Boucle en Clarée (10 et 11 août 2011)

par Fab le 16 août 2011. Classé dans: Randos MUL.

C’est une revisite en Clarée mais j’évite l’accès de la haute vallée sur-fréquentée à cette époque. Le départ se fait depuis Plampinet, on passe en Italie par le col des Acles, le col de l’Echelle, le col des Thures, la Vallée Etroite, puis on revient sur Nevache et Plampinet en passant le col du Vallon.

 

Jour 1 : Plampinet (1480) – Col des Acles (2300) – Col de l’Echelle (1762) – Col des Thures (2194)

D+ : 1500 m
D- : 820 m
Dist : 19,5 km
Temps : 6 h 10

 

L’étape n’étant pas trop longue, je partai du village à la cloche des 10 heures. La montée par une piste caillouteuse n’était pas d’un grand intérêt mais en moins d’une heure j’atteignis l’oratoire et le sentier qui faisait suite dans une pinède à crochets était bien plus beau.

Face à la pointe de Pécé (2783), on découvre ainsi le vallon des Acles et celui de l’Opon qui lui est perpendiculaire et qui donne accès à Montgenèvre.

Montée depuis le village de Plampinet.

 

L'arrivée au col des Acles, sur l'Italie.

 

Vallons des Acles et de l'Opon.

 

Derrière le col, c’est une jolie traversée à flanc, ravinée, qui mène à la crête frontière. Sur cette crête, parsemée de bornes, je me posai pour manger. La descente qui suivait me mena vers le nord sur la route du col de l’Echelle.

Ce joli petit col à la particularité de présenter une portion plate de 2 km le long de laquelle il y a bon nombre d’emplacements verdoyant parmi les mélèzes.

Sur cette partie, je découvris assez brutalement le bruit et l’agitation : exactement comme sur une plage, une foule d’Italiens occupait le moindre espace du secteur.

 

 

La traversée en Italie mène à la crête frontière. Au fond dépasse le massif des Ecrins, en particulier la Meige et le Gaspard à droite.

 

La partie supérieure de la Vallé Etroite, le Mont Thabor.

 

   

La traversée depuis le col des Acles, au fond à gauche.

 

Vers 14 heures passées, je remontai lentement en direction du col des Thures, j’allais arriver un peu trop tôt à l’emplacement prévu pour le bivouac. Il faisait chaud et mes pieds souffraient quelque peu dans mes chaussures neuves. Je croisai pas mal de monde. Après une bonne heure, une petite descente m’amena en traversée au chalet des Thures (2105 m) qui se trouve à l’entrée d’une très grande zone d’alpage.

Une fontaine au bord du sentier m’invita à faire le plein d’eau. Depuis mon départ, je n’avais trouvé qu’un seul point d’eau juste sous le col des Acles mais je ne m’étais pas ravitaillé.

Cependant, un regard alentour m’informait d’un pâturage important en cours. Au paradis du mouton, le Dieu de l’eau n’y pouvait rien, il était sage de faire appel au pouvoir de Micropur.

Je remontai agréablement le vallon des Thures presque plat. Le torrent était à sec. J’arrivai alors au col et au lac de Chavillon à côté duquel je trouvai, derrière une bosse, un coin idéal pour dormir. L’endroit est en effet fort propice à un bivouac agréable. Je fis une petite sieste.

Ce col, donne accès à la Vallée Etroite, en Italie. Au N-O, le Mont Thabor se montre en totalité.

En fin d’après-midi, je tentai une toilette dans le lac. Hélas, il ne faisait aucun doute que la fine couche boueuse du fond provenait en grande partie d’excréments de mouton dissous; les nombreuses traces sur la berge renforçaient cette idée.

Le vallon n’étant pas encaissé, j’eus droit au soleil jusque tardivement. Mais alors que l’ombre envahissait le vallon, un bruit de cloches forcissait au loin. Je vis d’un coup des milliers de moutons surgir du relief supérieur du vallon pour fondre droit sur le lac !

