Le GR5-GR52 : de La ROCHE de RAME à MENTON (6 au 16 juillet 2009) – Seconde partie

par Fab le 7 août 2009. Classé dans: Randos MUL.

 

Jour 7 : 12 juillet 2009 – Torrent du Démant – St Dalmas de Valdeblore
Les Portes de Longon (1952) – Rimplas (1016)


D+ : 1210 m
D- : 1740 m
Temps : 9 h 

Un bivouac doux avec peu de condensation. Les brumes sont restées en altitude la nuit mais encore du grand beau ! Une traversée et une remontée de 200 m m’amènent dans le curieux vallon de Longon. Plat et long espace vert, domaine des vacheries. Le sentier descend ensuite rapidement le verrou mais entre Rougios et Roure, une longue piste horizontale vient rendre la « tant redoutée »descente, de près de 1500 m, sur St Sauveur de Tinée, encore plus longue. 
Le passage à Roure est remarquable, même si ce petit village typique ne vaut pas celui de Roubion que j’avais visité, tout proche. Je vois dans la descente sur St Sauveur, enfin une nette différence de végétation. La chaleur est bien présente mais à 11 h à St Sauveur, je n’ai pas eu le temps d’en souffrir. Le GR passant devant une épicerie, j’y rentre 5 minutes pour croquer 3 pêches et prendre par instinct un peu de nourriture. On verra plus tard que c’est heureux…  
C’est donc à partir de la mi-journée que je me retrouve à remonter à Rimplas par une piste ensoleillée et interminable puis à en redescendre pour monter à St Dalmas de Valdeblore. Heureusement, toujours de l’eau sur le parcours ainsi qu’ une belle petite partie à l’ombre dans les châtaigniers pour la montée à Bolline mais la fin fut pénible dans la chaleur et dénuée d’intérêt : on coupe sur des bout de pistes à moitié goudronnés parmi des chalets, on entend la circulation sur la belle route non loin. Encore un de ces villages stations et ses très nombreuses constructions étalées. 
Juste après le panneau de St Dalmas, je tombe sur un camping à la ferme. Une dame très sympa, un aménagement familial, du calme, peu de monde et un coin cartes et topos pour les randonneurs. Moins cher qu’un camping en plus ! Là encore, on me prévient qu’un passage clé du GR 52 ne passe pas. Je commence à douter et étudie un autre itinéraire au cas où. Cela me ferait perdre 1 jour au moins et il se trouve que j’arrive un dimanche dans ce village et tout est fermé ! 
Permettez-moi de mettre un carton rouge à ce village vivant grassement de l’or blanc mais qui ne semble pas se soucier du fait qu’un GR renommé passe par là, carrefour GR5 – GR 52 qui plus est.
Même dans le trou du c…du 05, un dimanche d’été on trouve à manger…
C’est vrai qu’un randonneur n’apporte pas grand chose surtout un MUL. J’avais donc bien fait de compléter mon ravitaillement à St Sauveur.
Des dénivelés peu impressionnants pour cette journée mais une longue étape.

 

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 Traversée et relief curieux pour rejoindre les Portes du Longon

 

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Au Longon (1952), vacherie

 

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De très vastes alpages

 


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Premières maisonnettes couleur lie de vin en arrivant sur Roure

 

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Roure, perché à 1096 m

 

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La végétation devient Méditerranéenne : l’arbre à perruque

 

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L’arrivée sur St Sauveur en Tinée

 

Jour 8 : 13 juillet 2009 – St Dalmas de Valdeblore – Pont de Peïrastrèche en Boréon
Col de Veillos (2194) – Col du Barn (2452) – Col de Salèse (2031)

