Rencontre à la montagne de Lure (14 et 15 mai 2011)

par Fab le 20 mai 2011. Classé dans: Non classé.

C’est dans le cadre d’une rencontre avec des membres du forum de randonner-léger que cette rando s’est déroulée. Cet itinéraire avait été prévu pour la sortie en novembre mais compte tenu de la météo, nous avions randonner avec un autre petit groupe plus bas dans la plaine (Cf Une boucle au pays de Lure, 6 Muls, 27 et 28 novembre 2010).

 

Jour 1 : Station Lure – Crête Ouest : Sommet de l’Homme (1637) – Contras (1629) – Baisse de Malcort (1368).

D+ : 600 m
D- : 800 m
Dist : 9-10 km

 

Nous nous retrouvâmes donc autour d’un café à St Etienne les Orgues : moi-même et Isa des Hautes Alpes, Seb du Vacluse, que nous connaissons depuis plusieurs randos déjà, venu avec un ami, puis de Marseille, Jérôme et Emilie, et  Elisabeth et son mari avec leur jeune fille Marion.

Nous partîmes tranquillement de la station à 1600 m. Il était 11 h 30 et le temps nuageux semblait instable. Cette première journée ayant pour but de faire connaissance et compte tenu du temps de trajet de route de chacun, l’étape était modeste.
Nous rejoignîmes rapidement la crête de Lure que nous suivîmes à l’ouest.
Le terrain est typiquement caillouteux en sédiment calcaire. Une première petite averse, quelques coups de tonnerre au loin et les nuages bordant la crête donnèrent une touche d’ambiance mais nous eûmes droit à des éclaircies.
Cela montait et descendait en passant par le sommet de l’Homme où nous nous posâmes pour manger. Ensuite ça descendait plus franchement sur la Baisse de Malcort.
Le contraste était fort : d’un champ de cailloux nous traversâmes une hêtraie fournie et débouchâmes au col sur un replat herbeux entouré d’arbres. Je pensai que c'était une lieu très accueillant pour le bivouac mais initialement nous projetions de rejoindre le plateau de Contras qui semblait bien prometteur sur la carte; bien que sans arbres, nous aurions droit à la vue dominante et au coucher de soleil, à cheval entre la plaine de Giono et celle du Jabron.

Nous poursuivîmes par un raidillon et arrivâmes au point 1619 m de la crête. A ce moment le vent froid forcit et le brouillard nous enveloppa. Il se mit à pleuvoir. Nous nous installâmes alors entre les murs sans toits d'une cabane en pierre sèche, non loin de là, en installant tant bien que mal un tarp pour nous protéger. Nous attendîmes ainsi que ça se calmasse en prenant le thé.

A l’accalmie, le ciel se dégagea et nous poursuivîmes jusqu’au point 1629 m sur la crête avant que cela ne redescendisse  sur le Goi et le col de St Vincent.

Le plateau de Contras est herbeux mais il ne fut pas facile de trouver un beau plat à proximité de quelques branches pour le réchaud à bois ou pour un petit feu. Nous eussions été plutôt à découvert et exposé au vent s’il venait à se lever et c’est justement ce qu’il fit d’une forte façon quelques heures plus tard. L'argument de la vue tomba de lui-même tant le ciel était nuageux.

Je ne me résolus point à décider pour tout le monde mais il nous sembla plus logique et confortable de rejoindre le col, d’autant que l’itinéraire du lendemain en descendait.

La fin de la journée se déroula à installer notre camp, à faire connaissance, à échanger sur le matos etc…Autour du feu de bois, la convivialité fut de mise, ce qui avec Seb était tout assuré par avance.

Je passai personnellement  un très agréable moment.

 

L'équipe au départ.

 

Les premiers pas sur la crête.

 

Mode poncho ou short, il n'y a pas de règles.

 

Droit en face, le sommet de Lure pour demain.

 

Après la caillasse…

 

soudain la hêtraie.

 

La Baisse de Malcort fort accueillante.

 

Au Contras, à l'heure du thé, sous la pluie.

 

Vaste plateau herbeux du Contras (nom de la bosse au fond).

 

Arrivée au dernier sommet, après l'accalmie.

