Une boucle au pays de Lure, 6 Muls, 27 et 28 novembre 2010
par Isa le 30 novembre 2010. Classé dans: Randos MUL.
Initialement prévue pour la Montagne de Lure, la randonnée s’est finalement orientée pour un tour sur le GR 6 et PR d’après une proposition de Chibani84. Effectivement la météo très incertaine de ce wee kend avec l’annonce de la neige, nous a poussés de façon raisonnable vers des altitudes plus basses et ainsi moins d’enneigement et des températures plus clémentes bien que négatives !
Départ Forcalquier, Fontienne, Saint-Etienne les Orgues, Lardiers, Limans et retour sur Forcalquier soit une boucle attendue de 40 kms.
Jour 1 : Forcalquier – Fontienne – St Etienne les Orgues – Les Lardiers
Dist : 24 km
D+ : 850 m
D- : 600 m
Temps : 6 h 45
Nous étions parfaitement synchros ce samedi matin glacial (-10°C) pour 9h00 à Forcalquier. Les Hauts-Alpins ont fait la route le matin tandis que Boucherhônnais et Vauclusien avaient prévu un premier bivouac la veille au soir sur place.
Les présentations faites : Chibani84, Ramirez, Guybrush84, Didoenrando, Fab05 et Sirac, nous sommes prêts à partir mais déformation MUL oblige, Guybrush84 sort le peson et tout le monde passe au contrôle de la pesée des sacs avant toute chose. Les premiers commentaires fusent : il y a un intrus qui émarge avec un sac de plus de 10kgs, mais comme le MUL est tolérant, le boumulet sera bien évidemment des nôtres !
Sac à dos épaulés, lacets gonflés à blocs, bonnets jusqu’aux oreilles, nous traversons le village direction le départ du GR6 vers Fontienne.
Le pas est aussi dynamique que la température est négative. L’émulation de cette rencontre donne un rythme soutenu pour les premiers kms de cette randonnée ; et à la première pause l’on s’effeuille : les bonnets sont rangés, les couches et sous couches sont remisées dans les sacs.
L’itinéraire est contrôlé par Chibani84 et Fab05, cartes en main et vérifications fréquentes, nous nous enfonçons dans la garrigue provençale en toute sérénité.
Le temps est couvert et reste menaçant de neige mais il y a aussi l’intérêt d’éprouver le matos dans des conditions hivernales et températures « ultra négatives ».
Nous quittons Forcalquier.
Une montée de quelques centaines de mètres permet d’embrasser tout le paysage.
Les mourres saupoudrées
Le paysage est collinéen et saupoudré d’une fine couche de neige laissant toujours à vue le thym, la sarriette et autres arômes provençaux.
C’est dans cette ambiance détendue que notre petit groupe avale les bornes en toute facilité et il est déjà l’heure de la pause déjeuner ; il est 12h45 et nous sommes à Saint-Etienne les Orgues.
Saint-Etienne les Orgues.
C’est à l’abri du lavoir communal que nous nous restaurons. Et là c’est la découverte de « nos alimentations mul » respectives et un premier grand moment de rigolade quand Didoenrando nous sort 2 magnifiques parts de pizza et le quart de tomme du Queyras. Il nous expliquera s’être préparé qu’au dernier moment en raison de contraintes professionnelles et donc d’avoir quelque peu négligé la préparation des rations culinaires (c’est ça…c’est ça…).
Repas froid (MUL ?)
Chibani84 prend le temps de faire bouillir de l’eau pour sa purée et son petit café de fin de repas, alors que le reste des participants se contente de manger froid. Le temps du repas reste un espace privilégié d’échanges de trucs et astuces gastronomiques qui permettent à chacun de s’emparer d’idées pour sa prochaine randonnée. On croit que nos rations sont celles qui nous conviennent le mieux or l’Autre randonneur nous fait partager des préparations qui pourraient aussi nous convenir une autre fois.
Nous repartirons ¾ d’heure plus tard, direction Lardiers pour le bivouac.
Notre objectif étant d’arriver au moins avant 16h00 et la tombée de la nuit. Mais qu’il est dur de marcher sur la digestion ! Le froid nous saisit légèrement mais le temps n’est pas plus menaçant que prévu.
La traversée du village de St Etienne est l’occasion pour moi de visiter les toilettes publiques alors que les garçons font le point sur le topo ayant déjà fait le point avec leur vessie ! ! !
