Boucle en Clarée (10 et 11 août 2011)

par Fab le 16 août 2011

C’est une revisite en Clarée mais j’évite l’accès de la haute vallée sur-fréquentée à cette époque. Le départ se fait depuis Plampinet, on passe en Italie par le col des Acles, le col de l’Echelle, le col des Thures, la Vallée Etroite, puis on revient sur Nevache et Plampinet en passant le col du Vallon.

 

Jour 1 : Plampinet (1480) – Col des Acles (2300) – Col de l’Echelle (1762) – Col des Thures (2194)

D+ : 1500 m
D- : 820 m
Dist : 19,5 km
Temps : 6 h 10

 

L’étape n’étant pas trop longue, je partai du village à la cloche des 10 heures. La montée par une piste caillouteuse n’était pas d’un grand intérêt mais en moins d’une heure j’atteignis l’oratoire et le sentier qui faisait suite dans une pinède à crochets était bien plus beau.

Face à la pointe de Pécé (2783), on découvre ainsi le vallon des Acles et celui de l’Opon qui lui est perpendiculaire et qui donne accès à Montgenèvre.

Montée depuis le village de Plampinet.

 

L'arrivée au col des Acles, sur l'Italie.

 

Vallons des Acles et de l'Opon.

 

Derrière le col, c’est une jolie traversée à flanc, ravinée, qui mène à la crête frontière. Sur cette crête, parsemée de bornes, je me posai pour manger. La descente qui suivait me mena vers le nord sur la route du col de l’Echelle.

Ce joli petit col à la particularité de présenter une portion plate de 2 km le long de laquelle il y a bon nombre d’emplacements verdoyant parmi les mélèzes.

Sur cette partie, je découvris assez brutalement le bruit et l’agitation : exactement comme sur une plage, une foule d’Italiens occupait le moindre espace du secteur.

 

 

La traversée en Italie mène à la crête frontière. Au fond dépasse le massif des Ecrins, en particulier la Meige et le Gaspard à droite.

 

La partie supérieure de la Vallé Etroite, le Mont Thabor.

 

   

La traversée depuis le col des Acles, au fond à gauche.

 

Vers 14 heures passées, je remontai lentement en direction du col des Thures, j’allais arriver un peu trop tôt à l’emplacement prévu pour le bivouac. Il faisait chaud et mes pieds souffraient quelque peu dans mes chaussures neuves. Je croisai pas mal de monde. Après une bonne heure, une petite descente m’amena en traversée au chalet des Thures (2105 m) qui se trouve à l’entrée d’une très grande zone d’alpage.

Une fontaine au bord du sentier m’invita à faire le plein d’eau. Depuis mon départ, je n’avais trouvé qu’un seul point d’eau juste sous le col des Acles mais je ne m’étais pas ravitaillé.

Cependant, un regard alentour m’informait d’un pâturage important en cours. Au paradis du mouton, le Dieu de l’eau n’y pouvait rien, il était sage de faire appel au pouvoir de Micropur.

Je remontai agréablement le vallon des Thures presque plat. Le torrent était à sec. J’arrivai alors au col et au lac de Chavillon à côté duquel je trouvai, derrière une bosse, un coin idéal pour dormir. L’endroit est en effet fort propice à un bivouac agréable. Je fis une petite sieste.

Ce col, donne accès à la Vallée Etroite, en Italie. Au N-O, le Mont Thabor se montre en totalité.

En fin d’après-midi, je tentai une toilette dans le lac. Hélas, il ne faisait aucun doute que la fine couche boueuse du fond provenait en grande partie d’excréments de mouton dissous; les nombreuses traces sur la berge renforçaient cette idée.

Le vallon n’étant pas encaissé, j’eus droit au soleil jusque tardivement. Mais alors que l’ombre envahissait le vallon, un bruit de cloches forcissait au loin. Je vis d’un coup des milliers de moutons surgir du relief supérieur du vallon pour fondre droit sur le lac !

Mais ils ne firent que passer, le berger les ramenait vers le chalet des Thures. Le spectacle assourdissant intéressa aussi deux randonneurs qui pointèrent leur tête de l’alpage, 100 m au-dessus. Ils devaient bivouaquer au lac de Bellety.

 

 

   

Face au Thabor, il y a de quoi bivouaquer !

 

 

  Le lac des Thures et l'Aiguille Rouge.

 

Jour 2 : Col des Thures – Col du Vallon (2645) – Lac Blanc (2715) – Nevache et Plampinet.

D+ : 1030 m
D- : 1745 m
Dist : 24,5 km
Temps : 7 h 30

Au matin, le ciel était totalement immaculé et l’atmosphère d’une rare clarté pour un jour d’été. La température était proche de zéro avec un peu de rosée  blanche.

A la fraîche et sans rencontrer personne, je descendis rapidement par un joli sentier boisé qui en disait long sur sa fréquentation aussitôt l’heure matinale passée. Du haut de la Vallée Etroite, il n’y a en effet guère plus de 400 m pour rejoindre le lac des Thures.

En bas, je pris alors une piste en direction du pont de la Fonderie. A ce niveau, tout droit on va vers le col de la Vallée Etroite et le Refuge du Thabor et à gauche, on se dirige vers l’itinéraire du Mont Thabor et vers le col du Vallon.

A la Maison des Chamois, je ne vis absolument pas la bifurquation pour le col. Ce n’était qu’à la passerelle de Prat du Plan que je compris mon erreur. Le cirque magnifique, assez dénudé dans sa partie supérieure, comporte de nombreux lacs. De la passerelle un bon sentier semblait continuer vers le lac du Lavoir. Bien que j’eusse pu l’emprunter pour le visiter en un détour nécessitant néanmoins ensuite une bonne traversée caillouteuse, je rejoignis rapidement plein sud en hors sentier l’itinéraire du col du Vallon.

La pente n’est pas bien raide mais les 200 derniers mètres sous le col se font dans les cailloux de quartzite.

 

La remontée de la Vallée Etroite après la descente du col des Thures à droite.

 

Le col du Vallon en vue.

 

Le versant dénudé du Mont Thabor.

 

Au col, comme je m’y attendais, on ne voit pas le Lac Blanc que l’on devine tout près à l’ouest. A une altitude plus haute, il est niché dans une dépression circulaire.

En revanche, le Mont Blanc fut particulièrement visible et sembla tout proche.

Il n’était que 9 h 45. Je fis une longue pause et je descendis rejoindre parmi des blocs, le raidillon menant au bord du lac.

Je pris ensuite tout mon temps pour descendre le très long vallon. Je ne le trouvai pas très joli, érodé par le surpâturage; l’alpage dénudé qui y survivait ne me semblait pas originel.

 

Le Lac Blanc joliment niché vers 2700 m.

 

Le col du Vallon en contrebas.

 

Le long et large Vallon dans sa partie médiane.

 

Vers 2100 m il se mit à faire très chaud et je me posai à la chapelle Saint Michel. En mangeant, je vis monter pas mal de randonneurs que je plaignais. Comment monter aussi tardivement dans ce chaud et long vallon rébarbatif ?

La suite allait me surprendre, dès 1900 m, le vallon devint magnifique, plus encaissé, la végétation diverse et luxuriante au bord du torrent donnait soudain un air beaucoup plus sauvage et naturel à la fin de la descente sur Névache.

Pour finir cette boucle, il faut traverser le village, longer assez longuement la route sur quelques kilomètres et finir sur une piste pour rejoindre Plampinet, ce qui me prit plus d’une heure.

 

La Chapelle Saint Michel.

 

 

 

La partie inférieure devient plus jolie…

 

 

 

Fin de descente sur Nevache.

 

Remarques :

- C’est un beau tour à faire aux 3 saisons, idéal pour découvrir la Clarée. Les paysages sont pittoresques et variés.

- Le circuit fait environ 44 km pour un peu plus de 2500 m de dénivelé avec deux étapes de durée moyenne (environ 7 heures sans forcer).

Sur 2 jours, le sac qui pèse au départ bien moins de 6 kg, se fait naturellement complètement oublier.

 

 

 

 

 

GR56 : le Tour de l’Ubaye (20-26 juillet 2011)

par Fab le 30 juillet 2011

Jour 1 : 20 juillet 2011
La Fresquière (1040) – Col de Séolane (2273) – Plan Bas (1839)

D+ : 1490 m
D- : 700 m
Dist : 16 km
Temps : 5 h 45

 

De grosses pluies la veille retardèrent mon départ et ce jour, il me fallait partir plus tôt que prévu à cause des routes bloquées par le tour de France. Je commençai le raid vers 9 h 30 juste sous Méolans à la Fresquière (1040 m).

A la sortie de la voiture, température et vent donnèrent le ton : je n’aurai pas chaud dans la montée de 1235 m et j’aurai pu (dû) partir 2-3 h plus tard.

L’étape qui consistait à rejoindre le Laverq en franchissant le col de Séolane était assez courte, c’est pourquoi je pris tout mon temps.

La montée était verte et boisée, elle coupait et rejoignait une piste passant devant quelques vieilles maisons de pierre jusqu’aux Bessées. Les 500 derniers mètres se déroulèrent ensuite sur un beau sentier traversant le mélézin et cotoyant des ravins dans une atmosphère bouchée. Les hautes herbes mouillées finirent par me tremper les pieds. L’alpage s’ouvrit vers le haut et je débouchai au col à mi-journée.

La petite Séolane saupoudrée de neige, juste au-dessus, par le vent, se découvrit soudainement de son écharpe blanche. Mais je devais patienter jusqu'au lendemain pour voir sa grande sœur voisine. De l’autre côté, se présenta soudain dans sa totalité le beau vallon de Laverq. Je me posai longuement pour manger un peu parmi les edelweiss avant de basculer lentement sur l’abbaye de Laverq.


Aux Bessées.


Le milieu s'ouvre sur le haut.


Au col, on découvre le vallon de Laverq. Les crêtes sont saupoudrées et bouchées…


tout comme la proche Petite Séolane qui se découvrit alors.

 

Les nuages se dissipèrent laissant de plus en plus de place aux rayons du soleil et à la vue des crêtes légèrement enneigées. En bas, il fit enfin chaud et le ciel bleu fut prédominant. Je traînai pour remonter le vallon peu ascendant en repérant de jolis coins au bord de l’eau pour le bivouac mais je poursuivis jusqu’au Plan Bas par un raidillon.

 

Je fus déçu : la clairière prometteuse sur la carte n’était qu’un champ de Rumex et de végétation haute. Il y avait cette grande cabane forestière dans laquelle je pénétrai. A l’étage, il y avait plusieurs chambres vides mais au plancher propre; dans un coin, même un balai. Et pourquoi pas une nuit sur le plancher, devant la fenêtre entrouverte ?
Une fois n’était pas coutume, devant la porte il y avait table et bancs et un puis un peu plus loin une fontaine.

Il était trop tôt pour s’arrêter mais trop tard pour continuer : 750 m de montée suivis d’un long cheminement en crête m’amèneraient trop tardivement à un lieu de bivouac adéquat.

Bien qu'il n’y eut rien à redire sur la beauté du lieu, seul, trop en forme, vers 15 h 30 je me mis à cafarder un peu en languissant le temps qui passe et l'action plus sérieuse du lendemain.

Je fis ma toilette au soleil, écrivis un peu. Ouf, 18 h : à partir de là, tout allait toujours plus vite. Je mangeai et me couchai tôt non sans préalablement avoir disposé une couche de Rumex sous le polycree pour les pieds car le plancher c’est dur…


Un épouvantail original, j'ai failli dire bonjour !


Remontée du vallon jusqu'au…


Plan Bas où l'on peut dormir, à l'étage.

 

Jour 2 : 21 juillet 2011

Plan Bas (1839) – Pointe de Sestrière (2575) – Col de la Sestrière (2461) – Col d’allos (2247) – Baisse de Prenier (2350) – Cabane du Talon (1900) – Petit col de Talon (2678) – Bayasse (1860, 25 min au-dessus).

D+ : 1880 m
D- : 1820 m
Dist : 34 km
Temps : 10 h 15

 

La nuit fut bonne, le ciel, au matin, dégagé et le départ fut rapide sans avoir à plier la grosse feuille de laitue trempée.

Je démarrai vers 6 h 30 pour une montée fort peu lumineuse et humide. Si le sentier montait bien par des lacets vers le bas jusque vers une cabane à 2050 m, en revanche la suite était peu efficace avec une longue traversée vers le nord. Sous la pointe de Sestrière, les hautes crêtes de l’Estrop m’apparurent ainsi que les premiers rayons de soleil. Mais un vent froid fort désagréable me cueillit pour ne plus me lâcher sur la crête. Je passai en mode coupe-vent sur une grande partie de l’étape. Ensuite, c'était parcours russe puis plus constant après le col d’Allos.


Sortie de l'ombre, face au replat des Eaux Tortes et le sommet de l'Estrop (presque 3000 m).


A la pointe de Sestrière (2575), la Grande Séolane.


Le col d'Allos.


Après la Baisse de Prenier, je descendis pour commencer une immense traversée remarquable au flanc des Chevaux de Bois qui domine le ravin de Chancelaye puis celui de Bouchier. Je pense qu’il eût été possible de passer au-dessus, par les crêtes depuis la Baisse de Prenier, et ainsi traverser le petit puis le grand Cheval de bois (2838) mais cela eût rajouté au moins 500 m de dénivelée.

Sous les Greites, le sentier, subissant l’érosion, était friable et demanda un minimum de vigilance au-dessus des ravins.

Au niveau de la cabane du Talon, qui offrait un dortoir possible avec le torrent à proximité, je trouvai les lieux particulièrement beaux et sauvages. C’était le début d’après midi et je continuai sur le chemin du col environ 200 m de dénivelée avant de casser la croûte. Quand je m’engageai dans ce fond de vallon fermé par un verrou rocheux de 200 m par dessus lequel de magnifiques cascades d’eau se jetaient, je me demandai où cela pouvait passer. Et bien ce fut à travers ces cascades elles mêmes, par quelques lacets rocheux !  

Au-dessus, après avoir dépassé la cabane de pierres du Cimet, le vallon était plat et via un lac du même nom, j’atteignis le col, point culminant du tour avec 2678 m. Le cirque rocailleux qui s’offrit n’était autre que le versant nord du Mont Pelat (3050), un sommet majeur de la Cayolle.


La première partie de la traversée, plus raide qu'il n'y paraît sur les photos


Le passage sous les Greites qui s'érode.


Vallon de Bouchier très sauvage.


Les cabanes du Talon.


Les cascades.


Passage du verrou parmi les cascades.


Le verrou domine le vallon.


La partie supérieure du vallon s'aplatit et on devine le Petit col du Talon.


Lac du Cimet (2589).


J’avais envisagé de m’installer 200 m plus bas derrière ce col, sur des replats herbeux et irrigués vers 2500 m comme l’indiquait la carte, mais il n’était que 15 h et je savourai alors la descente dans ce très beau vallon de la Grange afin de rejoindre le fond de celui du Bachelard qu’emprunte la route du fameux col de la Cayolle.

Je trouvai, en m’approchant du hameau de Bayasse, un coin parfait au bord du torrent, un peu avant 17 h, pour planter la Shangri-La. Après le délicieux et relaxant lavage dans l’eau froide du torrent, je me couchai sitôt le soleil disparu car la température déjà non caniculaire chutait alors significativement.