 

La ruine où nous nous réfugiâmes.

 

Chacun s'installe, l'heure ou le MUL se dévoile…ou pas.

 

Marion, la mulette nous prépare le feu.

 

Sainte beuverie festive, après une ultime averse.

 

Jour 2 : Baisse de Malcort – Longue traversée au pied du versant nord de Lure – Pas de la Graille (1597) – Lure (1826) – Parking.

D+ : 1550 m
D- : 1350 m
Dist : 18-19 km

Au matin, il faisait bien frais. Le ciel était totalement dégagé mais un très fort vent continu frappait bruyamment les arbres. Notre choix fut bien heureux d’avoir bivouaqué dans cette clairière abritée.

L’étape se déroulant essentiellement au pied du versant, plus bas et dans la végétation, je me dis aussi que le vent ne serait gênant qu’à la fin quand nous allions remonter sur la crête et au sommet de Lure. Mais il fut si fort qu’il allait être pénible pendant toute la journée.

Une jolie descente boisée et fleurie nous descendit dans la campagne au pied du versant de la crête, dans le Jabron. Il nous fallut trouver de l’eau et avec une grande attention tâchions de ne pas louper la source discrète et salvatrice avant les Charbonnières.

La suite nous amena au plus bas, à 820 m d'altitude environ, au fond du ravin des Jalinons. Le parcours est ensuite très chaotique et en montagne russe. Nous étions alors sur le GR6 de la grande traversée des Préalpes.
Après être remonté sur une crête horizontale et végétative à souhait, parmi les genêts nous poursuivîmes sur une piste au bout de laquelle au pied de la remontée finale, nous stoppâmes pour manger. Le vent par rafales était toujours aussi violent, un arbre se déracina tout près de notre passage.

Les 500 m du sentier coupe plusieurs fois la belle petite route d’accès à Lure par le versant Nord du Jabron.

Au pas de la Graille, c’en fut fini de la moindre protection au vent et la progression sur le fil de la crête était si laborieuse que nous marchions en contre bas. Le groupe se dispersa, Je m’assis derrière un pin quand soudain je vis la tête d’une biche surgir tout près. Au loin j'aperçus avec amusement Seb complètement allongé, comme mort. Une bonne technique pour se reposer dans la soufflerie.

Le sommet n’était qu’à une centaine de mètres mais le gros du groupe préféra passer par-dessous pour boucler. Jérôme et moi poursuivîmes jusqu’au sommet et ensuite la crête était encore plus fort exposée. Au-dessus de la station une rafale manqua de me faire décoller. Je courais malgré moi dans le sens du vent. Une sangle du sac vint me fouetter douloureusement. Je testai dans l'extrême la fonction coupe-vent de ma Marmot mais je n'imaginais pas un instant utiliser mon poncho si la pluie s'y était mêlée.

La vue était dégagée et l'air limpide; ce fut un miracle dans les bousculades du vent d’avoir pu prendre une photo nette, de tout l’itinéraire inférieur bien visible depuis la crête.

 

Pliage du polycree à deux en plein vent : no problemo.

 

Descente sur le Jabron.

 

Nous parcourons ensuite le pied du versant.

 

La source : chacun son tour.

 

Bonne végétation.

 

A l'altitude minimum, tout au fond.

 

Parcours chaotique, sentier en partie disparu.

 

Montée au Pas de la Graille joliment boisée de feuillus.

 

L'armée est dispersée par l'ennemi numéro 1, chacun pour soi…

 

Le signal de Lure.

 

En bas, l'itinéraire suivi avec le parcours chaotique au niveau des ravins.

 

La météo n’avait pas prévu les conditions de la veille, encore moins celle de ce jour là.

Malgré ce désagrément, le but était atteint. Nous avons partagé avec plaisir cette fort sympathique randonnée que j’ai trouvée particulièrement variée. Nous n’avons rencontré personne le second jour, le Jabron étant particulièrement désert.

J’ai eu grand plaisir à faire connaissance avec des MULS bien sympathiques et je les remercie encore d’être venus. Ce genre de rencontre autour de la randonnée légère m’incite naturellement à en renouveler l’expérience.

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