Pas violente la marche, et ça veut arriver avant la nuit…
La montée à flanc de la montagne de Lure
Sont pas beaux les mulots avec leur maison sur le dos, comme des escargots ? Y-en a même un qui porte une gaufre.
Nous atteignons Lardiers juste avant 16h00 accompagnés de petits flocons de neige qui semblent indiquer un bivouac « on the neige ».
Avec Didoenrando et beaucoup d’humour, nous trouvons que la fontaine et le lavoir couverts à l’entrée du village abriteraient parfaitement 6 muls pour la nuit…
Non ! il nous faut trouver un emplacement en dehors du village. C’est après 1,5 km supplémentaires que nous choisissons un sous-bois de chênes pour planter le camp. Il était temps car sur cette première journée les jambes commencent à tirer, Ramirez et Guybrush84 étant les moins entraînés pour des étapes de plus de 15 km/jour.
Les tentes poussent sous la fine couche de neige du jour comme des champignons coloriés entre différents tons de vert et un orange très orange.
Que c’est sympa de voir tant de garçons organisés, méthodiques, efficaces pour établir le camp et présenter leur équipement de nuitée de la mono-paroi en passant par le matelas et sac de couchage. De mon côté, je trouve que la neige tombe de plus en plus et craint pour le froid de la nuit.
Le jour tombe, pas évident de trouver un coin de bivouac.
les MULs s’adaptent au terrain et le camp est monté plus vite que chez les militaires.
Et si l’on faisait un feu de bois, maintenant que tout est prêt pour la nuit, mais il fait déjà nuit alors qu’il n’est que 17H30 !
Apéro au coin du feu !
Merci Chibani84 pour ce délicieux vin chaud et cette pâte de coings, c’est le débriefing de la première journée, faut-il vous dire que nous avons fait une première petite déviation variante par rapport à l’itinéraire prévu sur carte ? ? ?
Que nenni, c’est l’heure de souper.
Au menu ce soir, nous aurons Floraline sur réchaud à gaz, Soupe de tomates et pâtes 3mn sur réchaud à bois et boîte de conserve (ouh !) et mini casserole sur P3RS. Les différents modes de chauffe sont représentés, et décortiqués entre avantages et inconvénients, le spork est ultra mode pour ce soir et le vin rouge coule à flots de la poche à vin de chez AD.
Une poire et un genépi servent de dessert pendant que Ramirez nous fait une démo de sèche fesses à la flamme. Fous rires et phrases cultes ponctuent ce moment de partage.
Il neige, bon moment au bord du feu qui réchauffe (notez la main qui « revient »)
Les commentaires sont ouverts !
Et pourtant il y aura des drames au tour du feu de bois : un Arkmat transpercé et un spork jamais retrouvé au matin !
Il neigera tout ce début de soirée et les tentes commencent à se charger mais les températures ne se négativent pas. Il est environ 19H00 quand les couche-tôt se glissent dans les duvets alors que les plus bavards s’animent autour du feu.
Les tentes seront recouvertes de neige mais au matin vent et douceur n’ont pas permis une grosse épaisseur.
La nuit commence de bonne heure à l’hiver venu et elle est longue…
Personne ne se plaindra du froid à croire que le matos est au top à moins que les températures aient été trop clémentes pour 6 randonneurs éclairés. Il neigera à priori la moitié de la nuit et le vent se lèvera par rafales déchargeant la neige des arbres sur nos abris sans dégâts constatés mais justes condensés au petit matin!
Jour 2 : Les Lardiers – Rocher d’Ongles – Limans – Forcalquier
Dist : 27 km
Dénivelés similaires au jour 1.
Temps : 8 h 30
Dimanche 8h00, le groupe se lève après une nuit de presque 11 heures, y-a ceux qui déjeunent dans la tente, celui qui range tout et déjeune après et y-a aussi celui qui a juste le temps de boire un café les yeux rougis de sommeil. Quelqu’un a scié du bois toute la nuit, vive le mode quiès.
Nous nous éloignons vers le retour et l’on marche dans 10 cm de blanche poudre, les pieds sont humidement froids.
L'objectif de la journée est le village de Limans par celui des Ongles pour finir tranquille à Forcalquier.
Disons que nous nous sommes légèrement égarés en contre sens, bref nous rejoignons directement le hameau du Rocher des Ongles et c'est par un petit bout de départementale que nous rattrapons le GR pour filer droit sur Limans.
Petite couche de poudre agréable au départ.
Le Rocher d’Ongle.
