Crête des Vosges, de Metzeral à Thann en 2 jours

par Fab le 5 août 2010. Classé dans: Randos MUL.

En "passant", me voici sur un bout de GR 5 sur la crête des Hautes Vosges où je n'avais jamais mis les pieds.

Je suis parti de Metzeral pour rejoindre Thann en 2 jours, du 31 juillet au 1er août.
J'ai parcouru environ 55 kilomètres pour environ 2500 m de dénivelé. J'ai démarré avec un sac d'environ 7 kg avec nourriture et à bloc en eau (2 litres).

Dans le secteur, impossible de trouver le moindre topo mais j'ai quelques feuilles IGN 1/25000 même si elles ne comportent aucun itinéraire particulier et surligné.
 

Jour 1 : Pont (497 m, Steinabruck) – Le Honneck (1363) – Kastelberg (1350) – Rainkopf (1305) – Rothenbachkopf (1316) – Batteriekopf (1311) – Le Schweisel (1271) – Col d'Hahnenbrunnen (1186) – Markstein (plateau d'avant, 1160 m).

D+ : 1500 m
D- : 800 m
Dist : 23 km

Je me rappelle qu'on est entre l'Alsace et la Lorraine et tout de suite je pense aux amis de Lyme rencontrés début juillet dans la Drôme. Je m'arrête à la pharmacie de Metzeral où les tires-tiques et autres répulsifs sont directement devant la caisse…ça en dit long sur le problème. La pharmacienne : "Oh, il y en a énormément, ils attaquent aussi par le haut depuis les arbres". Ma toute nouvelle psychose se métamorphose en névrose (même si le coup des arbres est faux).

Il fait grand beau et il n'y a pas la chaleur que je craignais. A 9 h 30, la montée commence par une longue piste à l'ombre d'une belle forêt. Je suis déjà dépaysé.
Je commence par louper le premier lac (Fishboedle) en passant juste dessous et en allant un peu trop loin (aucun signalement). Le sentier poursuit en montant enfin un peu. La roche est granitique, la forêt est bien verte avec de jolis petits coins humides et moussus.
J'arrive au second lac (Schiessrothried), lui aussi entouré de forêt puis le terrain est enfin à découvert mais la température reste idéale. J'atteins la crête et le Honneck avec pas mal de monde.
Je poursuis vers le Kastelberg en quittant le GR pour prendre le sentier des névés. Je m'arrête pour manger. Mon pain de mie Harrys est délicieux même si quelques tranches ont été grignotées par une souris à travers le ziploc (chez moi).
 

Le départ dans la vallée de Munster
 

Le lac Fischboedle
 

Les arbres sont friands de panneaux
 

Lac de Schiessrothried
 


Sur la crête
 

Au-dessus du second lac
 

Ravin de Wormspel, après le Honneck, un soupçon d'Alpes
 

La belle digitale pourpre
 

Que de forêt !

Au refuge Rainkopf, il y a une fontaine bienvenue car après l'eau se fera bien rare. Dans une série de petites montées et de descentes sur les chaumes comme on dit, j'enfile quatre petits sommets au nom imprononçable. Par moment, quelques panneaux viennent indiquer des horaires incohérents.
 


Machin…kopf
 

Truc…kopf, encore une belle chaume
 

La vallée de Munster
 


Après les trois têtes (kopf)
 

Une étonnante reprise

Au col d'Hahnenbrunnen, il y a une autre fontaine, fort bienvenue pour le bivouac. Je vais sur le Markstein et en traversant un vaste plateau herbeux, je quitte le sentier et commence à chercher un endroit de bivouac en me dirigeant au bord d'un thalweg plongeant pour y trouver, d'après la carte, le début d'un cours d'eau.
En descendant, je le trouve mais je n'insiste pas : les herbes sont hautes et il semble malaisé de se laver sans s'exposer aux tiques. J'ai assez d'eau pour cuisiner et me laver. Je remonte et trouve, près d'un hêtre isolé, un splendide coin de champ tranquille avec vue portant au loin.
Le soleil est encore un peu haut, il fait chaud. J'en profite pour pendre mon "cameldouche" et je me prends une bonne douche savonneuse avec 40 cl d'eau.
L'arbre me fournit les branchettes bien sèches pour le réchaud à bois. La soirée est très belle et la nuit sera excellente.

 

Coucher de soleil sur mon ombre
 

Jour 2 : Markstein (plateau d'avant, 1160 m) – Markstein (1200) – Marksteinkopf (1241) – Hundskopf (1237) – Storkenkopf (1366) – Col de Haag (1233) – Le Grand Ballon (1424) – Col Amic (828) – Col de Silberloch (906) – Molkenrain (1125) – Camp de Turenne (822) – Camp des pyramides – Thann par le vallon de Grumbach (337)

D+ :  950 m+
D- : 1730 m
Dist : 32 km

Quelques nuages au petit matin mais la journée sera belle. Je pars vers 8 h, je passe devant  la ferme Stainlebach et je cherche en vain une source indiquée sur la carte au nord et au pied du Trehkopf avant d'arriver rapidement au Markstein où je me ravitaille en eau avant de poursuivre sur la crête.
 

