L’Ascension

par Fab le 16 juin 2010. Classé dans: Randos MUL.

C'est le parcours en boucle du vallon du même nom jusqu'à atteindre le lac du même nom.

Voilà une rando (1360 m de dénivelé) qui peut se faire à la journée mais qui gagne infiniment à se faire à cheval sur une nuit; avec un sac des plus légers, c'est ce que permet la MUL sans aucune contrainte; vivre la soirée et le petit matin en hauteur entre deux demi-journées de marche modérée.

En cette période de mi-juin, l'eau suinte un peu partout, inutile de se charger en eau.

Jour 1 : (12 juin 2010)  La Roche de Rame (970) – Verrou de l'Ausselard (2150)

C'est  une montée paisible depuis le Géro, en milieu d'après midi, qui conduit d'abord aux ruines du Puy (1632) par un sentier efficace (660 m pour 1 h).
Ensuite, on suit une portion assez longue en faux plat jusqu'au magnifique replat herbeux, semi boisé de Pra La Chapelle où l'eau jaillit de toute part. J'observe le flanc sud d'en face sans y apercevoir l'hypothétique intégralité d'une sente.
Parmi les pins à crochets, l'ascension reprend pour atteindre et franchir le verrou. Une falaise rocheuse qui présente en son sommet un vaste replat verdoyant parsemé de quelques derniers pins et qui domine directement l'axe du vallon .
C'est le lieu prévu pour dormir, si il n'y pas de moutons.


Les eaux, fortes en cette période, chutent bruyamment du verrou

 

Les lacs au bord desquels  j'avais déjà dormi ne sont plus très loin mais je trouverai ici un lieu magnifique, avec vue dégagée dominante et du bois pour le réchaud. Il me faut traverser le torrent et là, pas d'autre solution que pieds nus. L'eau est agréablement glaciale mais dans les pierres je me réveille la douleur dans un pied détruit il y a peu.

 


N'est-ce pas ?

 

Domination sur le vallon perpendiculaire au val Durance

 

 

Je flâne en explorant le secteur. Un charme inhabituel se dégage du lieu avec ces beaux arbres qui s'accrochent. A leur pieds, leurs ancêtres reposent. Pas de doute ici, ces pins vivent leur vie entière et ils sont d'autant plus beaux. Loin d'être si commun.

Je trouve de l'eau à proximité et sur le sol nitraté par les moutons, je ramasse au passage l'épinard sauvage (Chénopode Bon Henri) et des jeunes pousses d'ortie. Deux plantes très riches qui se mangent en salade mais que je vais manger cuites.

 


Chénopode Bon Henri et jeunes pousses d'orties au menu

 

Le réchaud à bois Fire Profi, envisagé surtout pour deux, fonctionne à merveille. Je teste même des crottes séchées de mouton, de lièvre et de chamois comme combustible. Ma foi, ça brûle !

 


Le soir sur le Haut Mouriare (2808 m)

 

 

Au cours de ce très beau bivouac, je passerai un des moments les plus sereins dans la solitude et dans la grande beauté d'une nature de montagne printanière.

 

Jour 2 : (13 juin 2010) Lac de l'ascension et retour par la cabane des Aiguilles

Après une nuit excellente, à l'aube, le chant métallique  du Venturon montagnard me réveille. Je prends tout mon temps pour décamper. Je sèche la condensation de ma toile sur les plaques de verdure touchées par les premiers rayons du soleil. Quelques brumes envahissent le plateau, les cris des marmottes retentissent.

 


Au matin

Je dois retraverser le torrent, ça réveille les pieds au petit matin. Je déguste lentement la fin de l'ascension. L'eau est omniprésente. Aux lacs, je vois qu'il reste pas mal de névés aux alentours. Le retour dans la vallée peut se faire par diverses variantes mais certains cols sont encore enneigés. Cette fois, je décide d'explorer la descente par le  Gros Puy, sous la crête des Queyrelets. Une sente improbable apparaît intermittente sur la carte datant déjà d'au moins deux décennies. Je n'ai pas plus d'info que cela mais je pourrais sans doute redescendre par un ou deux ravins dans la première partie de la traversée au cas où.

 


Lac de l'Ascension

Au début,  pas de souci, je suis une sente bien marquée qui mène aussi à un col sur la crête des Queyrelets. C'est plutôt une traversée à flanc parsemée de bons névés et dans les cris assourdissants des marmottes.

 


Des passages de col encore un peu enneigés

 

 

En le dominant d'en face, je finis par arriver au-dessus du plateau où j'ai bivouaqué.


Le plateau

C'est en débouchant dans le ravin du coumbal de la Bouchière que je perds toute trace d'une sente quelconque. La carte et l'altimètre me sont très utiles pour ne pas descendre trop bas dans le ravin raide et caillouteux.  Je descends un peu, traverse et finis par suivre une sente à chamois vers 2180 m. Un passage clé rocheux, dans du pur terrain à chamois, m 'emmène sur la traversée qui domine ravins et barres. Le sol en calcaire délité est médiocre. J'arrive à un ravin qui ne va pas être facile à traverser en tatanes de sentier. Puis j'aperçois plus bas un câble. Je retrouve ainsi la sente.

On va dire que la câble est assez utile. Quand, dans le petit passage rocheux, une prise part sous mon pied et qu'une autre me reste dans la main, j'y pose un moment la main. Ensuite, il y en a un peu trop à mon goût, certains pratiquement posés sur la sente. Un dernier est bien utile en revanche, quand on est en tatanes de sentier pour quelques pas en traversée de terre battue dure et assez raide sur laquelle des graviers coulants jouent le rôle de roulement à billes. Rien de tel, dans ce cas, que des chaussures rigides avec "carres".

 


Quelques passages câblés, encore un avantage au sac MUL

 


Un pin mort domine le Val Durance

 


Rien de plus beau que ces gros arbres qu'on laisse vieillir

 

Ce sentier n'a finalement pas été oublié bien que resté plutôt confidentiel. Il descend ensuite fermement dans une pinède de pins sylvestres sur l'accueillante cabane des Aiguilles et sa source : un autre magnifique lieu de paix perché à 1800 m. Je m'y attarde un long moment avant de replonger dans la vallée.


Une orchidée non chlorophyllienne : la Néottie nid d'oiseau

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