation reprend le dessus. Je cherche la source fontaine àflanc dans le ravin pendant 30 minutes, dur, je monte, je descends, j’essais de déchiffrer la zone, la sente qui se perd…. Ce n’est pas tant pour l’eau que pour le plaisir de la trouver. Je trouve finalement un écoulement très faible mais je n’ai jamais trouvé cette source. J’en prélève 1 litre dans lequel je jette une pastille. J’étais parti avec 3 litres, le soir j’en ai utilisé 1 pour me laver la tête, manger et me laver les dents. Avec les 2 l, dans cette région où l’eau est rare surtout en plein automne, ça pouvait passer pour la journée.

Après un peu d’errance, je retrouve la sente plus bas qui passe par une croupe tourmentée entre 2 ravins et qui rejoint le fond de la vallée et son ruisseau. Il faut ensuite rejoindre le GR 94 pour remonter au col de la Baume. J’aurais du passer par le village d’Esparron mais j’ai voulu éviter ce détour pour empreinter une sente à flanc en rive gauche. Bien mal m’en a pris, je me suis enfoncé dans une jungle indéscriptiblement inextricable. Un piège d’épineux de toutes sortes : églantiers, pruneliers, arbres…35 minutes de combat sans coupe coupe, plus je m’enfonçai plus je me piégeai pour progresser de 2 ou 3 m par minute. Mes bras, mes jambes devenaient charpies mais j’essayais de ménager le reste du matos, le sac à dos Golite s’en est sorti sans mal, les vêtements un tout petit peu moins.

J’ai dû abandonner l’idée de monter pour rejoindre d’urgence le lit du torrent. Une partie plus clairsemée me donne alors l’issue. Ah, la sauvage végétation de l’étage colinnéen, ça ne rigole pas mais ça m’a rappelé mes premières escapades de gamin en culotte courtes à la campagne.
Quelque peu ensanglanté, les jambes et les bras piquants, je remonte le sentier plein sud, dans une jolie pinède mais je me pose 150 m sous le col pour manger, il fait bien chaud. Je jumelle alors le ballet de deux grands aigles au-dessus de la crête.

Une fois le col de la Baume franchi, je reprends la partie boisée à flanc pour retourner au premier col. Je flâne, ramasse quelques champignons (petits gris et violets qui feront le repas du soir) et de ce col, je prends un sentier qui va descendre d’abord pour longer le versant S-O de la Petite Céuse à flanc et rejoindre une autre zone de ruines abandonnées : le village de Ceas qui était habité à l’année et où vivaient encore 5 familles au début du siècle. Une dernière montée à un collet puis je redescends à l’ombre de feuillus, par un sentier, des champs, une piste, des maisons isolées et leurs sales cabots agressifs et dangereux, la route et la voiture. Finalement, l’eau prélevée m’aura servie.

P1040842
Lever de soleil

P1040843
Première lumière sur la grande soeur

P1040847
Au fond, tout le Dévoluy

P1040848

P1040849

P1040857
La petite Céuse

P1040862
Joli passage en hêtraie

P1040865

P1040867
Sur la crête de St Pierre

P1040871

P1040872
Ruine de la Vière

P1040873
Descente en marnes calcaires sur Esparron

Bilan :

Une belle petite escapade, sans personne. Un sac de base qui ne dépasse plus désormais les 4 kg mais si je déduis ce que je n’ai pas utilisé (imper-respirant, housse de sac) et ce dont j’aurai pu me passer (gants, toilette), j’aurai tout aussi bien pu partir avec un sac de 3,4 kg.

Ayant toujours utilisé une couverture de survie épaisse retaillée comme tapis de sol (143 g), j’ai testé le polycree que j’ai trouvé horriblement fin à réception. Mais ce premier essai, sur un sol jonjé de petit cailloux, m’a convaincu. Encore plus facile à plier pour un poids trois fois moindre : 46 g !