Au petit matin

A partir de là, si on suit bêtement le GR, on traverse à flanc en loupant les bosses et au-dessus de la route bruyante et omniprésente, hélas.

Plus loin, sous le Storkenkopf, embarqué sur une piste joliment boisée mais qui passe dessous pour rejoindre directement le col de Haag, je décide, pour ne pas louper le sommet, de remonter sur la crête en coupant dans la belle forêt de feuillus. Sans repères, sous les arbres, j'arrive à "me perdre" quelques instants, l'occasion de calibrer la boussole de ma montre et de l'utiliser pour la première fois afin de me retrouver.
Je passe donc par le sommet Storkenkopf (1366), le dernier avant le Grand Ballon, ce qui permet d'en apprécier la vue avant d'y accéder.
 

Depuis la descente du Storkenkopf sur le col de Haag, le Grand Ballon (1424 m)

Le Grand Ballon, premier nom enfin prononçable, est le point culminant des Vosges mais il porte bien son nom avec son gros ballon blanc d'observatoire perché au sommet.
Du monde, naturellement : route, restaurant juste dessous, etc…. Il est midi pile, je mange au sommet.

Thann est encore loin (environ 20 km) et à partir de là, on est en proie à un réseau dense et labyrinthesque de sentiers et de pistes. Le fond de carte n'est d'ailleurs qu'un vaste réseau sanguin de traits noirs.
Sur le terrain, la signalétique est hallucinante d'incohérence et si trompeuse qu'on se perdrait moins si elle n'existait pas. ça commence par des noms de destination qu'on ne lira plus jamais par la suite, remplacés par d'autres, des Thann par ici, des Thann par là-bas… Si on rajoute le fait que la carte n'est pas à jour à certains endroits, je me retrouve à la sortir un millier de fois, à chaque nouvelle intersection, c'est à dire toutes les 5 minutes.
Las d'essayer de me repérer, c'est un peu au petit bonheur la chance que je m'en remets aux indications qui, certes me ramèneront à Thann, mais au prix de petits détours involontaires de plusieurs km. Bref quand on ne connaît pas et qu'on n'est pas habitué à un tel réseau de sentes et à toutes ces forêts sans repère…
Du Col Amic jusqu'à Thann, c'est donc un long parcours pommatoire qui rend la fin assez laborieuse. Je suis passé par le col de Silberloch alors qu'il eut été possible de couper plus court de 2,5 km. Mais le sentier, bien que non loin en dessous de la route (qu'on ne voit pas mais qu'on entend) fait une magnifique traversée dans les bois. Il remonte ensuite une dernière fois sur la crête du Molkenrain où, à proximité d'un refuge, coule très peu une fontaine.
 

A un croisement, pas moins de 7 à 8 multi-directions !
 

Sous le Molkenrain
 

La fin des crêtes (des Vosges) mais Thann n'est pas encore tout près
 

C'est après une belle marche, en fin d'après midi, que j'arrive à Thann par le vallon de Grumbach (oui, je sais, là encore il y avait plus direct). Le lendemain, il plut toute la journée.

Un peu de tourisme à Thann avec la Collégiale de Saint Thiébaut …
 

 

Une vie biblique racontée par 150 scènes et 500 sculptures
 

 

Conclusion

Deux journées merveilleuses pour un beau dépaysement dans ces Vosges sacrément vertes et boisées.
Comme son nom l'indique la route des crêtes passe sous les crêtes ce qui est fort dommageable pour le plus gros relief des Vosges. Le GR la rejoint plusieurs fois mais autrement les sentiers sont toujours très beaux, très souvent à l'ombre de jolis bois paisibles.
L'accès possible en voiture permet à la foule d'accéder aux divers sommets en quelques minutes mais sur les sentiers du parcours, je n'ai rencontré quasiment personne.
Le dénivelé est bien sûr très modeste mais les distances ne sont pas négligeables.
Quant à la signalétique et les topos, il y a du boulot…Le cheminement du GR5 dont la signalisation est variable et aléatoire n'a  aucune élégance par endroit et il convient souvent d'emprunter des variantes si on veut parcourir au mieux et totalement les crêtes.
C'est une première balade dans ce secteur et il était logique de parcourir cet itinéraire classique mais, en connaissant mieux, je ne doute pas que l'on puisse trouver bien d'autres itinéraires magnifiques pour parcourir le plus sauvagement possible ce massif.
 

1 Réponse à Crête des Vosges, de Metzeral à Thann en 2 jours

  1. Hélène180

    J'aime beaucoup ce que vous faites. Vos récits, vos photos, vos voyages résument votre passion.
    De mon côté, je vais découvrir cette autre façon de "randonner".
    Bonne continuation. Dans l'attente de vos prochains écrits……….
    Hélène