Tour des Baronnies du Buech (3 au 7 juillet)
par Fab le 27 juillet 2010. Classé dans: Non classé.Des mots qui sentent bon le dépaysement, encore dans les Hautes Alpes mais un passage dans la Drôme. C'était un projet de printemps avorté pour cause de météo puis de blessure. C'est donc en ce début juillet, que nous réalisons ce tour.
Ce n'est sans doute pas la meilleure période comme on le verra mais cela permet à ma compagne de m'accompagner.
Ce tour, valorisé par la FFR dans son récent topoguide (2009), "les pays du Buech à pied", est classiquement décrit en 7 jours de gîte en gîte. Nous voulons le faire en totale autonomie en 5 jours.
Avec environ 110 km et un peu moins de 6000 m de dénivelé, il parcourt l'étage des collines avec un point culminant à 1544 m.
Nos sacs, qui, de base, pèsent environ 4 kg, donnent 8,5 kg maximum environ au départ avec nourriture pour 4-5 jours et à bloc en eau.
jour 1 : Serres (660) – Col de Saumane (1039) – Col d'Arron (1445) – Col des Praux (1252) – Montmorin (755) – Ravin des Essendous (950)
D+ : 1200 m
D- : 900 m
Dist : 23,5 km
Sous un ciel bleu, nous démarrons de Serres (660) à 7 h 45. Après avoir traversé les vieilles rues, il grimpe en 1 h au col de Saumane par une jolie petite crête de Fontarache boisée de chênes et de buis.
Une rue du vieux Serres
ça monte rapidement au-dessus de Serres; à droite la longue crête par laquelle nous bouclerons
De très belles campanules
Du col, il est intéressant de poursuivre sur la longue crête de Serre de la Bouisse jusqu'au sommet du Bonnet Rouge (au-dessus de l'Epine, cf Entre Buech et Drôme).
Nous poursuivons l'itinéraire sur La Montagne à travers des marnes et des pelouses à orchidées. L'eau est assez présente. Ensuite un morceau de route va coïncider avec une chaleur qui forcit. Une pause agréable au pied d'un immense saule et nous poursuivons par une piste puis par un sentier bien boisé et agréable avec torrents pour rejoindre le plateau d'Arron (compter 3 h).
Magnifiques sous bois de feuillus
Les orobanches (fleurs parasites non chlorophylliennes) sont assez abondantes
Nous mangeons au pied du Duffre avant de rejoindre la longue traversée calcaire qui mène au col des Praux (1252). Nous voyons une grande station de la fameuse Pivoine voyageuse (en fruits).
Après le col des Praux, une descente sur piste que l'on peut couper, mène à Montmorin (755). Il fait bien chaud maintenant, nous nous jetons dans une fontaine. Nous continuons l'itinéraire sur le col des Pins (1325) en cherchant un endroit idéal pour bivouaquer. Sur la carte, j'ai ma petite idée. Cette fin d'étape, en montée découverte, à l'heure la plus chaude autour des 15 h, est un peu éprouvante.
Montmorin
Après plus de 20 km, un plaisir simple
En nous désaxant un peu de l'itinéraire, après 7 à 8 h de marche effective, nous débouchons avec bonheur, dans une clairière isolée, en pleine verdure avec eau à volonté.
Notre petit coin sauvage isolé dans la verdure
Nous passerons une soirée excellente après une douche totale au camelback. Les cris des brocards retentissent dans les bois.
Au loin, à l'est, un orage gronde un petit moment mais le ciel, au-dessus, reste limpide.
jour 2: Ravin des Essendous (950) – Col des Pins (1325) – Rosans (710 ) – La Fare (sous les Viarrands, 700)
D+ : 660 m
D- : 880 m
Dist : 20,5 km
Après une bonne nuit, vers 7 h 00, nous reprenons l'itinéraire qui offre un beau final jusqu'au col (380 m, 45 min). La vue s'étend sur la suite de l'itinéraire, le Ventoux ne semble pas loin. En cette période de grosse chaleur, l'atmosphère pisseuse et la lumière ne seront pas propices à de belles photos de paysage.
Mais l'ambiance est bien là, des bois à perte de vue donne vraiment un caractère sauvage, isolé et désert.
Nous descendons par un raidillon pour rejoindre une piste et passer devant une belle bergerie.
Bergerie de l'Essaillon
Le vent se lève et nous rafraîchit. Par une traversée légèrement ascendante, on atteint le col d'Archimbaou (1085). Plus bas, nous coupons dans la pinède puis s'offre à nous une haie d'honneur quand nous coupons dans les genêts fleuris et très odorants.