Le ravin de la Grange




Bivouac reposant au bord du torrent de Bachelard


 

Jour 3 : 22 juillet 2011

Bayasse (1860, 25 min au-dessus) – Col de Moutière (2454) – Col de Colombart (2539) – Col de la Colombière (2237)* – Col des Fourches (2261) – Pas de la Cavale (2671) – Larche (1700)

D+ : 1800 m environ
D- : 1930
Dist : 36 km
Temps : 10 h 05

 

Au matin, le temps fut encore beau. J’arrivai en 25 min à Bayasse espérant prendre un peu du fameux pain du boulanger. Mais, à 7 heures, ce fut un village endormi que je traversai et pour la boulangerie c’était 16 heures !

Je remontai longuement sur une piste plate le vallon de Moutière. Seule la fin, plus directe, permis d’atteindre le col plus rapidement. Ce col était traversable avec une route goudronnée venant de Saint Dalmas le Selvage. En traversée, je suivis le chemin qui ne prend que 100 m pendant 1 heure pour atteindre le col de Colombart duquel on peut descendre directement sur Bousseyas (1883) par le vallon de l’âne. Mais le GR fait un détour de plus de 4 km par la crête de la Blanche pour rejoindre le col de la Colombière. A mon avis, ce détour a pour but de rallonger un peu l’étape courte entre les gîtes de Bayasse et de Bousseyas (+ 1 h 30 environ) et il n’est pas indispensable.


Après le col de Moutière, dans la traversée menant au col de Colombart.


Etant à mi-journée, je me dis que j’allais prendre à manger au gîte en passant ou même y déjeuner, ce qui eût soulagé quelque peu mes vivres prévus assez justement pour 5 jours. Quelle ne fut pas ma déception quand j’y lu que l’ouverture n'était qu'à 13 h. Il n’était que 11 h 25. En continuant, je me consolai en pensant que 6 euros (oui 39 F !) pour un sandwich c’était largement exagéré au bord d’une route parfaite menant, certes, au plus haut col routier de France mais tout de même…

J’en oubliai de refaire le plein d’eau à la fontaine. Quand je m’en aperçus, j’étais trop haut. Je me penchai alors sur un ruisselet que je savais fort douteux mais j’avais des pastilles. C’est alors qu’une gentille dame sortit d’une petite maison d'estive en pierre à quelques pas de là et me proposa de son eau potable. Nous échangeâmes quelques mots et je lui indiquai qu’un gîte « ouvert » mais fermé ça faisait drôle pour le voyageur. Elle m’offrit même quelques petites tranches de bon pain, ce qui allait remplacer avec bonheur mes tranches de mie tassées depuis plusieurs jours dans le ziploc.

J’atteignis le col des Fourches et dans la descente, j’eus un coup de moins bien. En bas, je me posai devant la cabane (ouverte) pour manger. Je calculai qu’il me faudrait atteindre le pas de la Cavale vers 14 h 30 pour arriver assez tôt à Larche.

Je redémarrai d’un pas plus fort pour faire l’ascension des 600 m en 1 h et basculer dans le vallon du Lauzanier vers 14 h. Mais, pour l’avoir déjà parcouru dans l’autre sens il y 3 ans lors du GR5, je savais qu’il était long et que tout en bas, m’attendait l’ingrate petite route bitumée de 4 km. Le GR56 et GR5 sont en effet communs entre le col de la Colombière – Pas de la Cavale – Larche et Fouillouse.

Le vallon fut assez fort fréquenté au fur et à mesure de ma descente. Au terme de 10 heures de marche, j’arrivai au camping avant 17 h.


Derrière le col des Fourches, du beau sauvage, du chamois, du Gypaète…


Une heure après, 600 m plus haut, au Pas de la Cavale. A droite, le col des Fourches. Cherchez la petite cabane à son pied.


De l'autre côté, on retrouve le lac de Derrière la Croix…


et celui du Lauzanier plus bas.


C’était surtout la possibilité de pouvoir enfin compléter un peu mon ravitaillement et ainsi garder une marge que ce camping m’intéressait. En effet, aucune épicerie n’existe à Larche même !

Le gérant me dit alors que c’était complet mais que je pouvais me mettre sur la digue à l’écart (et en dehors du camping !) non loin d’un randonneur qui venait d’arriver 2 h plus tôt. A Saint Etienne de Tinée, également en bordure du GR5, j’avais eu la bonne surprise de constater qu’on réservait un emplacement pour le randonneur pouvant arriver tard et fatigué. Ce n’était pas le cas ici. Bref le tarif de 7 euros me donna juste le droit de dépenser à l’épicerie (1 boîte de thon pour le soir, des fruits et un fromage de 250 g) et de prendre une douche…mais j’allais faire une agréable rencontre.

Quand ma Shangri-La 1 fut montée, le randonneur m’interpella en reconnaissant un MUL.

En analogie à l’adage « c’est aux fruits que portent l’arbre qu’on le juge », le sac à dos mais aussi l’abri permettent de distinguer rapidement la MULE du MUL.

Nous fîmes connaissance et rapidement je compris qu’il s’agissait d’un membre du forum MUL à qui j’avais répondu au sujet du GR56 qu’il parcourait également depuis 3 jours avant mais, dans son cas, depuis le Laverq.

Nous décidâmes de faire route ensemble le lendemain mais en gardant chacun son rythme propre.

Il se mit à faire chaud en fin de journée et je pensai naïvement avoir le temps de laver et de faire sécher mon capilène. Mais il ne sèchera sur le sac que le lendemain après-midi.

 

Jour 4 : 23 juillet 2011

Larche (1700) – Col de Mallemort (2559) – Col du Vallonnet (2524) – Fouillouse – Saint Paul – Fort de Tournoux (1750).

D+ : 1470 m
D- : 1400 m
Dist : 30 km environ dont 3-4 km inutiles
Temps : 9 h 15

 

Au matin, la condensation fut très forte. Nous partîmes vers 6 h 30 du camping endormi. Du village de Larche, la montée au col de près de 900 m est rude avec plusieurs bons raidillons mais efficace comme j'aime. Exposée sud, il était judicieux de la parcourir à la fraîche comme ce fut le cas.

Quelques bandes de brumes flânaient sur les environs des crêtes et toujours un petit vent froid mais le temps allait être encore au beau pour cette journée.

En 1 h 45, l’affaire fut réglée. Nous eûmes un rythme compatible et fîmes l’étape ensemble.

Après une redescente de 200 m dans un coin dont l'austérité était renforcée par la présence d’un lugubre baraquement de guerre, une jolie partie vallonnée menait au col d’où l’on descendait sur Fouillouse. Du village, une jolie traversée puis une descente rapide nous menèrent au bord de l’Ubaye où nous mangeâmes.


De jolies écharpes depuis la montée au col de Mallemort.


Le col en vue dans les brumes.


Hervé, à l'arrivée.


Le passage des Vallonnets.


La descente sur Fouillouse.


Redescendus à 1466 m, nous traversâmes Saint Paul, il faisait chaud. Nous passâmes devant l’épicerie qui n’ouvrait qu’à 16 h, je n’avais besoin de rien mais je constatai encore une fois que l'heure d’ouverture était décidément incompatible avec ma randonnée.

Quand nous passâmes à l’adret sur une petite piste pour rejoindre le mignon petit village de Tournoux, le paysage fut tout autre : pinède sèche et chaude, peu d’eau. Nous franchîmes un raidillon chaud puis nous arrivâmes enfin au village où la fontaine était le dernier point d’eau avant notre bivouac prévu vers le fort. Je remplis ma poche d’eau supplémentaire pour emporter plus de 3 l d’eau.

Ensuite, il y avait un piège. Le GR nous invita à traverser le hameau et nous conduisit naturellement sur une piste dans la bonne direction mais en traversée à plat. Au bout de 2 km environ, je m’en aperçus. Nous dûmes faire demi tour et couper pour rejoindre le GR plus haut. En montant, je cherchais déjà un emplacement pour la nuit mais rien de bien dans ces bois; c'est que j'ai pris des goûts de luxe en ce qui concerne le cahier des charges du lieu de bivouac. Nous nous résignâmes à nous installer sur un petit emplacement à peu près plat pratiquement sur le sentier au bord des douves !

Mais ce fut désert et calme, nous étions à l’abri du vent. Le lendemain un changement de temps était annoncé alors qu’un dernier bon morceau restait à parcourir avec le col de la Pare.


Le paisible petit hameau de Tournoux. Attention, ici c'est à droite et non tout droit !


Bivouac au bord de la fortification. La Shangri-La 1 de Golite et la Moment d'Hervé, une autre merveille de chez Tarptent.

 

Jour 5 : 24 juillet 2011

Fort de Tournoux (1750) – Col de la Pare (2655) – Chanenponse (1850)

D+ : 1470 m
D- : 1330 m
Dist : 25 km
Temps : 8 h 30

Cette nuit là, je dormis mal avec une douleur importante et étrange dans l’articulation de la hanche. Je ne réussissais pas à trouver une position confortable. Au matin ça allait mieux. Nous découvrîmes un ciel très nuageux surtout à l’ouest. Il ne fallait pas traîner, nous n’étions pas encore au pied du col.

A 6 h 15, nous prîmes la montée boisée de 260 m menant au Serre de l’Aut (2008). Sur un joli flanc de crête suspendu 500 m au-dessus du torrent du Parpaillon, le sentier traversait, mais un peu en montagne russe, la verdure d’un mélézin. Je surpris des chevreuils. Nous arrivâmes enfin au fameux passage du Roy qui permettait la descente jusqu’au fond. Le terrain était raide et délité, équipé de quelques câbles, il demandait simplement un tout petit plus d’attention.

Après la traversée du torrent vers 1600 m, un fort raidillon de 100 m ramenait à la petite route aux Pras. S’ensuivit alors une longueur mort-plate de plusieurs kilomètres pour rejoindre la Plan de Parpaillon. A ce moment, ma douleur reprit et devint bien gênante et fort désagréable. Je n’avançai plus. Mon corps, qu'un calcul mental instantané en démontrait implacablement la demie vieillesse dépassée, accusait sans doute un peu le coup des jours précédents et je serrai un peu les dents.

Mes inquiétudes se dissipèrent : quand je vis le ciel, je sus qu'il allait être finalement bien clément.

Le vallon qui s’ouvrit au Plan du Parpaillon était assez grandiose, le cheminement était long et doux jusqu’au col. A main droite, je me rappelai de mon parcours intégral, un automne, de la crête qui domine, de l’Epérvière au petit Parpaillon.

Nous passâmes devant un mouton éviscéré et dévoré fraîchement par un loup.

Dans le vallon nous fîmes une petite pause. Mon compagnon m’offrit des pruneaux non MULs mais d'autant plus délicieux. Plus à l’aise en montée et après cette pause collation, j’allais mieux. Nous atteignîmes le col tranquillement en discutant sous une bonne température alors que plus bas, il faisait plutôt frais avec un petit vent glacial.
De l’autre côté, s’ouvrit la vue sur Barcelonnette et sa large et grande vallée. C’était le dernier col pour moi.


L'entrée douce dans le vallon du Parpaillon.


Le Loup est passé par là.


Le Grand Bérard (3046 m).


Au col de la Pare (2655 m ).


La vallon vu depuis le col.


Et la vallée de Barcelonnette, au sud.


Je descendis très lentement, la descente étant assez exigeante jusqu’aux sources des Maits. Puis à partir du refuge de la Pare, l’itinéraire traversait très longuement non sans remonter à plusieurs reprises, le versant sud de la vallée : environ 17 km du refuge de la Pare jusqu’à la Fresquière.

Le paysage était alors tout autre, sous les 2000 m, c’était un parcours en sous-bois dans la campagne. Arrivés à Chanenponse, nous trouvâmes un joli coin désert, avec un petit ruisseau et nous décidâmes de ne pas aller plus loin bien qu’il ne fût pas encore 15 h. Dans un jour de moins bien, je n’avais pas envie d’aller plus loin bien qu’il ne me restât que 3 h 30 pour boucler. Il restait encore le col de Séolane pour mon compagnon et il n’aurait pu raisonnablement boucler ce jour.

En face, au loin, la grande Séolane et la crête suivie vers le col d’Allos, nous rappelaient à il y a quelques jours.

Nous profitâmes agréablement de ce repos. Je commençai par une sieste au soleil mais le vent forcit désagréablement jusqu’au soir.


Jour 6 : 25 juillet 2011

Chanenponse (1850) – La Fresquière-Méolans (1040)

D+ : 320 m
D- : 1130 m
Dist : 14 km
Temps : 3 h 20

 

Une bonne nuit calme, autour de 0°C le matin avec gelée blanche malgré la faible altitude, le beau temps.

Complètement régénéré, j’étais en pleine forme et ce matin, à la fraîche, la fin de la boucle fut pour moi une courte et agréable formalité. Le parcours était assez joli, il remontait encore de quelques centaines de mètres puis il rejoignait petites routes et hameaux avant de descendre enfin définitivement.


A la fraîche devant les premières lueurs sur les Séolanes.


Tiens, où est le sentier ? On apprécie ne pas être en trails…


Balade de pays, les premiers hameaux.


La campagne suspendue.


Au fond, le clocher de Méolans. La boucle se boucle, tout a une fin…


A la voiture, j’encourageai mon ami qui avait encore 1200 m de montée et la descente pour rejoindre le vallon du Laverq et ses amis qui l’attendaient. Nous nous promîmes de garder le contact sur le forum. Ce fut agréable d’avoir partagé avec lui la fin de ce GR56.

 

Remarques :

- Ce fut un très beau tour, particulièrement beau et sauvage entre le col d’Allos et Bayasse.
Un peu de monde rencontré au niveau du col routier d’Allos et le Vallon du Lauzanier sinon, le parcours était désert.

- Pour un mois de juillet en moyenne montagne, j’ai trouvé les températures fraîches avec un vent froid souvent présent. Je n’ai jamais vraiment transpiré.

- En 47 heures environ (temps d'arrêts des pauses et des repas non décomptés), j’ai parcouru 155 km pour 8500 m de dénivelé en marchant 2 demi-journées et 4 journées ce qui correspond à 5 jours complets à raison de 9 h 30 de marche par jour en moyenne.

Je trouve judicieux de faire une première étape pas trop exigeante et finir tranquillement aussi.
Cela représente 31 km de distance, 1700 m de dénivelée et 2,5 col par jour en moyenne mais il y a certaines longueurs ingrates.

 - L’eau est partout présente. J’ai utilisé très peu de pastilles mais je soupçonne la source aménagée au bord du sentier du Plan du Parpaillon, pourtant jugée comme fiable, d’être à l’origine de mes troubles intestinaux dès la fin du tour (et après !).

 - Je suis parti avec ma liste de base de 3,3 kg + 1,5 l d’eau + 3,5 kg de nourriture pour 5-6 jours soit environ 8,4 kg.
Je me suis un tout petit peu ravitaillé en cours de route à Larche (une boîte de thon, un fromage et quelques fruits).