D+ : 1720 m
D- : 1170 m
Temps : 8 h 45

Un départ à 6 h 30, du grand beau. La montée au col de Barn se fait tranquillement bien qu’à mi-chemin, on croise une petite route qui mène à un parking vers 2050 m. 3 jolis lacs avant de basculer. C’est une descente superbe, je suis totalement seul comme très souvent depuis mon départ. De la verdure, des torrents, de belles montagnes devenant plus alpines. En bas, une remontée moins intéressante au col de Salese et c’est l’assez longue descente sur le Boréon et son lac. 
Je passe devant le gîte où de sympathiques randonneurs ont terminé un tour dans le secteur qui m’intéresse. Ils m’informent de grosses quantités de neige, de l’impossibilité de passer le pas du Colomb (mais sans y être passés). Bref ils ont l’air d’avoir trouvé des conditions difficiles et éprouvantes.
Je remonte dans le Boréon en cherchant où dormir. Je stoppe au premier replat, sous un arbre près du pont de Peïrastrèche (1838) à quelques mètres du gros et bien bruyant torrent. 
Le lendemain sera une étape décisive. En partant du Boréon, je passerai d’abord le pas des Ladres et devrai redescendre jusqu’à Madone de Fenestre pour remonter au fameux Pas du Mont Colomb. Ainsi, si la neige devait geler, j’aurai des chances qu’elle soit un peu ramollie à l’heure où je passerai. D’après ce que j’ai entendu, un côté présenterait un raide couloir étroit en neige dure. Cependant la période de froid est passée et les derniers névés que j’ai rencontrés étaient ramollis dès le matin. Je prends avec du recul les infos et il est évident que j’irai vérifier par moi-même sur le terrain même si des doutes sont présents. 
J’espère encore une journée de beau temps demain pour cette longue étape alpine. J’ai de quoi manger pour 3 jours mais je vois que je manque de lait en poudre et par maladresse je renverse tout! Je ramasse à la cuillère avec pas mal d’herbe et autre; ça ne fera plus qu’un dernier petit déj….

 

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Aux lacs des Millefonts : lac Long

 

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Le lac Gros

 

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Versant nord du col de Barn (2452), des névés…

 

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De l’eau, de la verdure…

 

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Des vaches…

 

Jour 9 : 14 juillet 2009 – Pont de Peïrastrèche en Boréon – Vallée des Merveilles
Pas des Ladres (2448) – Pas du Mont Colomb (2548) – Baisse de Basto (2693) – Baisse de Valmasque (2549)

D+ : 1950 m
D- : 1670 m
Temps : 10 h 20 dont 50 min d’arrêts

Le grand jour ! Il fait beau. Pas de condensation. Réveil 5 h 30, départ à 6 h. Je suis en forme et motivé. La montée est très belle, je passe à la fraîche au lac de Trecolpas et j’atteins en moins de 1 h 30 le pas des Ladres (2448) parmi des névés un peu raides mais sans difficultés. Plein de chamois m’accueillent de l’autre côté et je rejoins Madone de Fenestre (1905). Dans la descente, je jumelle un grand névé à l’ombre (Ouest) qui à l’air plus raide qu’il n’est sous la brèche du Colomb mais la fin est sèche.
Suspense dans la remontée, j’atteins un petit lac à moitié déneigé puis la neige. Je remonte le névé puis j’atteins la brèche (2548) par des éboulis après 4 h 10 de marche. Il est 10 h 10 quand je plonge mon regard de l’autre côté. Je vois un petit couloir étroit un peu raide mais totalement sec ! Juste un névé plus bas. Alors la difficulté, que je juge inexistante, était le névé que j’ai remonté ? 
Je me doutais bien que plein Est, ce côté ne pouvait tenir la neige mais des fois si c’est très encaissé…En tout cas, comme souvent, il faut prendre du recul sur les infos, surtout quand elles se diluent à travers les coups de fils et les cols (l’enneigement du côté Ouest moyennement raide s’est amalgamé au couloir Est plus raide mais sec ce qui dressait un tableau inquiétant). Les gardiens de refuge se couvrent et sur un GR, il y a tous les niveaux. Bref aucune difficulté si ce n’est que ça ressemble à du hors sentier.