Passage de rêve dans les genêts
La cloche de Rosans sonne magnifiquement et longtemps comme pour nous accueillir à 10 h 45. Le village est plus vivant, c'est le marché. Nous faisons une grosse pause à la terrasse d'un café, près de la fontaine et achetons un gros melon et quelques pêches.
Rosans
La chaleur bat son plein quand nous poursuivons mais le relief est plat. C'est une partie sur pistes et petites routes désertes pour traverser assez longuement la plaine en passant par le point le plus bas du tour à 556 m. Nous entrons alors dans la Drôme. Le gros melon ballotte, pas très MUL tout ça. Une remontée va nous amener au village improbable de Montferrand-la-Fare après lequel nous mangeons.
Le GR ne suit pas la route mais va longer un torrent dans une pinède coupée à blanc. Il fait très chaud, nous nous rafraîchissons dans l'eau. La fin de l'étape n'est plus très loin car je ne compte pas monter jusqu'aux Viarrands ni au-dessus car je n'y vois pas de lieux de bivouac avec eau.
C'est donc à 700 m près du torrent que nous allons nous installer, en bordure de champ dans l'angle isolé d'un bocage.
Nous faisons une bonne sieste à l'ombre. Quelle paix en pleine nature !
Hélas, c'est au soir qu'un tracteur débarque non loin, sur le champ suivant, pour aérer le foin coupé. Nous ne savons pas si nous sommes au bord de son champ mais l'homme ne semble pas nous apercevoir ou nous ignore. Quand il part, c'est l'heure du repas et nous montons la tente.
Mais voilà, que jusqu'à la tombée de la nuit, un autre tracteur débarque pour faire les rouleaux ! Il nous a vu sans aucun doute mais nous a ignoré. On va dire qu'il s'agit d'une forme d'hospitalité. Il est moins évident en effet, en plaine et en milieu rural, de trouver un coin de bivouac sans être sur une propriété.
Le réchaud à bois Fire Profi 105, idéal pour 2, fonctionne à plein tube
jour 3: La Fare (sous les Viarrands, 700) – Chauvac (830) – Col de la Berche (1206) – Laborel (827 m)
D+ : 1270 m
D- : 1100 m
Dist : environ 22 km
Un peu avant 7 h 00 nous démarrons. Il fait toujours grand beau et la nuit a été particulièrement chaude. Il eut été possible de dormir à la belle étoile torse nu. Le soleil arrive déjà quand nous arrivons au gîte des Viarrands (30 min).
Un joli petit coin discret niché dans la Drôme
Mais la suite va se dérouler à l'ombre dans l'Ubac boisé de la montagne de Chavelière. Sous les Turcs, la végétation est intense et luxuriante, les sentiers disparaissent sous des rideaux de verdure, on est loin du gros GR fréquenté.
Immersion dans une mer de verdure
Les Turcs, une fois dépassés : ruines témoins d'une activité ancienne
Isa au lieu-dit "Le Pas d'Isa" sur sentier précaire
Il ne faut pas se perdre, dans les différentes intersections de pistes et de sente. Un AR à la croix de Roussieux (1268) pour atteindre la crête est possible.
Ensuite, on traverse une magnifique hêtraie pleine de charme avant d'enfin redescendre sur Chauvac où nous trouvons de l'eau.
Après plus de 4 h, nous nous octroyons une grosse pause.
De longues parties boisées désertes et pleines de charme
Paysage agricole Drômois
La suite sera plus pénible car, vers 11 h 30, le soleil tape, il n'y a pas de vent et une piste raide, caillouteuse et plutôt sadique va nous mener en bateau longuement. Elle franchit plusieurs collets, en montagnes russes et nous croyons plusieurs fois être arrivés au col.
A la sortie de Chauvac
Nous finissons par l'atteindre et nous mangeons avant de poursuivre en traversée sur une piste jusqu'à proximité du col de Perty.
Montée rude : longueur, chaleur, quelques raideurs…
De là, nous plongeons dans une pinède chaude, sur une croupe, qui rejoint la route plus bas, quelques instants, avant de replonger par une crête directement sur Laborel, devant la Mairie et sa fontaine dont l'eau, hélas, ne semble pas potable.
Il va falloir trouver un coin, nous poursuivons après le village car les coins prometteurs sur la carte au niveau du village sont trop humanisés et pas isolés.