Le Grand Pinier : boucle dans les Ecrins (5 et 6 septembre 2009)

par Fab le 8 septembre 2009

 

Après en avoir fait le tour la semaine dernière, je repars dans ce magnifique secteur des Ecrins proche de chez moi pour le simple plaisir d’aller bivouaquer au bord du lac Palluel (2473 m). Le sommet visé est  le Grand Pinier (3117 m).
Mon sac de base passe à 3,9 kg. J’en profite donc également pour tester une fois de plus le matos.

Jour 1 : 5 septembre 2009 - Parking de Dormillouse (1440 m) – Lac Palluel (2473 m)

D+ : 1035 m
Temps : 2 h

Ce jour là, je me décide comme au dernier moment. Machinalement, le sac est fait en 30 min et je démarre en milieu d’après-midi à 15 h 15. Je monte tranquillement, il n’y a pas grand monde. Les couleurs ne sont pas encore là mais il y a déjà comme une ambiance d’automne : la paix, la lumière. Arrivé au lac, je suis seul au monde. L’eau s’est faite plus rare pour une fois , je vais faire le plein au bout du lac, par une grosse source qui l’alimente. Les emplacements plats, herbeux et sans cailloux sont rares autour de ce lac, deux tout au plus.
Je m’installe dans une paix indéscriptible, au pied du Grand Pinier. Je jumelle l’itinéraire hors sentier du lendemain. J’entends les petits ploufs des vairons du lac. Avec ma popote pleine de nouilles chinoises brûlantes, je flâne, observe un dizaine de chamois broutant sur une crête non loin. Ils m’ont vu bien sûr, je me sens intégré, accepté dans le milieu. Je me sens bien, c’est comme chez moi. Je regarde le coucher du soleil sur les nombreux 3000 alentours, avec le lac au premier plan.
Quand le soleil a disparu, il a vite fait frais avec du 3-4 °C dès 20 h et 1°C vers 21 h. Comme les nombreuses marmottes qui courent partout s’engraisser pour le dodo d’octobre, je me prépare à de trop longues nuits. En effet, s’allonger vers 20-21 h même pour un lever vers 7 h, ça fait long. Et ça ne va pas s’arranger en allant sur l’hiver. Le vent est nul, la grosse lune perdue dans un ciel pur et étoilé qui présage d’une nuit froide, est très belle. 

 P1040687
La montée, pile dans l’axe de la vallée de Freissinières

P1040689
Symétrie : à l’endroit ou à l’envers ?

P1040690
 

P1040692
Devant le Grand Pinier, cherchez ma Tarptent

P1040694
Les 3000 se reflètent et se flâtent

P1040695
Dernière photo prise de mon duvet

Jour 2 : 6 septembre 2009 – Lac de Palluel (2473) – Grand Pinier (3117)

