GR56 : le Tour de l’Ubaye (20-26 juillet 2011)

par Fab le 30 juillet 2011. Classé dans: Non classé.

Jour 1 : 20 juillet 2011
La Fresquière (1040) – Col de Séolane (2273) – Plan Bas (1839)

D+ : 1490 m
D- : 700 m
Dist : 16 km
Temps : 5 h 45

 

De grosses pluies la veille retardèrent mon départ et ce jour, il me fallait partir plus tôt que prévu à cause des routes bloquées par le tour de France. Je commençai le raid vers 9 h 30 juste sous Méolans à la Fresquière (1040 m).

A la sortie de la voiture, température et vent donnèrent le ton : je n’aurai pas chaud dans la montée de 1235 m et j’aurai pu (dû) partir 2-3 h plus tard.

L’étape qui consistait à rejoindre le Laverq en franchissant le col de Séolane était assez courte, c’est pourquoi je pris tout mon temps.

La montée était verte et boisée, elle coupait et rejoignait une piste passant devant quelques vieilles maisons de pierre jusqu’aux Bessées. Les 500 derniers mètres se déroulèrent ensuite sur un beau sentier traversant le mélézin et cotoyant des ravins dans une atmosphère bouchée. Les hautes herbes mouillées finirent par me tremper les pieds. L’alpage s’ouvrit vers le haut et je débouchai au col à mi-journée.

La petite Séolane saupoudrée de neige, juste au-dessus, par le vent, se découvrit soudainement de son écharpe blanche. Mais je devais patienter jusqu'au lendemain pour voir sa grande sœur voisine. De l’autre côté, se présenta soudain dans sa totalité le beau vallon de Laverq. Je me posai longuement pour manger un peu parmi les edelweiss avant de basculer lentement sur l’abbaye de Laverq.


Aux Bessées.


Le milieu s'ouvre sur le haut.


Au col, on découvre le vallon de Laverq. Les crêtes sont saupoudrées et bouchées…


tout comme la proche Petite Séolane qui se découvrit alors.

 

Les nuages se dissipèrent laissant de plus en plus de place aux rayons du soleil et à la vue des crêtes légèrement enneigées. En bas, il fit enfin chaud et le ciel bleu fut prédominant. Je traînai pour remonter le vallon peu ascendant en repérant de jolis coins au bord de l’eau pour le bivouac mais je poursuivis jusqu’au Plan Bas par un raidillon.

 

Je fus déçu : la clairière prometteuse sur la carte n’était qu’un champ de Rumex et de végétation haute. Il y avait cette grande cabane forestière dans laquelle je pénétrai. A l’étage, il y avait plusieurs chambres vides mais au plancher propre; dans un coin, même un balai. Et pourquoi pas une nuit sur le plancher, devant la fenêtre entrouverte ?
Une fois n’était pas coutume, devant la porte il y avait table et bancs et un puis un peu plus loin une fontaine.

Il était trop tôt pour s’arrêter mais trop tard pour continuer : 750 m de montée suivis d’un long cheminement en crête m’amèneraient trop tardivement à un lieu de bivouac adéquat.

Bien qu'il n’y eut rien à redire sur la beauté du lieu, seul, trop en forme, vers 15 h 30 je me mis à cafarder un peu en languissant le temps qui passe et l'action plus sérieuse du lendemain.

Je fis ma toilette au soleil, écrivis un peu. Ouf, 18 h : à partir de là, tout allait toujours plus vite. Je mangeai et me couchai tôt non sans préalablement avoir disposé une couche de Rumex sous le polycree pour les pieds car le plancher c’est dur…


Un épouvantail original, j'ai failli dire bonjour !


Remontée du vallon jusqu'au…


Plan Bas où l'on peut dormir, à l'étage.

 

Jour 2 : 21 juillet 2011

Plan Bas (1839) – Pointe de Sestrière (2575) – Col de la Sestrière (2461) – Col d’allos (2247) – Baisse de Prenier (2350) – Cabane du Talon (1900) – Petit col de Talon (2678) – Bayasse (1860, 25 min au-dessus).

D+ : 1880 m
D- : 1820 m
Dist : 34 km
Temps : 10 h 15

 

La nuit fut bonne, le ciel, au matin, dégagé et le départ fut rapide sans avoir à plier la grosse feuille de laitue trempée.