Au retour, il me restait 1 kg de nourriture, soit de quoi tenir 2 jours encore, je n’ai pas ouvert le fromage acheté en route.
J’ai constaté une consommation personnelle générale à la baisse par à rapport à ce que j’avais établi :

- fruits secs qui était ma nourriture de base régulière en journée : 60 g/jour
- chocolat : 20 g/jour
- saucisson maigre : 70 g/jour
- fromage : 80 g/jour
- lait entier en poudre : 32 g/jour
- pâtes : 60 g/jour
- pain : 60 g/jour
- Céréales : 70 g/jour

Cela ferait sauf erreur moins de 2000 kcal/jour ce qui m’a été suffisant et bénéfique pour perdre plus de 1,5 kg de graisse inutile.

En ce qui concerne le carburant, j’ai tenu pratiquement 4 jours (avec 8 chauffes) avec une seule des deux pom’pote d’alcool emportées (175 g d'alcool au total) soit une consommation de 22 g d’alcool /jour ! Il m'en restait pour plus de 2 jours.

- Tout ce que j’ai emporté m’a servi sauf la solution de pluie et ma lampe de 10 g.

La nouveauté testée était mon nouveau sac à dos Laser 35 l de Terra Nova vraiment excellent mais qui a révélé quelques fragilités que je relaterai sur le forum dans le post dédié.

RAS général sur mon matériel qui me permet, dans le confort et la sécurité, de partir en montagne pratiquement une semaine en autonomie sans dépasser les 8,5 kg au total avec un sac qui se fait oublier.

- Une petite expérience qui a consisté à plier l'abri avec sa condensation pour le peser au retour confirme bien l'important surpoids de l'eau embarquée : la Shangri-La 1 prend 200 g soit une augmentation d'environ 45 % du poids et ce n'était pas la plus forte condensation ce matin-là.

 - Comme relaté dans mon récit, il ne faut pas trop compter sur du ravitaillement si on parcourt ce GR de cette manière MUL. Nous avons encore pu voir sur le terrain à quel point ce mode est encore loin d'être commun…

 - Enfin, j’eus le plaisir de rencontrer un MUL du forum et de partager agréablement avec lui cette rando sur la dernière partie. C’était une première expérience pour lui dans les Alpes sur plusieurs jours. Il avait une démarche très réfléchie et son projet fut ainsi couronné de succès. Chapeau !


Mont Thabor : tour et sommet (10 et 11 juillet)

par Fab le 19 juillet 2011

 

Grand soleil "prévu" par météofrance sur les 2 jours, je réalise ce tour personnalisé (environ 54 km et 3450 m de dénivelé) qui, à cheval entre Hautes alpes et Savoie, passe par le sommet du Thabor.

Le sac pèse au total à peine 6 kg au départ (liste à 3,3 kg + nourriture et presque 2 l d’eau).

 

Jour 1 : 10 juillet 2011

D+ : 2050 m
D- : 1565 m
Dist : 26 km
Temps : 9 h 40

Parking haute vallée (2030) – Col des Muandes (2828) – Roche du Chardonnet (2950) – Col de Valmeinier (2920) – Col de la Chapelle (2943) – Mont Thabor (3178) – Col des Méandes (2727) – Ref. du Thabor (2508) par le col de la Vallée Etroite – Col du Cheval Blanc (2791) – Col des Bataillères (2804) – Lacs du col des Marches (2500).

C’est du parking terminus de la haute vallée de la Clarée que je démarre dans l’ombre et la fraîcheur à 7 h 20 sur le GR57. Je ne passe pas au refuge des Drayères (ça sera au retour) mais j’emprunte un beau sentier qui s’élève plus directement vers les premiers lacs (45 min). C’est le début d’une longue série tout au long de cette boucle : rond, long, sans nom …

La lumière qui illuminait le versant d’en face, le massif de la pointe des Cerces, atteint le vert alpage où je m’engage après un passage chaotique dans des blocs. Déjà la mélodie de l’eau chante avec bonheur dans mes oreilles.

Dans la solitude totale, j’atteins le lac des Muandes puis le col du même nom (2 h 15). La vue donne sur le cirque supérieur de la Vallée Etroite remplie de nouveaux lacs.

 

Les Cerces, les Roches Crépin


Les premiers lacs face au massif des Cerces


Le Lac Rond (2446 m)

 

Du col, qu’on ne traverse pas, on poursuit sur la crête pour atteindre le sommet du Chardonnet (2950) qui domine le haut de la vallée de Valmeinier au nord sur des névés et des petits lacs, c’est la Savoie. Le vent frais est de la partie, je continue sur la crête descendante frontière entre les deux départements. Au col de Valmeinier, on passe en nord à l’abri du vent d’Est. C’est dans cette traversée  que des névés persistent assez tard. La neige est encore dure mais la difficulté inexistante. Le paysage est très minéralement beau avec des éboulis clairs de quartzite.


La traversée en Est après la crête


Je viens de passer le Roc du Chardonnet (2950) et la crête, en haut à droite


Après le petit collet de la Chapelle, on passe en versant sud du Thabor. On a alors un terrain plutôt terreux à nuances ocres qui subit une forte érosion. Plus par des traces que par une sente, on atteint par un raidillon, boueux à cette époque, l’intersection du sentier de la voie normale, à moins de 100 m sous la chapelle, non loin du sommet.

 

Terrain éboulo-terreux aux belles nuances colorées


Je suis au Mont Thabor avant 11 h, seul. Le vent souffle toujours et le grand ciel bleu annoncé est en fait assez nuageux. Je me pose 10 minutes avant d’apercevoir la cohue montante que je commencerai à croiser dès le début de la descente, une quarantaine de personnes entre le sommet et le col des Méandes (2727). Une fois rejoint ce dernier, ça roule bien pour longer la barre des Chances du Peyron. Dessous le très beau lac du Peyron m’accueille pour la pause midi. Les rayons de soleils qui filtrent en quelques endroits de la couche nuageuse sont intermittents et donnent une belle lumière sur le cirque assez rocailleux.


 Mon nouveau petit sac au sommet


Beau !

 

Beau !!


Le Cheval Blanc depuis les environs du col des Méandes.


Le Lac du Peyron


Une traversée vallonnée amène ensuite au niveau du col de la Vallée Etroite puis remonte encore vers des lacs à proximité du refuge du Mont Thabor qui apparaît sur fond d’aiguille du Cheval Blanc.

Cette remontée d’environ 400 m se déroule sous un ciel triste et sous quelques gouttes. Elle m’amène au niveau du col du Cheval Blanc sur la crête des Bataillères et non directement au col du même nom, plus au Sud. C’est pourquoi, en basculant au lieu de suivre la crête, je m’égare quelques instants dans un univers minéral sauvage devant le cirque nord des sommets du Thabor. J'en profite pour prendre quelques clichés et je rejoins le col des Bataillères en me repérant à quelques cairns. On trouve encore des petits lacs parmi la rocaille. On descend alors sur le lac du même nom avant de retrouver un beau vallon humide et verdoyant où se niche le refuge des Marches tout en bois.



Le refuge du Mont Thabor


Aux environs du col du Cheval Blanc, immense stade d'éboulis et les sommets du Thabor


Le pic du Thabor (3202 m)


Plus bas, on atteint le grand lac de Bistorte mais je fais mon ultime montée de la journée en direction du col des Marches. L’objectif est d’atteindre deux petits lacs nichés en son pied vers 2500 m. Après 2300 m, je vois un beau replat de bivouac, près du ruisseau mais sous les lacs. Je décide de continuer mais quand j’arrive au point prévu, je suis dans un premier temps déçu. L’eau coule peu, elle vient d’un petit lac à l’eau peu profonde et la rocaille prend le dessus sur la verdure. Mais je trouve un petit replat suffisant pour l’abri et découvre finalement une vraie petite source alimentant en partie le lac.

Tout va bien après 9 h 40 depuis mon départ dont 9 h de marche effective. J’ai juste ressenti des douleurs tendineuses au cours de la dernière descente. C’est qu’avec l’air frais et le temps vento-nuageux, j’ai pu garder ma micro-polaire et je n’ai pas ressenti le besoin de boire normalement, je pense donc insuffisamment.

Une averse se déclenche juste à mon arrivée. Je monte l’abri en un instant. Puis le soleil revient juste le temps de faire une agréable et parfaite toilette complète dans le lac.

Une marmotte vient me tourner autour comme pour m’accueillir. Le coin est très sauvage comme j’aime. J’ai besoin d’une bonne récupération, en fait je n’ai rien fait de significatif en montagne depuis la mi-mai.

Je vois que le ciel est assez dégagé mais hélas, contre toute attente, au moment de m’endormir, à la tombée de la nuit, les orages viennent me rendre visite.  Le vent, la pluie, les éclairs et le vacarme du tonnerre sont stressants et me font perdre bien 2 h de repos. Par des peurs ancestrales et inscrites dans les gênes, en quelque sorte, l’homme n’est jamais totalement serein sous un orage. Moi, en l’occurrence, à ce moment perché dans ce petit cirque à 2500 m. Quand l’éclair vous éblouit à travers la toile de l’abri mais même à travers les paupières fermées, on n’est pas certain de ce qui va se passer au suivant. Bien que la majorité des décharges se fassent dans les nuages ou entre eux, le risque de coup de foudre (courant de décharge depuis la terre) est bien réel.
Que faire ? rien si ce n'est se recroqueviller tout de même en boule sur le matelas pour limiter la différence de potentiel en cas d'impact éventuel à proximité.


En fin d'après-midi, dans la montée au col des Marches, l'immense lac de Bistorte (2082 m).


 

Jour 2 : 11 juillet 2011

D+ : 1400 m
D- : 1860 m
Dist : 28 km
Temps : 9 h 35

Col des Marches (2727) – Valmeinier haut (1722) – Pas des Griffes (2554) – Col de la Plagnette (2525) – Parking haute vallée (2030)

 

J’avais mis la sonnerie à 6 h mais c’est ma popote qui sonna à 5 h 30. Sous la toile, j’eus le temps d’apercevoir le museau de la marmotte. Je retrouvai la housse, quelques mètres en dehors. Il faut bien mettre la nourriture dans le sac et se servir de ce dernier d’oreiller sinon…

Le ciel est dégagé malgré quelques gros nuages persistants et j’assiste à un beau lever de soleil.

5–6 °C au matin avec une forte condensation et humidité mais tout est sec sous la Shangri-la 1 qui a parfaitement joué son rôle bien qu'assez détendue.

A 6 h 30, je suis prêt à affronter la bambée du jour : 3 cols à passer avec une descente de 1000 m sur Valmeinier. Pour l’heure il s’agit de grimper le raidillon casse-mul qui débute dès les premiers pas à froid. Au col, non sans apercevoir encore un nouveau lac (de Roche Noire), je bascule vers Valmeinier.


Lever de soleil au lendemain des orages.


Du col des Marches (2725), 225 m au-dessus de l'emplacement du bivouac (flèche rouge) près du petit lac.


La descente se déroule dans l’ombre, l’eau ruisselle de partout. En bas, quelques pylônes désagréables puis le village-station par lequel je veux éviter tout passage. Avec la précision d’une 25/1000 ème, on arrive à trouver un cheminement précis pour atteindre au plus vite le vallon de remontée. Mais on n’échappe pas à une perte d’altitude conséquente jusqu’à 1720 m et à quelques mètres sur le bitume d’un virage. Quelques douleurs tendineuses reviennent sur la fin de la descente, la vieillesse arrive à grands pas…


 Arrivée sur Valmeinier station.


Il faut rejoindre le départ des sentiers du vallon de Neuvache. Il fait bien chaud à présent. Le long du magnifique torrent aux vasques cristallines et à la végétation luxuriante, le sentier monte doucement. Le parcours est très beau jusqu’à l’intersection où il faut songer, vers 1900, à monter dans le versant Est. La montée est un peu laborieuse et assez rude par endroit mais en gagnant l’altitude, le fond de l’air devient plus agréable. On domine rapidement la partie inférieure du vallon en croisant des maisonnettes de pierres aux toits de lauzes. J’entends des bêtes en face mais je ne serai pas embêté par les moutons et surtout les patous sur cette rando.

J’atteins le Pas des Griffes après 800 m de montée, il est 11 h 20.

Remontée, objectif : le pas des Griffes.


Bas du vallon luxuriant.

 

On quitte le fond du vallon, ça chauffe.


Un dernier regard vers le haut du vallon où se trouve le Thabor traversé la veille.


De l’autre côté, de vastes alpages aux pentes peu sévères et tout au fond le col de la Plagnette, le dernier avant de retrouver la Haute Clarée. Après une courte descente, une assez longue traversée à flanc rapproche du vallon de la Valette et du pied de l’Aiguille Noire qui domine majestueusement les lieux avec sa splendide texture rocheuse.

Une sente à flanc permet de ne pas trop redescendre pour rejoindre l’axe du vallon et le pied du versant Ouest de l’aiguille.

Je m’octroie la pause repas vers 13 h à 200 m sous le col, avant un raidillon. Il fait très chaud et j’en profite pour étendre l’abri trempé qui sèche en quelques minutes.


Derrière le pas des Griffes, on retrouve les Cerces.


Au fond, le col de la Plagnette, le dernier.


L'aiguille Noire des Cerces (2869).


Au passage, une invitation à la découverte du vallon de la Valette.


Magnifique rocher de Quartzite.


Il faudra revenir traverser en escalade cette aiguille.


Sous le col de la Plagnette (2525), un grand lac couleur émeraude, suivi d’un autre. La descente est très courte et on rejoint un gros sentier fréquenté. Je rejoins ainsi l’itinéraire d'un tour de la pointe des Cerces réalisé en 2008. 

On passe devant un autre beau petit lac avant de plonger longuement sur le refuge des Drayères et le parking. Le sentier est bien érodé, la foule est bien présente et la fin est un peu pénible sous la chaleur mais je me rafraîchis dans l’eau cristalline avant de boucler, là encore en près de 9 h de marche effective.


Un des lacs de la Haute Clarée : le Grand Ban.


Allez, un petit dernier pour la fin, au moins le 22 ème ! (lac de la Clarée, 2433 m).

 

Remarques :

 

Réalisable en 2 ou 3 jours, c’est un tour splendide  qui fait découvrir un secteur majeur. Il peut se rallonger avec bonheur en allant tourner autour de la pointe des Cerces. A part pour manger et prendre le temps de faire des photos, je ne me suis pas arrêté mais je me suis promené lentement surtout le second jour à cause d’une récupération médiocre.

Pour un mois de juillet, je n’ai relativement pas rencontré beaucoup de monde sauf sur quelques passages, au niveau des refuges bien sûr et sur les derniers km dans la haute Clarée trop fréquentée à cette époque. Les restrictions d'accès et la navette seront mises en places 2 jours après.

L’eau est partout, partout, il suffit de tourner la tête. Sous forme de lacs, on en rencontre plus d’une vingtaine sur le parcours, ou sous forme de ruissellements divers. Cette eau si belle, si pure et si potable qui est donnée à volonté par la montagne mais qui est si précieuse et rare ailleurs.