Je rejoins ensuite le lac de la Fous, je vois des bouquetins faire de la varappe et passe devant le nouveau et énorme « refuge »-immeuble-hotel de Nice. Je poursuis sur le lac Niré et ses 3 acolytes au-dessus vers 2350 m. A partir de là, l’enneigement est très important sur une grande longueur pour une mi-juillet. Le coin est superbe. Tout cela donne une touche « course de neige » bien sympa et l’itinéraire n’est plus visible. La neige molle en surface glisse un peu dans la partie la plus raide au-dessus des lacs, entre 2500 et 2600 m mais les bâtons aident bien. Le raidillon final de la Baisse de Basto (2693) est sec et je m’octroie alors enfin une bonne pause de 35 min, il est 13 h. Je savoure la traversée. 
En face, après une redescente dans le fond du vallon, près de l’énorme lac de Basto, on voit la Baisse de Valmasque, dernier col qu’il faut remonter pour accéder à la fameuse Vallée des Merveilles. 
Ce vallon, dans son fond est presque totalement enneigé et skiable jusqu’au pied de l’autre Baisse ! L’épaisseur de la neige atteint encore les 2-3 m par endroit. 
Quand je rejoins la vallée des Merveilles, que j’ai déjà visitée il y a longtemps, il y a bien plus de monde, nous sommes de plus le 14 juillet. Je retrouve les fameuses gravures rupestres de l’âge de Bronze (qui gagnent à être découvertes avec un guide à mon avis). En bas, je discute avec un garde bien sympa en lui disant franchement mon intention de bivouaquer dans le secteur et qui m’indique que dans cette vallée, cela n’est toléré qu’aux abords du refuge.
Pas de soucis, je trouve un plat herbeux isolé derrière une butte à 2120 m. Non loin, de l’eau courante provenant d’un petit lac et curieusement chaude …et des moustiques.
Je savoure cette journée, la plus intéressante du GR avec une étape qui s’est déroulée la moitié du temps sur la neige.
Je sais que dans 2 jours je suis à la mer.

 

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Lac de Trecolpas au pied du Pas des Ladres

 

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Encore des névés mais ça fond

 

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Des chèvres…euh pardon des chamois. C’est vrai que pas de chasse ici. A quand partout pareil ?

 

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Le Pas du Colomb

 

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L’arrivée au Pas du Colomb depuis l’Ouest. En face, au fond, le Pas des Ladres

 

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Vue de la suite, de l’autre côté, depuis la brèche

 

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Lac de la Fous et les 2 refuges de Nice

 

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Au-dessus du lac Niré, rando dans la neige

 

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Un peu de monde pour la Baisse du Basto

 

 P1040144L’itinéraire de montée et les lacs depuis la Baisse du Basto (2693)

 

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Dernier regard en arrière, une belle petite pointe à escalader

 

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La Baisse de Valmasque en face, dernière petite remontée de la journée

 

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Sous la Baisse de Valmasque, où sont mes skis ?

 

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Encore de la neige pour août ?

 

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Le grand lac du Basto

 

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La Baisse de Valmasque (2549)

 

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La Vallée des Merveilles

 

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Les grands pans de falaise lustrés par la dernière glaciation

 

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Une aubaine pour les artistes de l’époque

 

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Gravure en poinçonnage !

 

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Je savoure mon dernier bivouac en altitude, le soleil se couche.

 

Jour 10 : 15 juillet 2009 – Vallée des Merveilles – Sospel
Pas du Diable (2436) – Baisse Cavaline (2107) – col de Raux (1999) – Pointe des 3 communes (2080) – Baisse de Ventabren (1885)