Je démarrai vers 6 h 30 pour une montée fort peu lumineuse et humide. Si le sentier montait bien par des lacets vers le bas jusque vers une cabane à 2050 m, en revanche la suite était peu efficace avec une longue traversée vers le nord. Sous la pointe de Sestrière, les hautes crêtes de l’Estrop m’apparurent ainsi que les premiers rayons de soleil. Mais un vent froid fort désagréable me cueillit pour ne plus me lâcher sur la crête. Je passai en mode coupe-vent sur une grande partie de l’étape. Ensuite, c'était parcours russe puis plus constant après le col d’Allos.


Sortie de l'ombre, face au replat des Eaux Tortes et le sommet de l'Estrop (presque 3000 m).


A la pointe de Sestrière (2575), la Grande Séolane.


Le col d'Allos.


Après la Baisse de Prenier, je descendis pour commencer une immense traversée remarquable au flanc des Chevaux de Bois qui domine le ravin de Chancelaye puis celui de Bouchier. Je pense qu’il eût été possible de passer au-dessus, par les crêtes depuis la Baisse de Prenier, et ainsi traverser le petit puis le grand Cheval de bois (2838) mais cela eût rajouté au moins 500 m de dénivelée.

Sous les Greites, le sentier, subissant l’érosion, était friable et demanda un minimum de vigilance au-dessus des ravins.

Au niveau de la cabane du Talon, qui offrait un dortoir possible avec le torrent à proximité, je trouvai les lieux particulièrement beaux et sauvages. C’était le début d’après midi et je continuai sur le chemin du col environ 200 m de dénivelée avant de casser la croûte. Quand je m’engageai dans ce fond de vallon fermé par un verrou rocheux de 200 m par dessus lequel de magnifiques cascades d’eau se jetaient, je me demandai où cela pouvait passer. Et bien ce fut à travers ces cascades elles mêmes, par quelques lacets rocheux !  

Au-dessus, après avoir dépassé la cabane de pierres du Cimet, le vallon était plat et via un lac du même nom, j’atteignis le col, point culminant du tour avec 2678 m. Le cirque rocailleux qui s’offrit n’était autre que le versant nord du Mont Pelat (3050), un sommet majeur de la Cayolle.


La première partie de la traversée, plus raide qu'il n'y paraît sur les photos


Le passage sous les Greites qui s'érode.


Vallon de Bouchier très sauvage.


Les cabanes du Talon.


Les cascades.


Passage du verrou parmi les cascades.


Le verrou domine le vallon.


La partie supérieure du vallon s'aplatit et on devine le Petit col du Talon.


Lac du Cimet (2589).


J’avais envisagé de m’installer 200 m plus bas derrière ce col, sur des replats herbeux et irrigués vers 2500 m comme l’indiquait la carte, mais il n’était que 15 h et je savourai alors la descente dans ce très beau vallon de la Grange afin de rejoindre le fond de celui du Bachelard qu’emprunte la route du fameux col de la Cayolle.

Je trouvai, en m’approchant du hameau de Bayasse, un coin parfait au bord du torrent, un peu avant 17 h, pour planter la Shangri-La. Après le délicieux et relaxant lavage dans l’eau froide du torrent, je me couchai sitôt le soleil disparu car la température déjà non caniculaire chutait alors significativement.


Le ravin de la Grange




Bivouac reposant au bord du torrent de Bachelard


 

Jour 3 : 22 juillet 2011

Bayasse (1860, 25 min au-dessus) – Col de Moutière (2454) – Col de Colombart (2539) – Col de la Colombière (2237)* – Col des Fourches (2261) – Pas de la Cavale (2671) – Larche (1700)

D+ : 1800 m environ
D- : 1930
Dist : 36 km
Temps : 10 h 05

 

Au matin, le temps fut encore beau. J’arrivai en 25 min à Bayasse espérant prendre un peu du fameux pain du boulanger. Mais, à 7 heures, ce fut un village endormi que je traversai et pour la boulangerie c’était 16 heures !