Je suis amoureux et définitivement addict de ces ruissellements magiques qui semblent jaillir de nulle part si tôt qu’on redescend des cols et des hauts sommets. Le chant de l’eau qui a toujours rythmé et bercé mes virées m'apaise vraiment et me rend heureux. Pour moi, ces sources et ces ruisseaux représentent la paix, la sérénité, la nature, la vie; vie diverse et riche qui ne manque pas d’ailleurs de s’installer tout autour.

 

 

 









































4 crêtes entre Chabre et Lure (30 avril – 1 mai)

par Fab le 4 mai 2011

Le but était de découvrir quelques crêtes que j'avais repérées dans l'extrême sud du département entre la montagne de Chabre et celle de Lure tout en faisant une boucle. Cela me semble le moment idéal même si les averses sont fréquentes durant cette dernière semaine d'avril.

Liste basse montagne – 3 saisons (3,6 kg).

Jour 1 :

La Flogère (660) – Crête des Planes (1432) – Col de Bauge (1372) – Crête de l'Âne (1615) – Col St Pierre (1288) – Col de Branche (1465) – Sommet des Bayles (1450) – Col de la Garasse (1352)

Temps : 4 h 30.
D+ : 1350 m
D- : 650 m
Distance : 12 km

Je démarre de la Flogère, un joli petit coin perdu provençal en début d'après midi sous un beau temps mais avec des nuages sombres en formation. L'objectif est d'aller rejoindre la crête des Planes qui semble accessible par un passage dans la chênaie entre deux barres. Comme d'habitude j'utilise les vieilles cartes IGN et je sais bien que dans ces secteurs les anciennes petites sentes figurées en pointillé sont aléatoirement encore existantes. Mais c'est aussi le jeu d'essayer de les retrouver.

Une belle bâtisse déserte et isolée.

 

Je pars plein Ouest et avec beaucoup de concentration, je devine assez bien la première partie. La campagne est verdoyante, paisible et déserte. Puis, la pente se redresse et j'entre dans la jeune chênaie.

Où est la sente ?

 

Je commence à tournoyer pour tenter de deviner le cheminement probable de la trace se confondant aussi avec les coulées des animaux. Rien n'y fait et je suis finalement perdu dans une sorte de jungle où la progression (en short) devient laborieuse.

J'avais bien pris quelques derniers repères avant les arbres, pour ne pas me diriger vers les zones impraticables de la crête. J'ai vraiment l'impression de ramer sur les dernières centaines de dénivelée mais en raisonnant mon impatience, je finis, moyennant quelques crapahuts rocheux et boisés, par sortir dans la bonne zone. Je découvre au passage quelques magnifiques pieds de la rare et fameuse Pivoine voyageuse en pleine floraison.

 

La pivoine voyageuse

 

1 h 30, et bien je me demande comment j'ai pu maintenir du presque 500 m/h dans cette montée champêtre en pur hors sentier au cours duquel je me suis légèrement déshydraté.

Cette montée est la clé de ma boucle puisqu'elle me permet de parcourir ma première crête. En sud, celle-ci donne un paysage ouvert sur des alpages.

 

Le Roc de Gloritte et au fond la crête et le sommet de Lure.

 

La progression, toujours sans sentier, est alors une formalité. Rapidement je passe le Roc de Gloritte, le point culminant puis je descends sur le premier col (qui sépare les deux premières crêtes) avant de remonter environ 250 m sur le point culminant de la crête de l'Âne. Les rideaux de nuages aux franges noires barrent maintenant le soleil, un peu de vent vient me refroidir.

La parcours des premières crêtes.

 

Le ciel s'assombrit, vue sur Lure, versant nord.

 

Sur la crête je retrouve une flore du calcaire remarquable ( tulipe australe, fritillaires du Dauphiné, gentianes bleues, gagées…).

Tulipes australes.

 

Je descends sur le col St Pierre et trouve le moyen de prendre une sente horizontale au lieu de grimper tout de suite. Allez, zou, ma rêverie va m'obliger un petit coup de garrigue vierge supplémentaire pour rejoindre la crête du col de Branche : séance d'auto-flagellation aux genêts pour ma pénitence. Non, c'est franchement intéressant et dépaysant.

La fin de la première étape.

 

Il me reste, sous les premières gouttes, à traverser la bosse appelée sommet des Bayles et juste dessous trouver le dernier col où je vais me poser et où j'espère réel le point d'eau. La première averse me cueille au sommet. Sur la carte, un bon sentier en rouge indique la descente de la crête à ce niveau mais nenni, je ne vois rien. Je poursuis avant de descendre à l'instinct et gagner les bois, dans une belle ambiance sombre et humide. Je tombe alors pile sur une flaque d'eau alimentant une auge boueuse.

Du col semi-boisé, je cherche en vain la fontaine indiquée, la flaque que j'aurais bien eu du mal à trouver si je n'étais pas tombé dessus par hasard est bien le point d'eau indiqué. L'eau coule faiblement vers la boue, la petite flaque est bien une source. N'ayant pas le choix, je fais le plein d'eau en écopant la surface avec ma popote. Dans le doute, ça me coûtera 2 comprimés de micropur.

Il est temps de planter l'abri dans un très joli cadre plein de charme et désert.  Quel bruit au soir et au petit matin : les oiseaux, les cris de plusieurs brocards délimitant leur fief, les mitraillettes du grand pic noir…mais quelle paix également !

 

Bivouac *****

Jour 2 :

Col de la Garasse (1352) – Crête du Travers – Sommet de la Platte (1482) – Col de Blauri (1370) – Col de St Pierre (1269) – Mont Burlet (1414) – Pic de St Cyr (1365) – Crête de St Cyr – Antonaves (670) – Col de St Pierre (1269) – Col de Blauri (1370) – FLogère (660)

Temps : 6 h 30.
D+ : 1000 m
D- : 1700 m
Distance : 22 km

Après une très bonne nuit, je démarre vers 9 h moins 20 sous le ciel bleu. Matériel humide sans plus.

Je remonte sur la très charmante crête semi-champêtre du Travers (3,5 km) et la poursuis jusqu'au bout, au sommet de la Platte. La vue domine toute la vallée, entre Laragne et Sisteron.

Début de la crête du Travers.

 

Deux boucs sauvages mais des chevreuils ont détalé plus vite avant.

 

Les Pivoines.

 

Asphodèles

 

A la Platte

 

Je descends en hors sentier jusqu'au col de Blauri où se trouve une intersection de pistes puis un très joli passage dans une grande chênaie pour rejoindre le second col et remonter au pic de St Cyr où je fais une pause. Perpendiculairement, en face, s'étend toute la crête de Chabre parcourue l'automne dernier.

 

Jolis passages dans les bois.

 

La crête de St Cyr (2,2 km) est avalée en 25 min. Au bout, je pensais emprunter une sente menant directement au-dessus d'Antonaves par l'Est mais c'est un beau sentier indiqué par des beaux panneaux qui m'invitent à descendre plein Ouest, par l'Ourse, et me font faire tout le tour de la base de la montagne et me descend encore plus bas sur Antonaves. Entre la carte et le terrain, plus rien ne correspond en ce qui concerne l'itinéraire.

Antonaves depuis la crête de St Cyr

 

Je retrouve quand même des indications pour rejoindre, à flanc, sous la barre calcaire de la montagne de St Cyr cette fois, le col de St Pierre par lequel je suis obligé de repasser. Il fait chaud et je ne peux attendre d'être au col pour casser la croûte vers 13 h  au cours de cette remontée de 700 m.

Du col de Blauri, la descente sur la Flogère par le PR sur piste est évidente mais longue : un VTT serait vraiment le bienvenu.

Bilan :

Un petit tour superbe d'un jour et demi avec du beau hors sentier (34 km, 2350 m) : 4 crêtes (plus de 10 km), 6 petits sommets, 8 passages de cols font découvrir la beauté printanière d'un secteur plus désert et aussi sauvage que certains massifs plus prestigieux. Rencontre nez à nez avec des brocards, des boucs sauvages, flore remarquable tout le long…

De la montagne à vache, mais attention, le hors sentier végétatif vous plonge dans la grande verte mais peut devenir délicat et demander une certaine ténacité. Et on ne peut plus vraiment compter sur les cartes en ce qui concerne bon nombre d'indications…ce qui rajoute avec bonheur un soupçon d'aventure.

Une boucle au pays de Lure, 6 Muls, 27 et 28 novembre 2010

par Isa le 30 novembre 2010

 

Initialement prévue pour la Montagne de Lure, la randonnée s’est finalement orientée pour un tour sur le GR 6 et PR d’après une proposition de Chibani84. Effectivement la météo très incertaine de ce wee kend avec l’annonce de la neige, nous a poussés de façon raisonnable vers des altitudes plus basses et ainsi moins d’enneigement et des températures plus clémentes bien que négatives !

Départ Forcalquier, Fontienne, Saint-Etienne les Orgues, Lardiers, Limans et retour sur Forcalquier soit une boucle attendue de 40 kms.

 

Jour 1 : Forcalquier – Fontienne – St Etienne les Orgues – Les Lardiers

Dist : 24 km
D+ : 850 m
D- : 600 m
Temps : 6 h 45

Nous étions parfaitement synchros ce samedi matin glacial (-10°C) pour 9h00 à Forcalquier. Les Hauts-Alpins ont fait la route le matin tandis que Boucherhônnais et Vauclusien avaient prévu un premier bivouac la veille au soir sur place.

Les présentations faites : Chibani84, Ramirez, Guybrush84, Didoenrando, Fab05 et Sirac, nous sommes prêts à partir mais déformation MUL oblige, Guybrush84 sort le peson et tout le monde passe au contrôle de la pesée des sacs avant toute chose. Les premiers commentaires fusent : il y a un intrus qui émarge avec un sac de plus de 10kgs, mais comme le MUL est tolérant, le boumulet sera bien évidemment des nôtres !

Sac à dos épaulés, lacets gonflés à blocs, bonnets jusqu’aux oreilles, nous traversons le village direction le départ du GR6 vers Fontienne.

Le pas est aussi dynamique que la température est négative. L’émulation de cette rencontre donne un rythme soutenu pour les premiers kms de cette randonnée ; et à la première pause l’on s’effeuille : les bonnets sont rangés, les couches et sous couches sont remisées dans les sacs.

L’itinéraire est contrôlé par Chibani84 et Fab05, cartes en main et vérifications fréquentes, nous nous enfonçons dans la garrigue provençale en toute sérénité.

Le temps est couvert et reste menaçant de neige mais il y a aussi l’intérêt d’éprouver le matos dans des conditions hivernales et températures « ultra négatives ».

 

Nous quittons Forcalquier.

  

 Une montée de quelques centaines de mètres permet d’embrasser tout le paysage.

 

Les mourres saupoudrées

 

 

Le paysage est collinéen et saupoudré d’une fine couche de neige laissant toujours à vue le thym, la sarriette et autres arômes provençaux.

C’est dans cette ambiance détendue que notre petit groupe avale les bornes en toute facilité et il est déjà l’heure de la pause déjeuner ; il est 12h45 et nous sommes à Saint-Etienne les Orgues.

 

Saint-Etienne les Orgues.

 

C’est à l’abri du lavoir communal que nous nous restaurons. Et là c’est la découverte de « nos alimentations mul » respectives et un premier grand moment de rigolade quand Didoenrando nous sort 2 magnifiques parts de pizza et le quart de tomme du Queyras. Il nous expliquera s’être préparé qu’au dernier moment en raison de contraintes professionnelles et donc d’avoir quelque peu négligé la préparation des rations culinaires (c’est ça…c’est ça…).

 

 

Repas froid (MUL ?)

Chibani84 prend le temps de faire bouillir de l’eau pour sa purée et son petit café de fin de repas, alors que le reste des participants se contente de manger froid. Le temps du repas reste un espace privilégié d’échanges de trucs et astuces gastronomiques qui permettent à chacun de s’emparer d’idées pour sa prochaine randonnée. On croit que nos rations sont celles qui nous conviennent le mieux or l’Autre randonneur nous fait partager des préparations qui pourraient aussi nous convenir une autre fois.

Nous repartirons ¾ d’heure plus tard, direction Lardiers pour le bivouac.

Notre objectif étant d’arriver au moins avant 16h00 et la tombée de la nuit. Mais qu’il est dur de marcher sur la digestion ! Le froid nous saisit légèrement mais le temps n’est pas plus menaçant que prévu.

La traversée du village de St Etienne est l’occasion pour moi de visiter les toilettes publiques alors que les garçons font le point sur le topo ayant déjà fait le point avec leur vessie ! ! !

 

Pas violente la marche, et ça veut arriver avant la nuit…

 

La montée à flanc de la montagne de Lure

 

Sont pas beaux les mulots avec leur maison sur le dos, comme des escargots ? Y-en a même un qui porte une gaufre.

 

Nous atteignons Lardiers juste avant 16h00 accompagnés de petits flocons de neige qui semblent indiquer un bivouac « on the neige ».

Avec Didoenrando et beaucoup d’humour, nous trouvons que la fontaine et le lavoir couverts à l’entrée du village abriteraient parfaitement 6 muls pour la nuit…

 Non ! il nous faut trouver un emplacement en dehors du village. C’est après 1,5 km supplémentaires que nous choisissons un sous-bois de chênes pour planter le camp. Il était temps car sur cette première journée les jambes commencent à tirer, Ramirez et Guybrush84 étant les moins entraînés pour des étapes de plus de 15 km/jour.

 Les tentes poussent sous la fine couche de neige du jour comme des champignons coloriés entre différents tons de vert et un orange très orange.

Que c’est sympa de voir tant de garçons organisés, méthodiques, efficaces pour établir le camp et présenter leur équipement de nuitée de la mono-paroi en passant par le matelas et sac de couchage. De mon côté, je trouve que la neige tombe de plus en plus et craint pour le froid de la nuit.

 

Le jour tombe, pas évident de trouver un coin de bivouac.
les MULs s’adaptent au terrain et le camp est monté plus vite que chez les militaires.

 

Et si l’on faisait un feu de bois, maintenant que tout est prêt pour la nuit, mais il fait déjà nuit alors qu’il n’est que 17H30 !

Apéro au coin du feu !

Merci Chibani84 pour ce délicieux vin chaud et cette pâte de coings, c’est le débriefing de la première journée, faut-il vous dire que nous avons fait une première petite déviation variante par rapport à l’itinéraire prévu sur carte ? ? ?

Que nenni, c’est l’heure de souper.

Au menu ce soir, nous aurons Floraline sur réchaud à gaz, Soupe de tomates et pâtes 3mn sur réchaud à bois et boîte de conserve (ouh !) et mini casserole sur P3RS. Les différents modes de chauffe sont représentés, et décortiqués entre avantages et inconvénients, le spork est ultra mode pour ce soir et le vin rouge coule à flots de la poche à vin de chez AD.

Une poire et un genépi servent de dessert pendant que Ramirez nous fait une démo de sèche fesses à la flamme. Fous rires et phrases cultes ponctuent ce moment de partage.

 

Il neige, bon moment au bord du feu qui réchauffe (notez la  main qui « revient »)

 

Les commentaires sont ouverts !

 

Et pourtant il y aura des drames au tour du feu de bois : un Arkmat transpercé et un spork jamais retrouvé au matin !

Il neigera tout ce début de soirée et les tentes commencent à se charger mais les températures ne se négativent pas. Il est environ 19H00 quand les couche-tôt se glissent dans les duvets alors que les plus bavards s’animent autour du feu.