D+ : 870 m
D- : 2600 m
Temps : 9 h 25

Encore une bonne nuit. Un peu avant l’aube, je me dis que je n’aurais pas eu la moindre pluie mais à ce moment précis, les gouttes frappent la toile ! Je sors la tête, c’est bien couvert. Une ou deux averses avec rafales de vent. Je prends mon dernier petit déj en attendant. Une accalmie et je plie le camp en vitesse. Le Pas du Diable d’où l’on sort de la vallée des Merveilles n’a pas l’air si noir, ça devrait passer.
La seule chose que l’on peut toujours craindre sur les crêtes c’est la foudre mais d’un autre côté, nuages et pluies tomberaient à pic pour cette étape dont je crains la chaleur. C’est en effet la grande descente jusqu’aux pâquerettes et ce sera l’après midi.
Une montée légèrement pluvieuse, les lacs du Diable, le Pas du Diable et les dernières neiges. Du col, quelque chose cloche. Très loin, je vois une échancrure qui doit être le col de Razet, mais derrière, le vide, plus aucune crête de montagne ne vient se superposer à l’arrière comme d’habitude.
A St Etienne les jeunes m’avaient indiqué que le seul point d’eau avant Sospel, après la pointe des 3 communes, était à sec. Aux Merveilles je me suis donc chargé à bloc en eau avec presque 2,5 l.
L’itinéraire suit longtemps une ligne de crête, passant à flanc, à l’ouest, à l’est, par des collets. Le sentier remonte plusieurs fois. Bref pendant des heures on ne descend toujours pas franchement sur Sospel qui reste invisible.
Le ciel voilé devient lumineux, il fait lourd mais je suis toujours vers 1900. Je passe devant le point d’eau abreuvoir : un tuyau noir par lequel sort tout de même un filet d’eau et plongeant dans des bacs à vache douteux; au-dessus d’une belle vacherie. Rien de rassurant quant à la qualité de l’eau. Je m’abstiens malgré mes pastilles, je devrais tenir avec ce que j’ai.
Sur ce secteur, après la pointe des 3 communes, les balises sont en cours d’effacement mais il en reste. La raison est que le GR passerait nouvellement par la Baisse du Camp d’Argent où se trouve un gîte. Cette étape ayant été jugée beaucoup trop longue par les randonneurs. Le topoguide datant de 2007, n’est donc pas encore réactualisé.
Longue, oui. Je comptais sur 8 h mais un autre changement allait intervenir. Au niveau du sommet de Mangiabo, le GR a été dévié pour cause de danger. Un éboulement ? Il contourne donc tout un flanc en remontant sur la crête et en prenant du dénivelé. Je merdoie un moment dans le secteur avant de le retrouver.
Commence alors une interminable descente par 3 baisses de 1550 à 350 m sur Sospel que j’aperçois enfin, tout en bas, alors que le temps passe au beau. C’est la chaleur, le chant des cigales, puis le manque d’eau sur le bas. Le sentier s’est transformé en plaque chauffantes, impossible de refroidir la machine. Avec des débuts de fourmillements dans le corps, plein les pattes, j’arrive un peu en titubant sur la place du village et je m’enfouis dans la fontaine avant de me taper une ou deux blondes (des bières) sur une terrasse voisine. Bon, je ne vaux pas grand chose sous les 1000 m dans la chaleur mais je n’étais pas épuisé….
Un camping avec le terrain le plus pourri que ma Tarptent ait connu. Impossible d’enfoncer mes 4 piquets de plus d’un cm et un sol à peine herbeux jonché de d’éléments perçants que je dus nettoyer longuement. J’ai placé ma mousse sous le tapis de sol pour le protéger.

 

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Un des derniers lacs au cours de la montée: le lac Muta

 

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Après la traversée du pas du même nom, le dernier névé avant la mer

 

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Encore loin de la moitié de l’étape. Derrière, le pas du Diable au fond à droite

 

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 Le cheminement est longtemps à flanc de crête

 

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Le relief ne s’aplatira pas avant la mer

 

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Arrivée à Sospel : vite une mousse !