D+: 650 m
D-: 1680 m
Temps: 4 h 50

La nuit, la température est descendue à -2°C minimum. Parfait pour tester le Walden. Je n’ai pas eu chaud, je me suis habillé quelque peu. J’ai atteint, je pense, la température limite de confort : excellent pour un duvet d’à peine 500 g.
Pour une fois, grâce matinée jusqu’à 7 h 30 quand le soleil me réchauffe soudain dès 7 h 20; chose rare car c’est un paramètre que je ne prends pas en compte quand je m’installe. Je déjeune dans le duvet. Que c’est agréable ! Je plie néanmoins ma toile légèrement givrée.
Pas le temps de s’échauffer, la montée est soutenue dès le départ. On pourrait penser à un tas de cailloux d’assez loin mais la montée est efficace, aisée et bien cairnée avec une partie de blocs moyens mais pas d’éboulis pénibles. Je suis au sommet 1 h 15 plus tard, il est 9 h 20.
Je suis seul, le ciel ne peut être plus pur. Par rapport à la semaine dernière, je prends un peu ma revanche sur la vue qui n’est pas racontable sur les tous les grands sommets des Ecrins que j’ai presque tous gravis à une époque; s’étalent à l’Ouest, le Champsaur tout entier où j’ai vécu plusieurs années en y travaillant comme AMM, le Dévoluy écumé en ski de rando…séquence souvenirs et émotion.
Non loin, à l’ouest, la brèche à l’issue d’un couloir cône, est l’itinéraire à ski que j’ai fait par deux fois depuis Prapic. Je repère la face Nord du pic pour le ski.
Bref, je me régale pendant 20 min avant de redescendre sur 200 m par où je suis monté. Puis, soudain je décide de rejoindre le lac de Faravel plus directement sans repasser par le lac de Palluel. Vers 2980 m, c’est plus fort que moi, je m’engage dans un dégueuloir à pavasses peu engageant. Infâme ? je ne sais que dire, c’est trop sauvage. Je dérape un peu et j’en envoie de la caillasse en bas !
Je me fais un genou, un trou dans le calbut, je perds sans doute la main, disons le pied, en viellissant. Et dire qu’avec un mètre de poudre, ce ravin serait un pur délice !
Après une zone plus stable et ludique de gros blocs où je joue à saute moutons, je passe par de petits lacs même pas figurés sur IGN, je croise plusieurs groupes de chamois s’y désaltérant.
Je comptais enchaîner avec le Petit Pinier (3100) mais à la vue de la face Nord, asséchée de son glacier (il ne reste que deux pauvres névés), je préfère y retourner cet hiver à skis.
Atteindre directement le lac Faravel n’est pas chose si aisée. Une immense barre ceinture le cirque. Je trouve cependant un point de faiblesse un peu au nord me permettant de le rejoindre presque directement en retombant sur le sentier juste avant. Après cette improvisation, je prends un bout de sentier et rejoins directement le lac Fangeas, puis le sentier ramenant en bas. Une boucle assurément magnifique avec une belle partie de hors sentier.

P1040697
En montant au Grand Pinier au matin

P1040698
Au premier plan les 3000 dominent le Chichin, derrière les Ecrins encore plus haut
 

P1040699
Aupillous, Ailefroide, Barre des Ecrins, Pelvoux…

P1040705
Les géants des Ecrins, où est la Barre 4102 m ? 

 P1040700
 En face Nord, les glaciers disparaissent mais des lacs apparaissent : IGN faut se mettre à jour !

P1040703
Face Nord du Petit Pinier (3100) : on repassera en plein hiver, ça vaut mieux !

P1040707
Crêtes, crêtes jusqu’au Viso

P1040710
Lac Faravel (2386 m)

P1040712 

 

Ecrins : un tour des Piniers (29 et 30 août 2009)

par Fab le 1 septembre 2009

 

Dans les Ecrins, un tour très sauvage, la façon la plus courte de faire le tour des Piniers, depuis le parking de Dormillouse en 1 jour et demi :

Col des Terres Blanches (2721) – Le Tuba (3008) – Lac des Pisses (2515) – Grand Lac des Estaris (2570) – Col de Freissinières (2782) – Roc Diolon (3071).

Un sac de base de 4 kg 100 et 1 kg de nourriture.

Jour 1 : Parking de Dormillouse (1420) – Grand Lac des Estaris
Col des Terres Blanches (2721) – Le Tuba (3008)