 

Les tentes seront recouvertes de neige mais au matin vent et douceur n’ont pas permis une grosse épaisseur.

 

La nuit commence de bonne heure à l’hiver venu et elle est longue…

Personne ne se plaindra du froid à croire que le matos est au top à moins que les températures aient été trop clémentes pour 6 randonneurs éclairés. Il neigera à priori la moitié de la nuit et le vent se lèvera par rafales déchargeant la neige des arbres sur nos abris sans dégâts constatés mais justes condensés au petit matin!

 

Jour 2 : Les Lardiers – Rocher d’Ongles – Limans – Forcalquier

Dist : 27 km
Dénivelés similaires au jour 1.
Temps : 8 h 30

 Dimanche 8h00, le groupe se lève après une nuit de presque 11 heures, y-a ceux qui déjeunent dans la tente, celui qui range tout et déjeune après et y-a aussi celui qui a juste le temps de boire un café les yeux rougis de sommeil. Quelqu’un a scié du bois toute la nuit, vive le mode quiès.

Nous nous éloignons vers le retour et l’on marche dans 10 cm de blanche poudre, les pieds sont humidement froids.

L'objectif de la journée est le village de Limans par celui des Ongles pour finir tranquille à Forcalquier.

Disons que nous nous sommes légèrement égarés en contre sens, bref nous rejoignons directement le hameau du Rocher des Ongles et c'est par un petit bout de départementale que nous rattrapons le GR pour filer droit sur Limans.

 

Petite couche de poudre agréable au départ.

 

Le Rocher d’Ongle.

 

Sur cette portion de goudron nous croisons 3 chevreuils bien malgré eux indiqués par un panneau du code de la route.

Il est 11h30, rassurés de l'itinéraire, l'on s'accorde la pause casse-croûte, et à nouveau un déballage de casserole, de bouilloire, du café à la tisane de thym assez chère à Fab05 (qui se rattrape : t’en auras plein au bivouac qu’on disait…), les muls ne se refusent rien !

Et l'on repart plus léger du sac à dos mais lourd de l'estomac. Il reste encore une dizaine de kilomètres et la boucle sera bouclée.

Et bien c'est trop court pour notre groupe à croire que nous ne voulions plus nous quitter, nous avons rallongé le tour, au point de sortir boussole et compas pour se diriger plein sud.

[…]

Disons qu’il a été décidé sur place d’emprunter des petites variantes. Hélas, sortis du sentier balisé, il faut s’en remettre aux éditions d’IGN qui indiquent des sentes qui ne sont plus sur le terrain mais à l’inverse d’autres non indiquées sur les cartes et que l’on emprunte avec négligence. Au point clé, pas de repérage ni rigueur, la boussole n’a pas été utilisée… il n’y a qu’un seul sentier, ce ne peut-être que celui-là… cela a quand même donné du piment à la rando tout en étant formateur.

Nous arrivons tout de même à Limans vers 14H30, non sans avoir agréablement parcouru de belles portions hors sentier et ainsi goûté au plus profond du pays de Giono. Mais il faut finir pour 17h00, que les derniers kilomètres semblent longs quand l'on repart sous la pluie, les pieds mouillés et les jambes qui flageolent sans parler de mon épaule qui me tiraille une nouvelle fois !

 

Une belle partie de hors-sentier : en avant plein Sud !

 

On va bientôt tomber sur GR.

 

Limans n'en demeure pas moins un bien joli village aux murs de pierre et volets bleu charrette.

La fin du GR est parfaitement indiquée et le sentier bien marqué par quelques montées. Restent en tête Didoenrando, Chibani84 et Fab05, à mi-file, je surveille au loin les premiers et garde un regard attentif sur Ramirez et Guybrush84 qui tardent un peu sur cette dernière partie mais bavardent beaucoup aussi. On est parti à 6 ce serait dommage d'en perdre un ! Une chose est sûre, bien qu’ayant failli embarquer au passage une progéniture de cabot, me rappelle Fab05, c'est qu'on ne reviendra pas plus nombreux, aucune rencontre de randonneur en 2 jours.

Au dernier petit village de Ybourgues, le groupe se recompose pour une ultime descente suites de rampes vers Forcalquier.

Alors que je prends le chemin pour une fois en tête, le doute m'envahit au croisement du GR et de la route départementale: je suis seule ! J'ai perdu tous les garçons.

Les minutes sont longues et voilà que je les vois débouler 200 mètres plus haut : ces Messieurs ont encore une fois rallongé la randonnée. A bavarder, ils ont tout simplement manqué le sentier à trait blanc et rouge !

 

Beauté des murs en pierre.

 

Nous quittons Ybourgues, dernier hameau avant Forcalquier.

 

No comment, nous nous dirigeons rapidement vers la fin de notre tour sous une pluie qui devient insistante et froide.

Le sentier n'est qu'une succession de raidillons et de descentes casse-pattes qui plus est enneigés. Forcalquier apparaît enfin juste au jour tombé. Une ultime montée (y-a plus de montée, quelqu’un a assuré) et c'est gagné !

 

La neige fond dans le lavandin, il pleut.

 

Bon, ce n’était pas tout à fait 2 km qu’il restait. Quoi ils n’ont pas précisé non plus que ça remontait ?

 

Sous la pluie et une faible luminosité (que ne rend pas le numérique), Forcalquier apparaît dans les brumes !

 

Il fait juste nuit quand nous atteignons le village, face au viaduc.

 

Nous rejoignons les voitures, il est 17h30 mais la journée n'est pas terminée, les trajets de retour sont encore à négocier.

Au final de cet itinéraire ponctué de quelques imprévus pimenteux, c'est un peu plus de 50 km et 15h00 de marche mais rien n'est plus important que de s'être rencontrés et de se promettre de recommencer.

N'est ce pas ? ;-)

En conclusion, je décernerai à titre très personnel, à nos camarades Ramirez et Guybrush84, un spork d'or pour leur performance compte tenu des kilomètres et des conditions climatiques car ils n'ont jamais perdu leur sens de l'humour ni leur sourire.

 

Crête de Chabre – Gorges de la Méouge

par Fab le 5 octobre 2010

C'est un week-end détente dans le Laragnais pour réaliser une boucle consistant à parcourir une longue crête provençale et terminer le long des célèbres gorges de la Méouge.

La crête de Chabre se déroule de Laragne jusqu'au col St Jean, dans la Drôme, sur plus de 17 km. Ayant déjà parcouru la dernière partie lors du tour des Baronnies du Buech, nous la visitons sur plus de 9 km depuis l'ouest.

Alors que les couleurs apparaissent à peine dans le nord du département, en revanche, dans le sud, l'arrière plan flamboyant ne sera pas encore au rendez-vous en ce début octobre.

 

Jour 1 (2/10) : Le Moulin (au-dessus, 600 m) – Crête de Chabre (1350 m) – Col de St Ange (1238 m) – Col de la Croisette (927 m) – Barret sur Méouge (650 m).

D+ : 950 m
D- : 870 m
Dist. : 21 km

A 2 km au sud de Laragne, une piste carrossable monte 50 m au-dessus du lieu-dit le Moulin. De là, nous démarrons sur une sente caillouteuse vers 9 h 30. La température est idéale. Le ciel est bleu mais l'atmosphère encore pisseuse. Ce ne sont pas encore les vraies et les belles conditions d'automne.
 

Le Buech
 

La Mulette
 

En 1 h, par Piloubeau, on rejoint le début de la crête de Chabre. A cheval entre le Val Céans et le Val Méouge, la vue est dégagée et le cheminement facile; ça sent bon le thym qui est omniprésent.
 

 

Le début du parcours est gâché par un spectacle affligeant. Nous tombons sur une battue. Dans le versant nord, en contrebas, dans les feuillus, les hurlements des chiens surexcités à la poursuite de l'animal blessé, une demi-douzaine de chasseurs couleur fluo courant dans tous les sens dans le même état que leurs chiens, avides de mort. Une partie est postée sur la crête prête à achever l'animal s'il arrive au pied, l'autre partie suit péniblement les chiens qui harcèlent à mort l'animal.
Un "il est mort ! Il est beau !" clôture la scène barbare d'un autre âge. Une vraie chasse sportive et loyale ne laissant aucune chance à l'animal. Les chasseurs du haut rejoignent alors leurs 4X4 garés en bout de piste, 20 m sous la crête. Quel beau sport !

Le point négatif des randos d'automne, il faut bien le reconnaître, est en effet l'omniprésence de ces tueurs frénétiques et le danger de se faire descendre est bien réel sur les nombreux sentiers boisés.

La crête se fait plus sauvage et, en versant nord, elle devient très gazeuse. Nous mangeons au point le plus haut avec un recul important sur le Dévoluy, les Ecrins, le Parpaillon…
 

La falaise est très abrupte.
 

Une magnifique touffe d'Hysope (Hyssopus officinalis canescens) mais respect car elle est plutôt rare dans ces lieux comme dans tout le sud du département et en France en général.
 

 

 

La suite de la crête est plus champêtre avec un milieu qui se referme assez sur le sentier. Nos cuisses dénudées s'auto-flagellent dans le buis et autres genêts. Il fait plutôt chaud mais ce n'est rien si on s'imagine être ici en plein été.
Au col St Ange, nous rejoignons le GR946 du tour des Barronnies (tout court); il descend sur Orpierre. C'est l'occasion d'avoir un recul sur les deux dernière étapes de notre tour du Buech (Ste Colombe, Orpierre, Trescléoux, Beaumont et Serres).
 

Au col St Ange
 

Une descente d'à peine 1 h 30 nous amène à Barret sur Méouge via le col de Croisette. Il eut été possible de poursuivre la crête (boisée) depuis le col St Ange jusqu'au pas de Ste Colombe avec un retour par une piste équestre, ce qui représente un détour de 4,5 km.

Au village, nous trouvons déjà fermé le camping éventuellement envisagé. Nous trouvons de l'eau pour la première fois sur la place du village. Je remplis ma poche à vin de 5 l et nous allons nous installer assez loin au bord même de la Méouge. La tente est plantée sur un plat en limon mais l'ancrage des piquets est très précaire.
 

Petit endroit tranquille au bord de la Méouge.
 

L'eau est douce pour la toilette, la Méouge est connue pour être un lieu de baignade l'été. Sous le soleil, cette fin de journée est très agréable et paisible. Mais la nuit tombe tôt, nous cuisinons au réchaud à bois et terminons dans l'obscurité avec une décoction excellente de thym avec un brin d'hysope.

 

Jour 2 :  Barret sur Méouge (650 m) – St Pierre d'Avez – Gorges de la Méouge et Pont Romain (550 m) et Pommet – Piloubeau et retour.

D+ : 720 m
D- : 720 m
Dist. : 16 km

La température ne descendra pas en-dessous de 6-7 °C mais il y a une certaine humidité avec la petite ondée pluvieuse de la nuit.

Nous ne nous pressons pas mais le soleil ne débouchera pas avant 9 h. J'avais envisagé faire un détour par le col de Branche au sud avant de redescendre su St Pierre d'Avez car l'étape est modérée. Mais de la crête de Chabre, en face, l'itinéraire boisé avec pas mal de piste, sans couleurs et certainement rempli de chasseurs au matin, ne m'a pas paru si intéressant.
 

Le soleil tarde à paraître.
 

 

Cette seconde étape réduite de 12 km et de 850 m se réduit alors une belle flânerie de 16 km par les gorges de la Méouge qui débutent une fois dépassé le dernier petit village de St Pierre d'Avez. C'est 5 km d'un beau sentier à l'ombre qui monte et descend sans cesse. Le chêne et le buis sont bien moussus par endroit. Un seul arbuste est en feu, il s'agit du beau cotinus coggygria ou arbre à perruque.

En face, c'est la route des gorges mais l'ambiance reste intéressante avec de beaux points de vue : Roche coupée, Roc de l'Aigle. Nous mangeons avant d'atteindre le Pont Romain (et son parking) afin d'éviter la gente dominicaine se faisant, évidemment, de plus en plus présente à son approche.

 

Le Roc de l'Aigle
 

Cotinus coggygria (anacardiacée)

 

Des plis intéressants
 

Après un joli méandre en cirque, le Banc du Bouc, on atteint le très beau secteur des cascades du Pont Romain mais très fréquenté, surtout pour la baignade l'été. Nous flânons, c'est le début d'après midi.

 

 

Le Pont Romain
 

Il nous faut ensuite remonter en face par une petite route jusqu'à Pommet puis par une longue piste jusqu'à rejoindre Piloubeau et retrouver la descente des 1600 mètres de sentier commun à l'aller et au retour.

Cette partie sur piste dans la pinède, il faut bien l'avouer, est strictement dénuée de tout intérêt si ce n'est pour s'entraîner à l'usure (du bonhomme et des chaussures) ou procéder à une expérience de déshydratation en milieu xérique. Mais il faut bien rentrer et terminer la boucle.

En milieu d'après-midi, nous terminons ce circuit sympathique au dénivelé très modeste (moins de 2000 m) mais d'une distance proche de 40 km.

 

Crête des Vosges, de Metzeral à Thann en 2 jours

par Fab le 5 août 2010

En "passant", me voici sur un bout de GR 5 sur la crête des Hautes Vosges où je n'avais jamais mis les pieds.

Je suis parti de Metzeral pour rejoindre Thann en 2 jours, du 31 juillet au 1er août.
J'ai parcouru environ 55 kilomètres pour environ 2500 m de dénivelé. J'ai démarré avec un sac d'environ 7 kg avec nourriture et à bloc en eau (2 litres).

Dans le secteur, impossible de trouver le moindre topo mais j'ai quelques feuilles IGN 1/25000 même si elles ne comportent aucun itinéraire particulier et surligné.
 

Jour 1 : Pont (497 m, Steinabruck) – Le Honneck (1363) – Kastelberg (1350) – Rainkopf (1305) – Rothenbachkopf (1316) – Batteriekopf (1311) – Le Schweisel (1271) – Col d'Hahnenbrunnen (1186) – Markstein (plateau d'avant, 1160 m).

D+ : 1500 m
D- : 800 m
Dist : 23 km

Je me rappelle qu'on est entre l'Alsace et la Lorraine et tout de suite je pense aux amis de Lyme rencontrés début juillet dans la Drôme. Je m'arrête à la pharmacie de Metzeral où les tires-tiques et autres répulsifs sont directement devant la caisse…ça en dit long sur le problème. La pharmacienne : "Oh, il y en a énormément, ils attaquent aussi par le haut depuis les arbres". Ma toute nouvelle psychose se métamorphose en névrose (même si le coup des arbres est faux).

Il fait grand beau et il n'y a pas la chaleur que je craignais. A 9 h 30, la montée commence par une longue piste à l'ombre d'une belle forêt. Je suis déjà dépaysé.
Je commence par louper le premier lac (Fishboedle) en passant juste dessous et en allant un peu trop loin (aucun signalement). Le sentier poursuit en montant enfin un peu. La roche est granitique, la forêt est bien verte avec de jolis petits coins humides et moussus.
J'arrive au second lac (Schiessrothried), lui aussi entouré de forêt puis le terrain est enfin à découvert mais la température reste idéale. J'atteins la crête et le Honneck avec pas mal de monde.
Je poursuis vers le Kastelberg en quittant le GR pour prendre le sentier des névés. Je m'arrête pour manger. Mon pain de mie Harrys est délicieux même si quelques tranches ont été grignotées par une souris à travers le ziploc (chez moi).
 