 

  Jour 11 : 16 juillet 2009 – Sospel – Menton
Col du Razet (1032) – Col de Colle Basse(1107) – Col du Berceau (1090)

D+ : 1085 m
D- : 1420 m
Temps : 5 h 30

Petit déjeuner de luxe avec des fruits achetés la veille. Température ultra douce avec 19 °C à mon plus tôt réveil : 5 h 15. Que vais-je devenir dans la garrigue vers …0 m ?
Je traverse le village endormi et je me retrouve agréablement surpris par une montée très agréable à l’ombre, dans des bois d’ormes, jusqu’au col de Razet où je découvre enfin, avec une certaine émotion, nettement la mer et ses côtes construites. C’est ensuite une traversée ascendante, une descente et un dernier col que je gravis essentiellement à l’ombre même si la chaleur commence à monter. L’arrivée au col du Berceau (1090) est magique, entre deux pins, l’immensité de la mer marque la fin définitive des montagnes. Dans la végétation Méditerranéenne, je surplombe la côte de 1100 m mais la descente fut très supportable : un peu de vent, l’air de la mer et il était encore le matin. Une autoroute qui domine la mer de 300 m à passer et je tombe sur la promenade que je suis jusqu’aux plages. Il est 11 h 30.
Ce n’est pas tant la foule dans l’absolu. Je suis un peu la fausse note sur la plage avec mon accoutrement mais c’est pareil une fois dénudé avec mon bronzage style cycliste.
Quelques derniers pas délicats parmi les viandes étalées et c’est l’acte ultime dans une eau « bouillante », je me « noie » dans la mer.

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Une montée très agréable au matin

 

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L’arrivée au col de Razet et …

 

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LA MER !!!!

 

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Très beau final : le col du Berceau, le dernier, 1100 m au-dessus de  Menton

 

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Menton et sa plage à gauche

 

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Encore une heure et PLOUF le Fab

 

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Merci Seigneur

 

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 Les palmiers…

 

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 La plage bien méritée : j’ai viré tout le monde pour la photo…faut pas déconner

 

Bilan :

Le parcours :
 
Tout d’abord, j’ai eu beaucoup de chance avec la météo : pas un seul orage alors que jusqu’à la veille de mon départ ils étaient classiques en fin de journées.

La fin par le GR 52 est à mon avis absolument incontournable et à préférer sans hésiter au GR 5 sur Nice dont le profil, le parcours et la fin ne m’ont pas du tout inspiré. Cette année le GR52 était de plus agrémenté d’un piment supplémentaire rendant l’itinéraire un peu plus délicat mais plus beau et plus alpin donc encore plus intéressant. 

Mis à part ma mésaventure du début qui m’a fait « perdre »1 jour, tout s’est déroulé comme prévu en 11 jours ou plus exactement 10 jours et demi. J’ai mis 7 jours de Larche à Menton.

J’ai bien aimé profité des fins d’après midi pour m’imprégner des lieux, pour observer, méditer et aussi pour reposer le corps en plus de la nuit de repos.

J’ai toujours marché tranquillement, persuadé que je n’irai pas plus loin en marchant plus vite. Je ne savais pas où j’allais bivouaquer exactement mais je choisissais soigneusement les emplacements et ce n’était jamais n’importe où.

Je n’ai pas aimé les longueurs goudronnées, la traversée cancéreuse d’Auron et la montée finale sur Valdeblore.

Des chiffres:

Temps moyen par jour (incluant les arrêts et les casse-croûtes d’environ 20 à 30 min) : 8 h 35 

Dénivelé positif journalier moyen : 1453 m                                                             Dénivelé positif max : 2220 m  
Dénivelé négatif journalier moyen : 1526 m                                                            Dénivelé négatif max : 2600 m

De Larche à Menton, il y aurait 184 km de sentier auxquels il faut rajouter entre 65 et 70 km de La Roche de Rame à Larche. 
Cela fait donc une randonnée d’environ 250 km avec une trentaine de cols pour rejoindre la mer et un dénivelé total de 16000 m. (A titre de comparaison, le GR 54 Tour de l’Oisans fait 240 km pour 14 000 m)

Je me réveillais vers 6 h pour un départ vers 7 h dans la première partie puis avec le réchauffement je me levais un peu plus tôt

Difficulté physique :

A la fin de la première étape, parce que justement c’était la première (le sac avait aussi son poids maximum), avec en plus l’apparition d’une douleur qui ne me faisait pas marcher normalement, j’étais relativement fatigué. 
La fin d’étape sur St Etienne, la dernière montée sur Valdeblore et la descente sur Sospel où il m’a manqué 1 ou 2 l d’eau, ont été les plus pénibles en raison de la chaleur et d’un manque d’altitude auxquels je suis peu habitué.
Tout le reste n’était que de la fatigue saine et normale dans l’action en montagne.
J’arrivais ainsi en très bonne forme physique à mes bivouacs, juste une lassitude normale dans les pieds.