D+ : 1950
D- : 850
8 h

Départ 8 h 30. Grand beau, seul un nuage bouche le Grand Pinier au matin.
Montée agréable jusqu’au lac du Fangeas (1990), 1 h. Puis c’est une montée sauvage, dans vallon magnifique aux grands espaces en passant au Quartier d’Août via 2 grands zig-zags pour passer deux grandes barres. Après une longueur de plat, la suite est minérale. Le Tuba (3008) s’atteint en 1 h depuis le col des Terres Blanches pour un total d’à peine 4 h par une crête peu ascendante, à cheval avec le Champsaur, face au Petit Pinier (3100). Cette crête domine le vaste vallon du Fond de la Cabane qui ne présente aucune trace de sentier et qui possède deux petits lacs non nommés. Bref un bout du monde perdu comme on en voudrait plus…
L’idée était de traverser le Tuba en descendant le versant N-O sur le vallon de Chabrières. Pour en avoir descendu la face Nord à skis avec du 45°, je savais que la raideur serait au rendez-vous mais vu la qualité du terrain qui ne demande qu’à être recouvert de neige pour être humain , je m’attendais bien à une descente délicate. Je confirme que la face Nord n’est praticable qu’en ski de pente raide et le versant Ouest direct du col du Fond de la Cabane semble impraticable à pied, en tout cas trop dangereux à mon avis. 
Je descends 50 m sur le col pour tenter d’apercevoir un passage raisonnablement possible. Je descends lentement dans une pente très raide d’éboulis schisteux instables, sur fond terreux glissant et mouillé. Pendant 150 m, du haut je me demande si ça passe, il y a plein de petites barres qui semblent plonger sur les pentes d’éboulis inférieures. Je me serais senti plus à l’aise avec mes vraies chaussures d’alpi dans ce terrain dangereux et exposé dans lequel je n’amènerai jamais personne.
La glissade n’étant guère recommandée, c’est donc avec une grande prudence et en assurant chacun de mes pas que je louvoie un peu avant d’effectuer une traversée pour finalement trouver la sortie. Les 400 m qui suivent ne sont qu’une pente d’éboulis fatigante qui demandent vigilance et équilibre. Je ne déteste pas vraiment ce genre de terrain qui fait aussi la montagne, ludique, formateur mais grossièrement appelé terrain pourri; par ici je ne vois aucune trace de passages ni cairns comme cela est souvent le cas de temps en temps presque partout même dans les endroits sauvages. Je suis dans le Champsaur, du flysh posé sur grès. 
Plus bas, il reste à trouver deux passages clés pour franchir plus facilement 2 barres mais le secteur parcouru à ski ne m’est pas inconnu (Petit Pinier versant Ouest, Entre pinier et Grand Pinier S-O). Cependant, du haut ce n’est pas si évident. Je compte rejoindre le sentier menant de Prapic au lac des Pisses mais en descendant le moins possible.
Deux barres bien nettes sur la carte IGN parcourent le cirque à 2450-2500 et 2350 m. Je pouvais rester sur la plus haute et traverser mais cela me semblait plus fatigant d’autant que je tombe pile sur le passage qui passe la barre inférieure. Je longe alors le pied de cette dernière jusqu’à retrouver le sentier au niveau d’une cabane. Le hors sentier est fini, c’est dans une chaleur qui en dit long sur la canicule en plaine, vers 2300 m que je remonte au lac des Pisses (2515).
Je m’octroie une pause, la suite n’est que du repos : 1 h 30 de sentier presque horizontal qui mène en flânant aux lacs des Jumeaux puis 70 m plus haut au lac d’Estaris. 
La traversée est belle, Prapic est blotti tout au fond. Mais rapidement, en traversant vers le N-O, on aperçoit des pylônes. Le sommet de la station de Merlette n’est pas loin, la tumeur cancéreuse que j’ai vu s’étendre toujours plus ces dernières années atteint sans doute sa phase terminale. Quand on pense que le secteur est plein de lacs, que le grand lac lui-même est au centre d’une réserve naturelle, on a du mal à comprendre un aménagement intensif et croissant aux alentours
C’est à 2570 m, sur un plat herbeux à faire rêver les tapis de sol et les piquets de tente, au bord du lac, que je plante. J’ai quelques heures de sérénité en pleine solitude pour profiter du dernier soleil, me laver dans le lac et admirer le couchant.
 