Le départ dans la vallée de Munster
 

Le lac Fischboedle
 

Les arbres sont friands de panneaux
 

Lac de Schiessrothried
 


Sur la crête
 

Au-dessus du second lac
 

Ravin de Wormspel, après le Honneck, un soupçon d'Alpes
 

La belle digitale pourpre
 

Que de forêt !

Au refuge Rainkopf, il y a une fontaine bienvenue car après l'eau se fera bien rare. Dans une série de petites montées et de descentes sur les chaumes comme on dit, j'enfile quatre petits sommets au nom imprononçable. Par moment, quelques panneaux viennent indiquer des horaires incohérents.
 


Machin…kopf
 

Truc…kopf, encore une belle chaume
 

La vallée de Munster
 


Après les trois têtes (kopf)
 

Une étonnante reprise

Au col d'Hahnenbrunnen, il y a une autre fontaine, fort bienvenue pour le bivouac. Je vais sur le Markstein et en traversant un vaste plateau herbeux, je quitte le sentier et commence à chercher un endroit de bivouac en me dirigeant au bord d'un thalweg plongeant pour y trouver, d'après la carte, le début d'un cours d'eau.
En descendant, je le trouve mais je n'insiste pas : les herbes sont hautes et il semble malaisé de se laver sans s'exposer aux tiques. J'ai assez d'eau pour cuisiner et me laver. Je remonte et trouve, près d'un hêtre isolé, un splendide coin de champ tranquille avec vue portant au loin.
Le soleil est encore un peu haut, il fait chaud. J'en profite pour pendre mon "cameldouche" et je me prends une bonne douche savonneuse avec 40 cl d'eau.
L'arbre me fournit les branchettes bien sèches pour le réchaud à bois. La soirée est très belle et la nuit sera excellente.

 

Coucher de soleil sur mon ombre
 

Jour 2 : Markstein (plateau d'avant, 1160 m) – Markstein (1200) – Marksteinkopf (1241) – Hundskopf (1237) – Storkenkopf (1366) – Col de Haag (1233) – Le Grand Ballon (1424) – Col Amic (828) – Col de Silberloch (906) – Molkenrain (1125) – Camp de Turenne (822) – Camp des pyramides – Thann par le vallon de Grumbach (337)

D+ :  950 m+
D- : 1730 m
Dist : 32 km

Quelques nuages au petit matin mais la journée sera belle. Je pars vers 8 h, je passe devant  la ferme Stainlebach et je cherche en vain une source indiquée sur la carte au nord et au pied du Trehkopf avant d'arriver rapidement au Markstein où je me ravitaille en eau avant de poursuivre sur la crête.
 

Au petit matin

A partir de là, si on suit bêtement le GR, on traverse à flanc en loupant les bosses et au-dessus de la route bruyante et omniprésente, hélas.

Plus loin, sous le Storkenkopf, embarqué sur une piste joliment boisée mais qui passe dessous pour rejoindre directement le col de Haag, je décide, pour ne pas louper le sommet, de remonter sur la crête en coupant dans la belle forêt de feuillus. Sans repères, sous les arbres, j'arrive à "me perdre" quelques instants, l'occasion de calibrer la boussole de ma montre et de l'utiliser pour la première fois afin de me retrouver.
Je passe donc par le sommet Storkenkopf (1366), le dernier avant le Grand Ballon, ce qui permet d'en apprécier la vue avant d'y accéder.
 

Depuis la descente du Storkenkopf sur le col de Haag, le Grand Ballon (1424 m)

Le Grand Ballon, premier nom enfin prononçable, est le point culminant des Vosges mais il porte bien son nom avec son gros ballon blanc d'observatoire perché au sommet.
Du monde, naturellement : route, restaurant juste dessous, etc…. Il est midi pile, je mange au sommet.

Thann est encore loin (environ 20 km) et à partir de là, on est en proie à un réseau dense et labyrinthesque de sentiers et de pistes. Le fond de carte n'est d'ailleurs qu'un vaste réseau sanguin de traits noirs.
Sur le terrain, la signalétique est hallucinante d'incohérence et si trompeuse qu'on se perdrait moins si elle n'existait pas. ça commence par des noms de destination qu'on ne lira plus jamais par la suite, remplacés par d'autres, des Thann par ici, des Thann par là-bas… Si on rajoute le fait que la carte n'est pas à jour à certains endroits, je me retrouve à la sortir un millier de fois, à chaque nouvelle intersection, c'est à dire toutes les 5 minutes.
Las d'essayer de me repérer, c'est un peu au petit bonheur la chance que je m'en remets aux indications qui, certes me ramèneront à Thann, mais au prix de petits détours involontaires de plusieurs km. Bref quand on ne connaît pas et qu'on n'est pas habitué à un tel réseau de sentes et à toutes ces forêts sans repère…
Du Col Amic jusqu'à Thann, c'est donc un long parcours pommatoire qui rend la fin assez laborieuse. Je suis passé par le col de Silberloch alors qu'il eut été possible de couper plus court de 2,5 km. Mais le sentier, bien que non loin en dessous de la route (qu'on ne voit pas mais qu'on entend) fait une magnifique traversée dans les bois. Il remonte ensuite une dernière fois sur la crête du Molkenrain où, à proximité d'un refuge, coule très peu une fontaine.
 

A un croisement, pas moins de 7 à 8 multi-directions !
 

Sous le Molkenrain
 

La fin des crêtes (des Vosges) mais Thann n'est pas encore tout près
 

C'est après une belle marche, en fin d'après midi, que j'arrive à Thann par le vallon de Grumbach (oui, je sais, là encore il y avait plus direct). Le lendemain, il plut toute la journée.

Un peu de tourisme à Thann avec la Collégiale de Saint Thiébaut …
 

 

Une vie biblique racontée par 150 scènes et 500 sculptures
 

 

Conclusion

Deux journées merveilleuses pour un beau dépaysement dans ces Vosges sacrément vertes et boisées.
Comme son nom l'indique la route des crêtes passe sous les crêtes ce qui est fort dommageable pour le plus gros relief des Vosges. Le GR la rejoint plusieurs fois mais autrement les sentiers sont toujours très beaux, très souvent à l'ombre de jolis bois paisibles.
L'accès possible en voiture permet à la foule d'accéder aux divers sommets en quelques minutes mais sur les sentiers du parcours, je n'ai rencontré quasiment personne.
Le dénivelé est bien sûr très modeste mais les distances ne sont pas négligeables.
Quant à la signalétique et les topos, il y a du boulot…Le cheminement du GR5 dont la signalisation est variable et aléatoire n'a  aucune élégance par endroit et il convient souvent d'emprunter des variantes si on veut parcourir au mieux et totalement les crêtes.
C'est une première balade dans ce secteur et il était logique de parcourir cet itinéraire classique mais, en connaissant mieux, je ne doute pas que l'on puisse trouver bien d'autres itinéraires magnifiques pour parcourir le plus sauvagement possible ce massif.
 

Un « grand » Tour du Viso (24 au 26 juillet)

par Fab le 29 juillet 2010

L'objectif était d'aller rechercher la fraîcheur des altitudes du Queyras autour du Viso mais pas question du tour classique : beaucoup trop court pour une rando MUL, surfréquenté et pas assez de recul sur le sommet.

Je me suis grandement inspiré du topo Vallot plein d'humour qui le décrit en 7 jours de refuge en refuge avec des étapes très courtes mais en prenant le temps de faire quelques sommets au passage. Mon but n'étant pas la tournée des refuges mais le tour du Viso, j'ai réalisé deux petites variantes pour ce tour que j'ai prévu en 4 jours avec sommets.

Il me faudra en fait à peine 3 jours pour faire ce superbe tour d'environ 60 km pour 5000 m de dénivelé.

Je suis arrivé à me procurer une carte au 1/25000 du secteur (partenariat franco-italien), hélas, à part les sentiers autoroutes, rien d'autre n'y figure et de plus il y a des erreurs quant à leur tracé. Il faut donc avoir quelques infos préalables et s'apercevoir que sur le terrain, même hors sentier, le balisage est bien présent, ouvrant une infinité de possibilité pour tourner à son rythme autour du géant.

Je pars donc avec un sac de base de 3,750 kg auquel je rajoute 4 jours de nourriture et l'eau pour un total de 7,5 kg.

 

jour 1 : La Roche Ecroulée (1787) – Col de Seilliere (2834) – Col de Manzol (2701) – Col de Proussera (2200) – Col de Gianna (2525) – Lac de Fiorenza (2130)

D+ : 2300 m
D- : 1950 m
Dist : 23-24 km

C'est le grand beau, quand je pars du parking de la Roche Ecroulée à 8 h. Quelle fraîcheur, il fait presque froid ! Je prends le sentier. Rapidement, le géant apparaît au fond, si proche et loin à la fois. On rejoint vite la piste longuette de 4,5 km menant au Belvédère du Viso (2133) (1 h d'approche).
 

Le Viso (3841 m)  apparaît rapidement.
 

La pointe Joanne (3054 m), à droite, par où je reviendrai.
 

Je passe le col de Seilliere (2834) pour basculer en Italie, sur le refuge Granero et son lac, remonte ensuite le col de Manzol ou plutôt directement au-dessus, au passage qui permet de basculer à 2700 m. De là on peut faire le Manzol en AR.

La descente est tortueuse et exposée sur des barres mais rapidement le sentier se calme et on descend le vraiment magnifique vallon del Pis sur le Refuge Barbara (1757). De l'eau, des fleurs, de la verdure et des dalles rocheuses colorées.

Il y a une route et un parking, donc je retrouve les tonitruants italiens en passant devant le refuge. Le coin est vert et plein d'eau et sur le grand replat, quelques tentes sont plantées. Le vrai camping semble autorisé mais visiblement les italiens n'en abusent pas et le coin est propre. Quand je prends le fond du vallon pour trouver la sente (non figurée sur les cartes), je vois même une grosse tente auvent de caravane. Comme elle n'est plus à la portée d'une voix d'Italien qui cause normalement (environ 200 m), ses occupants jouent de la trompette ! Ah ces bruyants italiens, c'est par le bruit qu'ils communiquent.

 

Premier col : Selliere (2834)
 

L'italie !
 

Le lac Lungo
 

Le lac Nero au pied du Manzol
 

Le Mont Granero (3171), la prochaine fois
 

Superbe vallon del Pis
 

C'est donc sous le son de l'instrument que je remonte dans un mélézin sauvage vers le col de Proussera (2200). Il est environ 13 h 30.
Le paysage ne m'est pas du tout familier, quel dépaysement si près des Hautes Alpes !
Par une traversée plus aride, je rejoins le vallon de Gianna qu'il eut été possible de remonter par le sentier principal plus long depuis Barbara par les granges de Gianna. C'est le désert. Le petit vent frais fait supporter le coupe-vent par moments malgré le gros soleil.
 

Arrivée sur haut du vallon de Gianna
 


Superbes hauts alpages

Au col de Gianna, la face nord du Viso apparaît brutalement, grandiose. 

Dans la descente, les possibilités de bivouac sont nombreuses mais je ne trouve pas l'eau escomptée sur le replat vert sous le col. Je poursuis jusqu'au Pain del Ré ou subitement je passe du désert Africain à la ville de Tokyo. Le sentier rejoint l'autoroute menant au col de la Traversette. Il y a une route qui s'achève sur le parking du Pian (2013 m) et il y a un lac à 20 min. Le coin est donc fréquenté et de plus c'est en plein week-end mais c'est bientôt la fin de journée.

Je remonte rapidement, dans une ambiance refuge du Glacier Blanc, les 150 m du lac de Fiorenza (2110 m). En face, j'avais jumeler pour choisir mon bivouac, ça sera, isolé, 20 m au-dessus du lac sur une bute prés d'une petite mare.
Il est 17 h 30, à l'Est, rien ne vient boucher la vue sur l'immense plaine du Pô, j'aurais le soleil dès le petit matin. Je vois des italiens, tente et gros sacs plastiques à la main venir s'installer au niveau du déversoir. En passant, j'ai bien vu un panneau bardé de nombreuses interdictions sauf le camping. Cette tolérance me séduit quand en France le camping est si mal vu.

C'est donc avec le Viso en pleine face, lac au premier plan que je me baigne dans l'eau presque chaude de la mare. Le coin devient vite désert et je me couche, en pleine forme, comme une poule, vers 20 h après cette très belle journée.

 

Du col de Gianna, la face nord du Viso
 

 

Le Pian del Ré, retour sur l'autoroute
 

Bivouac parfait, demain, le col et le Viso Mozzo à gauche.

 

jour 2 : Lac de Fiorenza (2130) - Col des Visos (2655)Viso Mozzo (3019) – Passo San Gallarino (2728) – Passo San Chiaffredo (2762) – Punta Malta (2997) – Gr. Gheit (1910) dans la vallée Vallanta

D+ : 1530 m
D- : 1730 m
Dist : ~19 km

Après une nuit excellente, les rayons du soleil illuminent ma tente quand je déjeune. Mais il ne suffira pas à sécher l'énorme condensation. C'est que la température est descendue proche de zéro puisque par endroits, la rosée a givré.

Je démarre à 7 h 20 et rejoins rapidement le lac Chiaretto (2277) en approchant de très près au passage une femelle bouquetin et ses deux petits. Au lieu de le contourner par la droite, je suis bêtement un nouveau balisage à gauche pour rejoindre la moraine. Du coup, je loupe l'alimentation du lac sur laquelle je comptais pour me ravitailler.
 

Ouf, au matin, le Viso est toujours là.
 

Poursuite au-dessus du lac Fiorenza
 

Petits bouquetins
 

La mère
 

Lac Chiaretto (2277)
 

Lac Chiaretto (2277)

Au-dessus, entre les deux Visos, on rentre dans le royaume de la pierre et il ne semble plus y avoir d'eau. Tant pis, il fait frais, je tiendrai bien jusqu'au sommet. Je suis sur l'itinéraire principal du tour classique, donc peu à peu quelques randonneurs apparaissent plus présents mais pas beaucoup à cette heure. Je passe le névé qui donne accès au sommet de la moraine et le sentier se couche longuement dans la pierraille jusqu'au col des Visos (2 h).

Le fameux refuge de Q. Sella est à quelques pas, près du grand lac du Viso, au pied de la face Ouest. C'est celui d'où l'on part pour la voie normale (face Sud). Au col, je trouve une source inespérée mais ce n'était pas si utile.
Je grimpe le Viso Mozzo d'où la vue est intéressante, face au Viso bien sûr mais d'où l'on voit également le Grand Paradis, le Mont Blanc et le Cervin.
 

Parcours vers le col des Visos après la moraine
 

Sommet du Viso Mozzo (3019)
 

Face Est du Viso
 

Grand Paradis à droite, Cervin au centre
 

Le Grand lac du Viso à son pied.