Mais ils ne firent que passer, le berger les ramenait vers le chalet des Thures. Le spectacle assourdissant intéressa aussi deux randonneurs qui pointèrent leur tête de l’alpage, 100 m au-dessus. Ils devaient bivouaquer au lac de Bellety.

 

 

   

Face au Thabor, il y a de quoi bivouaquer !

 

 

  Le lac des Thures et l'Aiguille Rouge.

 

Jour 2 : Col des Thures – Col du Vallon (2645) – Lac Blanc (2715) – Nevache et Plampinet.

D+ : 1030 m
D- : 1745 m
Dist : 24,5 km
Temps : 7 h 30

Au matin, le ciel était totalement immaculé et l’atmosphère d’une rare clarté pour un jour d’été. La température était proche de zéro avec un peu de rosée  blanche.

A la fraîche et sans rencontrer personne, je descendis rapidement par un joli sentier boisé qui en disait long sur sa fréquentation aussitôt l’heure matinale passée. Du haut de la Vallée Etroite, il n’y a en effet guère plus de 400 m pour rejoindre le lac des Thures.

En bas, je pris alors une piste en direction du pont de la Fonderie. A ce niveau, tout droit on va vers le col de la Vallée Etroite et le Refuge du Thabor et à gauche, on se dirige vers l’itinéraire du Mont Thabor et vers le col du Vallon.

A la Maison des Chamois, je ne vis absolument pas la bifurquation pour le col. Ce n’était qu’à la passerelle de Prat du Plan que je compris mon erreur. Le cirque magnifique, assez dénudé dans sa partie supérieure, comporte de nombreux lacs. De la passerelle un bon sentier semblait continuer vers le lac du Lavoir. Bien que j’eusse pu l’emprunter pour le visiter en un détour nécessitant néanmoins ensuite une bonne traversée caillouteuse, je rejoignis rapidement plein sud en hors sentier l’itinéraire du col du Vallon.

La pente n’est pas bien raide mais les 200 derniers mètres sous le col se font dans les cailloux de quartzite.

 

La remontée de la Vallée Etroite après la descente du col des Thures à droite.

 

Le col du Vallon en vue.

 

Le versant dénudé du Mont Thabor.

 

Au col, comme je m’y attendais, on ne voit pas le Lac Blanc que l’on devine tout près à l’ouest. A une altitude plus haute, il est niché dans une dépression circulaire.

En revanche, le Mont Blanc fut particulièrement visible et sembla tout proche.

Il n’était que 9 h 45. Je fis une longue pause et je descendis rejoindre parmi des blocs, le raidillon menant au bord du lac.

Je pris ensuite tout mon temps pour descendre le très long vallon. Je ne le trouvai pas très joli, érodé par le surpâturage; l’alpage dénudé qui y survivait ne me semblait pas originel.

 

Le Lac Blanc joliment niché vers 2700 m.

 

Le col du Vallon en contrebas.

 

Le long et large Vallon dans sa partie médiane.

 

Vers 2100 m il se mit à faire très chaud et je me posai à la chapelle Saint Michel. En mangeant, je vis monter pas mal de randonneurs que je plaignais. Comment monter aussi tardivement dans ce chaud et long vallon rébarbatif ?

La suite allait me surprendre, dès 1900 m, le vallon devint magnifique, plus encaissé, la végétation diverse et luxuriante au bord du torrent donnait soudain un air beaucoup plus sauvage et naturel à la fin de la descente sur Névache.

Pour finir cette boucle, il faut traverser le village, longer assez longuement la route sur quelques kilomètres et finir sur une piste pour rejoindre Plampinet, ce qui me prit plus d’une heure.

 

La Chapelle Saint Michel.

 

 

 

La partie inférieure devient plus jolie…

 

 

 

Fin de descente sur Nevache.

 

Remarques :

- C’est un beau tour à faire aux 3 saisons, idéal pour découvrir la Clarée. Les paysages sont pittoresques et variés.

- Le circuit fait environ 44 km pour un peu plus de 2500 m de dénivelé avec deux étapes de durée moyenne (environ 7 heures sans forcer).

Sur 2 jours, le sac qui pèse au départ bien moins de 6 kg, se fait naturellement complètement oublier.

 

 

 

 

 

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