4 crêtes entre Chabre et Lure (30 avril – 1 mai)
par Fab le 4 mai 2011. Classé dans: Randos MUL.Le but était de découvrir quelques crêtes que j'avais repérées dans l'extrême sud du département entre la montagne de Chabre et celle de Lure tout en faisant une boucle. Cela me semble le moment idéal même si les averses sont fréquentes durant cette dernière semaine d'avril.
Liste basse montagne – 3 saisons (3,6 kg).
Jour 1 :
La Flogère (660) – Crête des Planes (1432) – Col de Bauge (1372) – Crête de l'Âne (1615) – Col St Pierre (1288) – Col de Branche (1465) – Sommet des Bayles (1450) – Col de la Garasse (1352)
Temps : 4 h 30.
D+ : 1350 m
D- : 650 m
Distance : 12 km
Je démarre de la Flogère, un joli petit coin perdu provençal en début d'après midi sous un beau temps mais avec des nuages sombres en formation. L'objectif est d'aller rejoindre la crête des Planes qui semble accessible par un passage dans la chênaie entre deux barres. Comme d'habitude j'utilise les vieilles cartes IGN et je sais bien que dans ces secteurs les anciennes petites sentes figurées en pointillé sont aléatoirement encore existantes. Mais c'est aussi le jeu d'essayer de les retrouver.
Une belle bâtisse déserte et isolée.
Je pars plein Ouest et avec beaucoup de concentration, je devine assez bien la première partie. La campagne est verdoyante, paisible et déserte. Puis, la pente se redresse et j'entre dans la jeune chênaie.
Où est la sente ?
Je commence à tournoyer pour tenter de deviner le cheminement probable de la trace se confondant aussi avec les coulées des animaux. Rien n'y fait et je suis finalement perdu dans une sorte de jungle où la progression (en short) devient laborieuse.
J'avais bien pris quelques derniers repères avant les arbres, pour ne pas me diriger vers les zones impraticables de la crête. J'ai vraiment l'impression de ramer sur les dernières centaines de dénivelée mais en raisonnant mon impatience, je finis, moyennant quelques crapahuts rocheux et boisés, par sortir dans la bonne zone. Je découvre au passage quelques magnifiques pieds de la rare et fameuse Pivoine voyageuse en pleine floraison.
La pivoine voyageuse
1 h 30, et bien je me demande comment j'ai pu maintenir du presque 500 m/h dans cette montée champêtre en pur hors sentier au cours duquel je me suis légèrement déshydraté.
Cette montée est la clé de ma boucle puisqu'elle me permet de parcourir ma première crête. En sud, celle-ci donne un paysage ouvert sur des alpages.
Le Roc de Gloritte et au fond la crête et le sommet de Lure.
La progression, toujours sans sentier, est alors une formalité. Rapidement je passe le Roc de Gloritte, le point culminant puis je descends sur le premier col (qui sépare les deux premières crêtes) avant de remonter environ 250 m sur le point culminant de la crête de l'Âne. Les rideaux de nuages aux franges noires barrent maintenant le soleil, un peu de vent vient me refroidir.
La parcours des premières crêtes.
Le ciel s'assombrit, vue sur Lure, versant nord.
Sur la crête je retrouve une flore du calcaire remarquable ( tulipe australe, fritillaires du Dauphiné, gentianes bleues, gagées…).
Tulipes australes.
Je descends sur le col St Pierre et trouve le moyen de prendre une sente horizontale au lieu de grimper tout de suite. Allez, zou, ma rêverie va m'obliger un petit coup de garrigue vierge supplémentaire pour rejoindre la crête du col de Branche : séance d'auto-flagellation aux genêts pour ma pénitence. Non, c'est franchement intéressant et dépaysant.
La fin de la première étape.