Je remontai longuement sur une piste plate le vallon de Moutière. Seule la fin, plus directe, permis d’atteindre le col plus rapidement. Ce col était traversable avec une route goudronnée venant de Saint Dalmas le Selvage. En traversée, je suivis le chemin qui ne prend que 100 m pendant 1 heure pour atteindre le col de Colombart duquel on peut descendre directement sur Bousseyas (1883) par le vallon de l’âne. Mais le GR fait un détour de plus de 4 km par la crête de la Blanche pour rejoindre le col de la Colombière. A mon avis, ce détour a pour but de rallonger un peu l’étape courte entre les gîtes de Bayasse et de Bousseyas (+ 1 h 30 environ) et il n’est pas indispensable.


Après le col de Moutière, dans la traversée menant au col de Colombart.


Etant à mi-journée, je me dis que j’allais prendre à manger au gîte en passant ou même y déjeuner, ce qui eût soulagé quelque peu mes vivres prévus assez justement pour 5 jours. Quelle ne fut pas ma déception quand j’y lu que l’ouverture n'était qu'à 13 h. Il n’était que 11 h 25. En continuant, je me consolai en pensant que 6 euros (oui 39 F !) pour un sandwich c’était largement exagéré au bord d’une route parfaite menant, certes, au plus haut col routier de France mais tout de même…

J’en oubliai de refaire le plein d’eau à la fontaine. Quand je m’en aperçus, j’étais trop haut. Je me penchai alors sur un ruisselet que je savais fort douteux mais j’avais des pastilles. C’est alors qu’une gentille dame sortit d’une petite maison d'estive en pierre à quelques pas de là et me proposa de son eau potable. Nous échangeâmes quelques mots et je lui indiquai qu’un gîte « ouvert » mais fermé ça faisait drôle pour le voyageur. Elle m’offrit même quelques petites tranches de bon pain, ce qui allait remplacer avec bonheur mes tranches de mie tassées depuis plusieurs jours dans le ziploc.

J’atteignis le col des Fourches et dans la descente, j’eus un coup de moins bien. En bas, je me posai devant la cabane (ouverte) pour manger. Je calculai qu’il me faudrait atteindre le pas de la Cavale vers 14 h 30 pour arriver assez tôt à Larche.

Je redémarrai d’un pas plus fort pour faire l’ascension des 600 m en 1 h et basculer dans le vallon du Lauzanier vers 14 h. Mais, pour l’avoir déjà parcouru dans l’autre sens il y 3 ans lors du GR5, je savais qu’il était long et que tout en bas, m’attendait l’ingrate petite route bitumée de 4 km. Le GR56 et GR5 sont en effet communs entre le col de la Colombière – Pas de la Cavale – Larche et Fouillouse.

Le vallon fut assez fort fréquenté au fur et à mesure de ma descente. Au terme de 10 heures de marche, j’arrivai au camping avant 17 h.


Derrière le col des Fourches, du beau sauvage, du chamois, du Gypaète…


Une heure après, 600 m plus haut, au Pas de la Cavale. A droite, le col des Fourches. Cherchez la petite cabane à son pied.


De l'autre côté, on retrouve le lac de Derrière la Croix…


et celui du Lauzanier plus bas.


C’était surtout la possibilité de pouvoir enfin compléter un peu mon ravitaillement et ainsi garder une marge que ce camping m’intéressait. En effet, aucune épicerie n’existe à Larche même !

Le gérant me dit alors que c’était complet mais que je pouvais me mettre sur la digue à l’écart (et en dehors du camping !) non loin d’un randonneur qui venait d’arriver 2 h plus tôt. A Saint Etienne de Tinée, également en bordure du GR5, j’avais eu la bonne surprise de constater qu’on réservait un emplacement pour le randonneur pouvant arriver tard et fatigué. Ce n’était pas le cas ici. Bref le tarif de 7 euros me donna juste le droit de dépenser à l’épicerie (1 boîte de thon pour le soir, des fruits et un fromage de 250 g) et de prendre une douche…mais j’allais faire une agréable rencontre.

Quand ma Shangri-La 1 fut montée, le randonneur m’interpella en reconnaissant un MUL.

En analogie à l’adage « c’est aux fruits que portent l’arbre qu’on le juge », le sac à dos mais aussi l’abri permettent de distinguer rapidement la MULE du MUL.