En redescendant, je passe devant le gros refuge. Plus loin, les possibilités de bivouacs sont nombreuses, au départ du sentier qui mène au Pas des Sagnettes pour la voie normale. D'ailleurs une tente est plantée, même pas démontée, pour la course visiblement. A midi pile, je mange au Passo San Gallarino. Je jumelle la voie normale du Viso où je vois quelques randonneurs à la descente. Il y a encore du névé.
 


 

Pian Gallarino, cime de Lobbie (3016)
 

Le Passo San Chiaffredo est à 10 min et c'est là que je quitte l'autoroute pour monter raidement à la Sella Calata. Il est un peu plus de 13 h, j'ai le temps de me faire le sommet de la Punta Malta. Ensuite, c'est la descente dans le vallon des Ducs, sauvage hors sentier désert mais peinturluré. Ambiance Western dans la caillasse mais en-dessous de 2700 m, la verdure et l'eau réapparaissent.
D'un coup, il y a un magnifique coin de bivouac, plat vert et eau à 2600 m puis la descente se poursuit longuement et magnifiquement jusqu'aux premiers arbres vers 2300 m (mélèzes et arolles).
En-dessous, il y a des coins de rêve pour bivouaquer (source, mare), j'hésite mais il est encore trop tôt (15 h 45), je poursuis donc la descnte et dépasse même l'objectif de la journée, au niveau du refuge Bagnour et son lac. Un endroit sublime mais trop de monde, l'accès depuis Castello étant trop proche.
 

Le Passo San Chiaffredo (2762)
 

Je quitte le sentier classique emprunté depuis Pian del Ré.
 

Le vallon des Ducs depuis la Punta Malta (2997)
 

Face Sud du Viso, voie normale
 

 

Oui, ça descend là dedans !
 

Après la caillasse, un îlot de verdure vers 2600 m
 

Magnifique long vallon
 

Lac et refuge de Bagnour (2019)
 

La vallée de Vallanta

Je poursuis, dans le bois d'Alvé, j'aperçois Castello non loin, au fond de la vallée de Chianale et rejoins en traversée la vallée de Vallanta. Je me trompe à une bifurquation portant à confusion et commence à descendre vers le fond avant que mon altimètre ne m'avertisse de l'erreur. Je remonte 100 m pour retrouver l'itinéraire prévu. La sente remonte bien de 50 m alors qu'elle suit un courbe de niveau sur la carte.
Finalement, c'est à 17 h passées que j'arrive au niveau d'une ruine, Gr. Gheit, en dominant un peu le torrent de Vallanta à 1910 m. Un endroit merveilleux pour planter. Pas mal  de distance mais peu de dénivelé ce jour, avec presque 10 h depuis mon dernier bivouac.
 

J'entr'aperçois Castello
 

Gr. Gheit, calme et désert, on va stopper là, c'est joli.

Je ne m'occupe plus guère de ce que dit la météo mais après cette seconde journée splendide, j'espère le maintien du beau pour le retour en France. Le ciel est à cette heure menaçant sur le Viso. Le risque est grand de subir la nebbia dans ce secteur, ce brouillard classique et fréquent à couper au couteau qui explique en partie, le surpeinturlurage italien des itinéraires.
Après la toilette bienfaisante, je mange longuement en constatant que j'ai beaucoup trop de nourriture pour finir le tour.

Je ne ressens aucune fatigue mais de 20 h à 6 h 30, la nuit est réparatrice.

 

jour 3 Gr. Gheit (1910) dans la vallée Vallanta – Col de la Losetta (2872) – Pointe Joanne (3054) – La Roche Ecroulée (1787).

D+ : 1150 m
D- : 1270 m
Dist : ~16 km

Ouf ! encore le grand beau. Le plus pénible au bivouac, c'est de plier la toile gorgée d'eau ou de givre au petit matin. Avec quelques degrés au matin, on se gèle les paluches instantanément. De plus, pour un MUL, c'est terrible de penser qu'on embarque facilement 150 g d'humidité de plus dans le sac. Je démarre un peu tôt, vers 7 h 20 mais je remonte l'autoroute dans la tranquillité jusqu'à proximité du refuge qui "vomit" ses premiers marcheurs. J'ai loisir à les devancer pour atteindre seul le col de Losetta mais la plupart vont emprunter le classique col de Vallanta pour revenir en France.
 

Toits de Lauze même pour les ruines, ça change des tôles (rouillées) haut alpines.
 

Au fond la Pointe Joanne ou Losetta (3054)
 

Magnifiques dalles colonisées par les pins Cembros
 

Le refuge Vallanta, je n' y passe pas mais bifurque avant.
 

Sous le col, j'ai la chance de mitrailler 2 bouquetins mâles.
J'en termine au sommet de Joanne (ou Losetta) en 2 h 35.
De là, soit on peut revenir au col et traverser par un sentier sur le col de Vallanta, soit traverser directement en se jetant dans les raides pentes d'éboulis givrés N-E du sommet. C'est ce que je fais non sans jeter un dernier regard sur la dernière face du Viso : Ouest mais aussi sur le beau vallon de Soustra qui replonge en Italie.
 


Rencontre.
 

Coucou
 

Frontière
 

Lac Lestio (2510), côté Français, sous le col de Vallanta
 

Toute la vallée de Vallanta depuis le haut
 

Petit panorama sur la face ouest du Viso depuis la pointe Joanne, col Vallanta au centre.

Je descends lentement jusqu'à retrouver l'itinéraire de descente sur le Belvédère. L'endroit est sauvage et désert.
Plus bas, je mange au bord de l'eau tout en méditant sur les dernières  vues du fond de vallée et sur ce splendide tour.
Pour finir, je croise un peu trop de monde à mon goût et je reste intégralement sur la piste que j'avale en grande forme en 40 min.
 

C'est par là que ça descend sur la France.
 

Sauvage
 

Premiers arbres de la vallée du Guil
 

La descente de la pointe Joanne

Conclusion :

Incontournable, cette manière de faire le tour garantit peu de monde au final en permettant d'élargir la vue sur le Viso tout en découvrant des lieux magnifiques moins caillouteux et déserts.
Mais il existe bien d'autres possibilités ne serait-ce que pour rallonger un peu le raid qui m'a parut encore un peu court.

Ce secteur est frais (plus que les Ecrins) ce qui permet de marcher toute la journée sans jamais sentir la chaleur ni transpirer même sous le grand beau. Ne pas négliger les gros écarts de température.
Il faut dire que l'hiver commence très tôt ici avec du ski de rando dès octobre en général et une neige qui persiste bien jusqu'au début de l'été.

J'ai eu la chance de ne pas subir la nebbia, ce brouillard de beau temps à couper au couteau qui vient tout gâcher, surtout que je ne démarrais pas très tôt et marchais l'après midi.

De toute évidence, un secteur de toute beauté à parcourir chaque année en pèlerinage en variant les cheminements et en découvrant d'autres sommets. 

Tour des Baronnies du Buech (3 au 7 juillet)

par Fab le 27 juillet 2010

Des mots qui sentent bon le dépaysement, encore dans les Hautes Alpes mais un passage dans la Drôme. C'était un projet de printemps avorté pour cause de météo puis de blessure. C'est donc en ce début juillet, que nous réalisons ce tour.

Ce n'est sans doute pas la meilleure période comme on le verra mais cela permet à ma compagne de m'accompagner.

Ce tour, valorisé par la FFR dans son récent topoguide (2009), "les pays du Buech à pied", est classiquement décrit en 7 jours de gîte en gîte. Nous voulons le faire en totale autonomie en 5 jours.

Avec environ 110 km et un peu moins de 6000 m de dénivelé, il parcourt l'étage des collines avec un point culminant à 1544 m.

Nos sacs, qui, de base, pèsent environ 4 kg, donnent 8,5 kg maximum environ au départ avec nourriture pour 4-5 jours et à bloc en eau.

 

jour 1 :  Serres (660) – Col de Saumane (1039) – Col d'Arron (1445) – Col des Praux (1252) – Montmorin (755) – Ravin des Essendous (950)

D+ : 1200 m
D- : 900 m
Dist : 23,5 km

Sous un ciel bleu, nous démarrons de Serres (660) à 7 h 45. Après avoir traversé les vieilles rues, il grimpe en 1 h au col de Saumane par une jolie petite crête de Fontarache boisée de chênes et de buis.

 

Une rue du vieux Serres
 

ça monte rapidement au-dessus de Serres; à droite la longue crête par laquelle nous bouclerons
 

De très belles campanules
 

Du col, il est intéressant de poursuivre sur la longue crête de Serre de la Bouisse jusqu'au sommet du Bonnet Rouge (au-dessus de l'Epine, cf Entre Buech et Drôme).

Nous poursuivons l'itinéraire sur La Montagne à travers des marnes et des pelouses à orchidées. L'eau est assez présente. Ensuite un morceau de route va coïncider avec une chaleur qui forcit. Une pause agréable au pied d'un immense saule et nous poursuivons par une piste puis par un sentier bien boisé et agréable avec torrents pour rejoindre le plateau d'Arron (compter 3 h).
 

Magnifiques sous bois de feuillus
 

Les orobanches (fleurs parasites non chlorophylliennes) sont assez abondantes
 

Nous mangeons au pied du Duffre avant de rejoindre la longue traversée calcaire qui mène au col des Praux (1252). Nous voyons une grande station de la fameuse Pivoine voyageuse (en fruits).
 

Après le col des Praux, une descente sur piste que l'on peut couper, mène à Montmorin (755). Il fait bien chaud maintenant, nous nous jetons dans une fontaine. Nous continuons l'itinéraire sur le col des Pins (1325) en cherchant un endroit idéal pour bivouaquer. Sur la carte, j'ai ma petite idée. Cette fin d'étape, en montée découverte, à l'heure la plus chaude autour des 15 h, est un peu éprouvante.
 

Montmorin
 

Après plus de 20 km, un plaisir simple
 

En nous désaxant un peu de l'itinéraire, après 7 à 8 h de marche effective, nous débouchons avec bonheur, dans une clairière isolée, en pleine verdure avec eau à volonté.
 

Notre petit coin sauvage isolé dans la verdure
 

Nous passerons une soirée excellente après une douche totale au camelback. Les cris des brocards retentissent dans les bois.
Au loin, à l'est, un orage gronde un petit moment mais le ciel, au-dessus, reste limpide.
 

jour 2:  Ravin des Essendous (950) – Col des Pins (1325) – Rosans (710 ) – La Fare (sous les Viarrands, 700)

D+ : 660 m
D- : 880 m
Dist : 20,5 km

Après une bonne nuit, vers 7 h 00, nous reprenons l'itinéraire qui offre un beau final jusqu'au col (380 m, 45 min). La vue s'étend sur la suite de l'itinéraire, le Ventoux ne semble pas loin. En cette période de grosse chaleur, l'atmosphère pisseuse et la lumière ne seront pas propices à de belles photos de paysage.
Mais l'ambiance est bien là, des bois à perte de vue donne vraiment un caractère sauvage, isolé et désert.
 

 

 


 

 

Nous descendons par un raidillon pour rejoindre une piste et passer devant une belle bergerie.

 

Bergerie de l'Essaillon
 

Le vent se lève et nous rafraîchit. Par une traversée légèrement ascendante, on atteint le col d'Archimbaou (1085). Plus bas, nous coupons dans la pinède puis s'offre à nous une haie d'honneur quand nous coupons dans les genêts fleuris et très odorants.
 

Passage de rêve dans les genêts
 

La cloche de Rosans sonne magnifiquement et longtemps comme pour nous accueillir à 10 h 45. Le village est plus vivant, c'est le marché. Nous faisons une grosse pause à la terrasse d'un café, près de la fontaine et achetons un gros melon et quelques pêches.
 

Rosans
 

La chaleur bat son plein quand nous poursuivons mais le relief est plat. C'est une partie sur pistes et petites routes désertes pour traverser assez longuement la plaine en passant par le point le plus bas du tour à 556 m. Nous entrons alors dans la Drôme. Le gros melon ballotte, pas très MUL tout ça. Une remontée va nous amener au village improbable de Montferrand-la-Fare après lequel nous mangeons.

Le GR ne suit pas la route mais va longer un torrent dans une pinède coupée à blanc. Il fait très chaud, nous nous rafraîchissons dans l'eau. La fin de l'étape n'est plus très loin car je ne compte pas monter jusqu'aux Viarrands ni au-dessus car je n'y vois pas de lieux de bivouac avec eau.
C'est donc à 700 m près du torrent que nous allons nous installer, en bordure de champ dans l'angle isolé d'un bocage.

Nous faisons une bonne sieste à l'ombre. Quelle paix en pleine nature !
Hélas, c'est au soir qu'un tracteur débarque non loin, sur le champ suivant, pour aérer le foin coupé. Nous ne savons pas si nous sommes au bord de son champ mais l'homme ne semble pas nous apercevoir ou nous ignore. Quand il part, c'est l'heure du repas et nous montons la tente.
Mais voilà, que jusqu'à la tombée de la nuit, un autre tracteur débarque pour faire les rouleaux ! Il nous a vu sans aucun doute mais nous a ignoré. On va dire qu'il s'agit d'une forme d'hospitalité. Il est moins évident en effet, en plaine et en milieu rural, de trouver un  coin de bivouac sans être sur une propriété.

 

Le réchaud à bois Fire Profi 105, idéal pour 2, fonctionne à plein tube

 

jour 3:   La Fare (sous les Viarrands, 700) – Chauvac (830) – Col de la Berche (1206) – Laborel (827 m)

D+ : 1270 m
D- : 1100 m
Dist : environ 22 km

Un peu avant 7 h 00 nous démarrons. Il fait toujours grand beau et la nuit a été particulièrement chaude. Il eut été possible de dormir à la belle étoile torse nu. Le soleil arrive déjà quand nous arrivons au gîte des Viarrands (30 min).
 

 

Un joli petit coin discret niché dans la Drôme
 

Mais la suite va se dérouler à l'ombre dans l'Ubac boisé de la montagne de Chavelière. Sous les Turcs, la végétation est intense et luxuriante, les sentiers disparaissent sous des rideaux de verdure, on est loin du gros GR fréquenté.
 

Immersion dans une mer de verdure
 

Les Turcs, une fois dépassés : ruines témoins d'une activité ancienne
 

Isa  au lieu-dit "Le Pas d'Isa" sur sentier précaire

Il ne faut pas se perdre, dans les différentes intersections de pistes et de sente. Un AR à la croix de Roussieux (1268) pour atteindre la crête est possible.
Ensuite, on traverse une magnifique hêtraie pleine de charme avant d'enfin redescendre sur Chauvac où nous trouvons de l'eau.
Après plus de 4 h, nous nous octroyons une grosse pause.
 

De longues parties boisées désertes et pleines de charme
 

Paysage agricole Drômois

La suite sera plus pénible car, vers 11 h 30, le soleil tape, il n'y a pas de vent et une piste raide, caillouteuse et plutôt sadique va nous mener en bateau longuement. Elle franchit plusieurs collets, en montagnes russes et nous croyons plusieurs fois être arrivés au col.
 

A la sortie de Chauvac

Nous finissons par l'atteindre et nous mangeons avant de poursuivre en traversée sur une piste jusqu'à proximité du col de Perty.