C'est le pays de la lavande mais toujours pas de lavande fleuries dans les champs. Mais il y a de magnifiques vergers de cerisiers. Le paysage s'est ouvert un peu en descendant : c'est la Drôme, toute verte de champs et de collines boisées.
Des petites routes désertes menant dans divers hameaux ou fermes isolées insoupçonnées.
Nous trouvons un bord de torrent 20 minutes après le village. Il est encore tôt (16 h 00) quand nous stoppons mais voilà près de 9 heures écoulées depuis notre bivouac.
Coin paisible mais attention aux vampires !
C'est dans ce lieu, que je fais connaissance pour la première fois avec la tique. Insouciant, je me promène nu dans les hautes herbes, me douchant sous un arbre auquel j'ai accroché mon "cameldouche". J'en vois une minuscule portant grand intérêt à mon anatomie intime puis le soir sur mon flanc. Prises très tôt, j'eus la chance de les décoller très facilement. Isa, semble quant à elle, immunisée.
A mon retour, j'appris avec horreur les dégâts qu'elles peuvent causer si elles transmettent la maladie de Lyme, d'autant que des premiers cas dans la Drôme ont été détectés. Le pire, c'est que 3 jours après notre retour, j'en redécolle un derrière le genou !
Le soleil tarde à se coucher et c'est le caniar jusqu'au soir. Avec du gros bois, le réchaud à bois tourne à plein régime pour faire bouillir 2 l d'eau en alternative des pastilles.
jour 4: Laborel (827 m) – Col St Jean (1159) – Sainte Colombe (960) – Col de Beynaves (1120) – Orpierre (690)
D+ : 720 m
D- : 860 m
Dist : 19,5 km
Toujours le grand beau. A 6 h 30, la montée se poursuit agréablement mais le sentier est étroitement végétatif, je rafle toutes les toiles d'araignées sur le visage, ce qui en dit long sur sa fréquentation. Puis par une piste et un bout de route goudronnée, toute aussi déserte, on atteint le col St Jean.
Au fond à gauche, la petite pointe (antenne) du Rocher Beaumont c'est pour demain.
Paysage de collines.
A l'ubac d'une crête boisée, le sentier est magnifique et très agréable. Il offre, en un point rocheux, un beau panorama sur la plaine et rejoint en descente le petit hameau blotti contre une colline de Sainte Colombe en passant devant le rocher percé de la Dragonnière (ancienne mine de carbure).
Le Rocher Percé
Sainte Colombe
En fait, on ne descend pas exactement jusqu'au village mais on remonte par une piste au col de Beynaves qui devient subitement plus fréquenté (balades autour d'Orpierre, VTT, petite piste goudronnée pour handicapés…). Nous y mangeons avant de descendre sur le fameux village d'Orpierre. Avant la descente finale, le sentier surplombe horizontalement les gorges de Bagnols.
Nous arrivons vers 13 h mais la halte à ce village était prévue et il n'est pas judicieux de poursuivre la montée plein sud à cette heure. Nous nous posons dans le camping (secteur des grimpeurs, des "pauvres", deux fois moins cher mais 13 euros quand même).
Si nous avons traversé un peu vite les petits villages jusqu'ici, nous allons explorer en détail celui-ci. Il a un riche passé historique et ses vieilles rues intéressantes nous ramènent au moyen âge.
A part quelques pêches et un repas sur la place le soir, nous n'avons pas besoin de nous ravitailler. Demain, l'étape sera plus rude et plus alpine si nous rejoignons directement Serres.
Arrivée sur Orpierre
Visite du vieux village
Un riche passé historique (zoomer).
Haut lieu d'escalade
jour 5 : Orpierre (690) – Crête du Suillet (1324) – Col de Garde (991) – Trescléoux (660) – Rocher de Beaumont (1510) – Serres (660)
D+ : 1660 m
D- : 1660
Dist : 23 km
Encore le grand beau. Nous partons à la fraîche par d'anciennes ruelles pour un sentier raide. Cela nous élève très rapidement au-dessus du village où la vue est superbe. Dans la fraîcheur, la montée jusqu'à la crête Suillet est rapide et agréable, Isa monte très bien cette première côte de 650 m.
Au-dessus d'Orpierre
De la crête, vue sur la grande plaine du Buech
Le sentier suit alors assez longuement la crête boisée jusqu'au col de Garde. En face, le Rocher de Beaumont coiffé d'une antenne nous attend. Du col nous quittons le GR pour un sentier à gauche, plus direct mais plus délicat conduisant au bord de la Blaisance sous Trescléoux.