Nous fîmes connaissance et rapidement je compris qu’il s’agissait d’un membre du forum MUL à qui j’avais répondu au sujet du GR56 qu’il parcourait également depuis 3 jours avant mais, dans son cas, depuis le Laverq.

Nous décidâmes de faire route ensemble le lendemain mais en gardant chacun son rythme propre.

Il se mit à faire chaud en fin de journée et je pensai naïvement avoir le temps de laver et de faire sécher mon capilène. Mais il ne sèchera sur le sac que le lendemain après-midi.

 

Jour 4 : 23 juillet 2011

Larche (1700) – Col de Mallemort (2559) – Col du Vallonnet (2524) – Fouillouse – Saint Paul – Fort de Tournoux (1750).

D+ : 1470 m
D- : 1400 m
Dist : 30 km environ dont 3-4 km inutiles
Temps : 9 h 15

 

Au matin, la condensation fut très forte. Nous partîmes vers 6 h 30 du camping endormi. Du village de Larche, la montée au col de près de 900 m est rude avec plusieurs bons raidillons mais efficace comme j'aime. Exposée sud, il était judicieux de la parcourir à la fraîche comme ce fut le cas.

Quelques bandes de brumes flânaient sur les environs des crêtes et toujours un petit vent froid mais le temps allait être encore au beau pour cette journée.

En 1 h 45, l’affaire fut réglée. Nous eûmes un rythme compatible et fîmes l’étape ensemble.

Après une redescente de 200 m dans un coin dont l'austérité était renforcée par la présence d’un lugubre baraquement de guerre, une jolie partie vallonnée menait au col d’où l’on descendait sur Fouillouse. Du village, une jolie traversée puis une descente rapide nous menèrent au bord de l’Ubaye où nous mangeâmes.


De jolies écharpes depuis la montée au col de Mallemort.


Le col en vue dans les brumes.


Hervé, à l'arrivée.


Le passage des Vallonnets.


La descente sur Fouillouse.


Redescendus à 1466 m, nous traversâmes Saint Paul, il faisait chaud. Nous passâmes devant l’épicerie qui n’ouvrait qu’à 16 h, je n’avais besoin de rien mais je constatai encore une fois que l'heure d’ouverture était décidément incompatible avec ma randonnée.

Quand nous passâmes à l’adret sur une petite piste pour rejoindre le mignon petit village de Tournoux, le paysage fut tout autre : pinède sèche et chaude, peu d’eau. Nous franchîmes un raidillon chaud puis nous arrivâmes enfin au village où la fontaine était le dernier point d’eau avant notre bivouac prévu vers le fort. Je remplis ma poche d’eau supplémentaire pour emporter plus de 3 l d’eau.

Ensuite, il y avait un piège. Le GR nous invita à traverser le hameau et nous conduisit naturellement sur une piste dans la bonne direction mais en traversée à plat. Au bout de 2 km environ, je m’en aperçus. Nous dûmes faire demi tour et couper pour rejoindre le GR plus haut. En montant, je cherchais déjà un emplacement pour la nuit mais rien de bien dans ces bois; c'est que j'ai pris des goûts de luxe en ce qui concerne le cahier des charges du lieu de bivouac. Nous nous résignâmes à nous installer sur un petit emplacement à peu près plat pratiquement sur le sentier au bord des douves !

Mais ce fut désert et calme, nous étions à l’abri du vent. Le lendemain un changement de temps était annoncé alors qu’un dernier bon morceau restait à parcourir avec le col de la Pare.


Le paisible petit hameau de Tournoux. Attention, ici c'est à droite et non tout droit !


Bivouac au bord de la fortification. La Shangri-La 1 de Golite et la Moment d'Hervé, une autre merveille de chez Tarptent.

 

Jour 5 : 24 juillet 2011

Fort de Tournoux (1750) – Col de la Pare (2655) – Chanenponse (1850)

D+ : 1470 m
D- : 1330 m
Dist : 25 km
Temps : 8 h 30

Cette nuit là, je dormis mal avec une douleur importante et étrange dans l’articulation de la hanche. Je ne réussissais pas à trouver une position confortable. Au matin ça allait mieux. Nous découvrîmes un ciel très nuageux surtout à l’ouest. Il ne fallait pas traîner, nous n’étions pas encore au pied du col.