 

Montée rude : longueur, chaleur, quelques raideurs…
 

De là, nous plongeons dans une pinède chaude, sur une croupe, qui rejoint la route plus bas, quelques instants, avant de replonger par une crête directement sur Laborel, devant la Mairie et sa fontaine dont l'eau, hélas, ne semble pas potable.
Il va falloir trouver un coin, nous poursuivons après le village car les coins prometteurs sur la carte au niveau du village sont trop humanisés et pas isolés.
C'est le pays de la lavande mais toujours pas de lavande fleuries dans les champs. Mais il y a de magnifiques vergers de cerisiers. Le paysage s'est ouvert un peu en descendant : c'est la Drôme, toute verte de champs et de collines boisées.
 

 

Des petites routes désertes menant dans divers hameaux ou fermes isolées insoupçonnées.

Nous trouvons un bord de torrent 20 minutes après le village. Il est encore tôt (16 h 00) quand nous stoppons mais voilà près de 9 heures écoulées depuis notre bivouac.
 

Coin paisible mais attention aux vampires !
 

C'est dans ce lieu, que je fais connaissance pour la première fois avec la tique. Insouciant, je me promène nu dans les hautes herbes, me douchant sous un arbre auquel j'ai accroché mon "cameldouche". J'en vois une minuscule portant grand intérêt à mon anatomie intime puis le soir sur mon flanc. Prises très tôt, j'eus la chance de les décoller très facilement. Isa, semble quant à elle, immunisée.
A mon retour, j'appris avec horreur les dégâts qu'elles peuvent causer si elles transmettent la maladie de Lyme, d'autant que des premiers cas dans la Drôme ont été détectés. Le pire, c'est que 3 jours après notre retour, j'en redécolle un derrière le genou !

Le soleil tarde à se coucher et c'est le caniar jusqu'au soir. Avec du gros bois, le réchaud à bois tourne à plein régime pour faire bouillir 2 l d'eau en alternative des pastilles.

 

jour 4:    Laborel (827 m) – Col St Jean (1159) – Sainte Colombe (960) – Col de Beynaves (1120) – Orpierre (690)

D+ : 720 m
D- : 860 m
Dist : 19,5 km

Toujours le grand beau. A 6 h 30, la montée se poursuit agréablement mais le sentier est étroitement végétatif, je rafle toutes les toiles d'araignées sur le visage, ce qui en dit long sur sa fréquentation. Puis par une piste et un bout de route goudronnée, toute aussi déserte, on atteint le col St Jean.
 

Au fond à gauche, la petite pointe (antenne) du Rocher Beaumont c'est pour demain.
 

 

Paysage de collines.
 

A l'ubac d'une crête boisée, le sentier est magnifique et très agréable. Il offre, en un point rocheux, un beau panorama sur la plaine et rejoint en descente le petit hameau blotti contre une colline de Sainte Colombe en passant devant le rocher percé de la Dragonnière (ancienne mine de carbure).
 

Le Rocher Percé
 

Sainte Colombe

En fait, on ne descend pas exactement jusqu'au village mais on remonte par une piste au col de Beynaves qui devient subitement plus fréquenté (balades autour d'Orpierre, VTT, petite piste goudronnée pour handicapés…). Nous y mangeons avant de descendre sur le fameux village d'Orpierre. Avant la descente finale, le sentier surplombe horizontalement les gorges de Bagnols.

Nous arrivons vers 13 h mais la halte à ce village était prévue et il n'est pas judicieux de poursuivre la montée plein sud à cette heure. Nous nous posons dans le camping (secteur des grimpeurs, des "pauvres", deux fois moins cher mais 13 euros quand même).

Si nous avons traversé un peu vite les petits villages jusqu'ici, nous allons explorer en détail celui-ci. Il a un riche passé historique et ses vieilles rues intéressantes nous ramènent au moyen âge.

A part quelques pêches et un repas sur la place le soir, nous n'avons pas besoin de nous ravitailler. Demain, l'étape sera plus rude et plus alpine si nous rejoignons directement Serres.
 

Arrivée sur Orpierre
 

Visite du vieux village
 

 

 

Un riche passé historique (zoomer).
 

Haut lieu d'escalade

 

jour 5 :    Orpierre (690) – Crête du Suillet (1324) – Col de Garde (991) – Trescléoux (660) – Rocher de Beaumont (1510) – Serres (660)

D+ : 1660 m
D- : 1660
Dist : 23 km

Encore le grand beau. Nous partons à la fraîche par d'anciennes ruelles pour un sentier raide. Cela nous élève très rapidement au-dessus du village où la vue est superbe. Dans la fraîcheur, la montée jusqu'à la crête Suillet est rapide et agréable, Isa monte très bien cette première côte de 650 m.
 

Au-dessus d'Orpierre
 

De la crête, vue sur la grande plaine du Buech
 

Le sentier suit alors assez longuement la crête boisée jusqu'au col de Garde. En face, le Rocher de Beaumont coiffé d'une antenne nous attend. Du col nous quittons le GR pour un sentier à gauche, plus direct mais plus délicat conduisant au bord de la Blaisance sous Trescléoux.
Il fait chaud quand nous traversons ce village, beaucoup moins touristique, à la recherche d'eau, en vain. Une très gentille postière nous ravitaillera.
 

Trescléoux, dans le fond, le Rocher Beaumont en haut à droite.
 

Au centre, dans le fond : Serres !

 

Jolie petite crête déserte

 

Trescléoux ! Pour la suite, il faut monter en face, à droite, et rejoindre la crête sous la falaise à l'aplomb du village.
 

Il est 10  h15 quand nous entamons le "gros morceau" : la montée plein sud de près de 900 m. En plein soleil, sans un brin de vent, le sentier grimpe dans les marnes puis serpente à découvert sous la falaise jusqu'à une brêche (1100 m). C'est un début de canicule en France à ce moment là et sur ces 450 premiers mètres, je vis l'un de mes plus grands coups de chaleur de randonneur. Je m'écroule sous la première ombre que je trouve enfin. Isa arrive tranquillement peu après, semblant moins souffrir.
 

Début de la montée
 

L'ombre salvatrice.
 

Les moutons, même à l'ombre, sont aplatis par la chaleur.
 

La suite est moins chaude et dès que l'on atteint la crête vers 1400 m, suite à un gros raidillon, on retrouve les bienfaits de l'altitude. Le sommet n'est pas encore tout près, il faut d'abord redescendre dans un bosquet avant de remonter. Isa,derrière, loupe les cairns et je la vois en face, toute petite, s'agitant au-dessus du vide. On en sera quitte pour une bonne inquiétude et quelques cris résonnant dans la montagne pour qu'elle retrouve la trace.
 

ça va mieux sur la crête

 

Le sommet est défiguré mais la vue sur la plaine est sympa
 

Nous sommes au sommet, dans une relative fraîcheur vers 13 h pour manger. Au loin, le village de Serres terme de notre tour.

La suite est un long et esthétique cheminement sur la crête de l'Eyglière mais la chaleur croît au fur et à mesure que le fatidique midi solaire (14 h) approche. Je ramasse un peu de thym frais, toujours d'autant plus odorant qu'il fait chaud.
C'est au bout de la crête que nous tombons en panne d'eau tous les deux. A ce moment là, le sentier plonge raidement et souvent à l'ombre. Mais ça ne suffit pas, l'absence totale du moindre brin d'air m'oblige à m'arrêter quelques fois pour refroidir la machine. C'est ce que j'appelle l'effet "pop corn" ou le syndrome de la tête dans le four.
Arrivés au bord de la Blême, on se jette presque dans l'eau. Une dernière partie sur route nous ramène au centre de Serres, autour de quelques bières après presque 10 h depuis Orpierre.
Une fin vraiment chaude et Isa arrive visiblement un peu plus fraîche que moi !
 

La belle et longue crête de l'Eyglière
 

 

Séquence Isa sur la fin du tour…
 

 

 

 

Conclusions :

C'est une incontournable et magnifique balade de pays à l'étage collinéen, ce qui change un peu de la montagne. Sur les 5 jours, nous n'avons rencontré personne sur les sentiers !

Au cours de l'agréable passage dans la Drôme, les petites routes réputées pour le vélo sont quasiment désertes.
En ce début juillet, la verdure est omniprésente et les nombreux passages dans les bois de feuillus variés nous ont vraiment charmés. On passe d'endroits très sauvages et isolés à des petits villages pittoresques ou à quelques maisons à l'existence insoupçonnée.

Hélas, la chaleur a été particulièrement forte avec 5 jours de ciel bleu sans vent. Ce tour est a envisager plus tôt en saison mais doit être absolument charmant à parcourir à l'automne dans les couleurs, les lumières rasantes et la clarté de l'air rendant les photos bien meilleures.

En nous promenant, flânant et en ne lésinant pas sur les pauses, repas compris, la durée moyenne des journées a été de 8 h 30 pour 1100 m de dénivelé et  22 km par jour. En période plus fraîche, l'eau est moins difficile à gérer et le tour serait évidemment plus rapide avec une marche plus aisée et plus longue l'après midi.

L'eau est assez présente mais à bien gérer en période de chaleur. Elle est suffisamment douteuse à ces altitudes pour rendre indispensable les pastilles.

 


 


 


 



 


 


 


 


 


 


L’Ascension

par Fab le 16 juin 2010

C'est le parcours en boucle du vallon du même nom jusqu'à atteindre le lac du même nom.

Voilà une rando (1360 m de dénivelé) qui peut se faire à la journée mais qui gagne infiniment à se faire à cheval sur une nuit; avec un sac des plus légers, c'est ce que permet la MUL sans aucune contrainte; vivre la soirée et le petit matin en hauteur entre deux demi-journées de marche modérée.

En cette période de mi-juin, l'eau suinte un peu partout, inutile de se charger en eau.

Jour 1 : (12 juin 2010)  La Roche de Rame (970) – Verrou de l'Ausselard (2150)

C'est  une montée paisible depuis le Géro, en milieu d'après midi, qui conduit d'abord aux ruines du Puy (1632) par un sentier efficace (660 m pour 1 h).
Ensuite, on suit une portion assez longue en faux plat jusqu'au magnifique replat herbeux, semi boisé de Pra La Chapelle où l'eau jaillit de toute part. J'observe le flanc sud d'en face sans y apercevoir l'hypothétique intégralité d'une sente.
Parmi les pins à crochets, l'ascension reprend pour atteindre et franchir le verrou. Une falaise rocheuse qui présente en son sommet un vaste replat verdoyant parsemé de quelques derniers pins et qui domine directement l'axe du vallon .
C'est le lieu prévu pour dormir, si il n'y pas de moutons.


Les eaux, fortes en cette période, chutent bruyamment du verrou

 

Les lacs au bord desquels  j'avais déjà dormi ne sont plus très loin mais je trouverai ici un lieu magnifique, avec vue dégagée dominante et du bois pour le réchaud. Il me faut traverser le torrent et là, pas d'autre solution que pieds nus. L'eau est agréablement glaciale mais dans les pierres je me réveille la douleur dans un pied détruit il y a peu.

 


N'est-ce pas ?

 

Domination sur le vallon perpendiculaire au val Durance

 

 

Je flâne en explorant le secteur. Un charme inhabituel se dégage du lieu avec ces beaux arbres qui s'accrochent. A leur pieds, leurs ancêtres reposent. Pas de doute ici, ces pins vivent leur vie entière et ils sont d'autant plus beaux. Loin d'être si commun.

Je trouve de l'eau à proximité et sur le sol nitraté par les moutons, je ramasse au passage l'épinard sauvage (Chénopode Bon Henri) et des jeunes pousses d'ortie. Deux plantes très riches qui se mangent en salade mais que je vais manger cuites.

 


Chénopode Bon Henri et jeunes pousses d'orties au menu

 

Le réchaud à bois Fire Profi, envisagé surtout pour deux, fonctionne à merveille. Je teste même des crottes séchées de mouton, de lièvre et de chamois comme combustible. Ma foi, ça brûle !

 


Le soir sur le Haut Mouriare (2808 m)

 

 

Au cours de ce très beau bivouac, je passerai un des moments les plus sereins dans la solitude et dans la grande beauté d'une nature de montagne printanière.

 

Jour 2 : (13 juin 2010) Lac de l'ascension et retour par la cabane des Aiguilles

Après une nuit excellente, à l'aube, le chant métallique  du Venturon montagnard me réveille. Je prends tout mon temps pour décamper. Je sèche la condensation de ma toile sur les plaques de verdure touchées par les premiers rayons du soleil. Quelques brumes envahissent le plateau, les cris des marmottes retentissent.

 


Au matin

Je dois retraverser le torrent, ça réveille les pieds au petit matin. Je déguste lentement la fin de l'ascension. L'eau est omniprésente. Aux lacs, je vois qu'il reste pas mal de névés aux alentours. Le retour dans la vallée peut se faire par diverses variantes mais certains cols sont encore enneigés. Cette fois, je décide d'explorer la descente par le  Gros Puy, sous la crête des Queyrelets. Une sente improbable apparaît intermittente sur la carte datant déjà d'au moins deux décennies. Je n'ai pas plus d'info que cela mais je pourrais sans doute redescendre par un ou deux ravins dans la première partie de la traversée au cas où.

 


Lac de l'Ascension

Au début,  pas de souci, je suis une sente bien marquée qui mène aussi à un col sur la crête des Queyrelets. C'est plutôt une traversée à flanc parsemée de bons névés et dans les cris assourdissants des marmottes.

 


Des passages de col encore un peu enneigés

 

 

En le dominant d'en face, je finis par arriver au-dessus du plateau où j'ai bivouaqué.


Le plateau

C'est en débouchant dans le ravin du coumbal de la Bouchière que je perds toute trace d'une sente quelconque. La carte et l'altimètre me sont très utiles pour ne pas descendre trop bas dans le ravin raide et caillouteux.  Je descends un peu, traverse et finis par suivre une sente à chamois vers 2180 m. Un passage clé rocheux, dans du pur terrain à chamois, m 'emmène sur la traversée qui domine ravins et barres. Le sol en calcaire délité est médiocre. J'arrive à un ravin qui ne va pas être facile à traverser en tatanes de sentier. Puis j'aperçois plus bas un câble. Je retrouve ainsi la sente.

On va dire que la câble est assez utile. Quand, dans le petit passage rocheux, une prise part sous mon pied et qu'une autre me reste dans la main, j'y pose un moment la main. Ensuite, il y en a un peu trop à mon goût, certains pratiquement posés sur la sente. Un dernier est bien utile en revanche, quand on est en tatanes de sentier pour quelques pas en traversée de terre battue dure et assez raide sur laquelle des graviers coulants jouent le rôle de roulement à billes. Rien de tel, dans ce cas, que des chaussures rigides avec "carres".

 


Quelques passages câblés, encore un avantage au sac MUL

 


Un pin mort domine le Val Durance

 


Rien de plus beau que ces gros arbres qu'on laisse vieillir

 

Ce sentier n'a finalement pas été oublié bien que resté plutôt confidentiel. Il descend ensuite fermement dans une pinède de pins sylvestres sur l'accueillante cabane des Aiguilles et sa source : un autre magnifique lieu de paix perché à 1800 m. Je m'y attarde un long moment avant de replonger dans la vallée.


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