Il fait chaud quand nous traversons ce village, beaucoup moins touristique, à la recherche d'eau, en vain. Une très gentille postière nous ravitaillera.
Trescléoux, dans le fond, le Rocher Beaumont en haut à droite.
Au centre, dans le fond : Serres !
Jolie petite crête déserte
Trescléoux ! Pour la suite, il faut monter en face, à droite, et rejoindre la crête sous la falaise à l'aplomb du village.
Il est 10 h15 quand nous entamons le "gros morceau" : la montée plein sud de près de 900 m. En plein soleil, sans un brin de vent, le sentier grimpe dans les marnes puis serpente à découvert sous la falaise jusqu'à une brêche (1100 m). C'est un début de canicule en France à ce moment là et sur ces 450 premiers mètres, je vis l'un de mes plus grands coups de chaleur de randonneur. Je m'écroule sous la première ombre que je trouve enfin. Isa arrive tranquillement peu après, semblant moins souffrir.
Début de la montée
L'ombre salvatrice.
Les moutons, même à l'ombre, sont aplatis par la chaleur.
La suite est moins chaude et dès que l'on atteint la crête vers 1400 m, suite à un gros raidillon, on retrouve les bienfaits de l'altitude. Le sommet n'est pas encore tout près, il faut d'abord redescendre dans un bosquet avant de remonter. Isa,derrière, loupe les cairns et je la vois en face, toute petite, s'agitant au-dessus du vide. On en sera quitte pour une bonne inquiétude et quelques cris résonnant dans la montagne pour qu'elle retrouve la trace.
ça va mieux sur la crête
Le sommet est défiguré mais la vue sur la plaine est sympa
Nous sommes au sommet, dans une relative fraîcheur vers 13 h pour manger. Au loin, le village de Serres terme de notre tour.
La suite est un long et esthétique cheminement sur la crête de l'Eyglière mais la chaleur croît au fur et à mesure que le fatidique midi solaire (14 h) approche. Je ramasse un peu de thym frais, toujours d'autant plus odorant qu'il fait chaud.
C'est au bout de la crête que nous tombons en panne d'eau tous les deux. A ce moment là, le sentier plonge raidement et souvent à l'ombre. Mais ça ne suffit pas, l'absence totale du moindre brin d'air m'oblige à m'arrêter quelques fois pour refroidir la machine. C'est ce que j'appelle l'effet "pop corn" ou le syndrome de la tête dans le four.
Arrivés au bord de la Blême, on se jette presque dans l'eau. Une dernière partie sur route nous ramène au centre de Serres, autour de quelques bières après presque 10 h depuis Orpierre.
Une fin vraiment chaude et Isa arrive visiblement un peu plus fraîche que moi !
La belle et longue crête de l'Eyglière
Séquence Isa sur la fin du tour…
Conclusions :
C'est une incontournable et magnifique balade de pays à l'étage collinéen, ce qui change un peu de la montagne. Sur les 5 jours, nous n'avons rencontré personne sur les sentiers !
Au cours de l'agréable passage dans la Drôme, les petites routes réputées pour le vélo sont quasiment désertes.
En ce début juillet, la verdure est omniprésente et les nombreux passages dans les bois de feuillus variés nous ont vraiment charmés. On passe d'endroits très sauvages et isolés à des petits villages pittoresques ou à quelques maisons à l'existence insoupçonnée.
Hélas, la chaleur a été particulièrement forte avec 5 jours de ciel bleu sans vent. Ce tour est a envisager plus tôt en saison mais doit être absolument charmant à parcourir à l'automne dans les couleurs, les lumières rasantes et la clarté de l'air rendant les photos bien meilleures.
En nous promenant, flânant et en ne lésinant pas sur les pauses, repas compris, la durée moyenne des journées a été de 8 h 30 pour 1100 m de dénivelé et 22 km par jour. En période plus fraîche, l'eau est moins difficile à gérer et le tour serait évidemment plus rapide avec une marche plus aisée et plus longue l'après midi.
L'eau est assez présente mais à bien gérer en période de chaleur. Elle est suffisamment douteuse à ces altitudes pour rendre indispensable les pastilles.
























































27 juillet 2010 à 18 h 21 min
Belle petite boucle ! quelques questions : Est-ce une bonne destination en octobre ? Y a-t-il un gare à Serres ?
Merci.
28 juillet 2010 à 11 h 00 min
Oui, il y a une gare.
En octobre, ça doit être un bonheur.