Ce GR5-52 dans ce sens n’est pas particulièrement difficile ou exigeant physiquement si on n’enchaîne pas trop dans la même journée. Certaines descentes sont longues mais les montées sont assez courtes sauf celle de Crousette.

L’hydratation : 

Essentielle, mon repère était d’avoir envie d’uriner clair toutes les 20-30 minutes en montée ou en descente. Je buvais à la pipette une ou deux gorgées toutes les 7-10 minutes. 3-4 l pendant la marche. Aucun problème de tendinite ou autre aux genoux (sauf un tiraillement lors de la première étape). 

Sur ce GR, l’eau est omniprésente en juillet, sauf entre le pas du Diable et Sospel, qui peut vite s’apparenter à une traversée de chameau en plein désert s’il fait chaud. J’ai fait cette étape avec moins de 2,5 l que j’ai dû rationner, il en fallait le double.

Dans le doute, j’ai utilisé en tout 4 pastilles d’aquatabs (au très mauvais goût de chlore) pour boire l’eau des torrents. 

Le matériel: 

Je n’ai jamais pensé au sac. Le Talon 33 est très confortable, il est complètement rempli avec 5 jours de nourriture et 1,5 l d’eau. J’estime son poids à 8,5 kg maxi en moyenne par jour. On peut faire mieux et comme tout MUL j’y travaille. J’avais confort, sécurité et marge. J’ai terminé avec une journée de nourriture d’avance, ce qui est une marge minimum en cas de détour ou de très mauvais temps. Le sac pesait 6 kg environ.

Faire ce GR en MUL ce n’est pas aller plus vite en marchant plus vite c’est aller plus vite en marchant plus longtemps avec un sac qui se fait oublier tout en profitant de tout.

J’ai brûlé environ 400 ml (330 g) d’alcool à brûler en 10 jours. 

Une seule chose ne m’a jamais servie : la petite frontale ! J’arrivais au bivouac des heures avant la nuit.

A part 3 bivouacs consécutifs à 0° C ou un peu moins, la température était douce mais inférieure à 10 °C sauf à Sospel où j’eus droit à 19 °C à l’aube.

Tarptent Contrail : Testée depuis longtemps maintenant (mais pas vraiment sous la bonne tempête ni sous la grêle), c’est un bijou de 700 g. Aussi vite montée que pliée. J’ai fort apprécié sa moustiquaire dans la vallée des Merveilles. Je laissais en général le devant ouvert mais, à part une fois ou deux, j’ai toujours eu de la condensation que j’essuyais avec ma serviette (qui séchait sur le sac la journée). Je n’ai jamais quitté le camp au soleil et donc toujours plié la toile bien humide.

Mon sursac maison est à revoir : trop petit pour englober le sac pendant la marche sous la pluie. (En faire un en silnylon ?) 

Nourriture :

J’ai fini en grande forme, j’ai dû perdre 1 ou 2 kg mais rien de significatif. Je n’ai jamais eu faim ni manqué, j’ai toujours bien mangé. 
Un ami boucher m’avait préparé des portions (en tranches) de viandes de Grison et de jambon cru en plastique sous vide. 
Lors de mon ravitaillement à St Etienne de Tinée, j’ai acheté un saucisson, du lait en poudre, des céréales, des sachets de nouilles chinoises et de soupe Royco et du pain de mie.
A St Sauveur de Tinée, ayant terminé mes 400 g de fromage, j’en ai racheté. Il a pris un coup de chaud par la suite tout comme le chocolat qui, malgré mes précautions, m’a causé plusieurs ennuis en fondant. Va falloir trouver autre chose l’été.

 

 

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