Sur cette portion de goudron nous croisons 3 chevreuils bien malgré eux indiqués par un panneau du code de la route.
Il est 11h30, rassurés de l'itinéraire, l'on s'accorde la pause casse-croûte, et à nouveau un déballage de casserole, de bouilloire, du café à la tisane de thym assez chère à Fab05 (qui se rattrape : t’en auras plein au bivouac qu’on disait…), les muls ne se refusent rien !
Et l'on repart plus léger du sac à dos mais lourd de l'estomac. Il reste encore une dizaine de kilomètres et la boucle sera bouclée.
Et bien c'est trop court pour notre groupe à croire que nous ne voulions plus nous quitter, nous avons rallongé le tour, au point de sortir boussole et compas pour se diriger plein sud.
[…]
Disons qu’il a été décidé sur place d’emprunter des petites variantes. Hélas, sortis du sentier balisé, il faut s’en remettre aux éditions d’IGN qui indiquent des sentes qui ne sont plus sur le terrain mais à l’inverse d’autres non indiquées sur les cartes et que l’on emprunte avec négligence. Au point clé, pas de repérage ni rigueur, la boussole n’a pas été utilisée… il n’y a qu’un seul sentier, ce ne peut-être que celui-là… cela a quand même donné du piment à la rando tout en étant formateur.
Nous arrivons tout de même à Limans vers 14H30, non sans avoir agréablement parcouru de belles portions hors sentier et ainsi goûté au plus profond du pays de Giono. Mais il faut finir pour 17h00, que les derniers kilomètres semblent longs quand l'on repart sous la pluie, les pieds mouillés et les jambes qui flageolent sans parler de mon épaule qui me tiraille une nouvelle fois !
Une belle partie de hors-sentier : en avant plein Sud !
On va bientôt tomber sur GR.
Limans n'en demeure pas moins un bien joli village aux murs de pierre et volets bleu charrette.
La fin du GR est parfaitement indiquée et le sentier bien marqué par quelques montées. Restent en tête Didoenrando, Chibani84 et Fab05, à mi-file, je surveille au loin les premiers et garde un regard attentif sur Ramirez et Guybrush84 qui tardent un peu sur cette dernière partie mais bavardent beaucoup aussi. On est parti à 6 ce serait dommage d'en perdre un ! Une chose est sûre, bien qu’ayant failli embarquer au passage une progéniture de cabot, me rappelle Fab05, c'est qu'on ne reviendra pas plus nombreux, aucune rencontre de randonneur en 2 jours.
Au dernier petit village de Ybourgues, le groupe se recompose pour une ultime descente suites de rampes vers Forcalquier.
Alors que je prends le chemin pour une fois en tête, le doute m'envahit au croisement du GR et de la route départementale: je suis seule ! J'ai perdu tous les garçons.
Les minutes sont longues et voilà que je les vois débouler 200 mètres plus haut : ces Messieurs ont encore une fois rallongé la randonnée. A bavarder, ils ont tout simplement manqué le sentier à trait blanc et rouge !
Beauté des murs en pierre.
Nous quittons Ybourgues, dernier hameau avant Forcalquier.
No comment, nous nous dirigeons rapidement vers la fin de notre tour sous une pluie qui devient insistante et froide.
Le sentier n'est qu'une succession de raidillons et de descentes casse-pattes qui plus est enneigés. Forcalquier apparaît enfin juste au jour tombé. Une ultime montée (y-a plus de montée, quelqu’un a assuré) et c'est gagné !
La neige fond dans le lavandin, il pleut.
Bon, ce n’était pas tout à fait 2 km qu’il restait. Quoi ils n’ont pas précisé non plus que ça remontait ?
Sous la pluie et une faible luminosité (que ne rend pas le numérique), Forcalquier apparaît dans les brumes !
Il fait juste nuit quand nous atteignons le village, face au viaduc.
Nous rejoignons les voitures, il est 17h30 mais la journée n'est pas terminée, les trajets de retour sont encore à négocier.
Au final de cet itinéraire ponctué de quelques imprévus pimenteux, c'est un peu plus de 50 km et 15h00 de marche mais rien n'est plus important que de s'être rencontrés et de se promettre de recommencer.
N'est ce pas ?
En conclusion, je décernerai à titre très personnel, à nos camarades Ramirez et Guybrush84, un spork d'or pour leur performance compte tenu des kilomètres et des conditions climatiques car ils n'ont jamais perdu leur sens de l'humour ni leur sourire.






















