Crête de Chabre – Gorges de la Méouge

par Fab le 5 octobre 2010. Classé dans: Non classé.

C'est un week-end détente dans le Laragnais pour réaliser une boucle consistant à parcourir une longue crête provençale et terminer le long des célèbres gorges de la Méouge.

La crête de Chabre se déroule de Laragne jusqu'au col St Jean, dans la Drôme, sur plus de 17 km. Ayant déjà parcouru la dernière partie lors du tour des Baronnies du Buech, nous la visitons sur plus de 9 km depuis l'ouest.

Alors que les couleurs apparaissent à peine dans le nord du département, en revanche, dans le sud, l'arrière plan flamboyant ne sera pas encore au rendez-vous en ce début octobre.

 

Jour 1 (2/10) : Le Moulin (au-dessus, 600 m) – Crête de Chabre (1350 m) – Col de St Ange (1238 m) – Col de la Croisette (927 m) – Barret sur Méouge (650 m).

D+ : 950 m
D- : 870 m
Dist. : 21 km

A 2 km au sud de Laragne, une piste carrossable monte 50 m au-dessus du lieu-dit le Moulin. De là, nous démarrons sur une sente caillouteuse vers 9 h 30. La température est idéale. Le ciel est bleu mais l'atmosphère encore pisseuse. Ce ne sont pas encore les vraies et les belles conditions d'automne.
 

Le Buech
 

La Mulette
 

En 1 h, par Piloubeau, on rejoint le début de la crête de Chabre. A cheval entre le Val Céans et le Val Méouge, la vue est dégagée et le cheminement facile; ça sent bon le thym qui est omniprésent.
 

 

Le début du parcours est gâché par un spectacle affligeant. Nous tombons sur une battue. Dans le versant nord, en contrebas, dans les feuillus, les hurlements des chiens surexcités à la poursuite de l'animal blessé, une demi-douzaine de chasseurs couleur fluo courant dans tous les sens dans le même état que leurs chiens, avides de mort. Une partie est postée sur la crête prête à achever l'animal s'il arrive au pied, l'autre partie suit péniblement les chiens qui harcèlent à mort l'animal.
Un "il est mort ! Il est beau !" clôture la scène barbare d'un autre âge. Une vraie chasse sportive et loyale ne laissant aucune chance à l'animal. Les chasseurs du haut rejoignent alors leurs 4X4 garés en bout de piste, 20 m sous la crête. Quel beau sport !

Le point négatif des randos d'automne, il faut bien le reconnaître, est en effet l'omniprésence de ces tueurs frénétiques et le danger de se faire descendre est bien réel sur les nombreux sentiers boisés.

La crête se fait plus sauvage et, en versant nord, elle devient très gazeuse. Nous mangeons au point le plus haut avec un recul important sur le Dévoluy, les Ecrins, le Parpaillon…
 

La falaise est très abrupte.
 

Une magnifique touffe d'Hysope (Hyssopus officinalis canescens) mais respect car elle est plutôt rare dans ces lieux comme dans tout le sud du département et en France en général.
 

 

 

La suite de la crête est plus champêtre avec un milieu qui se referme assez sur le sentier. Nos cuisses dénudées s'auto-flagellent dans le buis et autres genêts. Il fait plutôt chaud mais ce n'est rien si on s'imagine être ici en plein été.
Au col St Ange, nous rejoignons le GR946 du tour des Barronnies (tout court); il descend sur Orpierre. C'est l'occasion d'avoir un recul sur les deux dernière étapes de notre tour du Buech (Ste Colombe, Orpierre, Trescléoux, Beaumont et Serres).
 

Au col St Ange
 

Une descente d'à peine 1 h 30 nous amène à Barret sur Méouge via le col de Croisette. Il eut été possible de poursuivre la crête (boisée) depuis le col St Ange jusqu'au pas de Ste Colombe avec un retour par une piste équestre, ce qui représente un détour de 4,5 km.

Au village, nous trouvons déjà fermé le camping éventuellement envisagé. Nous trouvons de l'eau pour la première fois sur la place du village. Je remplis ma poche à vin de 5 l et nous allons nous installer assez loin au bord même de la Méouge. La tente est plantée sur un plat en limon mais l'ancrage des piquets est très précaire.
 

Petit endroit tranquille au bord de la Méouge.
 

L'eau est douce pour la toilette, la Méouge est connue pour être un lieu de baignade l'été. Sous le soleil, cette fin de journée est très agréable et paisible. Mais la nuit tombe tôt, nous cuisinons au réchaud à bois et terminons dans l'obscurité avec une décoction excellente de thym avec un brin d'hysope.

 

Jour 2 :  Barret sur Méouge (650 m) – St Pierre d'Avez – Gorges de la Méouge et Pont Romain (550 m) et Pommet – Piloubeau et retour.

D+ : 720 m
D- : 720 m
Dist. : 16 km

La température ne descendra pas en-dessous de 6-7 °C mais il y a une certaine humidité avec la petite ondée pluvieuse de la nuit.

Nous ne nous pressons pas mais le soleil ne débouchera pas avant 9 h. J'avais envisagé faire un détour par le col de Branche au sud avant de redescendre su St Pierre d'Avez car l'étape est modérée. Mais de la crête de Chabre, en face, l'itinéraire boisé avec pas mal de piste, sans couleurs et certainement rempli de chasseurs au matin, ne m'a pas paru si intéressant.
 

Le soleil tarde à paraître.
 

 

Cette seconde étape réduite de 12 km et de 850 m se réduit alors une belle flânerie de 16 km par les gorges de la Méouge qui débutent une fois dépassé le dernier petit village de St Pierre d'Avez. C'est 5 km d'un beau sentier à l'ombre qui monte et descend sans cesse. Le chêne et le buis sont bien moussus par endroit. Un seul arbuste est en feu, il s'agit du beau cotinus coggygria ou arbre à perruque.

En face, c'est la route des gorges mais l'ambiance reste intéressante avec de beaux points de vue : Roche coupée, Roc de l'Aigle. Nous mangeons avant d'atteindre le Pont Romain (et son parking) afin d'éviter la gente dominicaine se faisant, évidemment, de plus en plus présente à son approche.

 

Le Roc de l'Aigle
 

Cotinus coggygria (anacardiacée)

 

Des plis intéressants
 

Après un joli méandre en cirque, le Banc du Bouc, on atteint le très beau secteur des cascades du Pont Romain mais très fréquenté, surtout pour la baignade l'été. Nous flânons, c'est le début d'après midi.

 

 

Le Pont Romain
 

Il nous faut ensuite remonter en face par une petite route jusqu'à Pommet puis par une longue piste jusqu'à rejoindre Piloubeau et retrouver la descente des 1600 mètres de sentier commun à l'aller et au retour.

Cette partie sur piste dans la pinède, il faut bien l'avouer, est strictement dénuée de tout intérêt si ce n'est pour s'entraîner à l'usure (du bonhomme et des chaussures) ou procéder à une expérience de déshydratation en milieu xérique. Mais il faut bien rentrer et terminer la boucle.

En milieu d'après-midi, nous terminons ce circuit sympathique au dénivelé très modeste (moins de 2000 m) mais d'une distance proche de 40 km.

 

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