Il me reste, sous les premières gouttes, à traverser la bosse appelée sommet des Bayles et juste dessous trouver le dernier col où je vais me poser et où j'espère réel le point d'eau. La première averse me cueille au sommet. Sur la carte, un bon sentier en rouge indique la descente de la crête à ce niveau mais nenni, je ne vois rien. Je poursuis avant de descendre à l'instinct et gagner les bois, dans une belle ambiance sombre et humide. Je tombe alors pile sur une flaque d'eau alimentant une auge boueuse.
Du col semi-boisé, je cherche en vain la fontaine indiquée, la flaque que j'aurais bien eu du mal à trouver si je n'étais pas tombé dessus par hasard est bien le point d'eau indiqué. L'eau coule faiblement vers la boue, la petite flaque est bien une source. N'ayant pas le choix, je fais le plein d'eau en écopant la surface avec ma popote. Dans le doute, ça me coûtera 2 comprimés de micropur.
Il est temps de planter l'abri dans un très joli cadre plein de charme et désert. Quel bruit au soir et au petit matin : les oiseaux, les cris de plusieurs brocards délimitant leur fief, les mitraillettes du grand pic noir…mais quelle paix également !
Bivouac *****
Jour 2 :
Col de la Garasse (1352) – Crête du Travers – Sommet de la Platte (1482) – Col de Blauri (1370) – Col de St Pierre (1269) – Mont Burlet (1414) – Pic de St Cyr (1365) – Crête de St Cyr – Antonaves (670) – Col de St Pierre (1269) – Col de Blauri (1370) – FLogère (660)
Temps : 6 h 30.
D+ : 1000 m
D- : 1700 m
Distance : 22 km
Après une très bonne nuit, je démarre vers 9 h moins 20 sous le ciel bleu. Matériel humide sans plus.
Je remonte sur la très charmante crête semi-champêtre du Travers (3,5 km) et la poursuis jusqu'au bout, au sommet de la Platte. La vue domine toute la vallée, entre Laragne et Sisteron.
Début de la crête du Travers.
Deux boucs sauvages mais des chevreuils ont détalé plus vite avant.
Les Pivoines.
Asphodèles
A la Platte
Je descends en hors sentier jusqu'au col de Blauri où se trouve une intersection de pistes puis un très joli passage dans une grande chênaie pour rejoindre le second col et remonter au pic de St Cyr où je fais une pause. Perpendiculairement, en face, s'étend toute la crête de Chabre parcourue l'automne dernier.
Jolis passages dans les bois.
La crête de St Cyr (2,2 km) est avalée en 25 min. Au bout, je pensais emprunter une sente menant directement au-dessus d'Antonaves par l'Est mais c'est un beau sentier indiqué par des beaux panneaux qui m'invitent à descendre plein Ouest, par l'Ourse, et me font faire tout le tour de la base de la montagne et me descend encore plus bas sur Antonaves. Entre la carte et le terrain, plus rien ne correspond en ce qui concerne l'itinéraire.
Antonaves depuis la crête de St Cyr
Je retrouve quand même des indications pour rejoindre, à flanc, sous la barre calcaire de la montagne de St Cyr cette fois, le col de St Pierre par lequel je suis obligé de repasser. Il fait chaud et je ne peux attendre d'être au col pour casser la croûte vers 13 h au cours de cette remontée de 700 m.
Du col de Blauri, la descente sur la Flogère par le PR sur piste est évidente mais longue : un VTT serait vraiment le bienvenu.
Bilan :
Un petit tour superbe d'un jour et demi avec du beau hors sentier (34 km, 2350 m) : 4 crêtes (plus de 10 km), 6 petits sommets, 8 passages de cols font découvrir la beauté printanière d'un secteur plus désert et aussi sauvage que certains massifs plus prestigieux. Rencontre nez à nez avec des brocards, des boucs sauvages, flore remarquable tout le long…
De la montagne à vache, mais attention, le hors sentier végétatif vous plonge dans la grande verte mais peut devenir délicat et demander une certaine ténacité. Et on ne peut plus vraiment compter sur les cartes en ce qui concerne bon nombre d'indications…ce qui rajoute avec bonheur un soupçon d'aventure.
