A 6 h 15, nous prîmes la montée boisée de 260 m menant au Serre de l’Aut (2008). Sur un joli flanc de crête suspendu 500 m au-dessus du torrent du Parpaillon, le sentier traversait, mais un peu en montagne russe, la verdure d’un mélézin. Je surpris des chevreuils. Nous arrivâmes enfin au fameux passage du Roy qui permettait la descente jusqu’au fond. Le terrain était raide et délité, équipé de quelques câbles, il demandait simplement un tout petit plus d’attention.

Après la traversée du torrent vers 1600 m, un fort raidillon de 100 m ramenait à la petite route aux Pras. S’ensuivit alors une longueur mort-plate de plusieurs kilomètres pour rejoindre la Plan de Parpaillon. A ce moment, ma douleur reprit et devint bien gênante et fort désagréable. Je n’avançai plus. Mon corps, qu'un calcul mental instantané en démontrait implacablement la demie vieillesse dépassée, accusait sans doute un peu le coup des jours précédents et je serrai un peu les dents.

Mes inquiétudes se dissipèrent : quand je vis le ciel, je sus qu'il allait être finalement bien clément.

Le vallon qui s’ouvrit au Plan du Parpaillon était assez grandiose, le cheminement était long et doux jusqu’au col. A main droite, je me rappelai de mon parcours intégral, un automne, de la crête qui domine, de l’Epérvière au petit Parpaillon.

Nous passâmes devant un mouton éviscéré et dévoré fraîchement par un loup.

Dans le vallon nous fîmes une petite pause. Mon compagnon m’offrit des pruneaux non MULs mais d'autant plus délicieux. Plus à l’aise en montée et après cette pause collation, j’allais mieux. Nous atteignîmes le col tranquillement en discutant sous une bonne température alors que plus bas, il faisait plutôt frais avec un petit vent glacial.
De l’autre côté, s’ouvrit la vue sur Barcelonnette et sa large et grande vallée. C’était le dernier col pour moi.


L'entrée douce dans le vallon du Parpaillon.


Le Loup est passé par là.


Le Grand Bérard (3046 m).


Au col de la Pare (2655 m ).


La vallon vu depuis le col.


Et la vallée de Barcelonnette, au sud.


Je descendis très lentement, la descente étant assez exigeante jusqu’aux sources des Maits. Puis à partir du refuge de la Pare, l’itinéraire traversait très longuement non sans remonter à plusieurs reprises, le versant sud de la vallée : environ 17 km du refuge de la Pare jusqu’à la Fresquière.

Le paysage était alors tout autre, sous les 2000 m, c’était un parcours en sous-bois dans la campagne. Arrivés à Chanenponse, nous trouvâmes un joli coin désert, avec un petit ruisseau et nous décidâmes de ne pas aller plus loin bien qu’il ne fût pas encore 15 h. Dans un jour de moins bien, je n’avais pas envie d’aller plus loin bien qu’il ne me restât que 3 h 30 pour boucler. Il restait encore le col de Séolane pour mon compagnon et il n’aurait pu raisonnablement boucler ce jour.

En face, au loin, la grande Séolane et la crête suivie vers le col d’Allos, nous rappelaient à il y a quelques jours.

Nous profitâmes agréablement de ce repos. Je commençai par une sieste au soleil mais le vent forcit désagréablement jusqu’au soir.


Jour 6 : 25 juillet 2011

Chanenponse (1850) – La Fresquière-Méolans (1040)

D+ : 320 m
D- : 1130 m
Dist : 14 km
Temps : 3 h 20

 

Une bonne nuit calme, autour de 0°C le matin avec gelée blanche malgré la faible altitude, le beau temps.

Complètement régénéré, j’étais en pleine forme et ce matin, à la fraîche, la fin de la boucle fut pour moi une courte et agréable formalité. Le parcours était assez joli, il remontait encore de quelques centaines de mètres puis il rejoignait petites routes et hameaux avant de descendre enfin définitivement.


A la fraîche devant les premières lueurs sur les Séolanes.


Tiens, où est le sentier ? On apprécie ne pas être en trails…


Balade de pays, les premiers hameaux.


La campagne suspendue.