 P1040553 
Dormillouse 

P1040557 
Lac Fangeas

P1040559
Lac Fangeas 

P1040562 
Le Mourre froid, un autre 3000 classique du Champsaur

P1040563 
Le Rochelaire (3108), skiable de l’autre côté

P1040564 
Les terres blanches du col de Terre Blanche

 P1040566 
Petit Pinier (3100) sur fond de Sirac (3440)

P1040568 
Brebis perdues vers 2900 m

P1040570
Sur la crête du Tuba (3008)

P1040571 
Le vallon du Fond de la Cabane et ses petits lacs anonymes

  P1040575
Le petit Pinier au cours de la descente délicate

P1040578itin 
Délicat

P1040584 
Prapic au fond

P1040586 
Toute la partie hors sentier depuis le Tuba au milieu

P1040589 
Lac des Pisses (2515)

P1040592 
L’itinéraire en gros

P1040595
Lac des Jumeaux

P1040596
Plage et 3000 (face N du Mourre Froid)

 P1040598 
Seul sur la plage

 P1040605 
Les Lacs inférieurs vers 20 h

P1040606 
Cherchez ma Tarptent !

 

Jour 2 : Col de Freissinières – Roc Diolon (3071) – Dormillouse.
 
D+ : 500
D- : 1650
4 h 30

Je passe une nuit médiocre pour une fois, à cause du vent bruyant qui a soufflé la moitié de la nuit.
Réveil à 7 h 00 pour un départ à 7 h 45. Du col, je fais en passant le Roc Diolon (1 h depuis le lac), un sommet facile que je ne connaissais pas mais que j’ai trouvé bien beau avec une ambiance de brumes épaisses venant du Champsaur. J’ai pu réapercevoir plus bas le lac des Pisses de la veille. 
La suite est une longue et paisible descente dans un vallon d’une très grande beauté malgré la période, en particulier vers 2330 où plusieurs eaux se rejoignent pour former le torrent principal. Peu après, le lac du Lauzeron est presqu’à sec, dommage. Ce n’est pas le printemps mais pour un été qui n’a connu que quelques orages, ça coule encore bien dans le vallon. Vers 2000 m, j’entre dans la fraîcheur du mélézin puis traverse Dormillouse, toujours trop fréquenté, fort contraste avec la solitude de ma balade.
Vers midi je suis en bas et 20 minutes plus tard ma petite famille me rejoint pour manger et passer un moment près du torrent, c’est pas sympa ?
  

P1040610 
Le lac d’Estaris depuis le col de Freissinières (2782)

 P1040612 
Lac des Pisses depuis le Roc Diolon (3071)

P1040614
Brumes sur la montagne du Chapan 

P1040616
De la neige éternelle ? 

  P1040620 
Crête du Martinet

 P1040622 
Haut du vallon de Chichin

 P1040624 

P1040625 

P1040629 

P1040630 

P1040633 

P1040634 

 

 Bilan :

Les vallons de Terres Blanches et de Chichin sont d’immenses vallons magnifiques dont la beauté est parfois insoutenable (âme non sensible s’abstenir), leur parcours est agrémenté par deux 3000 mais je ne peux pas vraiment conseiller la traversée du Tuba, trop délicate si on n’est pas aguerri et habitué au terrain de montagne délicat.
Il faut alors traverser le col des Terres Blanches et passer à Prapic pour une étape très longue ou supplémentaire mais non moins belle. 

Je continue à tester le Walden 250 mais toujopurs pas moyen de se les cailler avec encore du 3 °C minimum. 
Encore une fois la lampe frontale ne m’a pas servie, désormais ce sera une loupiote de 10 g pour l’été, hop 66 g de gagné.
La cagoule est très efficace avec le Walden : cou bien protégé et bien adapté pour les courants d’air. Je gagne encore 30 g sur un bonnet.
La progression MUL se poursuit tranquillement : bientôt sous les 4 kg…