Au fond, le clocher de Méolans. La boucle se boucle, tout a une fin…


A la voiture, j’encourageai mon ami qui avait encore 1200 m de montée et la descente pour rejoindre le vallon du Laverq et ses amis qui l’attendaient. Nous nous promîmes de garder le contact sur le forum. Ce fut agréable d’avoir partagé avec lui la fin de ce GR56.

 

Remarques :

- Ce fut un très beau tour, particulièrement beau et sauvage entre le col d’Allos et Bayasse.
Un peu de monde rencontré au niveau du col routier d’Allos et le Vallon du Lauzanier sinon, le parcours était désert.

- Pour un mois de juillet en moyenne montagne, j’ai trouvé les températures fraîches avec un vent froid souvent présent. Je n’ai jamais vraiment transpiré.

- En 47 heures environ (temps d'arrêts des pauses et des repas non décomptés), j’ai parcouru 155 km pour 8500 m de dénivelé en marchant 2 demi-journées et 4 journées ce qui correspond à 5 jours complets à raison de 9 h 30 de marche par jour en moyenne.

Je trouve judicieux de faire une première étape pas trop exigeante et finir tranquillement aussi.
Cela représente 31 km de distance, 1700 m de dénivelée et 2,5 col par jour en moyenne mais il y a certaines longueurs ingrates.

 - L’eau est partout présente. J’ai utilisé très peu de pastilles mais je soupçonne la source aménagée au bord du sentier du Plan du Parpaillon, pourtant jugée comme fiable, d’être à l’origine de mes troubles intestinaux dès la fin du tour (et après !).

 - Je suis parti avec ma liste de base de 3,3 kg + 1,5 l d’eau + 3,5 kg de nourriture pour 5-6 jours soit environ 8,4 kg.
Je me suis un tout petit peu ravitaillé en cours de route à Larche (une boîte de thon, un fromage et quelques fruits).

Au retour, il me restait 1 kg de nourriture, soit de quoi tenir 2 jours encore, je n’ai pas ouvert le fromage acheté en route.
J’ai constaté une consommation personnelle générale à la baisse par à rapport à ce que j’avais établi :

- fruits secs qui était ma nourriture de base régulière en journée : 60 g/jour
- chocolat : 20 g/jour
- saucisson maigre : 70 g/jour
- fromage : 80 g/jour
- lait entier en poudre : 32 g/jour
- pâtes : 60 g/jour
- pain : 60 g/jour
- Céréales : 70 g/jour

Cela ferait sauf erreur moins de 2000 kcal/jour ce qui m’a été suffisant et bénéfique pour perdre plus de 1,5 kg de graisse inutile.

En ce qui concerne le carburant, j’ai tenu pratiquement 4 jours (avec 8 chauffes) avec une seule des deux pom’pote d’alcool emportées (175 g d'alcool au total) soit une consommation de 22 g d’alcool /jour ! Il m'en restait pour plus de 2 jours.

- Tout ce que j’ai emporté m’a servi sauf la solution de pluie et ma lampe de 10 g.

La nouveauté testée était mon nouveau sac à dos Laser 35 l de Terra Nova vraiment excellent mais qui a révélé quelques fragilités que je relaterai sur le forum dans le post dédié.

RAS général sur mon matériel qui me permet, dans le confort et la sécurité, de partir en montagne pratiquement une semaine en autonomie sans dépasser les 8,5 kg au total avec un sac qui se fait oublier.

- Une petite expérience qui a consisté à plier l'abri avec sa condensation pour le peser au retour confirme bien l'important surpoids de l'eau embarquée : la Shangri-La 1 prend 200 g soit une augmentation d'environ 45 % du poids et ce n'était pas la plus forte condensation ce matin-là.

 - Comme relaté dans mon récit, il ne faut pas trop compter sur du ravitaillement si on parcourt ce GR de cette manière MUL. Nous avons encore pu voir sur le terrain à quel point ce mode est encore loin d'être commun…

 - Enfin, j’eus le plaisir de rencontrer un MUL du forum et de partager agréablement avec lui cette rando sur la dernière partie. C’était une première expérience pour lui dans les Alpes sur plusieurs jours. Il avait une démarche très réfléchie et son projet fut ainsi couronné de succès. Chapeau !


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